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Publié par Alexandre Del Valle le 17 avril 2011

Alexandre del Valle* nous livre, en exclusivité pour les lecteurs de Dreuz.info, sa réflexion sur la christianophobie et l’islamophobie. Un incontournable.

Jean-Patrick Grumberg

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En octobre 2010, un jeune informaticien alsacien, a dénoncé par la provocation la violence terroriste en faisant des avions de papiers avec des pages du Coran lancées contre des tours puis brûlées et trempées dans l’urine. La vidéo, diffusée sur internet, a scandalisé les associations islamiques de Strasbourg et de France qui ont porté plainte pour « provocation publique à la discrimination raciale ou religieuse ». Ainsi, le 11 avril dernier, le parquet de Strasbourg a requis 3 mois avec sursis et une amende de 1000 euros à l’encontre d’Abbate. L’homme s’était inspiré du pasteur Terry Jones, qui avait fait brûler le Coran en public en Floride fin mars 2011 après avoir renoncé à un projet initialement annoncé à l’occasion du 11 septembre. Il est clair que le geste d’Abbate ne relève pas de la finesse et peut choquer, mais il apparaît également que la provocation « islamophobe » internet du jeune blogueur qui s’en est pris selon ses dires aux sources de la violence islamiste et a voulu « répondre à un défi » en brûlant chez lui des pages d’un « bouquin », est avant tout acte anti-religieux, une violence à l’encontre d’un texte sacré, mais pas forcément une « preuve de racisme ». De ce point de vue, le fait que les tribunaux d’une République laïque aient assimilé l’acte (certes condamnable moralement) à un appel à la haine envers les musulmans en tant qu’hommes ou au « racisme » envers un groupe d’homme est discutable dans la mesure où les milliers d’antichrétiens qui insultent la Bible et les Evangiles chaque jour ou blasphèment le Christ ou la Vierge Marie n’ont jamais été condamnés pour incitation à la haine envers les chrétiens. Rappelons que, même aux Etats-Unis, pays pourtant très religieux, les actes de ce genre (autodafés) ou les autres expressions de blasphèmes ou de sacrilèges envers des religions ne sont pas punis par la loi, au nom de la sacro-sainte liberté d’expression. Ceci peut choquer les pays musulmans qui pénalisent le blasphème (contre la religion musulmane uniquement), mais qu’on le veuille ou non, en Europe et dans les démocraties occidentales, a fortiori dans la république française, chère à Voltaire, marquée par un fort anticléricalisme (Lumières, Révolution française, IIIème République), le fait de brûler un texte religieux ou de dire quoi que ce soit contre une religion ou un texte sacré, est autorisé et même protégé par la loi, puisque le délit de blasphème est aboli depuis longtemps. Certes, celui qui écrirait ou clamerait publiquement que « les musulmans sont tous des terroristes », ou insulterait les membres d’une religion de façon collective, stigmatisant les individus en tant que tels juste parce qu’ils sont nés musulmans, commettrait un délit au regard de la juridiction française qui condamne la stigmatisation de groupes religieux ou ethniques. Par contre, le fait de condamner dans notre pays quelqu’un qui s’en prend à un texte religieux en tant que tel, sous prétexte qu’il contient des phrases violentes, ce qui est fort souvent reproché en toute impunité à l’Ancien Testament des Juifs et des Chrétiens, est une première. Cela signifie que si cette requête aboutit et fait jurisprudence, le délit de blasphème est en voie d’être rétabli par des tribunaux de la République laïque.

Un étrange « deux poids deux mesures »

Exemple manifeste de la tradition du « droit au blasphème » typiquement française, mais aussi du « deux poids deux mesures », les autorités de la république et les collectivités locales n’ont jamais condamné ou interdit les nombreuses manifestations artistiques ou « expositions » qui ridiculisent, insultent ou blasphèment les textes sacrés des chrétiens ou l’Eglise catholique en public et souvent avec l’argent des contribuables. Ainsi, dans le hall de l’hôpital de La Timone, à Marseille, une fresque représentant un musulman en babouches et djellaba transformant la basilique Notre-Dame-de-la Garde en mosquée a été inaugurée en 2010. Plus récemment, et plus choquant encore, on peut citer l’exposition « je crois pas aux miracles », organisée à Avignon, qui montre « l’œuvre » photographique « Piss Christ », où un Jésus-Christ est plongé dans l’urine d’un « artiste »… Cette « photo d’art » a été affichée publiquement dans les rues de la ville. L’exposition a été sponsorisée par le ministère de la culture, la mairie UMP, le conseil régional PS et le groupe LVMH. « L’œuvre » a même été exposée dans l’un des plus beaux hôtels particuliers de la ville…

Imagine-t-on un seul instant un musée accueillant une exposition similaire intitulée « Piss Mahomet ou « Piss Coran », et mêlant à de l’urine ce qu’il y a de plus sacré pour les musulmans ? C’est là que le bat blesse, car depuis des années, alors que les insultes ou actes christianophobes sont tolérés, banalisées et même encouragés au nom de la liberté d’expression, les autorités judiciaires, les médias et les politiques, qui ne dénoncent presque jamais les actes de christianophobie en pleine recrudescence (profanations d’églises et de cimetières, sacrilèges obscènes et violents, agressions de prêtres, etc.), traquent et dénoncent au contraire toute forme d’islamophobie, même lorsqu’elle est exprimée par des anti-racistes de gauche aux positions athées, c’est-à-dire dénonçant toutes les religions, comme le philosophe communiste Robert Redecker. Certes, les protestations d’organisations catholiques ont conduit les autorités d’Avignon à suspendre quelques jours l’exposition de « piss christ », mais dès le 11 avril, à la suite d’une réunion à la préfecture, les organisateurs ont pu à nouveau exposer la photographie qui a tant scandalisé les chrétiens.

Vers le rétablissement du délit de blasphème pour l’islam ?

Conclusion, dans le cas de la religion musulmane, « le délit de blasphème » est rétabli de facto, si bien que dans la République de Voltaire, on ne peut plus se moquer de certains textes religieux, ce qui est assimilé au « racisme » et à l’incitation à la haine envers les musulmans en tant que groupe supposé monolithique et religieux par essence. A contrario, dans le cas du christianisme, non seulement le fait de se moquer du Christ, aussi sacré pour les chrétiens que le Coran pour les Musulmans, n’est pas considéré comme du racisme ou de l’incitation à la haine envers les chrétiens, mais le « droit au blasphème » est dans ce cas considéré comme tout à fait innocent et légitime et il fait même partie de la liberté d’expression la plus élémentaire.

Ce type de deux poids deux mesures n’est pas tolérable et il n’augure rien de bon dans un contexte de radicalisations communautaristes et de débat passionné ou interdit sur l’identité française en danger, la défense de la laïcité ou le « péril islamiste ». Rien n’est en effet pire que de donner le sentiment que certains seraient « plus égaux » ou « plus victimes » que d’autres. De deux choses l’une, soit on rétablit en France le délit de blasphème pour toutes les religions, soit on ne le tolère pour aucune, ceci au nom de la laïcité et de l’égalité de tous devant la loi. Dans ce cas, les leaders musulmans qui tentent d’importer en France leur conception liberticide de la religion et de rétablir le délit de blasphème doivent eux aussi se conformer aux mœurs et règles de la République française. Certes, il est indéniable que le blasphème et la moquerie envers les religions n’est pas agréable pour les croyants de toute religion. Je n’ai moi-même jamais apprécié le blasphème et je ne le pratique point. Voir la Bible souillée ou les Prophètes juifs ou chrétiens ou encore le Pape ou la Vierge Marie insultés ou caricaturés dans des montages pseudo-artistiques ne me plait pas, et je comprends qu’un croyant musulman soit choqué lorsque l’on urine sur le Coran. Mais les religieux musulmans doivent distinguer entre l’incitation à la haine envers un groupe de personnes, ce qui est condamnable, et le droit de dire ce que l’on veut des religions, même si cela nous choque. Car accepter que des gens disent ce qui nous choque au plus haut point dans nos croyances est l’une des bases de la démocratie libérale. Depuis longtemps, l’Eglise catholique, de loin la religion la plus insultée, caricaturée et offensée, répond aux attaques blasphématoires par le pardon ou le silence. Depuis longtemps, les chrétiens ont renoncé à punir les blasphémateurs en Occident, et ils préfèrent le plus souvent ignorer les provocateurs. Les leaders musulmans qui crient à l’islamophobie en permanence lorsque des Occidentaux ou des musulmans athées osent dire ce qu’ils pensent de leur religion, entretiennent hélas les heurts intercommunautaires, car ils font ainsi croire aux masses musulmanes de France et du monde que l’islam serait « persécutée » en France et que les Français seraient des « ennemis des musulmans », ce que pensent également Oussama Ben Laden et la plupart des leaders islamistes du monde qui conspuent l’Occident « islamophobe » tout en persécutant leurs minorités chrétiennes sans rougir.

Le nouveau « racisme » anti-musulmans n’est pas celui que l’on croit

D’évidence, en inculquant l’idée perverse et contradictoire selon laquelle les insultes envers les religions sont « normales » et méritent le soutien des autorités et des médias lorsque cela concerne le christianisme, mais méritent au contraire d’être punies d’amendes ou de peine de prison lorsque cela concerne l’islam, notre République post-laïque donne un message plus qu’encourageant aux islamistes radicaux et donne du grain à moudre aux partis d’extrême-droite qui assimilent tous les musulmans à des intégristes religieux et oublient que nombre d’entre eux sont laïques ou peu pratiquants, comme la majorité des chrétiens.

En fait, à l’heure où tout le monde dénonce le racisme, le colonialisme européen et l’islamophobie, l’une des plus flagrantes et pernicieuses marques de racisme et d’esprit colonialiste consiste à croire qu’il y aurait un « chromosome musulman », que les immigrés de confession musulmane seraient tous « génétiquement » liés au Coran, et que l’esprit de Voltaire, la laïcité et le refus du délit de blasphème, seraient des luxes d’Occidentaux réservés aux nantis chrétiens ou post-chrétiens. Selon cette conception néo-raciste, irresponsabilisante et paternaliste, tout homme né de parents musulmans serait consubstantiellement lié au Coran et serait incapable de s’affranchir de la théocratie. En réalité, le « droit au blasphème », qui a permis aux Européens de se libérer de l’emprise totalitaire de la théocratie, au nom de laquelle tant d’hommes libres furent tués ou brûlés, ne semble pas accordé aux musulmans, que l’on croit à tort tous prisonniers de la théocratie et que l’on assigne malgré eux à la religiosité et à l’obscurantisme. Comme si Ils n’avaient pas droit à la laïcité et à Voltaire et comme s’ils n’étaient pas AVANT tout eux aussi, comme tout homme, des individus doués de raison, capables de croire ou de ne pas croire, donc libres et majeurs. Le pire des racismes est donc selon de croire que ce qui est valable pour nous, la laïcité, la primauté de la raison sur la foi, leur est impossible à comprendre ou interdit au nom d’une pax islamica ou d’un « droit à la différence » qui nécessiterait des lois spécialement adaptées à l’homo islamicus.

Enfin, rappelons que dans nombre de pays musulmans, le « délit de blasphème » que les islamistes et certains juges ou politiques veulent rétablir en France et en Europe post-chrétienne et post-laïque, est à l’origine de la persécution de tant de chrétiens, juifs, païens, ou musulmans athées ou « hérétiques ». Il est, a été et sera toujours un prétexte pour limiter la liberté d’expression. Et c’est la raison pour laquelle le Pakistan, l’Iran, le Soudan, ou l’Arabie saoudite, pays islamiques dictatoriaux qui punissent de mort ceux qui sont accusés de « blasphème », sont à l’origine, au sein des Nations Unies, de résolutions visant à condamner universellement le « délit de blasphème » et l’islamophobie, donc à restreindre la liberté d’expression en matière de religion, surtout islamique. Les mêmes pays qui ont poussé les associations islamiques strasbourgeoises à porter plainte contre le blasphémateur-provocateur du web sont hélas marqués par cette vision liberticide et théocratisante du rapport entre religion et politique. De même, le CFCM, Conseil Français du Culte musulman, a en son sein des associations liberticides liées à l’Arabie saoudite, au Pakistan ou aux Frères musulmans qui ne partagent pas certaines valeurs de la République et dont la doctrine de référence des pays d’origine prévoit la punition (souvent par la mort ou l’emprisonnement) des Musulmans qui changent de religion ou « blasphèment ». N’oublions pas que c’est au nom de la loi sur le blasphème chère à de nombreux Etats islamiques membres de la Conférence islamique (57 pays de l’OCI) et aux adeptes de l’islamiquement correct qui aimeraient l’introduire en France, que le Pakistan a condamné à mort, en 2010, une chrétienne « coupable de blasphème », Asia Bibi, et que des islamistes ont tué deux important politiques défenseurs d’Asia Bibi, le gouverneur du Pendjab et le ministre chrétien des minorités, coupables de s’être publiquement élevés contre cette loi. Depuis, les opposants à la loi sur le blasphème sont terrorisés et se taisent partout dans le monde musulman. De ce fait, l’Europe, qui condamne de plus en plus l’islamophobie mais qui prétend être la voie des droits de l’homme dans le monde et condamner tout totalitarisme, s’honorerait d’exiger des pays christianophobes sur lesquels elle pourrait faire pression (Egypte, Algérie, Tunisie, Turquie, Irak, Inde, Vietnam, Sri Lanka) parce qu’elle les soutient, qu’ils amendent les législations liberticides à l’origine des condamnations de tant de chrétiens et de musulmans libres et tolérants.

Alexandre del Valle

*Auteur de Pourquoi on tue des chrétiens dans le monde aujourd’hui ? – la nouvelle christianophobie (éditions Maxima), à paraître le 12 mai 2011, et déjà disponible en précommande sur Amazon avec une remise de 5% (et en achetant avec ce lien, vous soutenez Dreuz.info qui reçoit une commission de 5%)

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