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Publié par Guy Millière le 30 décembre 2010

La presse française continue de chanter les louanges de Barack Obama. Celui-ci aurait eu, paraît-il, un mois de décembre faste. Il a, c’est exact, fait voter trois mesures par le Congrès sortant juste avant que celui-ci ne soit remplacé par celui issu des élections de novembre dernier. Je pense qu’il est beaucoup trop tôt pour dire que ces trois mesures amorcent un retournement de situation : le bras de fer avec le nouveau Congrès n’a, de fait, pas commencé. Je pense, par contre, que décrire ces mesures comme « fastes » pour Obama est avoir la mémoire très courte ou le regard très myope. 

La première de ces mesures est, de fait, un prolongement des baisses d’impôts votées sous George Walker Bush, donc un maintien des impôts à leur niveau actuel, accompagné d’une série de dépenses publiques massives supplémentaires. Ce qu’on peut en dire, c’est qu’Obama, pour faire passer ces dépenses, qui étaient son objectif prioritaire, et qui vont endetter davantage encore  le pays, il a dû accepter ce qu’il se promettait de ne jamais faire, puisque son désir ardent était d’augmenter les impôts. Présenter comme une victoire d’Obama ce qui constitue une façon pour lui de se renier à moitié est, pour le moins étrange. Mais l’obamalatrie a ses raisons que la raison ignore. 

La seconde de ces mesures est l’abrogation de la loi dite « Don’t ask, don’t tell » : ne demandez pas ne dites pas. Elle consiste à permettre aux membres de l’armée américaine d’afficher ouvertement leur homosexualité. Jusqu’à présent, aucune discrimination n’était exercée envers les homosexuels dans l’armée américaine : il était, comme l’expression ci-dessus l’indique, demandé à leurs supérieurs et à leurs camarades de ne pas poser la question, et il leur était demandé à eux de ne pas en parler. Le rôle d’une armée n’étant pas d’organiser la gay pride, cette règle était très logique. Désormais, l’homosexualité ostensible et ostentatoire va avoir droit de cité dans les troupes. Dans une période où le budget de l’armée américaine est à la baisse, je doute que cela remonte le moral et l’ardeur de l’ensemble des soldats : certains d’entre eux pourront, s’ils le souhaitent, jouer les grandes folles. Je me demande, moi, ce que pourra en déduire un ennemi des Etats-Unis, un islamiste par exemple. 

La troisième de ces mesures est sans conteste la plus délétère : elle est un accord de désarmement signé avec la Russie qui équivaut à donner à celle-ci divers avantages stratégiques et un droit de regard sur le déploiement du système anti-missiles américain. Seuls ceux qui considèrent que donner des avantages stratégiques à la Russie est judicieux pourront trouver de quoi se réjouir. Il en est  aussi, sans aucun doute, qui seront prêts à déclarer que la Russie est une démocratie exemplaire et une alliée du monde occidental. Il y en a un nombre certain parmi les lecteurs de L’Humanité. Par les temps qui courent, je crains qu’il y en ait aussi parmi les lecteurs du Figaro, du Monde et de Libération.  
 

La première mesure, en somme, limite les dégâts et montre qu’Obama n’est pas suicidaire, mais n’a pas renoncé à ruiner le pays. Dans un contexte où le chômage reste à des niveaux sans précédents depuis plusieurs décennies.

La seconde est inepte et destinée  à satisfaire un lobby très minoritaire et très à gauche, au détriment de l’armée.

La troisième vient continuer la politique étrangère la plus nocive que les Etats-Unis aient eu depuis les années Carter. 

Quand l’économie américaine est asthénique, le reste du monde ne se porte pas très bien. Et les journalistes qui parlent avec délectation du « déclin » américain feraient bien de voir que l’Europe est à la veille de jours très difficiles : dans les six mois qui viennent, le dépôt de bilan sera quasiment inéluctable pour le Portugal, puis l’Espagne, et si l’euro est sauvé, ce sera à un prix astronomique. De quoi se réjouir ? Vraiment ?

Quand l’armée américaine souffre, elle n’est pas seule à souffrir : demandez aux soldats français en Afghanistan. 

Quant à la politique étrangère… L’Iran, bien que sujet à des troubles croissants à l’intérieur de ses frontières, continue à avancer vers l’arme atomique et à faire croître son emprise sur toute la région. La Russie reste l’alliée de l’Iran et de la Syrie tout en empochant les concessions américaines. La Corée du Nord est plus menaçante que jamais. La Chine ayant, grâce à sa marionnette de Pyong Yang, démontré l’impuissance américaine, fait pression pour obtenir la vassalisation des pays asiatiques voisins. 

En Amérique latine, Hugo Chavez se fait livrer par Ahmadinejad des missiles susceptibles d’atteindre les Etats-Unis, et le Brésil montre qu’il sait dans quelle direction souffle le vent et que celui-ci ne souffle pas en direction de Washington.

L’Europe, pour sa défense, s’appuie sur l’Otan, mais que reste-t-il de l’Otan dès lors que les  Etats-Unis regardent ailleurs et ressemblent à un bateau ivre, et dès lors que la Turquie peut à loisir glisser vers l’islam radical ? Que restera-t-il de l’Europe à la fin de 2011 ?  

Les Européens ne semblent pas beaucoup s’en préoccuper et mènent des débats microscopiques marqués par le sceau de l’impuissance. 

Je n’ai pas parlé d’Israël, direz-vous ? On me dit ici ou là qu’Israël est un petit pays épiphénoménal. 

L’Europe, les Etats-Unis d’Obama, le monde islamique, la Russie, la Chine, ont pour projet dans l’année qui vient de porter le coup de grâce à Israël, qui ne se laissera pas faire, j’y reviendrai. 

Si, de ces manœuvres anti-israéliennes découle une crise majeure, ce qui est très possible, certains découvriront que ce n’est pas un pays épiphénoménal du tout. 

Comme dirait ce cher vieux Winston Churchill, il en est qui choisissent le déshonneur pour ne pas avoir la guerre : ils ont d’ores et déjà le déshonneur, mais cela ne les dérange pas. Ils pourraient avoir la guerre, et là, cela pourrait vraiment les déranger, et nous aussi.

Guy Millière

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