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Publié par Guy Millière le 24 avril 2011

Depuis bientôt soixante trois ans, l’Etat d’Israël n’a cessé d’être agressé par des moyens militaires et terroristes et n’a dû cesser de se défendre. Comme si ces agressions continuelles et cette nécessité de se défendre sans cesse ne suffisaient pas, Israël n’a cessé aussi de se trouver soumis à la guerre des mots et de la propagande. Nous sommes dans une période où cette guerre là atteint une forme de paroxysme tout à la fois immonde et inquiétant. Nous sommes aussi dans une période où ce paroxysme conduit à des pressions d’une intensité sans précédents sur le gouvernement israélien pour qu’il consente à se replier sur des frontières qui n’en sont pas (il n’y a jamais eu de “frontières de 1967”, mais une ligne d’armistice suite à l’agression arabe de 1948-49), et qui seraient militairement indéfendables. 

En ce contexte, le livre de Fabien Ghez, publié voici quelques semaines aux éditions David Reinharc, constitue un excellent et indispensable argumentaire, et réfute, en un peu plus de deux cent pages des milliers de mensonges. 

Fabien Ghez commence en expliquant le caractère fallacieux et perfide des campagnes de boycott lancées contre Israël par des organisations telles que le MRAP ou Europalestine : présentées comme “pacifiques” et “humanitaires”, elles visent à détruire économiquement Israël, donc à détruire Israël tout court. 

Il poursuit en parlant des “flotilles de la paix”, qui devraient connaître bientôt une recrudescence : en fait de “paix”, ces flotilles sont lancées par des organisations extrémistes et incluent à leur bord des djihadistes bien décidés à tuer des Juifs. Elles présentent, qui plus est, Gaza, comme un terrtoire où on manque de tout, alors que les contrôles israéliens laissent passer tous les biens de première nécessité. 

Ghez aborde les mots utilisés : ainsi, “mur de la honte”. Et il souligne que ce n’est pas un hasard si ceux qui emploient cette expression la reprennent au vocabulaire utilisé pour décrire le mur de Berlin. L’idée est de faire passer les Arabes palestiniens pour des gens enfermés à la façon dont la population d’Allemagne de l’Est l’était, et de suggérer que l’objectif des Israéliens est de priver les Arabes palestiniens de liberté, alors qu’il s’agit d’empêcher le passage vers Israël de gens désireux de commettre des attentats terroristes. L’utilisation du mot “mur” est elle-même abusive, puisque ledit mur n’est, sur l’essentiel de son tracé, pas un mur, mais une simple barrière de sécurité. 

Il souligne l’usage d’autres mots, tels “antisionisme”. Par la magie frelatée de ce simple mot, tous les antisémites peuvent trouver une nouvelle défroque : ils ne sont pas antisémites, non, absolument pas, juste antisionistes. Ils ne détestent pas les Juifs : ils détestent seulement le peuple juif et veulent seulement la disparition du seul Etat du peuple juif. 

Il rappelle diverses falsifications de l’information, dont la tristement célébre affaire al Dura, dont les rouages ont été mis au jour par la Mena. Et il pointe du doigt, en donnant les chiffres, les conséquences de ces falsifications en termes de recrudescences d’actes antisémites en Europe. 

Il insiste sur l’imposture que recouvre l’expression “communauté internationale”  appliquée, en général, pour désigner l’Organisation des Nations Unies : il n’y a aucune “communauté”, mais une poignée de démocraties plongées au milieu d’une multitude de dictatures qui disposent d’une majorité automatique en assemblée générale et de voix de blocage au Conseil de Sécurité, et transforment le conseil des Droits de l’Homme en une instance ubuesque où ce sont quelques-uns des principaux violeurs des droits de l’homme sur la planète qui prétendent condamner des pays qui, eux, respectent les droits de l’homme. Les Nations Unies sont devenues une assemblée de dénonciation obsessionnelle d’Israël, et, c’est ce qui est sans aucun doute le plus grave, peuvent procéder à cette dénonciation obsessionnelle avec la complicité des principales puissances européennes et parfois, depuis qu’Obama est Président, celle des Etats-Unis. 

Ghez ajoute que dès 1948-49, il était très difficile de penser que ceux qui avaient accepté la (re)création d’Israël voulaient vraiment que naisse un Etat viable, vu le découpage proposé. Il rappelle que depuis, Israël a été freiné dans ses actions, et, souvent, empêché de remporter une victoire décisive sur ses ennemis, donc privé des conditions qui auraient été susceptibles de conduire à une paix véritable. Il expose la dimension fondamentalement biaisée de la question des “réfugiés” arabes : d’une part, ces gens sont très largement partis à la demande des dirigeants arabes voulant détruire Israël dès sa (re)naissance, d’autre part, ils sont, situation sans équivalent ailleurs dans le monde, réfugiés de génération en génération, subventionnés à cette fin, et ont vu leur nombre très étrangement se multiplier par dix en soixante ans.

Certains, conclut Fabien Ghez, veulent jusqu’à ce jour voir en Israël une parenthèse de l’histoire qui se refermera. Et parmi eux, il y a de nombreux Européens, y compris des gens qui se déclarent en public “amis” d’Israël. Pour autant, écrit-il, Israël vivra, car son peuple est un “gigantesque petit peuple” dont les accomplissements sont sans équivalent où que ce soit au vingtième siècle et en ce début de vingt-et-unième siècle. Et Israël est fort économiquement, militairement, spirituellement. 

Israël a besoin de cette force en cette période de pressions intenses. Israël dispose de cette force. 

Israël a besoin aussi du soutien de tous ses amis sur la planète. L’amitié pour un pays si diffamé implique de pouvoir répondre aux diffamateurs : en réfutant tous les mensonges qu’il réfute ici, Fabien Ghez donne de quoi répondre.

Guy Millière

 Fabien Ghez, L'Etat de trop*, Editions David Reinharc, 220p., 17€

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