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Publié par Guy Millière le 26 février 2011

Quand il ne travaille pas à déstabiliser le Proche-Orient et à favoriser l’islam radical, Obama s’occupe des Etats-Unis, à sa manière. 

Il a présenté, voici quelques jours, un projet de budget inepte et provocateur, qui multiplie les dépenses et l’endettement du pays, et qui alourdit considérablement les impôts sur les personnes et les entreprises, et que la Chambre des représentants à majorité républicaine ne votera bien évidemment  pas. 

La Chambre des représentants, de son côté, a proposé un autre texte prévoyant des coupes budgétaires et des baisses d’impôts. 

Ce texte ne sera peut-être pas adopté par le Sénat, et s’il l’était, Obama pourrait mettrait sans aucun doute son veto. Un blocage de l’administration fédérale pourrait survenir dès le début du mois de mars. 

Ceux qui auraient pu penser qu’Obama allait se recentrer, après la défaite des élections de mi-mandat, se sont trompés. Ceux qui pensaient qu’Obama allait, au moins, adopter une attitude plus raisonnable se sont trompés aussi.

Obama veut très vraisemblablement une épreuve de force, espérant que la Chambre des représentants apparaisse comme responsable du blocage. Avoir proposé un budget si inepte, que le ministre des finances de l’administration Obama, Tim Geithner, a dit lui-même, devant une Commission qui l’entendait, qu’il n’était pas sérieux, risque de se retourner contre Obama, d’être préjudiciable au pays et à l’économie mondiale, en une période où elle n’a pas besoin de cela.  

Obama semble décidé à ruiner autant qu’il le pourra, et à détraquer autant que c’est envisageable, l’économie américaine dès son premier mandat, quitte à hypothéquer toutes ses chances d’en faire un deuxième, mais il a dit lui-même, il y a plus d’un an, qu’il valait mieux faire un seul mandat marquant que deux mandats médiocres. Le mandat d’Obama sera incontestablement marquant. 

L’attitude d’Obama a incité Charles Krauthammer à le comparer non pas à un révolutionnaire destructeur, mais à Louis XV, resté célèbre entre autres pour la formule « après moi le déluge », et on pourrait effectivement penser qu’Obama a fait sienne la formule. La différence est qu’il semble vraiment vouloir préparer une forme de déluge : une société américaine appauvrie et disloquée, un monde en charpie.  

Obama, par ailleurs, n’a pas cessé d’être un agitateur social, et il vient de le montrer en orchestrant une campagne à laquelle ont participé la gauche, l’extrême-gauche et l’ultra-gauche dans le Wisconsin.  

L’état est dans une situation de déficit catastrophique et au bord de la banqueroute. Le gouverneur, Scott Walker, a voulu faire adopter un programme de restrictions budgétaires remettant en cause la toute puissance des syndicats de fonctionnaires, et la capacité qu’avaient ceux-ci de dicter au gouvernement de l’état sa politique salariale. Il applique la ligne et le programme politique pour lesquels il a été élu. Mais ni Obama ni son administration n’ont vu les choses sous cet angle : Obama a dit qu’il s’agissait d’une « agression injustifiable contre les syndicats ». Les syndicats, en somme, passent, pour lui, avant le suffrage universel.

Après la déclaration d’Obama, les gens qui ont élaboré sa campagne de 2008 (sous le sigle d’Organizing for America), les gens d’Acorn, ceux de multiples associations gauchistes et de la gauche démocrate ont déferlé sur Madison, la capitale de l’état. Et les manifestations y ont été incessantes. Et pas du tout excessives, non : le gouverneur de l’état y a juste été comparé à Hitler, ou à Moubarak. 

Toujours aussi mobilisés, les gens des Tea Parties se sont rendus eux-mêmes à Madison, pour défendre la politique du gouverneur, qui a dit qu’il ne transigerait pas, et qui a les électeurs et l’opinion de son côté, mais aussi le Congrès de l’état. 

Si le Congrès du Wisconsin avait pu siéger, la décision du gouverneur aurait été adoptée depuis longtemps. Pour qu’elle ne le soit pas, les élus démocrates, minoritaires, sont partis en voyage des jours entiers, ce qui a empêché le Congrès en son ensemble de siéger.  

Les enseignants du Wisconsin ont déserté les salles de classe : leur salaire moyen est de 100 000 dollars, cinq fois le montant du salaire moyen des ouvriers et employés de l’état, qui ne ressentent aucune compassion envers les enseignants. Des médecins dépêchés sur place, et membres d’Organizing for America, ont délivré de faux certificats médicaux pour justifier les absences au travail de multiples agents publics.

Obama reste un agitateur social, oui, et, tout comme il recherche le blocage et un bras de fer avec le Congrès, il a cherché à déstabiliser un gouverneur d’état en espérant en déstabiliser d’autres ainsi, et créer un climat de sédition.

Il semble, cela dit, avoir un peu perdu la main.

Tout comme la population américaine globale paraît assez peu apprécier la perspective d’un blocage à l’échelle fédérale, la population américaine globale a paru peu apprécier ce qui s’est passé dans le Wisconsin, et se situer du côté de la légalité et de la démocratie, pas du côté d’Obama et des syndicats. 

Le gouverneur du Wisconsin a tenu le cap : le vote a finalement eu lieu vendredi, les élus démocrates ayant fini par reprendre le chemin de Madison. Cela constitue une défaite majeure, sur un plan intérieur, pour Obama. C’est aussi une défaite majeure pour les syndicats et pour la gauche américaine en son ensemble. 

Plusieurs autres états des Etats Unis sont confrontés à des difficultés similaires à celles existant dans le Wisconsin : leurs gouverneurs envisagent de prendre des mesures semblables à celles prises par le gouverneur du Wisconsin. Et ils le feront sans aucun doute. Ils le feront d’autant plus aisément et avec d’autant plus de détermination maintenant qu’Obama, les syndicats et la gauche, ont perdu la partie dans le Wisconsin.  

Ce qui se joue est déjà la campagne de 2012.

En regardant l’attitude qu’il a adopté à l’échelle fédérale, on peut se demander si Obama n’a pas l’intention de faire un seul mandat, très ravageur. En regardant ce qui s’est passé dans le Wisconsin, on peut se demander s’il pensait avoir une chance de gagner contre le gouverneur, la légalité et le suffrage universel, ou s’il s’est contenté de céder à ses veilles impulsions.  

Nous sommes en février 2011. L’échéance de 2012 semble loin, très loin. Qu’est-ce qu’Obama va encore pouvoir faire d’ici là ? Son slogan de cette année ? « Winning the Future », gagner le futur. Obama semble regarder le futur dans un rétroviseur. Le Coran dans une main. La Théorie générale de John Maynard Keynes dans l'autre. Et Rules for Radicals de Saul Alinsky tatoué sur le front.

Guy Millière

PS Je suis allé sur l’inénarrable Obamazoom du Figaro après avoir écrit ce texte. J’y trouve repris les raisonnements bancals de la "gauche de la gauche" américaine. On y dit, citant l’excité délirant Paul Krugman, du New York Times, qu’en voulant abolir des privilèges syndicaux, et en entérinant des baisses d’impôts, Scott Walker « essaie de faire que la démocratie fonctionne moins bien aux Etats-Unis ».  Pour l’Obamazoom, en somme, une démocratie qui fonctionne bien est une démocratie où les syndicats ont des privilèges qui prévalent sur le droit commun, et où les impôts sont confiscatoires.

Quand je lis certaines rubriques du Figaro aujourd’hui, j’ai l’impression de lire L’humanité.

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