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Publié par Ftouh Souhail le 12 janvier 2011

Une vague de manifestations sans précédent a déferlé dans tout la Tunisie. Des défilés et des rassemblements contre le ras-le-bol et la vie chère ont eu lieu à Thala, à Kairouan, à Sousse ou même dans la capitale, Tunis. 

Les heurts entre les manifestants et la police ont fait des dizaines de morts en quatre semaines. L’immolation d'un jeune homme à qui la police avait confisqué sa charrette de fruits et légumes a été l’élément déclencheur, dans un contexte économique et social particulièrement dur. 

L'agitation sociale a pris une ampleur générale, en Tunisie. L’incident de Sidi Bouzid est devenu un symbole pour les chômeurs diplômés et les syndicalistes, dans un pays allié de l’Occident dans la lutte contre l’islamisme.

Entre manifestations de rue, tentatives de suicide et arrestations, l'agitation sociale partie de Sidi Bouzid (centre-ouest) il y a quatre semaines, s'est poursuivie en Tunisie, malgré des mesures d'apaisement du gouvernement.

Les émeutes de ces derniers jours en Tunisie ont fait vingt-et-un morts, a annoncé mardi soir Samir Laabidi, porte parole du gouvernement et Ministre de la Communication, lors d'un point de presse.

Les manifestations contre les pénuries d'emplois qualifiés se poursuivent dans tous le  pays. De violentes manifestations de rue ont repris mardi soir au sud-ouest de Tunis. L’agitation s'est étendue à des villes côtières, au coeur de la Tunisie touristique. La tension était perceptible dans la capitale tunisienne, alors que des appels à manifester massivement sont relayés sur le réseau social Facebook.

Les affrontements meurtriers se multiplient chaque jour, dans plusieurs villes, notamment à Kasserine, à Thala et à Regueb. Ils ont, mardi 11 janvier, gagné la capitale Tunis. Le bilan ne cesse de s’alourdir. D’après l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), l’unique syndicat tunisien, et la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH), plus de cinquante morts seraient à déplorer rien qu’à Kasserine.

Les Etats-Unis sont "préoccupés"  par les troubles sociaux en Tunisie, et ont convoqué l'ambassadeur de Tunisie pour demander le respect des libertés individuelles, notamment en matière d'accès à l'Internet, a déclaré 7 janvier 2011 un haut responsable américain.

Les Etats-Unis ont fait part le mardi 11 janvier de leurs préoccupations, face à des informations selon lesquelles les forces de sécurité tunisiennes feraient un "usage excessif de la force" envers les manifestants.

Pour sa part, la France a appelé au dialogue entre les parties en conflit en Tunisie, affirmant que seuls les pourparlers permettront de surmonter les problèmes économiques et sociaux qui frappent le pays. 

"Nous déplorons les violences, qui ont fait des victimes, et appelons à l'apaisement", a déclaré lundi le porte-parole du ministère, Bernard Valero.

La Ministre française des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, a affirmé ce mardi 11 janvier qu'"on ne peut que déplorer les violences" survenues en Tunisie dans des manifestations.

Le 11 janvier, le gouvernement a temporairement fermé tous les établissements scolaires. Écoles et universités, dans tout le pays, sont en proie à des troubles sur fond de chômage depuis la mi-décembre.

La situation était chaotique à Kasserine, chef lieu du centre-ouest de la Tunisie, où des émeutes ont fait plus de cinquante tués, a indiqué un responsable syndical.

Des manifestations de soutien ont eu lieu en Europe. A Paris, un rassemblement était organisé place de la Fontaine des Innocents, et devant les représentations diplomatiques et consulaires de Tunisie.

L’intervention télévisée lundi du président Zine El Abidine Ben Ali n'avait pas réussi à désamorcer les plus graves protestations sociales en vingt trois ans de régime.

Lundi, un autre jeune homme, Allaa Hidouri, 23 ans, diplômé de l'université et sans emploi, s'est suicidé par électrocution, dans cette même région de Sidi Bouzid, selon un témoin et un proche, portant à cinq le nombre des suicides depuis la mi-décembre.

Selon les observateurs, il y a un risque que la Tunisie ne puisse pas continuer longtemps dans cette voie.

Le président Ben Ali est intervenu lundi à la télévision pour qualifier les violences d' "actes terroristes impardonnables perpétrés par des voyous cagoulés".

Ben Ali, « pour garantir la sécurité », a ordonné la fermeture de tous les établissements d’enseignement du pays, des écoles primaires à l’université, jusqu’à nouvel ordre. Il a promis la création de 300 000 emplois d’ici la fin 2012, lesquels doivent s’ajouter aux 50 000 postes déjà promis par le patronat tunisien.

Devant la tournure tragique des événements, beaucoup s’interrogent sur la capacité d’une telle réponse sécuritaire à étouffer le mouvement de rébellion. Mercredi 12 janvier, le syndicat a durci le ton, en appelant à une grève générale tournante dans les régions.

Ftouh Souhail, Tunis

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