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Publié par Michel Garroté le 17 août 2011

 

Depuis des semaines et des semaines, jour après jour, des « économistes » français, notamment dans l’émission française « C dans l’air », racontent, presque tous, que les méchants Républicains américains ont refusé au gentil et courageux Obama le droit d’augmenter les impôts. Presque tous ces « économistes » français racontent que si les méchants Républicains américains avaient accordé au gentil et courageux Obama le droit d’augmenter les impôts, l’agence S&P n’aurait pas retiré aux USA leur notation triple A. Presque tous ces « économistes » français qualifient le refus des Républicains américains de laisser Obama augmenter les impôts de politique américaine traditionnelle empêchant la sortie de criseJ’ignore à quel titre et sur quelle base, ces « économistes » français racontent de telles inepties sur les USA.

Pour avoir moi-même travaillé longtemps dans l’économie privée internationale, j’ai appris au moins deux choses. La première, c’est que presque tous les « économistes » français ne connaissent rien à l’économie réelle. La deuxième, c’est que 99% de ce que les « économistes » français, les journalistes français et les politiciens français racontent sur les USA relève de la pure fiction. Pure fiction souvent piochée dans des médias américains de gauche et d’extrême-gauche. C’est un peu comme si le Wall Street Journal publiait des articles concernant la France et l’économie française en piochant les informations dans le journal communiste français ‘L’Humanité’ et auprès du politicien français d’extrême-gauche Mélenchon.

L’autre élément qui me consterne, c’est que les mêmes « économistes » français, qui racontent n’importe quoi sur les USA, se permettent, en plus, de mettre la France, sur pied d’égalité, avec l’Allemagne. Et ces mêmes « économistes » français se permettent de considérer l’Italie, l’Espagne, la Grèce et le Portugal comme des Nations inférieures. Des Nations inférieures que seule la grandeur de la France (combinée avec l’aide allemande…) sortira du chaos empirique dans lequel elles semblent s’enfoncer toujours plus.

Fort heureusement, je suis tombé, ce matin, sur une analyse du Professeur Charles Wyplosz, analyse qui – c’est plutôt rare – concorde, sur de nombreux points (et pas sur tous) avec nos propres analyses. En somme, j’ai trouvé en Charles Wyplosz un économiste français qui connaît bien l’économie réelle. Je n’ai donc pas complètement tort de croire aux miracles (il est vrai que l’économiste français Wyplosz vit, non pas en France, mais à Genève, en Suisse, ce qui lui confère, un job, et, aussi, une totale liberté, de penser et d’écrire…).

Ainsi, Dans une tribune libre, Charles Wyplosz, professeur d'économie internationale au Graduate Institute à Genève, professeur d’économie internationale à l’Institut de Hautes Etudes Internationales et du Développement (IHEID) à Genève, et Directeur du Centre International d’Etudes Monétaires et Bancaires, écrit que (extraits adaptés) « la machine infernale est en train de s'enclencher. Il est désormais possible que la France suive la Grèce, le Portugal, l'Irlande, l'Italie et l'Espagne dans le club peu enviable des pays dont la dette publique est considérée comme toxique par les marchés financiers. Le scénario est bien rodé. La pression monte lentement mais inexorablement, la notation par les agences est abaissée, la panique s'installe et, au bout du chemin, il faut se résoudre à aller quémander de l'aide au FMI, aux partenaires européens et à la BCE, qui prennent le contrôle de la politique économique. La purge exigée en contrepartie des prêts est sévère. C'est le grand traumatisme national. Ce processus est lent. Il a duré six mois pour la Grèce, l'Irlande et le Portugal. Il durera sans doute moins longtemps pour l'Italie et l'Espagne. Pour la France, le point de non-retour n'est pas encore franchi, mais les prémices sont là. Une fois le point de non-retour franchi, le gouvernement ne peut plus rien faire pour empêcher le rouleau compresseur d'avancer. Les marchés sont-ils fous et méchants ? ».

Charles Wyplosz : « La réaction de la classe politique est toujours la même : dénégation des risques et propos vengeurs à l'égard des spéculateurs et autres financiers sataniques qui veulent faire fortune sur le dos de la mère patrie. Mais les marchés ne sont ni fous ni méchants. Ils détiennent une grosse part de la dette publique de la France, quelque 1’700 milliards d'euros, soit 85% du PIB français et ils sont effrayés de perdre une partie de leurs patrimoines. La panique n'est pas bonne conseillère, mais elle est très humaine. Faut-il envouloir aux marchés, voire les cadenasser ? Il fallait y penser plus tôt, avant de demander aux marchés de nous prêter ces sommes colossales. Nous avons eu besoin des marchés et nous en aurons encore besoin, quoi que nous fassions. Les insulter et les attaquerpeuvent nous soulager, mais cela ne changera rien à la situation. Car la France est impardonnable. Les budgets français ont été en déficit chaque année depuis 1974. En 2006, avant la crise, la dette publique représentait déjà 64% du PIB. Tous les gouvernements français qui se sont succédé depuis presque quarante ans ont superbement ignoré la notion de discipline budgétaire. Tous. Les déficits sont devenus une routine, une facilité pour dépenser plus que ce dont ils disposaient, et personne n'y a trouvé à redire. Ils sont tous coupables et nous, les électeurs français, le sommes tout autant. Les marchés, par contre, n'y sont pour rien ».

Charles Wyplosz : « La sagesse dont la France va avoir besoin dans les années qui viennent, devrait commencer par un grand mea culpa national. Au lieu de cela, nous allons assister à des accusations réciproques. La gauche va répéter que la dette a augmenté de 20% du PIB depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir ? C'est exact, mais 2007 est aussi le début de la plus grave crise depuis les années 1930. S'il y a de bons déficits, ce sont ceux tolérés durant les années de crise, car ils servent à en atténuer la sévérité. On aurait pu sepasser du Grand Emprunt. Comme toujours, les objectifs étaient nobles, mais ils auraient dû être financés sans recours à l'emprunt. La droite va noter que la dette s'est accrue sous tous les gouvernements de gauche. Certes, il y a aussi eu de mauvaises passes sous les gouvernements de gauche, qui justifiaient elles aussi des déficits. Mais ces déficits auraient dû être temporaires, compensés par des surplus les bonnes années, ce qui ne s'est jamais produit. Nous ne gagnerons rien à ces récriminations, c'est toute la classe politique qui s'est fourvoyée. Ces erreurs répétées ne sont pas l'apanage de la France. La plupart des démocraties les ont commises, à un moment ou à un autre. Avant la crise, en 2006, les dettes publiques des pays de l'OCDE s'élevaient déjà à 74 % de leurs PIB. Partout on retrouve le même mécanisme ».

Charles Wyplosz : « Chacun veut recevoir la manne de l'Etat et chacun s'imagine que ce sont les autres qui paieront les impôts, mais personne ne veut payer plus d'impôts. Pour être élus, ou réélus, les gouvernements payent sans lever les impôts correspondants. Toutes ces dépenses sont présentées comme indispensables : santé, défense, éducation, justice, culture, aides aux démunis, transports. Rien que des bonnes causes auxquelles il serait politiquement suicidaire de s'opposer. C'est ainsi qu'aujourd'hui l'Etat dépense la moitié du PIB de la France. C'est ce qu'on appelle vivre au-dessus de ses moyens, et ça ne peut que mal finir. Nous y sommes. Est-il trop tard ? Probablement, mais pas nécessairement. Car, contrairement à une opinion bien ancrée, les marchés financiers ne fonctionnent pas à courte vue. Ils ne pensent pas que les Etats sont en faillite irrémédiable, un pays ne peut pas être vraiment en faillite. Par contre, ils se demandent si les Etats rembourseront leurs dettes, pas cette année ni l'année prochaine, mais dans dix ou vingt ans. Ils sont prêts àattendre, mais ils veulent des preuves solides que les budgets seront en surplus dans les années qui viennent, lorsque tout ira mieux. Ce sont les gouvernements qui sont coupables de courte vue, eux qui font des déficits chaque année parce que chaque année est spéciale et qu'on verra plus tard pour les surplus. La seule chance, et elle est maigre, qui reste à la France d'échapper au couperet est de s'engager sur la voie de la vertu budgétaire ».

Charles Wyplosz : « L'Allemagne l'a fait il y a deux ans en inscrivant dans sa Constitution non seulement le principe que le budget doit êtreen équilibre, mais une date butoir (2016) et un mécanisme clair, net et précis pour s'en assurer. De manière à préserver de la souplesse etéviter que la politique budgétaire ne soit contractionniste dans les mauvaises années, le mécanisme allemand comporte un compte qui enregistre les déficits et les surplus. Lorsque le compte est déficitaire, le gouvernement est tenu de combler le trou en quelques années. Plus l'Etat accumule de surplus, plus il a de marge de manoeuvre pour les mauvaises années. La commission Camdessus, dont j'ai fait partie, a été chargée l'an passé par le président de la République deproposer d'inscrire l'équilibre budgétaire dans la Constitution (la règle d'or). A la quasi-unanimité, elle a rejeté la règle allemande, parce que "nous ne sommes pas des Allemands", comme si la discipline budgétaire était une affaire de culture nationale. Politiques et hauts fonctionnaires ont préféré une usine à gaz non contraignante, sans objectif précis et sans date butoir. Apparemment, même cette règle flasque ne convient pas à la gauche, parce qu'elle veut avoir les mains libres si elle devait arriver au pouvoir en 2012. La droite n'est pas plus vertueuse. Visiblement, députés et sénateurs veulent aussi se garder d'être enfermés dans une règle vertueuse, sans doute parce que la vertu implique d'arrêter de se voter chaque année l'autorisation de distribuer des cadeaux impayés. Les marchés ont bien raison de s'inquiéter », conclut le professeur Charles Wyplosz.

Michel Garroté http://dreuz.info/

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/08/11/la-france-peut-elle-encore-echapper-a-un-scenario-grec_1558488_3232.html

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