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Publié par Michel Garroté le 30 juillet 2011

Philippe Meunier, député français UMP du Rhône, et, aussi, membre de La Droite Populaire, un mouvement au sein de l’aile droite de l’UMP, a récemment déclaré : « C’est notre esprit gaulois qui fait notre force ». Par « esprit gaulois », le député Philippe Meunier entend « de fortes individualités très différentes ». Il se trouve que d’une part, David Doucet sur le site de l’hebdomadaire français de centre-gauche L’Express ; et d’autre part, Arnaud Folch dans l’hebdomadaire français de droite Valeurs actuelles, ont, l’un et l’autre, consacré, il y a peu, une enquête, sur le Front National et sur l’UMP (y compris sur La Droite Populaire, le mouvement au sein de l’aile droite de l’UMP). Ci-dessous, les deux enquêtes. Et, en conclusion, mes commentaires personnels.

David Doucet, sur le site de l’hebdomadaire français de centre-gauche L’Express, écrit : « Jean-Louis Borloo dément énergiquement avoir jamais voulu passer d'accord avec le Front national. Selon lui, il s'agit d'une manipulation destinée à le salir. "Nous sommes la force anti-Front national." A Epinay-sur-Seine, ce dimanche 26 juin 2011, Jean-Louis Borloo lance devant 3000 partisans son nouveau mouvement, l'Alliance républicaine, écologiste et sociale (Ares). Le président du Parti radical légitime une candidature centriste indépendante en 2012. "Si on laissait s'affronter le vainqueur de la primaire socialiste et l'UMP actuelle, je vous garantis que le Front national serait en tête du premier tour", menace l'ancien ministre de l'Environnement. Borloo, l'anti-Le Pen ? Il n'en a pas toujours été ainsi. Dans une interview parue le 10 février 1993 dans l'hebdomadaire Minute, "Jean-Louis Borloo avec Le Pen, pourquoi pas ?", celui qui est alors maire de Valenciennes est interrogé sur ses alliances. "Personnellement, j'ai des rapports corrects avec les gens du FN de ma région, et je ne serais pas contre", répond Jean-Louis Borloo. "Mais s'il devait y avoir des alliances, il faudrait que toute la droite suive. Celui qui prendrait cette initiative tout seul se ferait descendre politiquement". Tout à sa volonté de se démarquer de ''l'ambiguïté de l'UMP vis-à-vis du Front national", Jean-Louis Borloo aime rappeler ces temps-ci qu'il "avait refusé de devenir président de la Région Nord-Pas-de-Calais grâce à l'appui d'une voix FN en 1992" ».

David Doucet : « A l'époque, après avoir quitté Génération Ecologie, Jean-Louis Borloo cherchait à se repositionner au sein du jeu politique afin de préparer les élections législatives de 1993. Le conseiller régional du Nord, Jean-Pierre Gendron, ex-gendre de Jean-Marie Le Pen, conteste la version de Jean-Louis Borloo. "Nous avions passé un accord avec Jean-Louis Borloo, alors sans étiquette, pour lui donner nos voix afin que la présidence de la région ne bascule pas à gauche, explique l'élu FN. L'accord a achoppé à cause d'un maire RPR de la région, mais Borloo était d'accord sur le principe". Jean-Louis Borloo a finalement rappelé LEXPRESS.fr ce jeudi soir pour exprimer sa consternation devant la publication de notre article. "Je suis le seul homme politique à avoir refusé d'être élu avec les voix du Front national et vous me traînez dans la boue sur la foi d'un torchon non signé de Minute. C'est invraisemblable que L'Express se prête à cette manipulation destinée à me salir", proteste le président du Parti radical, qui affirme ne pas connaître Jean-Pierre Gendron, l'élu frontiste du Nord-Pas-de-Calais. Autre figure de la majorité à critiquer la droitisation de l'UMP, Christian Estrosi se présente lui aussi comme un chevalier anti-frontiste. Le maire de Nice vient de décider  d'organiser un contre-meeting lors des journées d'été du FN, qui se tiendront dans sa ville les 10 et 11 septembre prochains ».

David Doucet : « En mars 1998, le futur ministre de l'Industrie de Nicolas Sarkozy plaidait pourtant pour une alliance entre le RPR et le FN en région Provence-Alpes-Côte-d'Azur (PACA). L'ancien maire frontiste de Toulon, Jean-Marie Le Chevallier, raconte : "Christian Estrosi avait participé aux négociations et aurait été mon vice-président en cas d'entente". Mais Jean-Marie Le Pen a finalement rejeté les conditions de la droite et l'accord a capoté. La droite a toujours été très divisée sur l'attitude à tenir à l'égard du Front national. Malgré la stratégie du cordon sanitaire édictée dès les années 1980 par Jacques Chirac, de nombreux accords locaux ont été signés. Selon le politologue Erwan Lecœur, les régionales de 1998 sont un moment particulier dans la relation entre la droite et l'extrême droite. "Lors des législatives de 1997, le FN avait réussi à se maintenir dans 133 circonscriptions et avait provoqué de nombreuses triangulaires. En 1998, l'idée d'une alliance avec le Front apparaissait comme l'unique alternative pour que les régions ne basculent pas toutes à gauche". Dans cinq d'entre elles, défiant la consigne nationale, la droite pactise alors avec les élus frontistes. Le départ du FN de Bruno Mégret, le plus ardent défenseur de ces alliances, met fin à la discussion en 1999 ».

David Doucet : « "Le FN a réussi à introduire ses thèmes dans la société (immigration, insécurité), mais n'est pas parvenu à faire bouger les clivages politiques traditionnels pour réorganiser la droite autour de ses idées", analyse Erwan Lecoeur. "Alors que le PS a réussi à réaliser une union de la gauche, le FN a toujours été ostracisé au sein de la droite. Ceux qui ont accepté une alliance avec le Front ont toujours été châtiés par leurs formations", regrette, de son côté, Jean-Marie Le Pen, interrogé par LEXPRESS.fr. En 2007, le siphonage des électeurs frontistes par Nicolas Sarkozy laisse croire à la réussite de la stratégie d'endiguement. Quatre ans plus tard, les difficultés de la majorité et la poussée de Marine Le Pen amènent certains UMP à se reposer cette question brûlante. En octobre 2010, le député Christian Vanneste et le maire de Montfermeil Xavier Lemoine plaident sans succès pour une union de toutes les droites. Avec l'essor de "la Droite populaire" au sein de l'UMP, c'est la fin d'une certaine imperméabilité idéologique, selon l'historien Stéphane François. "Au nom d'un combat contre le politiquement correct, un grand classique de l'extrême droite, la frange réactionnaire de l'UMP fait tomber certains tabous, rendant floues les frontières entre la droite de gouvernement et l'extrême droite". Autant de revirements qui font sourire Jean-Marie Le Pen. Le président d'honneur du FN se fait un plaisir de citer Edgar Faure : "Ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent" », conclut David Doucet sur le site de l’hebdomadaire français de centre-gauche L’Express.

Arnaud Folch, dans l’hebdomadaire français de droite Valeurs actuelles, écrit : « Un an après son lancement, quel bilan et quel avenir pour l’aile droite du parti sarkozyste ? C’est aux réactions provoquées chez ses adversaires que l’on juge souvent de son succès. De ce point de vue, le collectif de la Droite populaire peut se vanter, en seulement un an d’existence, d’un bilan particulièrement flatteur : créé dans l’indifférence générale le 14 juillet 2010, ce groupe de députés UMP "À droite toute !" a vu son premier anniversaire "célébré, entre autres, par une double page dans Libération et quatre pages dans Marianne. "On n’entend qu’eux, on ne voit qu’eux, écrit l’hebdomadaire de gauche. Dans les couloirs comme dans les tribunes de l’Assemblée nationale, dans les colonnes des journaux comme sur les ondes des radios, les grandes gueules de la Droite populaire prospèrent et occupent l’espace". Quelques jours plus tôt, réuni au Palais-Bourbon non pour souffler une paisible bougie mais autour d’un provocateur "apéritif saucisson-vin rouge" – rappelant les "apéros saucisson-pinard" des identitaires – le collectif a même eu droit à sa manifestation hostile ! À la manœuvre, une dizaine d’assistants parlementaires (PS, PC et Verts) venus perturber la conférence de presse de ces députés jugés "xénophobes" aux cris de "Non à la facho pride ! ". À peine ceux-ci avaient-ils quitté la salle que le journaliste du Monde décidait à son tour, solennellement, de les imiter. "Emmerdeur" : le terme ne fait pas peur au député UMP des Bouches-du-Rhône Lionnel Luca, l’un des fondateurs du collectif. "C’est un mot qui ne me dérange pas, au contraire", confiait-il peu après la création du groupe. "On dit ce que l’on pense et l’on pense ce que l’on dit : qu’importe que cela plaise ou non, du moment que nos électeurs, eux, s’y retrouvent" ».

Arnaud Folch : « Pas question de manier la langue de bois, le politiquement correct ou de ménager les susceptibilités – d’où qu’elles viennent ! "Au départ, tout le monde nous a pris pour des billes, confie l’un d’entre eux : la gauche pensait qu’on n’existerait pas, la majorité qu’on n’oserait pas et le FN qu’on se déballonnerait. Un an après, le résultat est là : plus de 600 amendements et propositions de loi déposés, presque autant de communiqués et de pétitions, le lancement de la plupart des grands débats sociétaux et près de 500’000 occurrences sur Google". "Notre influence est réelle", confirme le député UMP de la Gironde, Jean- Paul Garraud, autre fondateur de la Droite populaire, rappelant notamment plusieurs réformes ou décisions prises à l’initiative du collectif : "la fin de l’acquisition automatique de la nationalité à 18 ans" pour les étrangers nés en France, les 30 euros que doivent désormais payer les clandestins pour bénéficier de l’AME (aide médicale de l’État) ou encore "le revirement du gouvernement sur la suppression des panneaux annonçant les radars". De même, le bannissement du voile intégral sur la voie publique fait-il suite, pour partie, aux pressions des (désormais) 44 députés membres du groupe. Reste que moins de 10 % seulement des textes proposés ont été votés. Soit neuf sur dix qui n’ont pas été suivis d’effet. Certains, comme la proposition de déchéance de la nationalité pour les criminels étrangers, parce que retouchés par le Conseil constitutionnel. La plupart en raison d’un niet du gouvernement et de la majorité – notamment la suppression, au moins partielle, de la double nationalité. "La Droite populaire, c’est comme le Canada Dry", ironise Louis Aliot, vice-président du Front national : "ça a le goût du FN, la couleur du FN, mais ce n’est pas le FN" ».

Arnaud Folch : « Eux se contentent de dire : nous, nous voulons agir. Et puis, comment expliquer leur silence devant les déclarations de Jean-François Copé le 10 juillet au journal Tout sur l’Algérie : "La France délivre 140’000 visas par an. Le taux de refus diminue, nous délivrons de plus en plus de visas de circulation et nous avons fait un effort important pour améliorer les conditions d’accueil". Luca lui-même en convenait le jour du premier anniversaire du collectif : "C’est vrai que nous sommes plus écoutés qu’entendus". Exit, notamment, les propositions formulées il y a un an de "création d’un corps d’intervention urbaine composée de militaires" (Lionnel Luca), de "suppression des remises de peine" (Philippe Meunier, député UMP du Rhône, autre fondateur du collectif) ou, plus récemment, de "condamnation de l’Algérie et du FLN pour crime contre l’humanité (Thierry Mariani, aujourd’hui ministre des Transports). Pour peser davantage, la Droite populaire, sans chef ni structure, doit-elle, à terme, se transformer en "courant" voire en groupe parlementaire, en parti associé ou dissocié de l’UMP ? Le débat agite ses membres qui se contentent, pour l’heure, d’un site Internet et d’une à deux réunions informelles par mois. Mais il n’est pas à l’ordre du jour. "Toute notre énergie doit être mobilisée pour faire gagner notre leader naturel, Nicolas Sarkozy, en 2012", tranche Philippe Meunier. "Nous n’avons pas de temps à perdre en organisation. C’est notre esprit gaulois qui fait notre force : un collectif de fortes individualités très différentes. Nous ne voulons pas ajouter de la technostructure à la technostructure". La tentation, pourtant, est bien là : "Après 2012, on verra" », note, en conclusion, Arnaud Folch dans l’hebdomadaire français de droite Valeurs actuelles.

Voilà donc pour ces deux enquêtes, celle de David Doucet parue sur le site de L’Express, et, celle d’Arnaud Folch parue dans Valeurs actuelles. Pour ce qui me concerne, j’éprouve quelques difficultés, à saisir, la portée, des propos, de Philippe Meunier, député UMP-La Droite Populaire. Propos de Philippe Meunier qu’il résume ainsi : « C’est notre esprit gaulois qui fait notre force : un collectif de fortes individualités très différentes ».

J’écris que j’éprouve quelques difficultés, à saisir, la portée, des propos, de Philippe Meunier, car à mon humble avis – que je formule régulièrement sur ce blog depuis 2007 – il y a de la place, en France, pour un mouvement politique, à la fois libéral et conservateur, qui rassemblerait, primo, « l’aile droite » de l’UMP ; secundo, les électeurs qui se sentent perdus, car ils se situent, certes, « à droite » de l’UMP, mais, néanmoins, « à gauche » du Front National ; et tertio, les électeurs de « l’aile gauche » du Front National.

Pour reprendre le sujet en termes moins politiciens, il y a selon moi de la place, en France, pour un mouvement politique, à la fois libéral et conservateur, qui rassemblerait les femmes et les hommes qui sont, vraiment et réellement, de droite, mais sans être extrémistes de droite. Il est clair qu’aux yeux de la gauche française, un mouvement de droite à la fois libéral et conservateur, passera automatiquement pour « populiste » et de « xénophobe ». Le tout, en définitive, est d’ignorer souverainement tout ce que la gauche peut dire ou ne pas dire en la matière.

En revanche, le problème, c’est que je ne vois pas un mouvement de droite à la fois libéral et conservateur prendre forme sur la base du credo précité à savoir : « C’est notre esprit gaulois qui fait notre force : un collectif de fortes individualités très différentes ». J’aurais plutôt tendance à proposer un autre credo. Credo que je formule ainsi : défendre et valoriser la société libre et laïque de culture judéo-chrétienne. Il est vrai qu’un tel credo n’a pas grand chose à voir avec « l’esprit gaulois » composé de « fortes individualités très différentes »…

Michel Garroté

Reproduction autorisée avec les mentions ci-dessous :

©  Michel Garroté 2011 http://dreuz.info/

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/quand-borloo-et-estrosi-etaient-prets-a-s-allier-au-fn_1015642.html

http://www.valeursactuelles.com/actualit%C3%A9s/politique/droite-populaire-pour-quoi-faire20110728.html

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