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Publié par Guy Millière le 11 mai 2011

Certains célébraient, le 10 mai au soir, le trentième anniversaire de l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand. Cette date, pour moi, ressemblait à celle d’un jour terrible et néfaste. Je n’appréciais pas du tout Valery Giscard d’Estaing, qui me semble avoir, sur de nombreux plans, fait le lit dans laquelle la gauche est ensuite venue se coucher.

Mais néanmoins, je pense que ce sont les quatorze années de pouvoir de Mitterrand qui ont non seulement achevé de détraquer la machine économique française, mais aussi poussé jusqu’au degré de l’irrémédiable le sabordage de l’appareil éducatif français, de l’école maternelle à l’enseignement supérieur, jusqu’à en faire ce qu’un essayiste a appelé voici quelques années très justement la « fabrique du crétin ». Ce sont les quatorze années de pouvoir de Mitterrand qui ont permis d’accorder des postes de professeurs d’université à des imposteurs et à des cuistres qui ont à jamais décérébré ceux qui sont passés entre leurs mains, et ce sont ces mêmes années qui ont installé dans les médias audiovisuels cette hégémonie d’une pensée de gauche qui ne dit pas toujours son nom, mais qui traque tout ce qui ne lui ressemble pas. C’est au cours de cette période que les délires des écologistes ont commencé à atteindre les sphères du pouvoir.

Les effets ne se sont pas fait sentir aussitôt. J’ai été de ceux qui ont contribué activement à ce qui s’est appelé, en 1984-85, les Etats Généraux de l’opposition. Il existait encore à l’époque une droite ouverte aux idées libérales. Les deux années de cohabitation 1986-88 verront quelques réformes courageuses et, hélas, d’énormes maladresses. Elles furent une forme de dernier sursaut. Depuis, la chute n’a pas cessé. Elle était évidente dès la campagne de réélection de Mitterrand qui a choisi, comme pour sa campagne de 1981 où on voyait sur l’affiche un village qui rappelait que la terre ne ment pas, une photo où on voyait la France réduite à un bébé vers lequel le père du pays tendait la main : Mitterrand, nous voilà, ont répondu des millions de gens qui semblaient se souvenir du temps où François recevait la francisque et venait juste de sortir de la Cagoule.

A Mitterrand, qui n’a cessé d’être un homme d’extrême droite, comme tant de socialistes des années 1930, façon Pierre Laval ou Marcel Déat (mais qui ne sait pas que le fascisme est un des visages du socialisme), a succédé, comme on sait, Jacques Chirac, et le Chirac de 1995 n’avait quasiment rien gardé des idées que le Chirac de 1986 avait pu accepter de porter. Chirac, de 1995 à 2007 s’est contenté d’être un gestionnaire du déclin en pente douce et a réussi, grâce aux conseils avisés de Villepin, à réduire son premier mandat à deux années, avant que ne vienne le temps de céder de nouveau le pouvoir aux socialistes et à Jospin. Le seul titre de gloire de Chirac au cours de ces douze années a été, aux yeux des Français, d’avoir tout fait pour sauver son ami Saddam, et si, grâce à lui, Saddam n’a pas été sauvé, la stratégie de Bush, elle, s’est trouvée enrayée pour le plus grand bénéfice de l’Iran des mollahs. Quel titre de gloire, en effet !

Certains ont imaginé que Nicolas Sarkozy, à partir de 2007, allait redonner un peu de dynamisme à ce pauvre pays. J’ai voulu y croire, un tout petit peu, bien que j’aie eu d’emblée d’immenses doutes sur Sarkozy. Il a été très vite évident que les années Sarkozy seraient des années de poursuite du déclin, dans un autre style que celui de Chirac. Disons que Chirac, c’était la corruption tranquille, la politique façon quatrième république qui, comme le disait un politicien de cette époque-là, doit ressembler à l’andouillette, donc sentir l’excrément, mais pas trop, et que Sarkozy, c’est la même chose, sous amphétamines. Disons que Chirac, c’était la politique arabe de la France, des résidus d’arrogance anti-américaine et anti-israélienne par un monsieur de petite vertu, et sans autre moyen que celui de se faire le chef de file des satrapies du tiers-monde, et que Sarkozy, cela a été la tentative vaine d’avoir l’air de faire autre chose, et des circonvolutions erratiques qui se sont achevées dans les marécages de la Françafrique en Côte d’Ivoire, et dans la pose de sous-clone de Napoléon en Libye, Villepin ayant été remplacé, pour les circonstances, et pour les sunlights de Benghazi, par un philosophe à gilet pare-balle taillé sur mesure par un tailleur chic.

Désormais, il n’y a plus rien à imaginer. Le nouveau maître à penser du pays est un abruti sénile et pervers qui ne s’indigne pas lui-même de frôler sans cesse l’antisémitisme, et qu’on fait aboyer à la demande. Les journaux et les magazines se ressemblent tous ou presque, en s’essayant à ressembler à une presse aussi porteuse de vérité que celle qui se vendait à Berlin Est au temps où le mur était encore debout : si je n’avais pas les médias du reste du monde, je ne serais pas informé du tout, et puisque l’immense majorité de la population ne peut prendre le temps d’accéder aux médias du reste du monde, l’immense majorité de la population n’est pas informée du tout.

Une seule émission de télévision présentait de temps à autres des débats dignes de ce nom, "Ce soir ou jamais" de Frédéric Taddeï. Cette émission a failli disparaître. Elle sera hebdomadaire l’an prochain. Trop de réflexion, semble-t-il, c’est mauvais pour l’abrutissement généralisé. Et puis Frédéric Taddéï osait inviter des gens comme moi, Pascal Salin, Thierry Wolton, Yves Roucaute, Gilles-William Goldnadel : pas très souvent. Mais c’était déjà trop. Tous les cerveaux doivent baigner dans le formol d’une pensée moisie où flottent tous les préjugés des dames patronnesses de la gauche bien pensante. 

Un journaliste et un seul est, semble-t-il, censé incarner la différence, Eric Zemmour. Et s’il l’incarne parfois, il l’incarne aussi, très souvent, extrêmement peu. Les idées de Zemmour sur la mondialisation, le capitalisme, les Etats-Unis sont souvent très proches, de fait, de celles de la gauche la plus étriquée.  

Depuis trente ans, la dégringolade n’a pas cessé. Cela se sent d’ailleurs. Dans les rues bétonnées, grillagées, de ce pays, les sourires se font rare, la sensation est celle d’une dépression nerveuse collective. La consommation de tranquillisants augmente, le nombre de suicides aussi. Les socialistes vont peut-être revenir au pouvoir en 2012, mais depuis trente ans, ils ne l’ont jamais vraiment quitté.  

Pour qu’il y ait une alternance, il faut qu’il reste un pluralisme dans les idées : ce pluralisme n’existe plus. Ou tout au moins, ce qui subsiste est un pluralisme profondément mutilé. Il n’est pas étonnant qu’on ne comprenne rien, en France, aux débats qui peuvent se dérouler au sein du mouvement conservateur américain : il n’y a aucun mouvement politique en France en lequel circule ne serait-ce qu’un fragment des idées qui irriguent le mouvement conservateur américain.  

Je n’accuse même pas les hommes politiques : il n’y a pas de place pour des hommes politiques qui penseraient autrement. Alain Madelin a quitté la vie politique pour de bonnes raisons et garde ma vive estime.  

Je n’accuse pas les 99,9 pour cent de journalistes qui moulinent dans le vide : ce vide est leur univers mental depuis l’enfance. Ils ne savent même pas que leur cerveau est formaté.  

La population française est en dépression collective, disais-je : on y discerne que tout se détraque et s’effondre peu à peu, mais comme les explications manquent, il ne reste qu’une errance dans l’obscurité, toutes lampes éteintes.

Le 10 mai 1981 a été, pour moi, une date terrible et néfaste, oui. Des jeunes gens de trente ans ne peuvent pas comprendre que leur cerveau a été remplacé par une louche de fromage blanc : ils n’ont connu que le socialisme et ses divers succédanés.  

Dans un débat radiophonique entendu dans un embouteillage, le 10 mai 2011 au soir, un imbécile parlait avec un idiot : le premier était socialiste, le second bien plus « à gauche ». Le premier disait que le parti socialiste était fidèle aux idéaux de Jaurès, le second le contredisait en disant que les socialistes étaient vendus au capitalisme mondialisé. J’ai changé de station : il reste la musique pour ne pas être vectrice de sottises. De préférence sans les paroles.  

Guy Millière.

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