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Publié par Guy Millière le 16 février 2011

On commence à voir les effets de la « révolution tunisienne » : cinq mille hommes et femmes qui n’ont rien à perdre, et qui considèrent l’Europe comme un paradis d’opulence, se sont échoués sur les rives de la Sicile. L’Italie a déclaré l’état d’urgence humanitaire. Nul ne sait si d’autres flux de réfugiés suivront. En tout cas, l’économie tunisienne est aujourd’hui sinistrée, les prix des denrées alimentaires montent, le chômage aussi.

La « révolution » ne fait pas de miracles.

Ceux qui pensent que la richesse est sur les comptes en banque de la famille Ben Ali vont s’apercevoir que si la famille Ben Ali était corrompue et pratiquait le détournement de fonds, il n’en reste pas moins vrai que fondamentalement, la richesse se crée. Pour le moment, aucune richesse ne se crée en Tunisie : il s’en détruit.

Je reste plus que jamais sceptique sur une issue démocratique. Je constate des exactions antisémites. Je vois que les nouveaux partis autorisés sont socialistes et islamistes : deux courants de pensée qui ne riment pas du tout avec la prospérité. Je constate que, pour l’heure, il y a eu, essentiellement, une prise de pouvoir par l’armée, avec l’aval de Washington. Et je constate aussi que cette prise de pouvoir par l’armée s’accompagne de libertés qui débouchent sur des flux migratoires incontrôlés, des grèves qui se multiplient, des destructions qui se poursuivent, et des haines qui se donnent libre cours.

On commence aussi à voir les effets de la « révolution égyptienne », qui a elle-même tout d’un coup d’Etat, organisé également avec l’aval de Washington.

Le général Hosni Moubarak est remplacé par le maréchal Tantawi. La Constitution a été abolie et le parlement dissout. On parle d’élections dans six mois, mais c’est tout à la fois un délai lointain, pendant lequel les militaires peuvent décider que tout compte fait les choses resteront ce qu’elles sont, Moubarak en moins, et un délai bien trop court pour que des partis politiques se structurent, ce qui laissera le terrain libre aux Frères musulmans, et à divers démagogues prêts à exciter les foules en utilisant là encore les thématiques antisémites.

Mohamed El Baradei est inconnu de la population et sera peut-être la marionnette des islamistes. Les autres candidats possibles sont Amr Moussa, un socialiste nassérien radical qui est à la tête de la Ligue Arabe, et Ayman Nour, qu’on présente ici ou là comme libéral, mais qui semble avoir lu, outre Tocqueville, les protocoles des Sages de Sion.

Moubarak a détourné beaucoup d’argent lui aussi, mais cet argent n’est rien à côté des investissements qui pourraient se faire, si l’Egypte restait sur la voie de l’ouverture et de la libéralisation dessinées sous Moubarak : la croissance de 10% enregistrée par l’Egypte pendant des années est cassée pour longtemps. L’incertitude présente, et qui devrait durer, va prolonger les craintes, ce qui va faire monter le chômage, baisser le niveau de vie, entraîner des revendications innombrables, dans un pays où une personne sur deux travaille pour le gouvernement, susciter sans doute des émeutes de la faim supplémentaires.

La richesse ne sera pas du tout créée là non plus.

Des populations frustrées vont demander des subventions que le gouvernement donnera par l’intermédiaire d’aides internationales, qui seront, toujours, insuffisantes. La prospérité, là non plus, n’est pas du tout au rendez-vous. Ce serait même plutôt l’inverse. Il n’y a pas, là , de flux migratoires incontrôlés, pas de grèves, pour la simple raison que l’économie est très largement arrêtée. Les destructions se poursuivent et les haines se propagent. Dans le Sinaï, des bandes de bédouins pillent, saccagent, tuent. La frontière avec Gaza n’étant plus solidement gardée, des gens du Hamas passent aider les Bédouins dans leurs sinistres entreprises.

Dans les médias français, on persiste à dire que se sont passées deux « révolutions ». C’est un mot qui sonne bien, le mot « révolution ». On cache les détails qui dérangent. J’ai vu un journaliste, sur une grande chaîne, parler avec joie de la multiplication des grèves dans toute la Tunisie : s’ils font grève, semblait-il penser, c’est qu’ils sont du côté du progrès… Un autre journaliste, sur une autre chaîne, présentait l’action humanitaire de la confrérie des Frères Musulmans en Egypte. Et qui pourrait contester que ces gens se comportent d’une manière humanitaire : ceux qui auraient lu la charte de la Confrérie ? Parmi eux, il n’y a pas de journaliste français, semble-t-il. Et, bien sûr, nul n’est censé se demander ce que cherche Obama.

Des émeutes ont lieu ailleurs dans le monde musulman : à Bahrein et en Iran.

Ce qui semble assuré est que le régime iranien ne tombera pas. Obama n’a pas le numéro de téléphone des responsables de l’armée iranienne, et s’il l’avait, il ne pourrait leur demander de traiter Ahmadinejad et Khamenei comme viennent d’être traités Ben Ali et Moubarak. Parce que l’Iran est un pays totalitaire, les émeutes ne seront pas filmées par les caméras de télévision du monde entier, l’armée recevra, si besoin est, l’ordre de tirer dans la foule et le fera, comme elle l’a fait en juin 2009. Ben Ali et Moubarak ont choisi le mauvais camp : celui de l’Occident. S’ils avaient choisi de rejoindre le cartel de dictatures anti-occidentales, et de s’allier à la Chine et à l’Iran, ils seraient toujours en place. En s’alliant à l’Occident, ils se contentaient de se comporter en autocrates, voire en despotes éclairés, et ils étaient très éclairés par rapport à Ahmadinejad, Khamenei, ou Assad.

Désormais, l’Iran a trois alliés dans la région : la Turquie, le Liban et la Syrie. L’Iran pourrait bien en avoir un cinquième lorsque le dernier soldat américain aura quitté l’Irak, pour la plus grande joie d’Obama. L’Occident a encore, outre Israël, deux pays de son côté : la Jordanie et l’Arabie Saoudite. Le roi de Jordanie vient de remanier son gouvernement et d’y faire entrer un islamiste : si des élections avaient lieu dans le pays, les islamistes gagneraient haut la main. L’Arabie Saoudite est très fragilisée. Elle finance l’intégrisme hors de ses frontières. Elle est dirigée par des octogénaires. Des bateaux de guerre iraniens viennent désormais mouiller dans ses ports, sur la Mer rouge, pas très loin de l’entrée du canal de Suez.

Israël risque fort de se trouver bientôt seul. Cela ne dérangera pas grand monde en Europe : l’Europe fait-elle encore partie de l’Occident ? Elle ressemble de plus en plus à une terre de soumission. La situation d’Israël dérangera le camp conservateur aux Etats-Unis, mais la Maison Blanche est occupée par un homme qui se souvient qu’il vient de l’extrême gauche et de l’islam. Et, du côté des conservateurs, des divisions sont apparues ces derniers temps : certains, tels Bill Kristol, pensent qu’Obama a fait ce qu’il fallait, en Egypte, et s’imaginent que la liberté est aux portes du Caire. D’autres sont d’un avis différent, heureusement, mais ce type de divisions sert l’occupant de la Maison Blanche. Ce genre de division doit aussi beaucoup intéresser les islamistes.  Pour ce qui me concerne, elles me consternent. Et au train où vont les choses, je me demande sérieusement où le monde en sera dans deux ans ; Apocalypse 2012 ?

Comme je l’ai déjà écrit, l’année 2011 va être une année très prometteuses pour ceux qui aiment les sueurs froides. Pour ceux qui aiment Obama, ce sera une bien belle année, j’en suis sûr… « Welcome to his world ». Bienvenue dans son monde.

Guy Millière

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