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Publié par Guy Millière le 11 août 2011

 

La guerre menée en Libye a été dès le départ une absurde imbécillité. Cela a été une décision de Bernard-Henri Lévy, célèbre géopolitologue et général cinq étoiles de l’armée de Saint Germain des Près qui, disposant d’un taxi pour Tobrouk et d’un téléphone satellite, a recommandé à son ami Nicolas un groupe de valeureux révolutionnaires. 
 
Nicolas a reçu aussitôt les valeureux révolutionnaires à l’Elysée, et la France ayant de l’argent à gaspiller, a décidé de les reconnaître comme gouvernement légal, et de leur apporter le soutien de l’armée française. 
 
Discernant qu’il ne pouvait se lancer dans cette aventure tout seul, Nicolas a téléphoné à son ami David, à Londres, et lui a dit que les valeureux révolutionnaires étaient aux portes du pouvoir à Tripoli et qu’ils avaient du pétrole à revendre. David a dit : marché conclu. Nicolas et David ont contacté alors leur ami Barack Hussein à Washington, et celui-ci leur a apporté son appui, mais dans son style pusillanime et inimitable. 
 
Les trois compères ont saisi les Nations Unies, se sont assurés l’appui de la Ligue arabe, de la Russie et de la Chine, qui flairant le fiasco, ont considéré que laisser des Occidentaux s’enliser dans les sables pouvait avoir ses avantages. 
 
Pour bien montrer de quel côté il se situait, Nicolas a présenté la motion donnant une aura de légalité internationale en compagnie des représentants du Liban : vous savez, le pays que dirige en sous-main un certain Hassan Nasrallah. Et comment l’assentiment du Liban a été obtenu ? En usant d’une notion fournie clé en main par Samantha Power, Hillary Clinton et Susan Rice : la « responsabilité de protéger les civils ». Et on vous l’a dit, braves gens : il s’agissait de protéger les civils libyens du grand méchant Kadhafi qui voulait les exterminer. Silvio ne voulait pas s’embarquer dans ce qui lui semblait une affaire très mal engagée et s’attendait à ce que cela se finisse par une marée humaine dans le Sud de l’Italie, mais les finances italiennes n’étant pas au beau fixe, il fut aisé de lui forcer la main. Angela, à Berlin, elle, était davantage en position de force, et elle a simplement dit : non. Recep Tayip à Ankara songeant à la reconstitution de l’empire ottoman a, lui, dit : oui, sous réserves, son objectif étant de tirer les marrons du feu une fois que ceux-ci seraient cuits.
 
Plusieurs mois se sont écoulés. Le résultat ? Les valeureux révolutionnaires apparaissent pour ce qu’ils sont, une cohorte hétéroclite où on trouve des djihadistes et des islamistes, quelques personnages parlant vaguement de démocratie pour servir de façade, des chefs tribaux de Cyrénaïque, d’anciens ministres et généraux de Kadhafi rêvant de se faire émir à la place de l’émir. Les combattants censés renverser Kadhafi sont ridiculement désordonnés et désorganisés. L’armée libyenne, composée pour partie de mercenaires, résiste bien mieux que prévu par ceux qui n’ont rien prévu du tout. Le clan Kadhafi s’accroche au pouvoir et parle maintenant d’alliances avec les islamistes.
 
L’intervention reste essentiellement franco-britanniques, avec un appui américain qui n’a jamais été autorisé par le Congrès puisqu’il ne s’agit pas d’une guerre, non, bien sûr. Le pays est désormais très largement réduit à l’état de décombres. Des incursions d’al Qaida dans le Sud du pays ont lieu et, faute de pouvoir s’en occuper, Nicolas et David ont demandé l’aide du général Bashir : vous savez, le tyran qui est au pouvoir au Soudan et qui est inculpé pour crime contre l’humanité en raison de ses activités au Darfour. L’Otan est divisée, ridiculisée, décrédibilisée, et parler d’ "intervention de l’Otan en Libye" est grotesque, sauf à sous-entendre que l’Otan, c’est la France, plus le Royaume-Uni, plus un porte-avion américain. La Turquie d’Erdogan attend patiemment la cuisson des marrons. La Russie et la Chine attendent aussi. Des réfugiés par centaines se noient en Méditerranée ou échouent sur l’île de Lampedusa. Des morts se comptent par milliers sous les coups de bombardements souvent menés sans grande précision.
 
Au final, soit le pays sera divisé entre deux factions qui auront chacune des liens avec l’islam radical, ou l’une des factions l’emportera et aura des liens avec l’islam radical. 
 
A Paris, on parle de ne plus renverser Kadhafi et de lui laisser une aile de ce qui reste de son palais. Quelles réussite !
 
Il n’y avait aucun intérêt stratégique à tenter de renverser Kadhafi, et s’il s’agissait quand même, par une arbitraire lubie, de le renverser, cela devait être fait efficacement, et pas en réunissant d’emblée les conditions de l’inefficacité absolue et d’un ridicule qui tue physiquement. 
 
S’il s’agissait vraiment de « protéger les civils », le fait de réduire un pays en cendres et de provoquer un exode massif est une façon de procéder très contre-productive, et j’emploie une litote. 
 
S’il s’agissait de changer de régime, il valait mieux avoir un régime de rechange disponible, et non les piètres pitres et les demi soldes qui, présentement, règlent leurs comptes entre eux. 
 
S’il s’agissait de mettre la main sur le pétrole libyen, il n’était pas vraiment utile de détruire le pays et les terminaux pétroliers pour y parvenir. 
 
Si on avait discerné d’emblée qu’il s’agissait d’une guerre civile entre deux clans et diverses tribus, sans doute aurait-il mieux valu s’abstenir. Mais sans doute que toute la subtilité de l’opération m’échappe. 
 
Pendant ce temps, Assad continue à massacrer à la mitrailleuse lourde. BHL n’a pas trouvé le chemin de Damas, et Nicolas n’a pas reçu de coup de téléphone satellite. David non plus, et David a dû rentrer de vacances précipitamment pour tenter de juguler les émeutes ethniques qui incendient Londres et Manchester. 
 
Pendant ce temps, Barack Hussein, lui, est occupé aussi : sa gestion remarquable depuis deux ans et demi débouche sur de légers problèmes. Les marchés boursiers sont en chute libre. La confiance en l’économie américaine est gravement érodée. Les Etats-Unis sont au bord du dépôt de bilan. Mais Barack Hussein l’a dit, entre deux parties de golf : les marchés boursiers et la confiance, çà va, çà vient. Et, a-t-il ajouté, si les tea parties lui avaient accordé quelques milliers de milliards de plus pour plonger le pays dans la banqueroute totale, tout irait tellement mieux …
 
Certains jours, je songe qu’il devrait laisser son pupitre vide plutôt que parler ; un pupitre vide est plus éloquent et plus crédible que lui. 
 
En Europe, c’est pire, si on observe l’effondrement de la zone euro. 
 
Heureusement qu’il reste les journaux télévisés pour dire que tout va bien ou presque, que les « rebelles » en Libye « progressent », que Barack Hussein a des paroles de sagesse et que tout cela, c’est effectivement, comme dit saint Barack Hussein, à cause de ces sales tea parties. L’Europe ? Tout va bien aussi, à quelques détails près, vous diront les journalistes. D’ailleurs, tout va bien à Londres et à Manchester, non ? Et si cela ne va pas bien, ce sera sans doute de la faute d’Anders Breivik.
 
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