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Publié par Guy Millière le 25 juillet 2011

La construction européenne n’est pas morte. Si on la comparait à un édifice, on pourrait dire que les lézardes dans la façade semblent colmatées. Combien de temps durera le colmatage ? Telle est la question, Et la réponse peut se déduire de ce qui a produit les lézardes et montré que l’édifice était vermoulu au point d’être très proche de l’effondrement. 

On a donc eu la création d’un ensemble d’institutions technocratiques confisquant graduellement la démocratie et la souveraineté des peuples européens au nom de leur souverain bien et d’un avenir radieux. On a des structures de pouvoir absolutistes juxtaposées : une Commission composée de membres nommés, un Parlement sans réels pouvoirs, divers types de Présidents eux-mêmes sans réels pouvoirs non plus (deux pour l’heure : Jose Barroso, Président de la Commission, Herman Van Rompuy, Président du conseil Européen), un responsable de politique étrangère sans vraie responsabilité (Catherine Ashton présentement), une Banque Centrale autonome, un Conseil européen où se retrouvent chefs de gouvernement et chefs d’Etat, une Cour de Justice. 
 
On a une monnaie unique pour dix-sept pays sur vingt sept, placée sous la responsabilité de la Banque Centrale Européenne. 
 
On a des décisions prises par le Conseil Européen et des directives produites par la Commission, et des gouvernements autonomes dans chacun des pays de la zone euro. 
 
La monnaie unique est la monnaie de pays dont les économies ont des rythmes de croissance, des compositions organiques, des modalités de fonctionnement différentes, dont les systèmes sociaux et réglementaires sont différents, et dont les systèmes politiques et les gouvernements sont différents. 
 
Comme l’avaient dit des économistes compétents, cela constitue une zone monétaire non optimale. Aucune possibilité n’existe en cas d’écarts de croissance ou de différences de productivité de recourir à des variations de taux d’intérêt ou à une dévaluation de la monnaie dans un seul pays. Quelles variables d’ajustement reste-t-il en ces conditions ? Le chômage, l’endettement, et, à la rigueur, chez ceux qui ne sont pas très honnêtes, le maquillage des comptes. Ce à quoi on peut ajouter des décisions spéculatives basées sur l’effet d’aubaine créé par le fait d’avoir une monnaie surévaluée dans certains pays, sous évaluée dans d’autres ou par le fait de pouvoir bénéficier de taux d’intérêts adéquats pour l’économie de certains pays, mais artificiellement bas pour d’autres pays. 
 
Qu’en résulte-t-il à terme ? Du chômage, de l’endettement, des maquillages de compte, des phénomènes spéculatifs qui créent des mésinvestissements qui, lorsqu’il s’avère qu’il s’agit de mésinvestissements, s’écroulent et laissent apparaître des béances financières. 
 
Comment remédier à ces résultats ? Considérer que certains pays sont en défaut de paiement et doivent « restructurer leur dette », retrouver leur monnaie, dévaluer, sortir de la monnaie unique pour retrouver des marges de manœuvre. Ou bien trouver un moyen de maintenir ces pays dans la zone constituée par la monnaie unique en les plaçant sous tutelle, en leur imposant des conditions drastiques, et en mettant en place des systèmes de redistribution faisant que les pays plus riches paient pour les pays structurellement plus pauvres. 
 
Dans la mesure où accepter un défaut de paiement de la Grèce aurait impliqué des difficultés graves et immédiates pour quasiment toutes les banques de la zone euro (qui sont quasiment toutes impliquées en Grèce), mais aussi une cascade d’autres défauts de paiement : Irlande, Portugal, Espagne, Italie, Belgique, c’est la deuxième solution qui a été choisie. 
 
La Grèce est toujours dans la zone euro, mais elle est sous la tutelle des autres gouvernements, et plus particulièrement, on le verra vite, sous la tutelle de l’Allemagne. Le gouvernement grec recevra des « conseils » qu’il ne pourra pas refuser et qui seront quasiment des ordres. Tout en maintenant la Grèce dans la zone euro, on se résigne à ce qu’elle soit reconnue temporairement en défaut de paiement, et on demande (c’est un ordre là aussi) que les institutions financières qui ont prêté à la Grèce acceptent de considérer que vingt pour cent des sommes prêtées soient considérées comme perdues (ce sera en réalité bien plus de vingt pour cent). Pour que le défaut de paiement ne soit pas plus important, on renfloue les caisses du gouvernement grec en lui accordant une somme supérieure à celle qui lui a déjà été allouée l’an dernier.
 
On crée un fonds de stabilité financière européen chargé du renflouement et doté d’une somme très importante (plus de quatre cent milliards d’euros), chargé de renflouer non seulement la Grèce, mais éventuellement d’autres pays, en stipulant que le renflouement, le cas échéant, sera lui-même accompagné de « conseils » que les gouvernements des pays concernés ne pourront pas refuser. Ce fonds aura un coût, qui sera supporté par les pays qui l’alimenteront. 
 
La Grèce peut sembler « sauvée » et la zone euro aussi. La Grèce n’a pour autant pas pu dévaluer sa monnaie. Elle continuera à être dans le cadre d’une monnaie dont le cours continuera à asphyxier son économie. Le chômage restera durablement élevé en Grèce. Le niveau de vie continuera à y baisser. L’économie grecque continuera à être sous perfusion sans que sa santé s’améliore un seul instant. Et la perfusion deviendra de plus en plus coûteuse pour ceux qui devront la payer. 
 
Le sort de la Grèce sera peu ou prou celui des autres pays qui sont au bord du défaut de paiement, et qui eux-mêmes vont tôt ou tard se retrouver eux-mêmes en défaut de paiement. Le fonds de stabilité financière qui vient d’être créé sera très insuffisant si l’Espagne ou l’Italie en ont besoin. Et tôt ou tard, disais-je… 
 
L’Allemagne va devoir payer dans l’immédiat. Les contribuables allemands seront mis à contribution. On leur dira qu’une autre solution aurait été pire et qu’ils avaient le choix entre la peste et le choléra. On ajoutera que c’est le prix qu’ils ont à payer pour que l’Allemagne soit la puissance hégémonique en Europe. Tout en assistant financièrement d’autres pays, l’Allemagne pourra leur vendre des produits qu’ils paieront en partie avec de l’argent venu d’Allemagne, mais cela maintiendra l’emploi en Allemagne, et cela préservera la compétitivité de l’Allemagne sur les marchés mondiaux (l’euro, lesté de pays au bord du naufrage a un taux donné, une monnaie allemande sans ce lest se réévaluerait de vingt ou trente pour cent). 
 
La France va devoir payer aussi, assez vite, bien qu’elle soit elle-même en situation financière préoccupante. Les contribuables français seront mis eux aussi à contribution par divers subterfuges. On leur dira à eux aussi qu’une autre solution aurait été pire. On ajoutera que c’est le prix à payer pour que l’Europe n’explose pas. On ne leur dira pas que l’Allemagne est la puissance hégémonique en Europe, cela les vexerait. 
 
La construction européenne se poursuivra. Les lézardes seront colmatées. Pour quelque temps. 
 
Les pays placés sous tutelle et sous assistance, mais condamnés au chômage et à la stagnation durables après avoir cru bénéficier d’un effet d’aubaine grâce à l’Europe accepteront-ils la condamnation ? Je suis très loin d’en être certain. 
 
Les Allemands accepteront-ils le marché bancal qu’on leur propose sans rechigner, dans un contexte de vieillissement accéléré du pays ? J’en doute assez fortement. 
 
Les Français accepteront-ils eux aussi sans pleurs ou grincements de dents ? J’en doute plus encore. A la saison des vacances succède souvent en France la saison des grèves, et lorsque les vacances sont pourries, les grévistes à l’automne sont amers et peuvent espérer profiter d’un jour de beau temps pour se promener de République à Bastille. 
 
La construction européenne freine le dynamisme, détériore la responsabilité, met en place un bricolage de redistribution et d’assistance profondément malsain, et continue à confisquer la démocratie. Elle est un système chaotique d’Etat providence en un temps où la structure d’Etat providence est profondément malade et à bout de souffle. Elle est une structure absolutiste qui crée des frustrations au sein de populations qui ont la sensation, justifiée, de ne pas pouvoir participer aux prises de décisions qui les concernent. 
 
Combien de temps cela pourra-t-il durer ? On verra. Les paris sont ouverts. Dois-je le dire ? Je ne suis pas optimiste. 
 
Et dès lors que grâce au camarade Obama, la situation financière aux Etats-Unis est elle-même très chancelante, je suis moins optimiste encore.
 
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© Guy Millière pour Dreuz.info
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