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Publié par Guy Millière le 17 mars 2011

 

On le sait, une tragédie immense vient de frapper le Japon. Le nombre de morts se chiffrera en dizaines de milliers. Les dégâts économiques sont considérables. La reconstruction prendra sans doute des années. L’impact sur le reste du monde sera important. Des centrales nucléaires ont été fragilisées et très détériorées, ce qui nuit à la production d’électricité et pourrait entraîner des problèmes graves de radioactivité.  

Je connais le Japon, même si je m’y rends bien moins souvent qu’aux Etats-Unis. Je sais quelle est l’opiniâtreté du peuple japonais. Avoir construit une économie développée dans un pays où les obstacles naturels sont ce qu’ils sont est une illustration exemplaire de ce que peut accomplir l’être humain lorsqu’il crée, travaille et se donne les moyens d’accomplir. C’est aussi une démonstration de ce que la richesse tient essentiellement, voire uniquement, à l’ingéniosité humaine.  

Le Japon n’avait strictement rien pour devenir le pays qu’il est aujourd’hui : peu de terres fertiles, des zones volcaniques inhabitables, des zones climatiques rudes, dans le Sud subtropical et dans le Nord, proche de la Sibérie, des tremblements de terre fréquents, des tsunamis.  

Le Japon et son peuple se relèveront. Ils méritent notre respect, notre estime et surtout notre aide en ce moment difficile.  

Tout en parlant des dégâts, des pertes en vies humaines et des centrales nucléaires détériorées, nombre de journalistes et de commentateurs devraient, cela dit, insister davantage sur ce que je souligne ici.  

Dans un pays sous-développé, ou moins développé que le Japon, et peuplé comme lui de plus de cent millions d’habitants, ce n’est pas par dizaines de milliers que se compteraient les victimes, mais par millions.  

Les progrès technologiques sauvent des vies humaines, quand bien même, hélas, il peut se révéler que la nature, lorsqu’elle se déchaîne, est bien plus puissante que tous les efforts des hommes pour la maîtriser et la domestiquer.   

En parlant des centrales nucléaires, particulièrement, journalistes et commentateurs devraient tenir un discours plus circonspect.  

La production d’énergie nucléaire a fait partie intégrante de ce qui a permis au Japon, où les ressources naturelles sont absentes, de sortir de la pauvreté et d’accéder pleinement au développement. On peut même dire qu’elle a été, en cela, indispensable.  

Les centrales nucléaires japonaises, par ailleurs, comme les centrales nucléaires françaises ou américaines, sont dotées de procédures de sécurité optimales qui rendent toute comparaison avec Tchernobyl insultante et grotesque : Tchernobyl a été un cataclysme produit par un autre cataclysme, le communisme, un système où la préoccupation pour l’être humain a toujours été absente. Les centrales nucléaires des pays capitalistes démocratiques ont été construites pour servir le développement humain, et en tenant compte, à cette fin, des règles de sécurité les plus strictes. La centrale de Tchernobyl n’avait pas d’enceinte de confinement. Les centrales des pays capitalistes démocratiques ont toutes une double enceinte de confinement, rendant un cataclysme de type Tchernobyl totalement impossible. Ce qui ne veut pas dire que des rejets d’éléments radioactifs, en cas d’accident majeur, est impossible, mais cela veut dire que ces rejets, le cas échéant, seront limités, et sans conséquence prenant des allures de catastrophe. Un accident majeur a déjà eu lieu dans une centrale d’un pays capitaliste démocratique, à Three Mile Island aux Etats-Unis, en 1979 : on n’a compté aucune victime.  

Alors que le tremblement de terre qui vient d’avoir lieu est l’un des plus puissants qu’ait connu la planète depuis des siècles, et le plus puissant qu’ait connu le Japon depuis plusieurs siècles, alors que ce tremblement de terre a été si puissant qu’il a fait bouger la planète sur son axe et, en modifiant la distribution des masses, a accéléré le mouvement de rotation de la terre, raccourcissant les jours de 1,8 microsecondes, les quatre centrales nucléaires japonaises concernées se sont seulement mises à l’arrêt, sans aucun dommage. C’est le tsunami qui a endommagé les systèmes de refroidissement. Le seul résultat pour l’heure, bien que le tsunami ait été lui-même le tsunami le plus puissant parmi ceux répertoriés, a été l’échauffement de l’eau de refroidissement, et la production subséquente d’hydrogène légèrement radioactif qui, en se relâchant et en entrant en contact avec l’oxygène de l’air a fait exploser les toits des réacteurs, sans détériorer rien d’autre. La radioactivité dégagée ainsi à proximité immédiate des centrales a été évaluée à 0,1 rad (Roetgen absorbed dose) par jour pour quiconque resterait sur place. Ce qui équivaut à trois fois la quantité de radioactivité reçue quotidiennement par quelqu’un qui vit dans une région volcanique du Massif central, simplement parce qu’il vit là où il vit et que la terre est radioactive, particulièrement en région volcanique. Si l’une des enceintes de confinement devait être endommagée, il resterait la deuxième enceinte de confinement, et les émanations seraient trop faibles pour nuire à la santé. En évacuant les populations dans une circonférence de vingt kilomètres, le gouvernement japonais a pris une mesure de précaution qui ne doit pas être prise pour autre chose que ce qu’elle est. 

Journalistes et commentateurs devraient se montrer particulièrement vigilants vis-à-vis du discours de charlatans et d’idéologues opportunistes et sans scrupules, tels ceux qui se réclament des divers mouvements de l’écologisme militant. 

Ces gens n’ont, depuis des décennies, cessés de faire naître et d’entretenir des phobies criminelles, et ils ont tué de nombreuses fois. On leur doit, par exemple, l’abandon du DDT pendant des années, et la persistance de la malaria en Afrique subsaharienne et en Asie. On leur doit l’abandon de projets de biotechnologies agricoles qui auraient permis d’éviter des famines, et l’abandon de projets de production d’électricité qui auraient permis, outre le développement économique, la réfrigération et la conservation des aliments ou l’assainissement de l’eau.  

Ce qui motive ces gens n’est pas la préoccupation pour l’être humain, mais une idolâtrie délirante envers une nature pure que l’être humain viendrait violer et polluer. 

Un regard humaniste sur le Japon impliquerait de souligner, essentiellement de souligner, ce que le peuple japonais a accompli en quelques décennies à peine.  

Un regard humaniste sur le Japon impliquerait aussi un propos humble : par son intelligence et sa créativité, l’être humain a créé, bâti.  Dans de nombreux cas, il a domestiqué la nature, mais celle-ci peut encore se révéler souvent bien plus puissante que lui, ce qui implique de créer, bâtir, domestiquer, maîtriser plus encore.  

Un regard antihumaniste sur le Japon ne posera ses yeux sur la tragédie que pour y voir de quoi tenir un discours hostile au développement économique, à la technologie et, en l’occurrence, au nucléaire.  

Un regard antihumaniste sera un regard essentiellement parasitaire. Il cherchera dans une tragédie ce qui lui permettra, non pas de tirer des leçons pour améliorer la vie et sauver des êtres humains, mais pour rendre la vie ailleurs sur terre plus misérable encore, plus précaire, plus imprégnée de phobies et de superstitions.  

En entendant le discours de nombre d’écologistes ces derniers jours, je n’ai pu m’empêcher de penser à ces animaux qui se nourrissent de cadavres et qui prospèrent dans les charniers.  

Il y a, en France et dans le monde occidental, une proportion inquiétante d’êtres humains qui se conduisent comme ces animaux, et qu’il faut appeler par leur nom : des nécrophages.  

Nos sociétés sont malades, entre autres,  en raison du pullulement en elles de nécrophages.  

Pour se reconstruire, le Japon n’a aucun besoin de nécrophages.

Guy Millière

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