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Publié par Michel Gurfinkiel le 14 mars 2011

Une scène du film "Des hommes et des Dieux". 

Allez au cinéma, lisez les livres, feuilletez les journaux : les Français se redéfinissent comme chrétiens.

La France redécouvre son identité chrétienne : c’était l’événement majeur de l’année 2010, qui s'est s’achevée.

Il y a d’abord eu le film de Xavier Beauvois, Des Hommes et des Dieux,  applaudi par la critique au festival de Cannes, dès le mois de juin, et plébiscité par le public après sa sortie en salle, en septembre (plus d’un million de spectateurs). Cette oeuvre retrace la tragédie des sept moines français décapités par des islamistes en 1996 à Tibhérine, en Algérie. Avec sobriété et prudence : pas d’hagiographie, mais plutôt une réflexion sur les circonstances qui amènent des hommes  à prendre des risques qui les dépassent ; et par ailleurs, aucune attaque directe contre l’islam. Cette approche a l’avantage de désarmer puis de séduire les milieux qui adhèrent encore, ou croient encore adhérer, à une idéologie« politiquement correcte »,  laïque ou laïciste, anticléricale, multiculturelle. Et donc de rendre plus assimilables deux messages implicites, ou subliminaux, d’une nature fort différente :

–       Si les moines de Tibhérine ne sont pas des saints, ils le deviennent par leur martyre. Et une religion qui produit des saints est vivante.

–       Le christianisme tend vers l’amour et l’humilité. L’islam, vers la violence et l’orgueil.

Le titre même du film est révélateur. Des Hommes et des Dieux, cela supposerait qu’il y ait « plusieurs Dieux » : ce qui irait à l’encontre des croyances chrétiennes comme des musulmanes. Dès lors, la véritable signification est sans doute que les conceptions de Dieu du christianisme et de l’islam sont si éloignées l’une de l’autre qu’il est vain de parler d’un « même Dieu » ou d’une « même foi » abrahamique. Et que le « dialogue »avec l’islam est donc inutile et dangereux.

Fin septembre, Ingrid Betancourt publie Même le silence a une fin, le livre où elle relate sa longue captivité, de 2002 à 2008, aux mains des narcoterroristes colombiens. Elle mentionne tout particulièrement sa foi non seulement chrétienne, mais catholique, qui l’a aidée à faire face à ses épreuves. D’emblée, c’est un best-seller : l’équivalent, en librairie, du film de Beauvois. D’autres ouvrages, d’autres manifestes, parus tout au long de l’année reviennent sur les thèmes, indissociables l’un de l’autre, de la foi personnelle et de l’identité collective. C’est à dire de ce que l’on appelait naguère « l’enracinement ».On peut sourire du retour des enfants prodigues Danièle Sallenave et Régis Debray à des racines maurrassiennes. Mais il faut prendre au sérieux Robert Ménard, l’ancien président de Reporters Sans Frontières, quand il revendique, lui aussi, son christianisme et ose dire qu’il ne souhaite pas que les mosquées ne se substituent aux églises dans le paysage français.

Fin octobre et début novembre, les médias et la classe politique se mobilisent pour les chrétiens d’Irak, victimes de nombreux attentats. Que les minorités chrétiennes vivant dans les pays islamiques, du Maghreb à l’Asie du Sud-Est soient confrontées à des discriminations, à des persécutions, à des assassinats, à des massacres, qu’elles soient contraintes, de plus en plus souvent, à l’exil, cela se savait. Mais cela ne se disait pas. Soudain, on le dit. Avec d’autant plus de force qu’on a honte de s’être longtemps tu. Mais aussi et surtout parce qu’on voit désormais dans ce drame le moyen, au-delà du « politiquement correct », de poser la question de la compatibilité de l’islam, ou des pratiques culturelles marquées par l’islam, avec la culture française traditionnelle.

En décembre, enfin, pour leurs derniers numéros de l’année et en particulier le numéro double publié à l’occasion des fêtes, la plupart des magazines français publient des dossiers sur les chrétiens d’Orient, de Marianne à Valeurs Actuelles, du Nouvel Observateur au Point, du Figaro au Monde, et du Monde Magazine au Figaro Magazine. Tandis que L’Express, lui, consacre son numéro double à la « grande aventure de la chrétienté ».

D’une mode, ou d’une « tendance », on est passé à un « fait de société ». Première conclusion provisoire : on ne peut nier impunément les identités collectives. Elles vengent un jour ou l’autre, en réapparaissant avec une force décuplée. Seconde conclusion : on ne peut nier impunément les besoins spirituels. Ils sont aussi forts, aussi violents, que les besoins matériels. La plupart des Français étaient chrétiens, ils ont cru ne plus l’être, ils découvrent qu’ils le sont encore. Troisième conclusion : nation fière de son universalisme, la France comprend de moins en moins les exigences, sur son sol et dans son tissu même, d’un islam qu’elle avait été fière, naguère, d’accueillir, mais qu’elle perçoit désormais à la fois comme conquérant et intolérant. Quatrième et ultime conclusion : les idéologies les mieux installées peuvent être balayées d’un revers de main. Le « politiquement correct » a eu raison de la « religion de la France ». Celle-ci aura peut-être raison de lui.

© Michel Gurfinkiel, 2011

L'article original peut être consulté sur le blog de Michel Gurfinkiel

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