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Publié par Guy Millière le 16 juillet 2011

Barack Obama n’est, j’ai eu l’occasion de l’expliquer amplement, pas seulement un désastre en politique étrangère, et il n’est pas simplement un ennemi d’Israël. Sujet sur lequel je reviendrai très vite. 

Il poursuit un plan minutieux de destruction de la société américaine. 
 
Dans le cadre de ce plan, ont pris place l’accélération de l’endettement public des Etats-Unis, la destruction de centaines de milliers d’emplois dans le secteur privé, la démultiplication des dépenses publiques, la création de millions d’assistés dont Barack Obama espère, selon les techniques bien connues du marché politique, acheter les voix pour les prochaines élections. 
 
Jusqu’à l’automne dernier, aucun obstacle n’existait sur le parcours. Les protestations des Tea Parties étaient ignorées par Barack Obama et son administration. Puis, la Chambre des représentants est passée sous le contrôle des Républicains et de membres des Tea Parties, et la majorité démocrate au Sénat s’est trouvée fortement érodée. Barack Obama n’a plus eu les mains libres. 
 
Dans la même période, le délitement financier de la zone euro s’est accentué et a créé des tensions vives sur les marchés. Les agences de notation sont devenues fébriles et très attentives. Certaines d’entre elles en sont venues à envisager ce qui voici peu aurait semblé impensable ; dégrader la note des Etats-Unis (ce qui signifierait des taux d’intérêts plus élevés pour les emprunts américains et indiquerait une défiance vis-à-vis de l’économie américaine). 
 
Ont résulté un refus des Républicains et des membres des Tea Parties de voter n’importe quoi, et une volonté des mêmes Républicains et membres des Tea Parties d’arrêter l’augmentation de l’endettement et de procéder à des coupes dans les dépenses. Ce refus et cette volonté ont donné lieu à plusieurs batailles depuis janvier. 
 
Chacun savait que viendrait le moment décisif, celui de l’épreuve de force. Nous y sommes. 
 
Les Etats-Unis ont atteint le plafond d’endettement de l’Etat fédéral fixé par la loi. Il reste en caisse de quoi assurer les dépenses courantes jusqu’au 2 août, suite à quoi, ou bien le plafond sera relevé, et l’endettement continuera à croître, ou bien le plafond sera maintenu tel qu’il est, et les Etats-Unis seront en situation de défaut de paiement, confrontés à la nécessité de restructurer leur dette. Leur note sera effectivement dégradée, avec toutes les conséquences qui découleront. 
 
Face à la situation, il y a les propositions d’Obama et des démocrates, et celles-ci s’inscrivent dans une logique claire : elles consistent à vouloir relever le plafond et à prétendre « remédier » au désastre en train de prendre forme en augmentant les impôts et les taxes, en maintenant l’essentiel des postes de dépense publique existant aujourd’hui et l’ensemble des projets de dépenses ultérieures (les propos parlant de coupes dans les budgets sociaux sont de simples subterfuges consistant en fait à transférer certaines dépenses des systèmes Medicare et Medicaid vers le plan de santé Obamacare) , et en ne procédant à des restrictions explicites que dans un seul secteur : le secteur militaire. 
 
Il y a aussi les positions des Républicains et des membres des Tea Parties. Celles-ci vont, pour les plus fermes, d’un refus de tout endettement supplémentaire quelles que soient les conséquences, à l’acceptation transitoire d’un relèvement du plafond, et donc d’un accroissement de la dette, à condition que ce relèvement soit accompagné de coupes strictes dans les dépenses publiques, et d’une absence de toute augmentation d’impôts et taxes. 
 
Obama parle de volonté de conciliation, dit avoir fait des gestes alors qu’il n’en a fait aucun. Et il procède pour l’heure à un chantage : ou bien, dit-il, les Républicains se conduisent comme des gens « raisonnables » (ce qui signifierait, dans le vocabulaire d’Obama qu’ils se soumettent et se résignent à un relèvement du plafond sans exiger de coupes trop strictes dans les dépenses, ainsi qu’à une augmentation des impôts et des taxes), ou bien ils s’obstinent. Et Obama les présentera comme responsables de tous les maux et comme des extrémistes délirants.
 
Les Républicains et les membres des Tea Parties, pour l’heure, campent fermement sur leurs positions, quand bien même certains Républicains « modérés » manifestent la tentation de céder au chantage. 
 
Si les Républicains devaient céder et se rallier aux « modérés », il serait difficile à un candidat républicain l’an prochain de contourner le souvenir de ce qui, le cas échéant, aura été une défaite en juillet 2011. Obama l’emportera. Il retrouvera une liberté de mouvement. Son plan se poursuivra. 
 
Si les Républicains et les membres des Tea Parties ne cèdent pas, le plus probable est qu’un projet sera voté à la Chambre des représentants qui proposerait de relever le plafond pour les dix-huit prochains mois, de procéder à des coupes dans les dépenses, et de mettre en place des moyens de contrôler les dépenses futures. Ce projet pourra ensuite être rejeté par le Sénat, voire faire l’objet d’un veto de la part de Barack Obama qui, alors, devra s’expliquer. 
 
Obama et les démocrates évoquent déjà le spectre de la banqueroute qui serait la « faute » des Républicains et des Tea Parties. Les commentateurs de gauche insultent Républicains et Tea Parties, et parlent déjà de pensions vieillesse qui ne seront plus versées, de soldats qui ne toucheront plus leur solde et de courrier qui ne sera plus distribué. Ils parlent aussi du précédent constitué par le blocage budgétaire survenu sous Bill Clinton en 1995, qui s’était achevé par une victoire de Bill Clinton. 
 
Les Républicains et les Tea Parties s’appuient sur le refus, très majoritaire au sein du peuple américain aujourd’hui, de tout accroissement de la pression fiscale, expliquant qu’accroître celle-ci dans un contexte de stagnation économique créerait de la récession. Ils s’appuient aussi sur la volonté d’une majorité d’Américains de limiter les dépenses publiques. Ils pensent que la situation d’aujourd’hui n’a aucun rapport avec celle de 1995, car ce qui est en question aujourd’hui est la banqueroute du pays lui-même et un choix fondamental entre le maintien d’une société de marché et un glissement vers le socialisme. 
 
Ils constatent qu’un tiers seulement des Américains pensent que le pays va dans la bonne direction, et que moins de quarante pour cent des Américains approuvent les orientations économiques de l’administration Obama. Les commentateurs conservateurs soulignent la gravité de la situation, et disent qu’en s’avançant avec trop d’arrogance, Obama, comme Napoléon à Waterloo, a surestimé ses forces. 
 
Ce qui se joue en ce moment est, en tout cas, absolument décisif. On pourrait presque dire que c’est l’élection de novembre 2012 qui prend forme. Ou Obama passe et les Républicains cassent. Ou ce sera l’inverse, et Obama sera très profondément déstabilisé. 
 
Le désarroi d’Obama est visible. Il multiplie les conférences de presse au cours desquelles il répète peu ou prou les mêmes imprécations. Les esprits s’échauffent. 
 
Voici quelques jours, Obama avait comparé les Républicains à ses filles, disant que celles-ci faisaient soigneusement leurs devoirs de vacances, alors que les Républicains étaient pire que des cancres. J’avais trouvé la comparaison insupportable.
 
Avant hier, un conseiller d’Obama a évoqué le roman de William Styron, Le choix de Sophie, et a comparé la décision exigée par les Républicains à celle exigée d’une mère à qui un officier nazi demandait de choisir lequel de ses enfants survivrait tandis que l’autre serait envoyé à la chambre à gaz. J’ai trouvé la comparaison immonde. 
 
Ni les Républicains ni les membres des Tea Parties ne se sont laissés aller à de tels écarts de langage.
 
Quoi qu’il se passe, le verdict appartiendra au peuple américain. Si l’élection présidentielle avait lieu aujourd’hui, le candidat républicain l’emporterait sur Obama avec huit à douze points d’avance. Obama le sait, et il joue sans doute son va tout. 
 
Dans le quotidien de gauche français Le Figaro, sous le titre « Obama tente d’éviter le défaut de paiement », on pouvait lire voici deux jours : « L'impasse vient de l'aile droite du parti républicain, représentée par les élus récents se réclamant du Tea Party. À leurs yeux, c'est la dette et les dépenses publiques qui plombent l'Amérique et non l'insuffisance des impôts ». La conclusion de l’article ? « La gauche du parti démocrate juge que la crise va affaiblir durablement les républicains en faisant éclater au grand jour ce qu'ils caractérisent comme le fanatisme irresponsable de la faction Tea Party ». 
 
Fanatisme irresponsable ? Le refus d’augmenter les impôts et de laisser courir les dépenses ? La gauche française reste la gauche française, et Le Figaro est bien un quotidien de gauche. Les autres quotidiens français sont plus à gauche encore que Le Figaro, bien sûr. C’est un vrai plaisir d’être informé en France.
 
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© Guy Millière pour Dreuz.info
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