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Publié par Guy Millière le 26 avril 2011

La Syrie est un pays crucial. Elle est un allié essentiel pour la République Islamique d’Iran. Elle est le pays où les dirigeants de plusieurs organisations terroristes, dont le Hamas et le Jihad Islamique, résident, et depuis lequel ils organisent leurs opérations. Elle est le pays grâce auquel le Hezbollah peut se trouver aisément approvisionné en armes et qui, de fait, est la pierre angulaire de l’emprise du Hezbollah sur le Liban. Sans le régime syrien, la prise en main graduelle de l’Irak par l’Iran serait fragilisée, la continuité de puissance shiite qui va de Téhéran à Beyrouth (la doctrine alaouite est une branche du shisme) serait brisée. Si le régime syrien tombait, l’étau qui se resserre sur Israël serait ébranlé. Les effets secondaires se feraient sentir sur toute la région. Il en sortirait vraisemblablement un régime dirigé par des sunnites, et sans doute contrôlé par les Frères musulmans, ce qui n’en ferait pas un pays ami d’Israël et du monde occidental, mais l’effet de déstabilisation se ferait sans doute sentir au Liban, où les Sunnites et les Chrétiens pourraient reprendre l’ascendant face à un Hezbollah déstabilisé, mais aussi en Turquie, car la Syrie de la famille Assad a noué des liens étroits avec Erdogan et Gül. L’effet de déstabilisation se ferait sentir, sans aucun doute, en Jordanie, où des troubles existent déjà. La Jordanie étant peuplée aux trois quarts par des Arabes palestiniens, il en résulterait, disons, une situation intéressante à observer : si, en 1970, Yasser Arafat avait renversé le roi Hussein, ce ne serait plus le royaume de Jordanie, mais l’Etat palestinien de Jordanie. Yasser Arafat aurait continué à être un adepte du terrorisme et un ennemi d’Israël. Il n’y aurait pas eu de traité de paix avec la Jordanie. Mais les termes de l’équation pour la Judée Samarie seraient différents. Si, aujourd’hui, les Arabes palestiniens prenaient l’ascendant en Jordanie, le traité de paix avec Israël serait remis en cause, mais la Jordanie pourrait se rapprocher de ce qu’elle est effectivement : un Etat arabe palestinien.  

Le monde occidental, dans ces conditions globales, pourrait s’intéresser à ce qui se passe en Syrie, et, qui sait, soutenir l’opposition syrienne, ne serait-ce que par des déclarations fermes ou des sanctions très concrètes. Il pourrait s’alarmer des massacres atroces qui ont lieu, et le mot atroce est approprié.

Pour l’heure, rien ne se passe. Les pays européens « réprouvent », mais ce genre de réprobation verbale est sans poids ni conséquence. L’administration Obama « réprouve » aussi, avec une vigueur égale à celle qu’elle a employée pour réprouver la répression en Iran. Et il y a une semaine encore, on disait à la Maison Blanche qu’Assad était un « réformiste ».  

Dans un entretien donné vendredi dernier, Hillary Clinton explique pourquoi les Etats-Unis n’en feront, quoi qu’il se passe, pas davantage. Un soutien à l’opposition syrienne n’aurait, dit-elle, pas l’aval des Nations Unies et de l’Organisation de la Conférence Islamique.  

De tels propos sont stupéfiants, et montrent bien ce qu’est l’administration Obama.  

L’intervention en Libye a été possible parce qu’elle a été décidée par les Nations Unies et a reçu l’aval de l’Organisation de la Conférence Islamique, et les Etats-Unis interviennent donc contre le colonel Kadhafi en tant que prestataire de service pour ces deux institutions : le mandat donné par ces institutions étant la « protection des civils » et pas plus, cela donne une intervention hésitante, chaotique, aux allures d’impuissance.  

Toute ingérence des Etats-Unis dans les « affaires intérieures » de la Syrie serait impensable puisqu’elle n’aurait pas l’aval de ceux dont les Etats-Unis doivent avoir l’aval avant d’agir.  

Il était un temps où les Etats-Unis définissaient eux-mêmes et souverainement leur politique étrangère. Ce temps est, semble-t-il, révolu, parce que nous sommes au temps d’Obama.

Pour savoir ce que va décider l’administration Obama, il faut donc non pas regarder à Washington, mais du côté de l’ONU et de l’OCI.  

Il était un temps où les Etats-Unis intervenaient militairement après y avoir réfléchi, même s’il existait les aléas de la guerre, et en se donnant les moyens de gagner : au temps de l’administration Obama, les décisions sont pensées par d’autres, à l’ONU et à l’OCI, et les Etats-Unis n’interviennent pas pour gagner. Ils peuvent même se placer dans des conditions d’enlisement, comme en Libye ou, désormais, en Afghanistan.  

Non seulement les Etats-Unis se placent désormais sous l’ombre portée de l’ONU et de l’OCI, mais ils marquent, de surcroît, des préférences.

Et celles-ci vont dans la direction de l’islam radical, et, assez nettement, du régime iranien. Elles vont donc plutôt dans la direction du camp qui soutient le terrorisme et le djihadisme. 

C’est dans ce cadre, en fait, qu’il faut comprendre toute l’attitude américaine dans la région. 

C’est dans ce cadre qu’il faut comprendre, par exemple, pourquoi Moubarak a été lâché, et le pays abandonné aux islamistes et à une armée très infiltrée, et pourquoi le chef d’Etat du Yemen est lâché aussi, et le pays laissé à l’Iran et à al Qaida.  

C’est dans ce cadre aussi qu’il faut lire l’intervention en Libye (al Qaida étant présente à Benghazi et contribuant à l’action contre Kadhafi), mais aussi l’enlisement actuel en Libye (celui-ci satisfait l’Iran et al Qaida).  

C’est dans ce cadre qu’il faut comprendre un autre enlisement : celui s’opérant en Afghanistan, où les troupes américaines combattent avec des « règles d’engagement » qui donnent l’avantage à l’ennemi pendant que la diplomatie américaine persiste à chercher des talibans avec qui s’entendre et contribue au rapprochement entre Karzai et les talibans, tandis que ceux-ci se rapprochent de Téhéran.  

C’est dans ce cadre qu’on peut comprendre que, de fait, l’administration américaine favorise la prise en main de l’Irak par le régime iranien, en train de s’opérer présentement, et ferme les yeux sur les tueries des Iraniens dissidents réfugiés à Ashraf.  

C’est dans ce cadre qu’Assad n’est pas du tout menacé, et tout juste réprimandé et, comme l’Iran, peut et pourra massacrer des centaines de personnes en toute quiétude.  

Voyant que non seulement les Etats-Unis prennent leurs ordres à l’ONU et à l’OCI, mais penchent vers la mansuétude envers l’Iran et favorisent plutôt celui-ci, l’Arabie Saoudite, de plus en plus isolée, est furieuse contre Obama. Son intervention au Bahrein s’est faite contre l’avis des Etats-Unis : l’administration Obama n’est pas allée jusqu’à protester avec véhémence, car une rupture entre les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite aurait des conséquences trop immédiatement visibles.  

Les dirigeants saoudiens se considèrent aujourd’hui dans une forme de guerre froide avec l’Iran, et envisagent l’hypothèse d’une guerre beaucoup plus chaude. Ils considèrent que leurs relations avec Washington sont, pour le moins, très distendues.

Voir John McCain se rendre à Benghazi en ce contexte est un étrange spectacle. Voici deux ans, McCain parlait de Kadhafi comme étant désormais un « allié » des Etats-Unis. Il ne sait pas qui il vient soutenir. La justification qu’il se donne consiste pour lui à dire qu’il veut éviter que l’enlisement actuel se poursuive. On peut très difficilement voir comment un changement radical de stratégie serait envisageable. Et remplacer Kadhafi par les gens de Benghazi… .   

En tous les cas, la politique de l’administration Obama dans la région relève d’infiniment plus que de l’incompétence.  

Avoir fait de l’armée américaine une prestataire de service pour l’ONU et l’OCI et avoir penché vers l’Iran est extrêmement grave.

Avoir contribué à faire basculer l’Egypte a été extrêmement grave. Laisser basculer le Yemen est extrêmement grave.  

Etre intervenu en Libye comme cela s’est fait est extrêmement grave.  

Laisser Assad massacrer et assassiner est extrêmement grave.  

Et, ajouterai-je, avoir isolé l‘Arabie Saoudite et provoqué entre elle et les Etats-Unis des tensions sans précédents depuis plus de soixante ans est extrêmement grave.  

Si on ajoute à la liste le basculement de la Turquie dans le camp islamique, la désintégration intérieure de l’Otan qui en résulte, l’abandon du Liban au Hezbollah, on est au delà de l’extrême gravité.  

Et si on ajoute les accord signés avec la Russie par Obama, l’attitude de celui-ci face au militarisme chinois, face à l’avancée de l’islam radical en Afrique subsaharienne, ou face à la tendance Chavez en Amérique latine,on en arrive à une vision de cauchemar. 

Si on ajoute qu’Obama fait tout son possible pour provoquer la banqueroute des Etats-Unis…. 

Si on ajoute qu’Israël n’a jamais été aussi isolé et menacé depuis six décennies… 

L’Europe  est en position de spectatrice face à tout cela. Et, souvent, en position de complice. La France s’est même mise en pointe dans l’aventure libyenne, et a apporté sa propre contribution à l’avancée de l’islamisation en Afrique subsaharienne, en Côte d’Ivoire. Elle se met en pointe aussi de l’isolement et des menaces envers Israël.

Dans la presse française, on dépeint tout ce que je viens de décrire d’une manière presque idyllique. On parle peu des djihadistes de Benghazi. On décrit les massacres en Syrie : on décrit, surtout.  

On cultive soigneusement la haine d’Israël. On parle obstinément de « printemps arabe ».  

Le printemps que prépare Obama a plutôt des allures d’antichambre de la mort. Ce que vient ajouter Sarkozy est très malodorant. 

Que si peu de gens voient ce qui se passe a quelque chose de désespérant. Lamentable époque.

Guy Millière

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