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Publié par Abbé Alain Arbez le 18 mars 2011

Abbé Alain René Arbez

Schaoul de Tarse est-il le 13ème des 12 apôtres de Jésus, un peu comme les trois mousquetaires étaient quatre ? Si Jésus s’est adjoint douze collaborateurs parmi ses disciples, c’est pour manifester la continuité de sa mission au sein de son peuple. (Ce nombre fait écho aux douze tribus d’Israël, symbole d’une dimension essentielle de l’histoire sainte. Sous le règne de Saül, les douze tribus s’étaient unies, et c’est avec le roi David que Jérusalem devenait définitivement la capitale d’Israël). Devant l’essor de communautés juives dissidentes en Eretz Israel, Schaoul de Tarse, pharisien devenu plus ou moins zélote, se montre agressif. C’est ainsi qu’il persécute entre autres les disciples du rabbi Jésus par souci de défendre l’appartenance traditionnelle à la thora.

Cependant, lui qui n’a jamais côtoyé le Jésus historique, voici qu’il rencontre mystérieusement le Messie ressuscité sur le chemin de Damas. Cette confrontation illuminatrice fait de lui un autre homme et c’est suite à cet événement qu’il engage tout son être à annoncer l’évangile de résurrection. Il bravera tous les dangers pour aller encourager des églises messianiques à se constituer à partir des communautés juives de la diaspora et il se fera l’apôtre des goyim. Conscient d’un décalage par rapport aux apôtres que Jésus avait lui-même institués avant sa passion, Schaoul se présente ainsi : « Paul apôtre, non de la part des hommes ni par l’intermédiaire d’un homme, mais par Jésus Christ et Dieu le Père » (Gal.1.1). Dans la perspective de l’annonce du Règne de Dieu, il se sent de ce fait mandaté au même titre que Pierre et les Douze, et il n’hésite pas à écrire aux Corinthiens : « Vous êtes le sceau de mon apostolat » (1 Cor 9.2). Dans ses épîtres au riche contenu théologique, Paul laisse transparaître la formation rabbinique qu’il a reçue de Gamaliel, dont la yeshiva, l’école spirituelle, était renommée pour son haut niveau. Paul connaît aussi le rite de la semikha, l’envoi en mission, qui s’exprime par l’imposition de la main du maître sur l’épaule du disciple. Ce geste manifeste que le disciple va transmettre ce qu’il a reçu. Cette ordination au service de la Parole vivante, les 12 apôtres de Jésus l’ont reçue du Maître, avec la tâche d’instituer d’autres serviteurs de l’évangile. Mais Paul, lui, estime qu’il a reçu sa mission directement du Christ glorieux.

Quoi qu’il en soit, le lien de communion de Paul avec les deux principaux responsables de l’Eglise naissante – Pierre et Jacques –  est nettement mis en valeur par l’évangéliste Luc dans les Actes des apôtres, au moment où le missionnaire des nations part fonder des communautés en Arabie. Paul, ambassadeur inspiré et enthousiaste du ressuscité, certes, mais jamais électron libre agissant indépendamment des douze ! D’ailleurs, l’Eglise chrétienne a très tôt associé Pierre et Paul dans une même célébration de leur apostolat complémentaire : l’un apôtre des croyants en Israël même, l’autre apôtre des païens dans les terres lointaines. Par son engagement total, Paul est donc bien le 13ème des Douze, membre actif de l’unique mission apostolique. Il est porteur à sa manière de l’esprit de la tradition pharisienne, tout en étant dévolu à l’inculturation de son messianisme en terres païennes. Paul, treizième des douze, mais un peu à la manière dont les douze tribus d’Israël devinrent treize : car si nous relisons Genèse 48.13 et 17, nous verrons que Jacob donne sa bénédiction simultanée aux deux fils de Joseph, Ephraïm et Manassé. Le douze qui devient treize manifeste symboliquement la générosité de Dieu, c'est-à-dire l’au-delà bénéfique de la mesure humaine des choses, signe de l’abondance du cœur divin.

Schaoul – Paul, le 13ème, a merveilleusement illustré ce supplément d’âme dans son action et dans ses écrits missionnaires. (On peut même littéralement dire qu’il a fait école, puisque certaines épîtres signées de son nom sont en fait le résultat d’un travail d’équipes pauliniennes). Quoi d’étonnant que dans la guemara, corrélation combinée de chiffres et lettres hébraïques, le 13 correspond au mot « ahava », amour ! Cependant, l’apôtre Paul est parfois affublé de tous les travers : il serait misogyne, il aurait créé de toutes pièces un Christ doctrinaire, il aurait élaboré une théologie éloignée de la pensée originelle de Jésus de Nazareth… En réalité, Schaoul a été un formidable maïeuticien de communautés nouvelles, nées de façon fulgurante dans la diaspora du proche Orient et d’Asie Mineure après les années 30. Il a été le passeur de la foi biblique aux cultures païennes, les « modernes » de l’époque. A travers lui, la spiritualité du peuple juif a été un ferment de renouveau dans de vastes régions, réalisant ainsi une part dynamique de sa vocation universelle. Selon certains spécialistes, Schaoul surnommé Paulus (Ha qatan, le petit) aurait dicté ses épîtres en hébreu et celles-ci auraient ensuite été traduites en grec rempli de tournures sémitiques.

Sa vision du monde et de l’être humain s’enracine dans la tradition biblique et dans la foi en la résurrection, il est sensible aux enjeux de l’avenir. Il ne raisonne pas comme un Grec mais comme un Hébreu. A la différence des gnostiques qui considèrent l’âme humaine comme élément pur mais souillé par sa descente dans un corps humain, Paul développe une pensée dans laquelle l’être humain est appelé à se transformer. Pour lui, le monde n’est pas une matière éternelle immuable, mais une création qui se détériore avec le temps et qui attend sa régénération spirituelle. Paul ne confond pas Dieu avec la création et il n’adhère pas à l’idée que l’univers serait incréé et autonome. L’homme est donc en évolution et le Christ est son prototype, c’est pourquoi pour Paul l’union au Christ est un chemin d’accomplissement humain. Cette vision est évidemment en opposition avec la conception grecque matérialiste ou avec les idées gnostiques qui reviennent à la mode de nos jours. Il y a une certaine parenté entre la spiritualité de Paul et celle de Jean l’évangéliste. Tout en relativisant certains aspects contraignants de la thora, tous deux affirment que le Christ, Ha Mashiah, authentiquement juif, ouvre de manière originale une voie d’humanité dans la tradition hébraïque. Schaoul de Tarse, pharisien et apôtre des goyim, pourquoi pas, si tant est que la lumière d’Israël est celle d’un Dieu unique, entièrement fidèle à son peuple choisi, mais qui aime tous les hommes (le livre de Jonas et celui d’Isaïe en témoignent). De la part de Schaoul, porter aux nations cette lumière d’Israël, c’était leur faire découvrir une merveilleuse spiritualité universelle, porteuse d’éthique, par rapport à laquelle la circoncision la plus essentielle devenait celle du cœur, pour une relation vivante avec le Dieu créateur et sauveur, dans une démarche de foi qui transforme le meilleur des cultures du monde en itinéraire vers son Royaume.

Abbé Alain René Arbez

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