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Publié par Guy Millière le 9 janvier 2011

Les émeutes qui touchent la Tunisie et l’Algérie devraient s’achever comme toutes celles qui les ont précédé dans le monde arabe : par la répression, aussi dure et violente soit-elle. Les régimes politiques en place dans ces deux pays sont différents, l’un a des orientations plus socialistes, l’autre se prétend ouvert au capitalisme, l’un vit essentiellement de matières premières énergétiques, l’autre de l’argent rapporté par le tourisme. Mais les points communs abondent aussi : dans les deux cas, il s’agit de dictatures reposant sur une police et une armée omniprésentes. Dans les deux cas, une petite minorité vit de prébendes dans l’opulence tandis que le reste de la population subsiste dans la pauvreté, la frustration, l’absence de liberté de parole et d’information. Dans les deux cas, il n’existe pas de forces d’opposition structurée susceptible d’incarner une alternative démocratique et, tout particulièrement en Algérie, la tentation islamiste rode. 

Les pays européens, et tout spécialement la France, qui est très concernée parce qu’il s’agit d’anciennes colonies françaises et que de nombreux ressortissants de ces pays vivent sur le territoire français, ou ont pris la nationalité française tout en gardant des liens avec leur pays d’origine, se taisent et font preuve de beaucoup de circonspection. Appuyer et approuver la répression aurait des répercussions imprévisibles sur le sol européen, tout spécialement en France. Désapprouver la répression serait prendre le risque de déstabiliser les régimes en place et, s’ils devaient tomber, pourrait provoquer des flux d’immigration incontrôlables et, en Algérie, l’arrivée au pouvoir d’islamistes. 

 

Ce qui est patent dans les deux cas est l’échec du nationalisme arabe, qui n’a rien apporté aux populations sinon l’amertume et l’absence d’espoir. Ce qui est patent aussi est que ces pays sont comme des bombes à retardement qui risquent fort d’exploser, dans quelques années, avec bien plus de violence encore. Dans les deux cas, une forte partie de la population est jeune et les populations jeunes laissent plus aisément éclater leur colère, surtout lorsqu’elles songent qu’elles n’ont rien à perdre. Dans les deux cas, cette colère est teintée tout à la fois du rêve de parvenir à accéder à l’autre rive de la Méditerranée pour s’y installer, et d’une rancœur vis-à-vis des pays situés sur l’autre rive de la Méditerranée, spécialement la France, parce qu’elle a laissé les populations aux mains des régimes en place depuis si longtemps et a considéré qu’entre la peste islamique et le choléra des dictatures, elle préférait le choléra des dictatures. 

 

Aurait-il pu exister une troisième voie, celle d’une démocratisation ? Je le pense, mais je pense aussi que l’occasion a été manquée. Je pense que la division du monde occidental créée par la pusillanimité française après le 11 septembre 2001 a fait qu’il n’a pas été possible de tenir un discours clair et précis en cette direction au monde musulman et, en particulier, au monde arabe. La pusillanimité se paie toujours tôt ou tard. Je m’attends à ce que nous risquions, dans un futur proche, de payer cette pusillanimité au prix fort. Les régimes en place en Tunisie et en Algérie sont iniques et les populations sont dans des situations invivables. L’alternative à ces régimes n’existe pas, ou semble pire qu’eux. Quand l’explosion viendra, l’Europe, spécialement la France, verront de près ce que c’est qu’une explosion. 

 

Et l’explosion sera, sans doute, de plus grande ampleur que ne l’imaginent ceux qui ont des visions cauchemardesques de l’avenir. Je parle de la Tunisie et de l’Algérie, de fait, parce que c’est là que des émeutes ont lieu. Mais la situation est très volatile dans tout le Maghreb. Elle l’est aussi en Egypte, et l’Afrique subsaharienne est porteuse de ses propres charges d’explosifs. Al Qaida y est bien implantée. La situation en Cote d’Ivoire peut tout à fait dégénérer, et avoir prétendu organiser des élections « démocratiques » dans un pays  où, outre le tribalisme, passe une ligne de fracture entre régions musulmanes islamisées et régions animistes et chrétiennes était l’une de ces idées ineptes que seuls des technocrates coupés des réalités du terrain tels que ceux qui peuplent l’ONU peuvent concevoir. Si la situation en Côte d’Ivoire dégénérait, les répercussions se feraient sentir à des milliers de kilomètres à la ronde. 

Guy Millière

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