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Publié par Michel Garroté le 3 août 2011

Je ne dis pas que Breivik est manipulé par des islamistes. En revanche, je note que les islamistes profitent abondamment des tueries perpétrées par Breivik, pour dénoncer « l’islamophobie », avec le soutient complice de la gauche et de l’extrême-gauche. On nage en plein délire. Et bien qu’il s’agisse de nager, c’est avec le feu que certains jouent. On peut même se demander s’ils ne souhaitent pas d’autres Breivik, afin de pouvoir continuer à délirer sur les chrétiens « islamophobes ».

C’est aussi – et pas seulement – grâce au fait que je maîtrise quelques langues autres que le français, que je parviens à accomplir mon travail sur ce blog. Et c’est souvent – pas toujours mais souvent – en consultant des médias ou des sites hispanophones, anglophones, italophones et germanophones, que je tombe sur des réflexions, qui sortent du politiquement correct, ou, qui, au moins, élargissent, un peu, le débat. Ci-dessous, je reproduis trois analyses. La première est un entretien avec Jean-François Mayer, directeur de Religioscope, entretien sur le « non-christianisme » du tueur norvégien Breivik. La deuxième est une courte information sur Thilo Sarrazin, auteur du best-seller « L’Allemagne court à sa perte ». La troisième est une analyse de Vito Punzi parue dans  La Bussola.

1. Après avoir décrypté les 1.500 pages d’«Une Déclaration d’indépendance européenne», le manifeste diffusé par le terroriste Anders Breivik juste avant de passer à l’acte, l’historien fribourgeois Jean-François Mayer, directeur du site Religioscope, conteste l’étiquette de fondamentaliste chrétien collée dans un premier temps à l’auteur de l’attentat et de la tuerie en Norvège du 22 juillet. Quant à le désigner comme un « terroriste chrétien », cela n’aide pas non plus à comprendre le fondement de ses motivations, explique-t-il.

Dans son combat, Anders Breivik veut créer un ordre de templiers modernes pour défendre l’Europe chrétienne. Mais il ne serait pas un fondamentaliste chrétien ?

Jean-François Mayer : Breivik est le produit d’une civilisation occidentale sécularisée. La foi et la Bible ne sont pas vraiment sa motivation. Contrairement à un fondamentaliste religieux, il n’est pas guidé dans son action par la lecture des Ecritures saintes, auxquelles il fait peu référence, mais essentiellement par ses convictions politiques, qui sont la lutte contre l’islam, le multiculturalisme et le « marxisme culturel ». Dans ses convictions, il intègre la défense du christianisme, mais dans le sens culturel du terme. La chrétienté est selon lui le seul drapeau unissant l’Europe par-delà les différences. C’est un axe de ralliement dans son combat. Les « chrétiens agnostiques ou athées », dit-il, ont aussi vocation à se battre pour l’Europe chrétienne où l’islam sera banni.

C’est donc un « chrétien culturel » ?

C’est comme ça qu’il se définit. A 15 ans, il a choisi de son chef d’être baptisé. Il se dit modérément religieux. Peu avant l’attentat, il dit avoir prié pour la première fois depuis longtemps. Et encore, quand il prie, c’est pour dire à Dieu ce qu’il doit faire, soit faire aboutir sa mission. Conservateur sur le plan religieux, il veut une Eglise d’il y a 40-60 ans. Car il est déçu par les Eglises, en particulier protestantes, qui se sont selon lui vendues au multiculturalisme et au dialogue avec l’islam. Luthérien, il rêve d’une Eglise unie entre catholiques et protestants, qui soit dans la future ligne politique de l’Europe qu’il imagine. Un peu comme l’Eglise nationale allemande que voulaient les nazis, l’Eglise ne fusionnerait pas avec le politique mais lui serait soumise.

Pourquoi a-t-il alors été qualifié de fondamentaliste chrétien ?

Cela vient des premières déclarations de la police, qui avait alors des éléments fragmentaires. Police, journalistes, tout le monde travaille dans l’urgence, c’est normal. Cette étiquette a aussi permis de dire qu’on n’avait pas affaire à du terrorisme islamiste.

Breivik est aussi franc-maçon et attiré par la culture païenne ?

Comme fervent lecteur de toute la blogosphère islamocritique, il découvre des mouvances de type néo-païens. Fier de l’héritage païen, il l’intègre dans son christianisme, comme un plus. Mais il explique que le marteau de Thor, contrairement à la croix, n’a pas un pouvoir de mobilisation idéologique. Il est aussi franc-maçon depuis cinq ou six ans au moment des faits – son Ordre l’a expulsé la semaine dernière. Mais s’il a suivi l’itinéraire normal, il n’est pas un membre actif. Les références à la franc-maçonnerie sont rares dans son manifeste. On ne peut que supposer que c’est son goût du secret et des structures clandestines qui l’a attiré.

Bizarrement, il emprunte un certain vocabulaire aux djihadistes ?

Il réussit, par mimétisme, l’exploit d’importer dans son discours anti-musulmans des termes comme « opération de martyre ». Et comme il envisage la possibilité de mourir, il fait des photos avantageuses qui devront donner ensuite une image positive de son combat.

Qu’a-t-il contre l’islam ?

Il le considère incompatible avec l’Occident et comme une menace. Selon lui, l’imposition de la charia et l’immigration massive de musulmans vont balayer l’Europe. Mais sa cible, ce ne sont pas les musulmans, mais les « traîtres », soit l’élite et les politiciens en Europe.

Sa crainte est assez largement partagée ?

Oui. Se démarquant de la violence, Pat Buchanan, un représentant de la droite conservatrice classique aux Etats-Unis, a réagi en donnant raison sur le fond à Breivik. Il juge que le terrorisme indigène n’est pas la principale menace en Europe, mais bien la montée de l’islam.

Ce rejet radical de l’islam est commun à l’extrême droite européenne. Breivik fait-il référence à des partis ?

Il mentionne élogieusement Geert Wilders, fondateur du Parti pour la liberté aux Pays-Bas. Mais il juge les partis trop modérés, il a d’ailleurs quitté celui du Progrès en Norvège. Sa principale source intellectuelle vient de blogueurs indépendants qu’il cite abondamment. En particulier un Norvégien anonyme, Fjordman. Dans un texte très virulent contre l’islam, celui-ci affirme que face à ce qu’il voit comme la démission des gouvernements, « il s’agit de prendre les mesures appropriées ».

Ce blogueur a-t-il une responsabilité morale dans ce drame ?

Quelle est la responsabilité morale de ceux qui écrivent derrière leur écran et un passage à l’acte ? Il n’y a pas de réponse claire. Tout ce fonds idéologique donne en tous cas une plausibilité sociale à Breivik. Quant aux partis d’extrême-droite qui sont sur la défensive en ce moment, ils ne sont pas sa source d’inspiration principale. Et s’ils participent à l’instauration d’un climat tendu, je serais très prudent avant de faire des liens, conclut Jean-François Mayer.

2. Un an après la publication de son ouvrage « L’Allemagne court à sa perte », ouvrage dénonçant les méfaits de l’immigration (musulmane), l’ancien ministre socialiste allemand, Thilo Sarrazin, n’a rien perdu de son courage ni de ses convictions. Toujours membre du parti socialiste allemand qui a renoncé à l’exclure, Thilo Sarrazin, ex-adjoint aux finances de Berlin et ex-représentant de la banque centrale allemande est allé arpenter les rues du quartier de Kreuzberg, dans la capitale allemande, où vit une forte majorité de Turcs. Sous les caméras de la deuxième chaîne publique ZDF, l’auteur du livre le plus vendu de la décennie en Allemagne s’est fait interdire l’entrée du centre culturel des Alévites d’Anatolie, où il devait discourir avec les représentants de cette secte musulmane réputée plus modérée que les autres. Peine perdue. La visite a tourné court après une menace d’émeute si Thilo Sarrazin persistait à rester dans le quartier.

3. Vito Punzi, dans La Bussola, signale et critique (ndmg – j’ai retraduit la traduction française) le fait que le ‘Corriere della Sera’, dans un article de Paolo Lepri s'est fait l'écho d'une partie des déclarations hasardeuses de Sigmar Gabriel, président du Parti socialiste allemand, au cours de sa visite en Autriche, à propos de l'acte criminel commis par Breivik. Dans ses paroles il y avait une association claire entre le vaste secteur de la société allemande qui l'an dernier a lu le livre de Thilo Sarrazin, sur l'échec des politiques d'intégration (des musulmans) en Allemagne (1,3 millions d'exemplaires vendus) et les actes criminels de fous qui justement grâce à cette société et aux réflexions de personnalités comme Sarrazin se sentent légitimés à accomplir des actes extrêmes. Dommage que Paolo Lepri n'ait toutefois pas rapporté ce que Sigmar Gabriel a ajouté le lendemain, à savoir que dans ses paroles, il n'y avait aucune intention d'établir une relation entre les actions violentes d'Oslo et son camarade de parti Thilo Sarrazin. « Aucun des débats qui se sont déroulés chez nous ou ailleurs », a-t-il dit, « ne peut être pris comme un prétexte pour des actions violentes, du type de ce qui s'est passé en Norvège ». En plus de ne pas signaler la correction faite par Sigmar Gabriel, président du Parti socialiste allemand, Paolo Lepri du ‘Corriere della Sera’ allègue qu'il existerait « un réseau de contacts parmi les organisations qui opèrent à la lumière du soleil et les fanatiques qui agissent dans l'ombre ».

Et Paolo Lepri met en relation les membres du mouvement « Pro Köln » (ndmg – Pro-Cologne) avec Breivik pour la seule raison que, longtemps auparavant, il leur a envoyé son « manifeste » et que, « quelqu'un », l'a, par hasard, évalué, positivement. On est frappé par la superficialité du correspondant du Corriere, Paolo Lepri qui définit « Pro Köln » comme « anti-islamique ». Il est bon de rappeler que la bataille, finalement perdue, autour de laquelle ce mouvement est né, voulait empêcher la construction de la grande mosquée à Cologne. « La grande mosquée est une déclaration de guerre de la part de ceux qui sont ennemis de l'intégration ; donc, elle n'a rien à voir avec la liberté religieuse : c'est une expression politique de l'islam turc », tonnait à cette époque Necla Kelek, la sociologue turco-allemande (ndmg – elle est donc opposée à la grande mosquée de Cologne) qui se bat depuis des années dans la défense des femmes musulmanes et collabore au quotidien ‘Frankfurter Allgemeine Zeitung’. Le promoteur et futur propriétaire de la grande mosquée est en fait la DITIB (Union Turco-Islamique pour la Promotion de la religion), une instance financée directement par le gouvernement d'Ankara (on peut se demander pourquoi le ‘Corriere della Sera’, dans un article du 9 août 2008, a préféré taire ce fait). Necla Kelek, la sociologue turco-allemande ajoute : « Le projet rappelle expressément l'ancienne basilique de Sainte-Sophie à Istanbul, à l'époque occupée et transformée en mosquée par les Turcs Ottomans. Proposer ce modèle revient à dire 'voilà, nous sommes arrivés jusqu'ici' ».

Rien de xénophobe, donc, dans les propos de Necla Kelek, pas plus que dans les arguments de « Pro Köln », qui s'en inspiraient, et s'en inspirent, mais plutôt une évaluation des faits qui, par la nature même de l'islam, est essentiellement d'ordre politique, plutôt que religieux. Revenant à Thilo Sarrazin et à ses idées, il est utile de rappeler ce qui s'est passé il y a quelques semaines, quand, un an après la publication de son livre, la télévision publique ZDF avait décidé de tourner un documentaire sur Thilo Sarrazin dans les rues de Kreuzberg, le quartier de la capitale à écrasante majorité turque (ici). Accompagné par la journaliste Güner Balci, elle aussi turco-allemande comme Necla Kelek, et très critique envers ses compatriotes turco-allemands qui vivent en Allemagne, Sarrazin n'a pas évité les dures confrontations survenues au marché turc, au restaurant Hasir et près du siège de la communauté alévite (l'alévisme, un courant de l'islam, constitue la seconde religion musulmane en Turquie après le sunnisme. Il représente entre 20 à 25 % de la population nationale). Le 17 juillet, Thilo Sarrazin a publié un bref compte-rendu dans le journal ‘Die Welt’ (ignoré par le ‘Corriere della Sera’) pour confirmer ce qui avait été prouvé par la télévision publique ZDF: « Dans les derniers mois », écrivait Thilo Sarrazin, « je n'avais pas eu le sentiment de recevoir dans les rues des manifestations d'inimitié, mais cette fois, devant les caméras, c'était différent ». "Raciste", "Nazi, va-t'en", tels sont les cris qui fusaient de toutes parts dans les rues de Kreuzberg et qui étaient adressés à Thilo Sarrazin.

Une fois à l'intérieur de "Hasir", où il devait rencontrer le propriétaire Ahmet Aygün, dont la famille est propriétaire de cinq restaurants et d'un hôtel quatre étoiles, une femme crie : "Comme habitante de ce quartier je ne viendrai plus manger dans ce restaurant, car après la visite de Sarrazin, avec ses thèses, il restera pollué ». Peu après arrive le directeur du restaurant : « Nous, les Turcs, nous sommes très accueillants, mais je ne pense pas que nous pouvons vous servir ». Thilo Sarrazin et Güner Balci ont été contraints de quitter le restaurant parmi les invectives des passants et se demandent pourquoi le directeur n'avait pas appelé la police : « C'est précisément le problème », commente Thilo Sarrazin, « une fois sous pression, cet homme d'affaires turco-allemand prospère Ahmet Aygün a choisi d'être loyal aux provocateurs de son groupe ethnique, plutôt qu'à l'hôte allemand ». La journée dans les rues de Kreuzberg ne s'est pas mieux poursuivie, puisque le conseil de la communauté alévite a refusé de rencontrer Sarrazin. « Un ex-sénateur méritant de Berlin, à qui on ne peut rien reprocher sinon d'avoir écrit un livre avec des chiffres dérangeants et les analyses qui s'y rapportent, a été contraint d'endurer des brimades et de quitter ce quartier de Berlin qui devrait représenter la pointe de l'intégration en Allemagne. Malheur à nous si, comme beaucoup l'espèrent, les conditions de Kreuzberg sont le laboratoire de l'Allemagne de demain », conclut Thilo Sarrazin dans son article publié par ‘Die Welt’. Tout cela est arrivé à Berlin quelques jours avant les massacres d'Oslo et Utoeya. Peut-on vraiment croire qu'on peut attribuer à Thilo Sarrazin une quelconque responsabilité pour les crimes de Breivik ?, conclut Vito Punzi dans son analyse parue sur La Bussola.

Pour ce qui me concerne, je note que la calomnie (le pseudo-lien entre le christianisme actuel et le meurtre de masse perpétré par Breivik) perdure, et, que cette calomnie est exploitée, par la gauche et l’extrême-gauche, d’une façon irresponsable, provocatrice et – qui sait ? – peut-être, un jour, explosive.

Michel Garroté

Reproduction autorisée avec les mentions ci-dessous :

©  Michel Garroté 2011 http://dreuz.info/

http://www.lecourrier.ch/le_tueur_anders_breivik_n_est_pas_un_fondamentaliste_chretien

http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2011/08/thilo-sarrazin-a-le-courage-de-ses-id%C3%A9es.html

http://www.labussolaquotidiana.it/ita/articoli-breivik-e-i-criticidel-multiculturalismo-2621.htm

http://benoit-et-moi.fr/ete2011/0455009f1b06c3101/0455009f360a4e602.html

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