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Publié par Rachel Franco le 16 avril 2011

Alors que je m'efforce de traquer dans les recoins de ma maison le levain qui fait gonfler mon égo, alors que je me prépare à quitter mon Égypte, cœur de tous les enfermements, voici que je ressens la nécessité de venir à vous pour vous confier un peu du sel de cette nuit qui ne ressemble à aucune autre, nuit où je vais être libérée par une main forte et puissante qui me fera traverser les quatre éléments du Cosmos et naitre enfin, fille du peuple d'Israël.

Si vous pensiez que la sortie d'Égypte n'est que le paradigme de l'affranchissement d'un peuple asservi par un autre, vous faites erreur. Tant de peuples se libèrent pour tomber aussitôt dans le piège qui fait d'eux les nouveaux oppresseurs des vainqueurs d'hier ! À ce propos d'ailleurs, les analystes simplistes du « printemps arabe » sont d'une impardonnable naïveté. Suffit-il que des hommes asservis renversent leurs oppresseurs pour faire d'eux des modèles d'hommes délivrés de tous les préjugés qui empoisonnent les cœurs ? Suffit-il de prendre faits et causes pour les opprimés d'aujourd'hui pour s'auréoler de la vertu de la justice ?   

Si vous pensiez que la sortie d'Égypte ne concerne que le peuple juif, vous faites erreur. Elle est le symbole du Possible au cœur de l'impossible, celui d'une nature qui se plie aux ordres d'une Volonté suprême et qui promet aux soixante-dix peuples des Nations, une délivrance à venir. Le peuple juif est et reste le témoin vivant du miracle chaque jour renouvelé attestant que le nombre et la violence ne sauraient vaincre ceux qui, dans leurs âmes et dans leurs chairs, inscrivent le miracle de l'Unité et font œuvre d'union avec le Dieu de leurs pères.

Il y a tant et tant de secrets, tant de sens profonds dans la fête de la sortie d'Égypte qu'il est impossible, ne serait-ce que de les citer. Il y a quelque temps, peut-être un an ou deux, j'avais évoqué « La bouche qui parle », selon la traduction du mot Péssah, ou encore Pé – Sah. Je souhaite aujourd'hui, continuer cette réflexion par quelques apports hassidiques et kabbalistiques dont je me nourris et qui m'ont été inspirés, entre autres, mais pas seulement, grâce à un petit livre en hébreu d'Avraham Arlinger, sur l'exil et la libération de la parole. Je me nourris aussi largement du Rabbin Dynovisz et des études de mon ami kabbaliste David Lellouche.

Il faut entendre que la situation d'exil ne saurait se réduire au déplacement géographique d'un peuple privé de sa terre, cherchant sa place dans un monde qui lui est irrémédiablement hostile. Il s'agit davantage de l'exil d'une parole, précieuse comme une perle de vie et qui se perd pourtant dans les méandres d'une vision étriquée où l'homme ne peut être qu'un loup pour l'homme.

Les enfants d'Abraham, d'Isaac et de Jacob sont devenus un peuple, quand passant par le creuset des épreuves de la nature, ils ont accepté d'entendre l'appel de l'Infini qui résonne du plus profond de leurs êtres et les invite à s'approcher d'une Parole de vie. Ils sont devenus méritants quand, en dépit de toutes les bonnes raisons de douter que leurs intelligences leur servaient sur un plateau limpide comme de l'eau de roche, c'est la foi dans le Nom Un qui a guidé leurs pas et les a attachés au Berger, Moise.

Ils sont partis dans la précipitation, pas vraiment prêts pour affronter les dangers d'une nature implacable, une mer qui leur ferme tout horizon, la faim et la soif dans un désert sans compassion, le vent brulant des jours et le froid glacial des nuits étoilées, les scorpions et les serpents venimeux qui surgissent sous leurs sandales de tissus et se glissent dans leurs tentes d'infortune.

 Ils sont partis dans la précipitation pour voir enfin accomplie, la promesse faite à Abraham, faisant ainsi une confiance totale au Nom qui S'est dévoilé au Berger.

Est-on jamais prêt pour le voyage de la foi, qui nous fait grandir en profondeur ? Ou bien faut-il la précipitation pour nous pousser en avant et franchir ainsi la porte basse qui fait de nous un peuple libre ?

Nous avons l'interdiction, huit jours durant, de nous nourrir, de conserver ou de profiter de quelque manière que ce soit, du Hametz, soit le levain dont la propriété est d'élever et de gonfler les farines. C'est ainsi que nous chassons de nos cœurs l'orgueil qui gonfle nos égos et ne laisse aucune place à l'altérité. Peut-on vivre sans regarder cet Autre qui nous fait face ? Peut-on vivre en complétude sans recevoir en soi cet étranger qui nous dérange, nous importune et nous oblige ainsi à bouger de nos certitudes ? L'Éternel n'a-t-il pas contracté Sa lumière infinie  pour faire place au monde et à ses créatures ?  

Dans l'un de ses cours, Manitou expliquait que l'exil était justement cette situation de créature, qui nous éloigne du Créateur, la Source de notre vie. Être en exil serait ainsi une situation naturelle à l'état de créature, mais bien évidemment la faute est un voile qui s'ajoute à l'épaisseur de notre monde intérieur et nous éloigne davantage de la Cause des causes.  

Le mot « place » est un sujet qui devrait occuper nos esprits. Quelle est notre place dans l'architecture du monde ? Comment trouver sa place et l'occuper de toutes les fibres de notre âme ? En hébreu le mot Makom, place ou lieu, est aussi l'un des noms de Dieu et Lui, tel le Aleph qui se fait souffle pour mieux porter les sons des voyelles qui l'accompagnent, a fait place par Amour pour ses créatures, afin qu'elles puissent exister et se mouvoir et devenir sujets libres, sans être écrasés par Sa lumière.

Lorsqu'Adam faute, que peut-il faire d'autre que de perdre sa place et se cacher ? Faut-il alors s'étonner que la première question posée par Dieu à Adam, le Ressemblant soit « où es-tu ? ».

Où sommes-nous, amis lecteurs ? Où sont mes sœurs et mes frères à l'heure du danger ? Où est l'unité qui devrait faire battre nos cœurs ? Où sont les femmes et les hommes libres des autres nations, à l'heure où Israël est sacrifié sur l'autel des mensonges médiatiques et de la terreur islamiste ?

Ne pensez surtout pas que je m'éloigne du thème de ma réflexion ; je suis, bien au contraire, au cœur de cette réflexion qui est celle de la langue meurtrière, celle qui éloigne les hommes les uns des autres et nous éloigne de notre Créateur.  

La parole est en exil ! Les mots sont dénaturés, vilipendés, ils sont armes de mort contre mon peuple et à travers lui, contre tous les hommes de bien qui osent se tenir debout contre vents et marées islamistes, quelque soit les noms dont ils habillent leurs idéologies de mort ;

La parole est en exil quand les bonnes gens ne sont pas dupes, mais préfèrent fermer leurs yeux et enterrer ainsi leurs cœurs dans les sables mouvants qui ne manqueront pas de les engloutir aussi.

La parole est en exil quand on adopte un langage stéréotypé où les associations d'idées étouffent la vérité historique et dévisagent des Juifs faisant d'eux des voleurs, des imposteurs, des colons, des nazis ou je ne sais quoi d'autre.

Il nous faut éliminer la levure/ Hametz et la remplacer par la Matsa, petite galette plate ou pain non levé, qui n'a pu gonfler, car emportée dans la précipitation. Les lettres qui écrivent les mots Hametz et Matsa sont identiques sauf deux lettres qui sont le Het pour Hamets /levain et le Hé pour Matsa.

Si nous observons la graphie de ces deux lettres, elles sont quasiment identiques mais le Het est une lettre fermée sur la droite, sur la gauche et en haut alors que le Hé possède une petite ouverture sur la gauche. Cette ouverture est essentielle ; elle est la porte de la liberté, que l'on ne peut franchir que si l'humilité habite nos êtres et que l'orgueil a été chassé de nos cœurs.

Mais que peut être une parole de liberté pour des hommes certes perfectibles, mais si ancrés dans l'erreur et la faiblesse ? Le soir de Pessah, notre bouche doit raconter la sortie d'Égypte. Elle doit dire les mots qui évoquent et réveillent le souvenir ancestral de cette nuit où chacun d'entre nous a été sauvé du piège égyptien, piège de tous les enfermements, de toutes les limites.

Le Rituel de cette lecture se nomme Seder qui veut dire Ordre, comme d'ailleurs le livre de prière des juifs pieux. Ordre, car nulle liberté sans ordre respectueux des règles qui nous permettent de nous trouver ; ordre, car nulle liberté sans que nous sachions nous tenir à notre place  et que nous réalisions la mission toute personnelle qui est la nôtre dans l'édification de notre Temple intérieur ; ordre, car il faut se mettre en ordre si nous voulons franchir les étapes qui nous permettront de gravir les échelons de l'échelle de Jacob. Ordre encore, car il faut apprendre à habiter notre place, à la défendre corps et âme contre toutes paroles de feu destructeur qui instillent le doute dans nos cœurs.

Notre bouche se fera donc histoire et louange au Dieu Vivant et nous nous nourrirons des aliments qui, en nous, se transformeront en énergies de lumière bienfaisantes.

Les paroles de vie sont celles qui rapprochent dans le respect mutuel et la fraternité réelle et qui ne sauraient faire l'économie ni de la question du sens de l'existence, ni de l'origine de nos âmes. Les paroles de vie sont celles qui s'attachent à l'arbre de Vie, aux branches des enseignements des Sages et à l'exemple de leurs vies.

La bouche est la clef de notre passage, de notre saut dans la dimension du Sacré. Puissions-nous réussir à nous en souvenir, également après la fête de Pessah !

Je vous souhaite une fête de joie et de partage et que votre voyage soit aussi lumineux que celui que nous avions fait alors !

Je dédie ce texte à mon ami Mactar, vrai ami d'Israël qui s'interroge beaucoup sur la parole juste et nous accompagne de son affection indéfectible.

 

Rachel Franco

Israël, le 15/04/2011

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