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Publié par Michel Garroté le 2 août 2011

 

En France, d’une part, les menaces de plaintes suite aux informations sur les liens entre l’époux de Martine Aubry avec des islamistes, et d’autre part, les meurtres perpétrés par le Norvégien Anders Behring Breivik, ont servi, et, servent encore, de prétexte, pour tenter, de calomnier et de censurer, un certain nombre de sites et de blogues, dont certes je ne partage pas toutes les convictions, mais que je ne considère pas, pour autant, comme des sites et des blogues, soi-disant, « dangereux » et « néo-nazis » : Puteaux Libre ; F de Souche ; et Riposte laïque, notamment. J’ajoute que si, par exemple, le Norvégien Anders Behring Breivik, a déclaré, que deux et deux font quatre, je ne vais pas pour autant, de mon côté, condamner ou abolir les mathématiques. Et si le Norvégien Anders Behring Breivik a fait un copier-coller de telle ou telle valeur que je défends, cela n’implique évidemment pas que je soutiens le Norvégien Anders Behring Breivik. Or, c’est à ce petit jeu abject, que se livre, en ce moment même, la gôche fascistoïde. Pour ce qui me concerne, je reviendrai, dans un prochain article à paraître, sur les risques passés, présents et à venir, de calomnie et de censure, contre drzz.info et contre dreuz.info. Mais dans un premier temps, je me limite à reproduire ci-dessous, deux articles qui traitent de ce sujet, un article de Caroline Glick, et, un article de Daniel Pipes. J’ajouterai simplement ceci : drzz.info et dreuz.info sont des blogues d’information et d’opinion. Leur rédacteur en chef, votre serviteur (ça c’est donc moi…) est catholique, philosémite, ami d’Israël et néoconservateur. A ces divers titres, j’ai été et je demeure anti-fasciste, anti-communiste et anti-islamiste. La seule fois de ma vie où j’ai été extrémiste, c’était lorsque j’ai été gauchiste et antisioniste, de 1976 à 1979. Je ne peux donc pas être, aujourd’hui, catholique, philosémite, ami d’Israël et néoconservateur, et, en même temps, « d’extrême-droite » ou « extrémiste ». Et j’affirme qu’en revanche, ceux qui nous calomnient sont, eux, des fascistes. Des fascistes de droite ou de gauche, peu m’importe. Mais ils sont incontestablement des fascistes. Et j’y reviendrai, comme annoncé plus haut, dans un prochain article à paraître.

« Breivik et les démocrates-totalitaires »

Par Caroline Glick

Il y en a qui cherchent à réduire au silence les penseurs conservateurs en établissant une liaison criminelle entre nos écrits et les actes d’un terroriste. Vendredi dernier au matin, Anders Breivik a surgi sur la scène internationale après avoir exécuté un acte de terrorisme monstrueux contre ses compatriotes norvégiens. Breivik a fait sauter à la bombe les bureaux abritant le gouvernement norvégien dans l’intention d’assassiner ses chefs. Puis il se déplaça vers l’île d’Utoeya et abattit un grand nombre de jeunes gens participant à un programme d’été parrainé par le Parti au pouvoir en Norvège. Au total vendredi dernier, Breivik assassina 76 personnes. La plupart était des adolescents. Bien qu’il ait confessé ses crimes, il demeure encore d’importantes questions sans réponse. Par exemple, nous ne savons pas encore s’il a agi seul. Breivik proclame qu’il existe de nombreuses cellules de ses camarades terroristes prêts à l’attaque. Mais jusqu’à présent, personne n’a trouvé de preuve pour soutenir ses dires. Nous ne savons toujours pas non plus si – avec toute sa bravade – Breivik a agi de sa propre initiative ou pour d’autres. Trouver les réponses à ces questions et aux autres est une affaire de la plus haute urgence. Car si de fait Breivik n’est pas un loup solitaire, alors il existe un danger extrême que des attaques supplémentaires, peut-être déjà planifiées, soient réalisées dans un proche avenir. Et suivant l’inadéquation désormais prouvée du bras exécutif légal en Norvège pour faire face à des attaques terroristes, la perspective de nouvelles attaques doit empêcher de dormir les dirigeants norvégiens et ceux d’autres pays européens. Malgré les dangers, depuis l’attaque meurtrière de Breivik contre ses compatriotes, le discours public s’est très peu penché sur ces questions. Plutôt, les media norvégiens et occidentaux ont concentré leurs discussions au sujet de l’attaque terroriste de Breivik sur ses auto-justifications. Ces auto-justifications sont surtout retrouvées dans un manifeste de 1500 pages que Breivik a mis en ligne sur Internet. Une partie du matériau de son manifeste a été plagié sur le manifeste écrit par Ted Kaczynski, surnommé ‘Unabomber’, dont la campagne d’attentats à la bombe s’est étendue sur deux décennies et a provoqué la mort de trois personnes et en a blessé 23. Kaczynski a obtenu la publication de ses auto-justifications dans le ‘The New York Times’ et ‘The Washington Post’ sous la menace d’assassiner davantage de gens s’ils refusaient. Le manifeste de Breivik est devenu le centre de la discussion internationale sur ses actes, surtout à la suite des sources qu’il a citées. Kaczynski, comme son compagnon éco-terroriste Jason Jay Lee, qui prit plusieurs personnes en otage sur la chaîne de télévision ‘Discovery’ dans le Maryland en septembre dernier, a été influencé par les écrits de l’ancien vice-président des USA Al Gore. Une copie fort usagée du livre de Gore « la Terre en jeu : écologie et l’esprit humain » (‘Earth in the Balance: Ecology and the Human Spirit’) aurait été trouvée par les agents fédéraux quand ils fouillèrent la cabane de Kaczynski au Montana en 1996. Lee déclarait qu’il était « éveillé » à la nécessité de se livrer au terrorisme pour sauver l’environnement après avoir visionné le film de Gore, « Une Vérité malcommode » (An Inconvenient Truth). A part Kaczynski, (qu’il a plagié sans le nommer), certaines parties du manifeste de Breivik se lisent comme une source menant aux auteurs et aux ‘bloggers’ conservateurs du monde occidental. Or cela est sans précédent. Jamais auparavant un terroriste n’a cité autant de conservateurs pour justifier ses positions. Breivik a particulièrement noté les auteurs qui concentrent leur examen critique sur le multiculturalisme et les dangers émanant des jihadistes et de la cause du jihad mondial. Il citait aussi l’œuvre de philosophes et d’écrivains politiques antérieurs tels que John Stuart Mill, George Orwell, John Locke, Edmund Burke, Winston Churchill et Thomas Jefferson. Les citations de Breivik d’auteurs conservateurs (parmi lesquels moi-même et beaucoup de mes amis et collèges aux USA et en Europe) ont dominé les discussions publiques sur ses actes. Les media occidentaux dominés par la Gauche – tout particulièrement le ‘New York Times’ – et l’aile Gauche de la ‘Blogosphère’ – ont utilisé sa liaison aux arguments de ses opposants idéologiques comme moyen de reprocher aux idées avancées par les penseurs conservateurs et aux penseurs eux-mêmes, les actes meurtriers haineux de Breivik. Par exemple, un texte de Une du ‘Times’ de lundi proclamait : « L’homme accusé de la série de meurtres en Norvège était profondément influencé par un petit groupe de ‘bloggers’ et d’auteurs américains ayant mis en garde depuis des années contre les dangers de l’islam ». Le journaliste, Scott Shane, a désigné plusieurs blogs anti-jihadistes que Breivik a mentionnés dans son manifeste. Shane cita ensuite l’expert du terrorisme Marc Sagerman, de gauche, qui prétendait que les écrits des auteurs anti-jihad « sont l’infrastructure d’où a surgi Breivik ». C'est-à-dire que Shane citait Sageman pour accuser ces auteurs de la responsabilité des actes assassins de Breivik. Avant d’envisager le bien-fondé de la déclaration de Sageman, il vaut la peine de noter qu’aucune allégation similaire n’a été soulevée par les media ou leurs experts favoris du terrorisme contre Gore à la suite de la prise d’otages par Lee l’an dernier ou bien à la suite de l’arrestation de Kaczynski en 1996. De plus, Noam Chomsky, Michael Scheuer, Stephen Walt et John Mearsheimer, dont les écrits ont été adoubés par Oussama ben Laden, n’ont pas été accusés de responsabilité dans le terrorisme d’al Qaïda. C'est-à-dire que les auteurs de Gauche dont les ouvrages ont été admirés par des terroristes n’ont pas été tenus pour responsables des actes de terrorisme menés par leurs lecteurs. Pas plus qu’ils ne devaient l’être. Et pour comprendre pourquoi cette espèce de culpabilité par la lecture est erronée, il vaut la peine de considérer ce qui sépare les démocraties libérales de ce que le grand historien israélien Jacob Talmon a qualifié de ‘Démocraties-Totalitaires’. Les démocraties libérales sont fondées sur la notion qu’il n’est pas seulement acceptable que les citoyens participent aux débats sur les questions auxquelles leurs sociétés sont confrontées. Il est admirable que les citoyens des démocraties participent aux débats – même ceux qui ‘chauffent’ – sur la politique de leur gouvernement ainsi que sur la direction morale et culturelle de leur société. Une communauté citoyenne non participante est une communauté en danger de perdre sa liberté. L’une des raisons du fait que la contradiction et le débat sont les fondements d’un ordre démocratique libéral, c’est que plus les citoyens se sentent engagés dans leur société, moins ils seront enclins à rejeter les règles gouvernant leur société, et moins ils auront recours à la violence pour parvenir à leurs fins. En règle générale, les démocraties libérales rejettent le recours à la violence comme moyen de gagner une contradiction. Voilà pourquoi, pour les démocraties libérales, le terrorisme sous toutes ses formes est absolument inacceptable. Que l’on soit d’accord ou pas avec les auto-justifications idéologiques d’un terroriste, comme membre d’une société démocratique libérale, chacun doit abhorrer son acte de terrorisme. Parce qu’en recourant au terrorisme pour parvenir à ses fins, le terroriste agit d’une manière qui sape fondamentalement l’ordre démocratique libéral. Les démocraties libérales sont toujours des oeuvres en évolution. Leurs citoyens ne s’attendent pas à voir venir le jour où les contradicteurs tomberont dans le silence parce que tout un chacun sera d’accord avec l’autre alors que tous seront convaincus de la raison d’un seul côté. C’est parce que les démocraties libérales ne sont pas fondées sur des aspirations messianiques de créer une société parfaite. A l’opposé, les démocraties totalitaires – et les ‘démocrates-totalitaires’ – ont un tempérament messianique et pour mission utopique de créer une société parfaite. Ainsi leurs membres caressent l’espoir de mettre fin au débat et à la contradiction une fois pour toutes. Comme Talmon l’a expliqué dans son classique de 1952, « Les Origines de la Démocratie Totalitaire » [The Origins of Totalitarian Democracy], le modèle démocratique totalitaire a été prévu par Jean-Jacques rousseau, le parrain philosophique de la Révolution Française. Rousseau croyait qu’un groupe de chefs sacrés pouvait pousser une société à la perfection en contraignant essentiellement le peuple à accepter leur vision du bien et du mal. Talmon a tiré une ligne droite entre Rousseau et les mouvements totalitaires du 20ième siècle – nazisme, fascisme et communisme. Aujourd’hui, ceux qui cherchent à réduire au silence les penseurs conservateurs en établissant une liaison criminelle entre nos écrits et les actes d’un terroriste, agissent ainsi à la recherche de fins manifestement intolérantes à tout le moins. S’ils pouvaient convaincre le public que nos idées provoquent le meurtre de masse d’enfants, alors nos voix seraient réduites au silence. Un autre aspect du même comportement anti-libéral est la tendance de beaucoup à faire le difficile sur les types de terrorisme acceptables et ceux inacceptables, en accord avec les justifications idéologiques que les terroristes donnent à leurs actes. L’exemple remarquable le plus récent de ce comportement est un entretien que l’ambassadeur norvégien Svein Sevje a donné au journal ‘Ma’ariv’ mardi. Le ‘Ma’ariv’ a demandé à Sevje si, à la suite de l’attaque terroriste de Breivik, les Norvégiens auraient plus de sympathie pour les victimes israéliennes innocentes des terroristes palestiniens. Sevje répondit non, et expliqua : « Nous autres Norvégiens considérons l’occupation comme un motif de terrorisme contre Israël. Beaucoup de Norvégiens continuent de voir l’occupation comme le motif des attaques contre Israël. Celui qui pense de cette façon ne changera pas d’avis à la suite de l’attaque d’Oslo ». Ainsi dans l’esprit des Norvégiens intolérants, le terrorisme est justifié si l’idéologie qui le sous-tend est considérée justifiée. Pour eux, il est inacceptable que Breivik assassine des enfants norvégiens. Mais il est acceptable pour les Palestiniens d’assassiner des enfants israéliens, parce que leur idéologie serait légitime. Quoique beaucoup de déclarations de Sevje, (ou de Gore, Walt, Mearsheimer, Scheuer ou Chomsky) puissent mettre en colère leurs adversaires idéologiques, aucun penseur libéral démocrate qui se respecte n’accuserait leurs philosophies politiques d’inspirer le terrorisme. Il n’existe qu’un seul point où la philosophie politique fusionne avec le terrorisme. Ce point se situe là où les penseurs politiques appellent leurs partisans à exécuter des actes de terrorisme au nom de leur philosophie politique, et qu’ils lancent cet appel avec l’espoir raisonnable que leurs partisans répondront à leurs vœux. Des penseurs politiques qui répondent à cette description comprennent les émules du chef « spirituel » des ‘Frères Musulmans’ Yousef Qaradawi, Oussama bin Laden, le fondateur du Hamas ‘Sheikh Yassin’, le chef d’al Qaïda au Yémen Anwar Awlaki et d’autres chefs jihadistes. Ces chefs sont dangereux parce qu’ils opèrent en dehors des limites des polémiques démocratiques. Ils ne se soucient pas que le public le plus large soit d’accord avec leurs opinions. Comme Mao – qui fit périr 70 millions de personnes – ils croient que le pouvoir politique naît au bout du fusil, et non à travers un discours rationnel. De façon révélatrice, beaucoup de démocraties occidentales pas particulièrement libérales ont accordé des visas à ces philosophes terroristes, et les ont adoubés comme penseurs légitimes. La bienvenue en héros dont Qaradawi a bénéficié pendant sa visite en 2005 en Grande Bretagne par le maire de Londres de l’époque Ken Livingstone est un exemple particulièrement frappant de cette pratique. La trajectoire intolérante vers laquelle la politique britannique s’est tournée a été pareillement démontrée dans le refus du gouvernement en 2009 d’accorder un visa au parlementaire hollandais Geert Wilders. Wilders a été diabolisé comme ennemi de la liberté pour sa critique du totalitarisme islamique. Les tentatives de la Gauche de lier les philosophes, auteurs, et politiciens conservateurs avec Breivik ne sont rien de neuf. La même chose est survenue en 1995, quand la Gauche a tenté de reprocher aux rabbins et aux politiciens l’assassinat du Premier ministre d’alors Yitzhak Rabin par le sociopathe Ygal Amir. La même chose est arrivée l’été dernier aux USA avec les tentatives insistantes de la Gauche de relier le psychotique Jared Loughner, qui tira sur la parlementaire au Congrès Gabrielle Giffords et ses électeurs, avec la ‘Gouverneure’ Sarah Palin et le ‘Tea Party’. Et c’est cette tendance qui met le plus en danger l’avenir des démocraties libérales. Si la Gauche réussit toujours dans ses tentatives de criminaliser ses opposants idéologiques et de justifier des actes de terrorisme contre ses opposants, leur victoire détruira les fondements libéraux démocratiques de la civilisation occidentale, conclut Caroline Glick.

« Le terrorisme norvégien en contexte »

Par Daniel Pipes

Vue de loin, la Scandinavie, dont les familles royales et les Premiers ministres vivent pratiquement sans protection rapprochée, peut sembler idyllique. Toutefois, cette région a eu sa part de violence, notamment les assassinats, en Suède, du Premier ministre Olof Palme et de la ministre des Affaires étrangères Anna Lindh ou encore les massacres dans deux écoles de Finlande, perpétrés en l'espace d'un an, l'un tuant huit personnes, l'autre dix. Pour le dire autrement, la folie meurtrière d'Anders Behring Breivik n'est pas tout à fait sans précédent. Dans le passé, on savait, et c'était commode, que des actes fous tels que ceux de Breivik étaient le fait d'individus sous l'emprise d'idéologies extrémistes. Ce n'est pas le cas de Breivik. Ce terroriste compte parmi ses auteurs favoris George Orwell, Thomas Hobbes, John Stuart Mill, John Locke, Adam Smith, Edmund Burke, Ayn Rand et William James. La rupture entre le conservatisme politique classique de Breivik et sa démence présente un dilemme et un défi aussi neufs que choquants. Behring Breivik a plagié Ted Kaczynski, surnommé Unabomber. Ceci dit, il n'y a aucune raison de penser que Behring Breivik ait un quelconque émule ni qu'aucun autre conservateur classique cherche à l'imiter dans le massacre de socialistes. Cela n'est jamais arrivé et cela ne se reproduira probablement plus jamais. Cette folie macabre constitue une exception. Et pourtant, cette exception nous montre, à nous conservateurs, que nous devons être conscients d'un danger auquel nous n'avions pas pensé. Nous pouvons certes nous opposer aux socialistes mais nous ne pouvons pas les dénigrer. Compte tenu du soin méticuleux avec lequel Breivik a planifié non seulement ses attentats à la bombe et sa fusillade mais aussi la mise en ligne d'un manifeste et d'une vidéo et compte tenu de son projet de faire de son procès une mise en scène politique, son terrorisme apparaît finalement comme destiné surtout à attirer l'attention sur ses opinions politiques. En effet, lors de sa comparution initiale le 25 juillet, il a, selon l'Associated Press, présenté la violence « comme du "marketing" pour son manifeste » intitulé 2083 – A European Declaration of Independence (2083 – Une déclaration d'indépendance européenne). En ce sens, Behring Breivik ressemble à Ted Kaczynski, surnommé Unabomber, qui a utilisé la violence comme un moyen de promotion pour son manifeste de 1995 intitulé Industrial Society and Its Future (La société industrielle et son avenir). En effet, le lien entre les deux est très étroit : Hans Rustad montre, documents à l'appui, à quel point Behring Breivik a plagié Kaczynski et n'en a changé que certains mots-clés. Si on ajoute à ces deux cas, ceux de Timothy Mc Veigh (l'auteur des attentats à la bombe d'Oklahoma City en 1995) et Baruch Goldstein (l'auteur du massacre d'Hébron en 1994), on obtient les quatre exceptions marquantes à la règle quasi générale des massacres perpétrés par les islamistes. Un site internet, TheReligionOfPeace.com, dénombre 17 500 actes terroristes commis au nom de l'Islam ces dix dernières années ; en extrapolant, on arrive à 25 000 actes depuis 1994. Nous sommes donc en présence de deux phénomènes d'ampleurs très différentes. Comme l'observe David P. Goldman, « il y a un monde de différence entre l'usage organisé de l'horreur par les terroristes et les actions dépravées d'individus. » Certes, nous devons nous inquiéter aussi de la violence non-islamiste, mais l'islamisme dans toutes ses variantes est prédominant et le restera étant donné sa nature extrémiste. Ravi Shankar, rédacteur en chef du New Indian Express, écrit que « ce qui s'est passé à Oslo vendredi peut être le germe d'une nouvelle guerre civile – opposant les Européens musulmans et chrétiens entre eux ». Il pourrait bien avoir raison. Comme je le soutenais dans une analyse de 2007, « Les options peu engageantes de l'Europe », l'avenir du continent consistera probablement soit en une islamisation soit en un conflit civil de longue durée. J'évoquais alors la possibilité selon laquelle « les Européens indigènes – qui constituent toujours 95% de la population du continent – se réveillent un jour et imposent leur volonté. "Basta !", diront-ils, en restaurant leur ordre historique. Cela n'est pas si improbable ; un mouvement d'irritation se fait jour en Europe, moins parmi les élites qu'au sein des masses, qui proteste bruyamment devant l'évolution en cours ». Bien qu'il ait attaqué des socialistes, et pas des musulmans, Behring Breivik s'inscrit clairement dans ce mouvement d'irritation. Plus largement, il s'inscrit dans le cadre d'une violence grandissante entre chrétiens et musulmans que l'on observe du Nigeria aux Philippines, en passant par l'Irak. Comme on pouvait s'y attendre, Behring Breivik appartient à l'école de pensée selon laquelle « l'Islam est le mal », ce qu'il indique d'ailleurs à plusieurs reprises dans son manifeste : « un Islam tolérant est une contradiction et la "création" d'un passé tolérant de l'Islam en vue d'apaiser la position des musulmans libéraux est un leurre pour extraire la violence de l'Islam il faudrait lui faire renoncer à deux choses : au Coran en tant que parole d'Allah et à Mahomet en tant que prophète d'Allah. En d'autres termes, pour pacifier l'Islam il faudrait le transformer en ce qu'il n'est pas. L'Islam aujourd'hui est ce qu'il est depuis quatorze siècles : violent, intolérant et expansionniste. C'est une folie de croire que nous serons, en l'espace de quelques années ou décennies, en mesure de changer la conception fondamentale du monde qui est celle d'une civilisation étrangère. La nature violente de l'Islam doit être acceptée comme un fait. Beaucoup, du côté des conservateurs modérés, ont suggéré que l'interdiction de la charia résoudrait tous nos problèmes et forcerait les musulmans à s'intégrer. Malheureusement, l'Islam est un peu plus résistant qu'on le pense souvent… Extraire la charia (et tous les aspects politiques) de l'Islam est tout simplement impossible ». Cette position diffère fondamentalement de la mienne puisque selon moi « l'islam radical est le problème, l'islam modéré est la solution ». Bien qu'elles aient des adversaires communs, ces deux conceptions divergent sur la nature de l'islam, ses capacités de changement et la possibilité de s'allier à des musulmans. Outre le fait d'avoir massacré des Norvégiens innocents, Behring Breivik a porté un coup au conservatisme, à l'antidjihad et (surtout) aux auteurs – dont je fais partie – qu'il cite dans ses écrits. Une lecture attentive de son manifeste laisse supposer qu'il y a eu préméditation. Observant que son ancienne affiliation au parti conservateur, le Parti du Progrès, nuirait à celui-ci, il se montre satisfait, pensant que cela favorisera ses objectifs révolutionnaires : « Je me réjouis à l'idée que les médias norvégiens persécutent et enfoncent le Parti du Progrès pour le fait que j'ai adhéré à celui-ci par le passé. Ce n'est pas une chose négative de voir qu'un nombre croissant de Norvégiens verra alors ses « illusions de changement démocratique » brisées (si le Parti du Progrès est anéanti par les médias multiculturalistes) et préférera recourir à la résistance armée ». Dans le même esprit, il écrit : « L'Amérique en tant qu'État est bénie et que les dieux en soient remerciés ». Par extension, Behring Breivik peut très bien avoir voulu faire du tort aux analystes de l'Islam cités dans son manifeste. Ainsi il me qualifie de « modéré », ce qui n'est bien sûr pas un compliment, et rejette jusqu'aux critiques de l'Islam les plus durs qu'il accuse de manquer de courage : « Si les auteurs qui écrivent sur des sujets liés à Eurabia et à l'islamisation de l'Europe – Fjordman, Spencer, [Bat] Ye'or, Bostom, etc. – ne parlent pas ouvertement d'expulsion, c'est parce que cette méthode est jugée trop extrême (et pourrait dès lors ternir leur réputation)… Si ces auteurs ont trop peur de propager une révolution conservatrice et une résistance armée, alors c'est à d'autres auteurs qu'il reviendra de le faire ». Behring Breivik espère nuire à toute personne qu'il perçoit comme un obstacle à la révolution dont il rêve. Pour le moment, du moins, il a réussi, conclut Daniel Pipes.

Et pour ce qui me concerne, comme convenu, je vous donne rendez-vous, dans mon prochain article à paraître, sur les risques passés, présents et à venir, de calomnie et de censure, contre drzz.info et contre dreuz.info.

Michel Garroté

Reproduction autorisée avec les mentions ci-dessous :

©  Michel Garroté 2011 http://dreuz.info/

caroline@carolineglick.com

Jerusalem Post 28/07/2011

Adaptation française de Sentinelle 5771  ©

http://www.jpost.com/Opinion/Columnists/Article.aspx?id=23149

Daniel Pipes

http://fr.danielpipes.org/10022/terrorisme-norvegien

National Review

DanielPipes.org

Adaptation française de Johan Bourlard  ©

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