FLASH
Finlande : Le maire et 2 journalistes ont été tués hier soir par un sniper à #Lmatra, le tueur a été arrêté  |  2 tests du sentiment des peuples vis à vis de l’Europe aujourd’hui : référendum italien, présidentielle autrichienne  |  L’incendie d’Oakland, lors d’une soirée dans un entrepôt pourrait faire 40 morts – cause inconnue mais ce quartier est très violent  |  La banque centrale d’Arabie saoudite annonce être bloquée par un virus venu d’Iran  |  L’ancien président de France Télévisions Rémy Pflimlin qui a masqué la vérité de l’affaire al Dura, est mort à l’âge de 62 ans d’un cancer  |  L’homme qui a pris 7 otages lors d’un cambriolage bd Massena à Paris a échappé à la police, et il est armé  |  Des hackers ont dérobé 2 milliards de roubles de la banque centrale de Russie  |  Le monde du deux-roues et de la moto perd une figure qui s’en va à la retraite : François Hollande  |  Merkel au bord de la crise de nerf : la moitié des Allemands réclament un référendum sur un possible GERXIT  |  Le Sénat américain a voté un renforcement des sanctions contre l’Iran – un sénateur a voté contre : Bernie Sanders  |  François Hollande renonce à se représenter à la présidentielle – il aura au moins pris une bonne décision en 5 ans  |  France: la police intercepte un avion avec 100 millions d’euros de Cocaine venant de Colombie à bord  |  A l’ONU, la France vient de voter que le Mont du Temple est un lieu saint pour les seuls musulmans  |  Près de 370 combattants de l’Etat islamique arrêtés en Turquie en novembre, rapporte l’agence officielle turque  |  Plus bas historique : 5% des Américains ont confiance dans les médias, sauf Fox News: 28% lui font confiance  | 
Rafraichir régulierement la page
Publié par Dreuz Info le 26 décembre 2010

Résumé :

Le terrible accident du 14 décembre 2010 et tous les accidents précédents ont un lien évident avec la ruine de la SNCF. Il est utile de cerner les causes multiples de cette ruine, en particulier grâce aux rapports de la Cour des Comptes. La SNCF est un des nombreux mammouths qui paralysent l'économie française, et auxquels un pouvoir « Libérateur » devrait s'attaquer avec résolution.

 

*****

 

LES ACCIDENTS

De nouveau un terrible accident de passage à niveau. Le 14 décembre 2010, au passage de Jonches dans l'Yonne, un bus scolaire a été percuté par un TER. Plusieurs enfants ont été blessés. Ce passage à niveau était classé comme préoccupant parce qu'il y avait 15 000 passages de véhicules par jour.

 

La SNCF est coutumière de ce type d'accidents. Il existe 15 100 carrefours où quotidiennement le trafic routier rencontre le trafic ferroviaire, et en 2007, ils ont été l'occasion de 115 collisions avec 38 tués.

 

La SNCF prétend nous consoler en remarquant que le nombre de collisions diminue grâce à ses efforts. En 1997 nous en étions à 184 accidents. Également le nombre de personnes tuées est en diminution puisqu'alors, nous en avions 51 par an !

 

En 2008 après un épouvantable accident, François Fillon déclara « qu'il va falloir accélérer la suppression des passages à niveau, qui sont encore trop nombreux en France ». Après les larmes et résolutions d'usage, les jeux politiciens ont repris de plus belle.

 

Si la SNCF était une entreprise indépendante et rentable, comme elle devrait l’être, il y a très longtemps qu'elle aurait dégagé les moyens humains et financiers nécessaires pour résoudre rapidement ce problème, ne serait-ce que pour faire face aux risques juridiques qui pourraient inquiéter ses dirigeants.

 

Mais c'est une entreprise publique et en ruine, comme tous les dinosaures publics. On est donc bien obligé de lier, dans les faits, l’état calamiteux des passages à niveau avec la déroute financière de la SNCF.

 

Simultanément, un autre fait intervient ; au même moment se déroule le procès de l'assassinat, dans un RER, de la merveilleuse Anne-Lorraine Schmitt, et d'étranges liens apparaissent. En effet, à l'occasion du procès, il se révèle que ce RER est très souvent vide, et les jeunes femmes tremblent de peur en l'empruntant, certaines d'entre elles ayant fait des rencontres terrifiantes. La SNCF, entreprise publique, fait donc rouler des RER vides sans se soucier du reste. Voici parmi de multiples autres causes une des raisons de la ruine de la SNCF. 

 

SNCF ET RFF

En évoquant cette ruine, il faut évidemment englober Réseau Ferré de France (RFF) tant les comptes sont imbriqués et obéissent au bon plaisir changeant des politiques.

 

La Cour des Comptes a démontré que la séparation entre SNCF et RFF s’est effectuée dans le plus complet désordre. Si les immobilisations ont bien été transférées à RFF, les dettes sont restées, pour des raisons obscures, dans le bilan de la SNCF, avec en contrepartie une créance sur RFF : la clarté n’était pas au rendez-vous. Chacun pouvait espérer que les flux financiers seraient transparents entre les deux entités désormais séparées, or il n’en n’est rien.

 

RFF reçoit la contribution que l'État versait auparavant déjà à la SNCF pour les charges d’infrastructure, et l’on se demande, devant cette information, à quoi répondait en fait la création de la nouvelle entité ! Elle reçoit aussi de la SNCF le produit des péages pour l’usage des réseaux.

 

Mais la SNCF a gardé « l’entretien du réseau dont elle n’est plus propriétaire, et le fonctionnement des installations techniques et de sécurité ». Elle verse donc une rémunération à RFF à ce sujet ; la Cour, avec son langage feutré habituel, remarque que ces échanges d’argent présentent « quelques lacunes. », ce qui en bonne comptabilité signifie que personne ne s’y retrouve. En fait, c’est l’illustration de la politique du « bon plaisir », qui aboutit à prendre des décisions un peu au hasard, selon les intérêts très provisoires des politiques, et pas du tout dans un vrai cadre contractuel : « La convention de gestion est imprécise, et elle est imparfaitement appliquée. » Quant au tarif des péages versés à RFF, il est tout simplement fixé « selon la capacité contributive de la SNCF » : en d’autres termes, « Vous me devez de l’argent mais ce sera selon ce que vous pourrez payer ! »

 

La conséquence sur le résultat net apparent de l’entreprise ferroviaire a, certes, été immédiate : dès 1997, le résultat est devenu positif, les pertes financières ayant été mises de coté comme elles le sont souvent dans une faillite. En 2008, tout continuait, et la presse a prétendu que la SNCF gagnait de l’argent ! Les connaisseurs estiment que les recettes de la SNCF ne couvrent que la moitié de ses dépenses, le solde venant par divers canaux de subventions, qui se répercutent sur tous les comptes publics.

 

LES TGV

Venons en aux TGV. Il n'est certes pas question de dénigrer le plaisir que l'on goûte à emprunter ces magnifiques jouets, et à contempler la beauté des paysages défilant à toute allure, à condition évidemment que le bijou ne vous abandonne pas en rase campagne, sans vous informer de quoi que ce soit, ce qui arrive encore trop souvent !

 

La Cour des Comptes, encore elle, nous a décrit la vérité comptable. Dans un des chapitres de ses rapports, la facture des TGV est visée très expressément comme étant à l'origine de la déroute financière : « Le lourd endettement de la SNCF, induit principalement par les investissements considérables effectués pour construire et équiper les lignes nouvelles à grande vitesse. » Tout est dit dans cette simple phrase.

 

Ces investissements ont-ils été rentables ? Le rapport, en fait, ne s’en occupe pas, alors que c’est la vraie question ; s’ils avaient été rentables, l’énormité de l’investissement aurait du conduire à des bénéfices considérables, et à un redressement spectaculaire de l’exploitation ferroviaire, en France. Les chiffres que le rapport donne montrent bien que l’endettement de l’ensemble SNCF plus Réseau Ferré de France (RFF) est sans limite, et continue à être un vrai boulet financier pour l'entreprise ferroviaire, et pour la nation entière par ricochet. Il en résulte donc bien que l’opération TGV, dont les comptes ne seront jamais officiellement et réellement faits, est un désastre.

 

Mais, pire encore, dans cette fuite en avant si l'on ose dire, les nouveaux projets de TGV vont plomber l'endettement encore plus. La seule explication de cette fuite en avant est le caprice et les intérêts des Hommes de l'État, dont principalement les bien trop nombreux élus locaux qui tirent gloire et richesse des chimères qu’ils réalisent avec l’argent des autres. Partout, l’idéologie égalitaire aidant, les populations réclament « leur » TGV : Turin-Lyon, tunnel à travers les Pyrénées, TGV de l’Est et Marseille-Nice sont à l'ordre du jour, ceci sur fond d'endettement public en folie.

 

En plus, la même SNCF maîtrise l'information par la manne publicitaire qu'elle déverse sur les médias. Ceux-ci prétendent que les TGV sont la vache à lait de l'entreprise. Ayant mis le passif de coté, elle garde le lait !

 

LA RUINE AILLEURS

Le même rapport signale d'autres aspects de la ruine « La SNCF souffre de faiblesses structurelles qui, aujourd’hui encore, affectent sa rentabilité. » On s’en doute, à lire ailleurs les incroyables privilèges du personnel avec les multiples primes, les retraites fastueuses et les horaires élastiques, avec grèves en permanence. Parmi ce personnel, les employés du TGV sont particulièrement gâtés !

 

Nous nous trouvons donc au final devant une chaine d'évènements dramatiques, avec des tués dans les passages à niveau, la terreur dans des trains fantômes, mais aussi, en arrière fond, la ruine d'un dinosaure public, comme il en existe tant dans le paysage économique français.

 

La conséquence est la paupérisation du pays, que le pouvoir masque adroitement par de fausses statistiques. La réalité pourtant est là : chômage persistant, prospérité insolente des restos du cœur, quasi blocage des salaires, même de beaucoup de cadres méritants ! Tout se tient ainsi dans ce désastre national, pendant que la classe politique solidaire, toutes tendances confondues, se contente de promettre de raser gratis en 2012.

 

L'ISSUE EXISTE

Rappelons pour terminer, et grâce à l'Ifrap, le chiffre du nombre de voyageurs transportés par agent dans diverses compagnies de chemin de fer : SNCF 4 847, Danemark 9231 et Japon 50 872 !

 

Le mammouth SNCF est un des plus redoutables mammouths dont les Français sont obligés, par la force publique, de nourrir la voracité incroyable. Si un pouvoir « Libérateur » arrivait, il y aurait néanmoins des issues, dont au moins deux.

 

Il faudrait supprimer une partie généralement peu évoquée du monopole de la SNCF. C'est elle, en effet, qui détient légalement le droit d'autoriser ou non le transport régulier de voyageurs par la route. L'effet de paupérisation est immense car de ce fait, une quantité de personnes sont privées de transport à faible coût, comme il en existe dans d'autres pays ; simultanément, l'entreprise ferroviaire est encouragée à l'immobilisme, ayant le droit légal de tuer la concurrence.

 

Il faudrait nécessairement briser les syndicats comme Margaret Thatcher l'a fait, avec des syndicats bien plus puissants que ceux que nous subissons abusivement ici. Rappelons en passant qu'un quarteron de chefs syndicalistes, avec grèves à répétition des trains de banlieue, mettent 10 millions de Français dans l'incertitude absolue de savoir s'ils trouveront un train ou pas et à quelle heure : on imagine le désastre psychologique pour des personnes qui ont des activités à assurer.

 

Un champ d'action immense est ouvert, et c'est pourquoi l'on peut parler de la nécessité d'une vraie « Libération ».

 

Michel de Poncins

Merci de cliquer sur J'aime pour soutenir Dreuz