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Publié par Michel Garroté le 23 mars 2011

Des Evêques déclarent : « l’antisémitisme s’est de nouveau fortement propagé »

Michel Garroté à Tel Aviv

Michel Garroté – Je reproduis ci-dessous le message des évêques suisses, diffusé à l’occasion du « Jour du Peuple Juif » célébré le dimanche 20 mars 2011. Je précise que lorsqu’un évêque rédige et publie un  tel message, il le fait en sa qualité d’évêque de l’Eglise catholique dans son ensemble et dans son unité ; et non pas en sa qualité d’évêque suisse, vietnamien ou argentin. Je note en particuliers que dans ce message, Mgr Vitus Huonder, Délégué de la Conférence des Evêques suisses au sein de la Commission de dialogue judéo/catholique de Suisse, écrit ceci (début de citation) : « Devant la réalité effective qui fait que l’antisémitisme s’est de nouveau fortement propagé ces dernières années, l’Eglise ressent encore une fois le besoin d’en appeler, dans notre pays, à la solidarité avec le peuple juif. (…) L’Eglise (…) aimerait en même temps arriver à ce que les différences d’opinions politiques ne conduisent pas à des jugements et à des prises de position sans nuances, et encore moins à des campagnes ciblées dans notre pays » (fin de citation).

Deux points me semblent importants dans les propos que j’ai cités ci-dessus. Premièrement, l’Eglise catholique manifeste publiquement sa « préoccupation brûlante » (formule utilisée dans le message ci-dessous et qui n’est pas anodine), je cite, « devant la réalité effective qui fait que l’antisémitisme s’est de nouveau fortement propagé ces dernières années ». Deuxièmement, l’Eglise catholique déclare publiquement qu’elle ne veut pas que les différences d’opinions politiques conduisent à des jugements et à des prises de position sans nuances, et encore moins à des campagnes ciblées.

Autrement dit, tant sur le premier point que sur le deuxième point, l’Eglise catholique ne se contente pas de recourir à des formules vagues sans portée réelle. Bien au contraire, l’Eglise catholique – qui dans son message, lu le deuxième dimanche de carême, s’adresse aux fidèles catholiques en particulier ; et aux citoyens en général – exhorte la population à partager cette préoccupation brûlante face au fait que l’antisémitisme s’est de nouveau fortement propagé ces dernières années. Et l’Eglise catholique, dans ce même message, lu le deuxième dimanche de carême, proclame haut et fort qu’elle ne veut plus que les différences d’opinions politiques conduisent à des jugements et à des prises de position sans nuances ; et encore moins à des campagnes ciblées.

L’Eglise ne pouvait être plus claire : les Juifs en diaspora et les Juifs en Israël sont confrontés à un antisémitisme qui s’est de nouveau fortement propagé ces dernières années ; les Juifs en diaspora et les Juifs en Israël ne doivent plus faire l’objet de jugements et de prises de position sans nuances et encore moins de campagnes ciblées. Pour les catholiques « antisionistes », le message doit résonner comme un sec avertissement. Cela dit, je doute qu’ils l’entendent.

Voici l’intégralité du Message pour le « Dies Judaïcus » (Jour du Peuple Juif dans l’Eglise catholique) de Mgr Vitus Huonder, Evêque de Coire (Suisse) et Délégué de la Conférence des Evêques suisses au sein de la Commission de dialogue judéo/catholique de Suisse :

Le deuxième dimanche de carême, le 20 mars 2011, la Conférence des Evêques suisses instaure le « Dies Judaïcus », le Jour pour le Peuple juif. Cette journée a un double but. Elle doit nous rappeler les racines juives de la foi chrétienne. Elle doit par là même nous rendre conscients du lien particulier qui unit les chrétiens au peuple juif.

Les racines juives de la foi chrétienne

La première lecture du deuxième dimanche de carême se réfère en chacun des trois cycles du lectionnaire à la figure d’Abram ou Abraham (Gn 17,5). Abraham est le père de la foi, il est le père du peuple de Dieu, Israël. Avec lui, Dieu conclut l’alliance de la circoncision. De lui est issu Isaac, le fils de la promesse. Son fils Jacob est le père du peuple aux douze tribus. C’est sur cette base que le deuxième dimanche de carême est spécialement qualifié pour se remémorer l’origine juive de la foi chrétienne. L’histoire du salut prend particulièrement naissance avec les patriarches. La foi chrétienne se fonde sur cette origine juive et vétérotestamentaire, et elle ne peut trouver compréhension et signification qu’à partir de cette origine. La foi juive recèle le fondement de la proclamation de la foi chrétienne. C’est à cela que Saint Paul nous rend attentifs, de manière impressionnante, lorsqu’il désigne les qualités privilégiées du peuple de l’alliance du Sinaï : « Ils sont Israélites, ce en quoi ils ont l’adoption, la gloire, les alliances ; à eux ont été donnés la loi, le culte et les promesses » (Rm 9,4). De ce peuple est issue Marie, la Vierge mère de Dieu. C’est à partir d’elle que notre Seigneur Jésus Christ a reçu la nature humaine.

La solidarité avec le peuple juif

Si le premier objectif du Dies Judaïcus est de nous tourner vers le passé, en considérant le peuple aux douze tribus et l’origine de la foi chrétienne, la réalité effective de la solidarité avec le peuple juif veut nous rappeler la responsabilité permanente, toujours actuelle de l’Eglise à l’égard du peuple juif.

Les agressions effroyables envers ce peuple durant la seconde guerre mondiale ont amené l’Eglise à renouveler cette responsabilité et à faire ces déclarations que nous pouvons lire dans le document conciliaire Nostra Aetate 4 : « L’Église, qui réprouve toutes les persécutions contre tous les hommes, quels qu’ils soient, ne pouvant oublier le patrimoine qu’elle a en commun avec les Juifs, et poussée, non pas par des motifs politiques, mais par la charité religieuse de l’Évangile, déplore les haines, les persécutions et les manifestations d’antisémitisme, qui, quels que soient leur époque et leurs auteurs, ont été dirigées contre les Juifs». Aujourd’hui, cette déclaration est de nouveau à l’ordre du jour. L’Eglise a de nouveau le devoir d’y revenir.

La préoccupation brûlante d’aujourd’hui

Devant la réalité effective qui fait que l’antisémitisme s’est de nouveau fortement propagé ces dernières années, l’Eglise ressent encore une fois le besoin d’en appeler, dans notre pays, à la solidarité avec le peuple juif. Au regard des peurs et des besoins de nombreuses personnes d’appartenance juive, elle a le devoir de prendre position de nouveau « contre toutes les expressions de haine, les persécutions, et les manifestations d’antisémitisme », et d’appeler à la paix et à la réconciliation, mais aussi au respect et à la considération envers tout être humain, également à l’égard des concitoyens juifs. Elle aimerait en même temps arriver à ce que les différences d’opinions politiques ne conduisent pas à des jugements et à des prises de position sans nuances, et encore moins à des campagnes ciblées dans notre pays.

Le don permanent de la grâce

Je voudrais mettre en évidence ici la parole de Saint Paul, qui se réfère à nos frères et sœurs juifs : « Car les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables » (Rm 11,29). Si les dons et l’appel sont irrévocables de la part de Dieu, cela ne peut signifier qu’une chose : que le Dieu et Père de tous les hommes poursuit son plan de salut pour Israël. Dieu suit son plan du salut également aujourd’hui avec le peuple élu. Il ne laisse pas tomber ce peuple. Il le conduit aussi de nos jours, car il recherche le salut de tous les hommes : « …Il veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Tm 2,4). A partir de là, nous voulons prier pour que cette grâce et cet appel irrévocables accordés à Israël portent du fruit également de nos jours, qu’ils favorisent la justice et le respect mutuel, et qu’ainsi ils contribuent à l’unité et à la paix entre tous les peuples. Avec le souhait du psalmiste « Que la paix soit dans tes remparts » (Ps 121 [122], 7), que la paix réside dans les murs de Jérusalem, que la paix réside dans chaque communauté humaine, dans notre pays et dans notre patrie, je vous salue en union cordiale avec vous, et vous adresse ma bénédiction épiscopale ».

Signé : Mgr Vitus Huonder, Evêque de Coire (Suisse) et Délégué de la Conférence des Evêques suisses dans la Commission de dialogue judéo/catholique de Suisse.

Correspondance de Michel Garroté à Tel Aviv.

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