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Publié par Shmuel Trigano le 23 janvier 2011

Il y eut un moment pathétique au début de l’affaire du mot malheureux de MAM, proposant à Ben Ali le savoir-faire policier de la France pour mater la révolte des Tunisiens. Interviewée à la télévision, on la vit perdre pied, une ombre de panique traverser son regard d’acier, comme si elle avait fait une grosse faute, révélant sa pensée profonde, à l’encontre des idées reçues. On a senti l’espace d’un instant vaciller son personnage de scène. 

Le phénomène est d’ailleurs sociologiquement intéressant, où l’on voit comment un lapsus peut faire le lit d’une campagne de presse, avec séance au Parlement et cinq colonnes à la une dans certains journaux. Cela nous donne un indice du coefficient de mensonge du discours public. La presse, qui n’avait pas vu auparavant le scandale du régime tunisien, s’empressa de voler au secours de ce qui fut défini d’abord comme une « révolution », comparée à 1789 ( !), et enfin, aux dernières nouvelles, à la « révolution arabe » (sic). Derrière le politiquement correct en faveur de l’islam, on perçoit ainsi très bien le dépit et la frustration ressentie refoulés envers le monde musulman, et l’attente envers lui. Et c’est la même presse qui orchestra le procès de MAM, comme pour se libérer de sa mauvaise conscience, avec vertu. Il est d’ailleurs très intéressant de voir les médias célébrer de façon intempestive cette « révolution » dont l’avenir montrera ce qu’elle porte en elle. Très vite, pourtant, MAM reprit ses esprits et son ton martelé, scandalisée que l’on ait mal interprété ses propos ! 

On ne peut s’empêcher de comparer le traitement de la Tunisie avec le traitement d’Israël, dans le discours public et diplomatique, y compris celui de MAM, d’une dureté symbolique sans appel, émettant des jugements à l’emporte-pièce qui tombent comme des couperets de guillotine, et dont le pro-palestinisme peut être démontré par a+b.  

Cette comparaison est très instructive des moeurs politiques de la France. Les précautions de langage cauteleuses du gouvernement sur les événements tunisiens, l’absence de condamnation initiale et ferme, la déroute piteuse du refus de l’asile politique à Ben Ali, hier encensé comme rempart contre l’islamisme, le gel de ses avoirs, hier accueillis à bras ouverts, soulignent à gros traits les vérités relatives du discours des hommes politiques et des gouvernements. Ils ne sont que des adaptations à des rapports de force.  

Sur ce plan-là, la faible communauté juive de France (350 000 juifs) face à X (6 millions ? 10 millions ?) de musulmans pèse très peu, et que pèse le frêle Etat d’Israël face à l’immensité du monde musulman ? La vieille sagesse française à la De La Fontaine le savait : « selon que vous soyez puissant ou misérables »…  

Le plus critiquable dans ces affaires, c’est le ton « moral » employé par les porte paroles du gouvernement pour maquiller des intérêts bien prosaïques en matière de finances arabes, de pouvoir politique arabe, et de crainte de la communauté musulmane française. A cette occasion, on a appris, avec stupéfaction, par la chaine publique de télévision qu’il y avait en France 600.000 Tunisiens (depuis quand, dans la République, compte-t-on les origines ethniques, il est vrai ici doublées d’un statut politique, car ces Tunisiens sont des double-nationaux) de sorte que la France devait ménager leur susceptibilité pour éviter des « troubles » ! Se préoccupe t-on de ménager la susceptibilité des Juifs de France ?  

Pour la clarté du débat, il vaudrait mieux que le gouvernement appelle un chat, un chat, et qu’il énonce clairement, sans cette façade morale démonstrativement vertueuse, de quel côté penchent ses intérêts politiques au Moyen Orient. Les choses seront claires pour tout le monde. Mais ici, est apparu avec éclat la morale du « deux poids-deux mesures » envers Israël: une caricature de la morale. 

PS : nous avons appris la façon dont le clan Ben Ali s’appropriait les propriétés d’autrui dans tous les domaines économiques, à la façon d’un mafia imposant au départ « l’association » pour petit à petit expulser le propriétaire légitime et légal. C’est une information pleine d’enseignement, car c’est exactement ce que fit la Tunisie indépendante aux Juifs tunisiens pour les dépouiller de leurs biens, puis les pousser au départ. Cette spoliation étatique se grima sous les formes d’une loi, la loi sur la mise en « coopérative » des entreprises tunisiennes de 1956.

Pour plus d’information, voir notre démonstration (1) sur cette pratique qui a concerné d’autres pays du monde arabe, et qui a ses origines dans la société musulmane classique, obligeant les Juifs, des non-citoyens, à avoir des sortes de « mentors », musulmans.

La morale à tirer de cette histoire pour les sociétés arabo-musulmanes, c’est que les traitements iniques qu’elles ont fait subir aux Juifs avec l’indépendance, ont fini par s’appliquer à tous leurs membres par la camarilla au pouvoir. Ce qui arrive aux Juifs finit par gagner l’ensemble des hommes… C’est une règle politique immuable sous tous les azimuths.

Shmuel Trigano.

(1) Cf. S. Trigano : « La fin du judaïsme en terres d’islam : une modélisation » Blog de Shmuel Trigano, à télécharger ici.

L'article original peut être consulté sur le blog raison-garder

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