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Publié par Ftouh Souhail le 1 mai 2011

Ce vendredi, des militants salafistes ont défié le pouvoir dans la rue, et se sont réunis au cœur de la capitale, avenue Bourguiba. De violents affrontements ont opposé les manifestants à la police dans le centre de Tunis. La tension était encore très vive dans la soirée. Plusieurs radicaux ont affronté les forces de sécurité devant le ministère de l’intérieur.

Alors qu’ils tentaient de s’introduire dans un centre commercial du Palmarium, ils ont forcé l’une des entrées du centre, et occupé l’un des escaliers avant d’être contraints de se retirer par la police qui a tiré des gaz lacrymogènes.
 
Les manifestants répondaient à un appel à manifester contre une atteinte à l'image du prophète Mahomet commise, selon eux, par un professeur tunisien.
 
Le 7 avril dernier, deux élèves voilées avaient porté plainte auprès de la direction d'un lycée, à Bizerte (65 km au nord de Tunis) contre un professeur d'arabe, l'accusant de propos diffamatoires à l'encontre du prophète Mahomet et son de son épouse Aïcha.
 
Les islamistes radicaux ont récupéré l'affaire à des fins politiques pour envahir la rue, et ils ont appelé à une nouvelle journée de mobilisation. Ils vont encore, samedi, braver les consignes de sécurité.
 
Le porte-parole et le secrétaire général du mouvement islamiste Ennahda (Renaissance), Hamadi Jébali, n'a pas approuvé la manifestation de vendredi, car l'affaire a été portée devant la justice.
 
Le ministère de l'Intérieur a dénoncé, jeudi 28 avril 2011, "certains partis" qui ne souhaitent pas que la Tunisie recouvre sa stabilité sécuritaire, sociale et économique. Ces groupes utilisent tous les moyens pour semer le désordre et l'insécurité, et pour entraver le processus de transition démocratique dans le pays, affirme le ministère de l'Intérieur dans un communiqué.
 
Les efforts des unités de sécurité intérieure se poursuivront malgré "les conditions exceptionnellement difficiles" que connaît l'institution sécuritaire, ajoute le ministère de l’Intérieur. Le ministère cite à cet égard les actes de destruction des postes de police et "les campagnes de dénigrement" visant les agents de sécurité dans le but, précise le ministère, de déstabiliser l'institution sécuritaire et les structures de l'Etat, et de semer le désordre et la panique parmi les citoyens.
 
Plusieurs détenus se sont évadés, vendredi, de la prison civile de Kasserine, à la suite d'un incendie qui s'est déclaré dans l'une des cellules, a-t-on appris d'un responsable auprès du ministère de la Justice. Les autorités judiciaires ont ouvert une enquête sur les circonstances de cet incident et pour déterminer les responsabilités.
 
Près de trois cent prisonniers se sont évadés, le même jour, de la prison civile de Gafsa, à la suite d'un incendie qui s'est déclenché là encore dans une cellule.
 
Une délégation de l'inspection de la direction générale des établissements pénitentiaires et de rééducation s'est rendue dans les deux prisons pour enquêter sur les circonstances de ces incidents. La radio tunisienne Express FM parle de plus de huit cent détenus qui se sont évadés.
 
Le 28 mars dernier, le Président tunisien par intérim Foued Mebazza, a démis de ses fonctions le Ministre de l'Intérieur Farhat Rajhi, qui était entré en fonction le 27 janvier. Aucune précision n'a été fournie jusqu’à aujourd’hui par l'agence officielle TAP sur les raisons de ce limogeage.
 
Certains reprochent à l’ancien Ministre de l’intérieur son laxisme, notamment avec les groupuscules intégristes islamistes. Ces forces du « mal » tentent aujourd’hui de remplacer la dictature de Ben Ali par une dictature islamo-conservatrice. La société civile, les partis politiques et les médias sont déjà contaminés par le virus islamique.
 
Les Tunisiens subissent, depuis le 14 janvier, une série d’incidents plus graves les uns que les autres. Les agressions d’éléments se réclamant des mouvements islamistes, qu’il s’agisse d’Ennahdha ou du Hizb Ettahrir, à l’idéologie plus radicale, se multiplient et prennent des formes diverses, qui vont des agressions verbales en direction des femmes, aux rituels de prière en pleine rue, jusqu’aux agressions physiques à l’encontre de leurs adversaires politiques, et à l’occupation tapageuse des espaces publics.
 
Comme nous l'avons déjà maintes fois dénoncer sur Dreuz.info, il est évident que cette révolution ne peut profiter qu’aux islamistes, et en y regardant de plus près, ce sont les fascistes religieux qui sont responsables du climat de l’insécurité, et en attendant que les islamistes prennent le pouvoir, la Tunisie découvre chaque jour que cette révolution est en train de se transformer en cauchemar.
 
Ftouh Souhail, Tunisie
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