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Publié par Guy Millière le 29 mars 2011

Je dois le dire, quitte à déplaire à quelques-uns, je ne supporte plus la France. Ce n’est pas tant que je ne sois plus attaché à la culture française, à la langue qui sera pour toute ma vie ma langue maternelle, à certains paysages où sont gravés des souvenirs de mon enfance, en Provence surtout. Non, c’est que ne supporte plus la France telle qu’elle devient. Je ne me reconnais dans aucun parti ou mouvement politique : hors quelques groupuscules sans le moindre poids, ils sont tous imprégnés d’étatisme et de socialisme. Je ne me retrouve dans aucun journal et dans aucun magazine, et les journalistes pour qui j’ai de l’estime se comptent vraisemblablement sur les doigts d’une seule main. Je ne tire de ce pays ni information ni connaissance, et quand j’y songe, cela m’afflige, car j’aimerais qu’il en soit autrement.   

Depuis que la maladie écologiste a déferlé, je n’ai plus même le moindre plaisir à sortir : devoir circuler sur une forme de piste de karting jonchée d’obstacles de béton et de métal conçus par des psychopathes me donne vite la sensation d’être dans un univers carcéral. Autour de moi, les gens s’habituent, je sais. Certains trouvent normal que les avenues de Paris soient transformées en sentiers ou en impasses. Les mêmes trouvent normal aussi que la police montre une arrogante audace vis-à-vis des automobilistes et fasse preuve d’une lâche mansuétude face aux zones de non droit. Moi, je n’entends pas m’habituer.  

C’est pour cela que, dès que je le peux, je traverse l’Atlantique en direction des Etats-Unis. Je me trouve toujours mille raisons de faire le voyage, et j’ai effectivement mille raisons que je n’entends pas exposer ici en détail. Mais dès que l’avion s’envole, je me sens plus libre, plus digne. Et sitôt je sors de l’aéroport, j’ai la sensation de m’être échappé d’une prison et de pouvoir respirer sans grillages ni barbelés. En moins d’une semaine, j’ai parcouru, brièvement Miami et, plus longuement, Las Vegas et Los Angeles. J’avais à me rendre en ces villes. Elles sont aussi les trois villes que je préfère sur la surface de la terre, et je le dis après avoir beaucoup voyagé. J’en connais chaque pâté de maison, presque chaque brin d’herbe et je ne me lasse pas de les parcourir et d’en goûter les saveurs et les parfums.  

J’ai traversé le désert Mohave aussi, et j’ai une affection particulière pour les déserts : parce que ce sont des espaces indomptés, parce que la chaleur est synonyme d’ouverture et de lumière, parce qu’ils confrontent l’être humain à la nécessité opiniâtre de survivre. J’ai rencontré des amis qui me sont précieux parce qu’ils sont nés américains et incarnent ce qui fait l’âme de l’Amérique, ou parce qu’ils sont nés français et ont eu le désir et la volonté irrépressible de devenir américains eux-mêmes. Ils s’appellent Annika ou Edgar, Guillaume, Elie, Karen, David. Je suis allé dans des lieux où j’ai mes repères et où je retrouve en peu de temps l’énergie qui me quitte lorsque je suis resté trop longtemps dans l’univers parisien.  

Qui n’a pas vu le soleil se coucher sur les Santa Monica Mountains depuis les escarpements du Griffith Observatory ou le sable blond de Venice Beach ne peut pas comprendre. Qui n’a pas regardé le downtown de Miami depuis Treasure Island, ou le Strip de Las Vegas se dessiner depuis la Barstow freeway, ne peut pas comprendre non plus. Les photographies ne restituent les sensations que d’une manière altérée. Les mots eux-mêmes sont trop pauvres pour dire ce qui devrait l’être. On ne choisit pas où l’on naît, mais on peut choisir où on vieillira et où on mourra. J’ai choisi.  

En parcourant les espaces immenses de l’Ouest, j’écoute la radio. De la musique quelquefois. Johnny Cash. Tom Petty. Bon Jovi. Lynyrd Skynyrd. Des programmes radiophoniques qui, à la différence de ceux que je puis écouter en France, me rendent plus intelligent. Il m’est arrivé de rêver d’entendre l’équivalent de Rush Limbaugh, Glenn Beck, Sean Hannity ou Dennis Prager en ce pays, mais je ne rêve plus : je sais que ce serait impensable, et que c’est l’une des raisons pour lesquelles nous en sommes là. Le soir, je regarde la télévision. Fox News de préférence. J’ai accès à tous les magazines sur le net, mais je m’en procure quelques uns dans des librairies : il n’y a pas d’équivalent français de Commentary, la National Review ou le Weekly Standard. Et il n’y en aura pas. Il n’y en aura jamais. La vie intellectuelle en France a cessé depuis longtemps d’être sérieuse, et le malheur est que les Français ne s’en aperçoivent pas. Certains d’entre eux, pensent, même, être informés en écoutant la radio ou en regardant la télévision en France, en lisant la presse française… 

 

Je tenterai, dans des articles et dans des livres de transmettre aux fins d’ouvrir les yeux. Je veux me dire que cela sert à quelque chose encore. Je veux penser que parmi ceux qui me lisent, il en est quelques-uns à qui j’apporte des moyens de comprendre. C’est pour ceux-là que j’écris encore et que je m’astreins au travail long et difficile qu’implique la tentative d’y voir clair dans les turbulences du monde.  

C’est pour pouvoir écrire encore qu’il me faut parfois m’absenter. Sans ces moments de grâce, sans doute aurais-je déjà renoncé.

Guy Millière

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