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Publié par Ftouh Souhail le 24 mai 2011

Cette semaine a commencé par une nouvelle journée de funérailles, ce dimanche en Syrie, après la mort, en deux jours, de quelques cinquante huit personnes, assassinées par les forces de sécurité pendant des manifestations anti-régime. 

A Saqba, dans la banlieue de Damas, quelque dix mille personnes se sont rassemblées dimanche pour l'enterrement d'un jeune de vingt cinq ans ans tué la veille. Selon les militants, au moins quarante quatre manifestants, dont un enfant de douze ans et plusieurs adolescents, avaient été tués vendredi dans tout le pays.
 
A Homs, dans le centre du pays, les forces de sécurité ont abattu onze personnes samedi lors des obsèques de dix manifestants pro-démocratie, tués la veille, a annoncé Rayzan Zeitouna, un avocat spécialisé dans la défense des droits de l'Homme.
 
Plusieurs familles sont encore encerclées à Banias, dans l'ouest du pays, et réclament de l’aide, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme.
  
Le Centre syrien des droits de l’homme, basé à Londres, a indiqué lundi que depuis le début du soulèvement populaire, il y a deux mois, plus de mille personnes ont été tuées, et huit mille autres ont été arrêtées par les forces de sécurité.
 
La Syrie a également provoqué des heurts mortels à la frontière de l'Etat Hébreu, le 15 mai dernier, afin de distraire l'attention de la communauté internationale des manifestations anti-gouvernementales, qui font chaque jour plus de mort dans le pays. La population ne s'y est pas trompé, car, contrairement à l'Egypte et à la Libye, elle ne brûle pas les drapeaux israéliens et américains, mais les drapeaux russe et iranien. Damas tente de clamer le vent révolutionnaire en sacrifiant comme toujours les palestiniens, car elle redoute, dans les prochains jours, que cette Intifada populaire de Syrie provoque un effondrement du régime de Bachar al-Assad.
 
Dans une interview pour le New York Times, le 13 mai dernier, un proche du président Bachar al-Assad, Rami Makhlouf, a soutenu que si l'Europe et les Etats-Unis continuaient de fournir de l'aide aux "rebelles syriens", le gouvernement aurait le choix entre deux options : "déclenchement d’un conflit avec Israël, ou acheminement d’armes à destination de la Judée-Samarie et des Arabes israéliens, en les poussant à un soulèvement contre Israël". "S’il y a instabilité en Syrie, il n’y aura plus de stabilité en Israël", déclarait celui qui a la haute main sur l’économie syrienne, avant d'ajouter "D-ieu sait ce qui pourrait arriver si le régime d’Assad était poussé dans ses derniers retranchements".
 
Les États-membres de l'Union européenne ont rallongé lundi la liste des personnalités syriennes visées par les sanctions, liste où figure désormais le nom Bachar al Assad.
 
Damas a dénoncé lundi les sanctions décidées par l'Union européenne contre Bachar al-Assad, estimant qu'il s'agit d'une "ingérence" dans les affaires intérieures du pays, et une tentative de "déstabiliser" la Syrie. Après les États-Unis, l'Union européenne a décidé lundi d'interdire de visa, et de geler les avoirs, de Bachar al-Assad. Son nom, ainsi que ceux de neuf autres responsables, devrait être publié mardi au Journal officiel de l'UE, s'ajoutant à une première liste de treize figures clé du régime syrien –dont un frère du président et plusieurs cousins– frappés depuis le 10 mai d'interdictions de visa en Europe et de gels d'avoirs.
 
La Maison-Blanche a salué lundi le renforcement par l'Union européenne de ses sanctions contre l'Iran, et mis une nouvelle fois en garde le régime islamique contre son refus de répondre à ses « responsabilités internationales ». L'administration Obama a renforcé aussi ses sanctions contre les hauts représentants syriens, pour tenter de faire pression sur Damas afin qu'il mette un terme à la répression des manifestations pro-démocratiques. Toutefois, les organisations internationales des Droits de l'Homme ont critiqué l'attitude de Washington qui, selon elles, ne met pas en œuvre des mesures assez sévères.
 
Par ailleurs, la France espère convaincre la Russie, lors de la réunion du G8 de Deauville, de ne pas opposer son veto à une résolution du Conseil de sécurité de l'Onu sur la Syrie, a déclaré lundi Alain Juppé. Paris travaille avec Londres à un projet de résolution condamnant la violence du régime de Bachar al Assad contre les manifestants syriens, mais sans avoir pu recueillir jusqu'à maintenant de majorité, ni avoir pu obtenir la garantie que la Russie ou la Chine ne bloqueraient pas l'initiative.
  
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© Ftouh Souhail pour Dreuz.info
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