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Publié par Dreuz Info le 30 août 2011
L’intervention de l’OTAN, ses dernières opérations sur Tripoli, ont eu raison de Kadhafi.
 
Elles ont, pour immédiat et effet principal, de porter au pouvoir une coalition hétéroclite comprenant une notable portion de chefs djihadistes, et non des moindres parmi ces chefs. C’est ainsi que le nouveau Gouverneur de Tripoli est un certain Abdelhakim Belhaj, un fondateur du « Groupe islamique combattant libyen » (GICL).
 
Un correspondant de presse relevait cette déclaration de responsables du GICL : « qui ne respecteraient que ce qui est en accord avec la charia ».
 
En accord avec la charia, l’assassinat du général Younés ?
 
La prise en main de Tripoli, par un groupe lié au djihadisme, constitue un nouveau sommet dans le travail de la coalition Sarkozy-BHL- Cameron-Obama, toute entière au service du roi de Prusse islamique, affublé d’un faux nez : « la révolution arabe ».
 
Depuis quelques jours, différents médias commencent à faire clignoter des feux orange, voire rouge sombre. Stop ! Attention, casse-cou ! Commencent-ils à dire, à nos politiciens irresponsables, à nos décideurs et à leurs oppositions béates devant les exactions de la prétendue révolution arabe, comme ils restèrent pour beaucoup d’entre eux béats devant les crimes staliniens (« il ne fallait pas désespérer Billancourt »), béats devant les massacres, par le FLN algérien, de centaines de villageois à Mélouza, devant le massacre des harkis, béats devant l’expulsion de plusieurs centaines de milliers de Marocains (1975) lorsque Boumediene voudra punir Hassan II pour sa politique sahraoui en raflant, en brisant les familles mixtes, en expulsant et spoliant au moins trois cent cinquante mille Marocains vivant légalement en Algérie, comme ils resteront béats, parfois seront enthousiastes devant l’élimination de la moitié du peuple cambodgien par la dictature stalino-maoïste de l’équipe Pol Pot…
 
On commence par faire état des tueries qui ont immédiatement suivies la « victoire » des groupes islamistes libyens ; victoire obtenue par les frappes massives et à répétition des forces de l’OTAN.
 
Ces tueries sauvages, ces exécutions sommaires ont eu principalement pour victimes des soldats noirs des troupes fidèles au gouvernement légal libyen et de simples travailleurs victimes de rafles. Pour atténuer le mauvais effet des égorgements et des mutilations de ces soldats, vaincus et sans chef, on s’est plu à dire qu’ils sont des « mercenaires de Kadhafi ». 
 
C’était quoi, les mercenaires ?
 
En Lybie, le prolétariat est essentiellement formé de travailleurs noirs. Ce sont des Africains venus de différents pays du continent. En Libye, l’ouvrier est noir. En Libye, la femme de ménage est noire. Le fantassin dans l’armée est noir.
 
Sous Kadhafi, on n’était ni en Iran, ni en Algérie, ni en Egypte, ni au Maroc ou en Tunisie. On vivait matériellement plutôt pas trop mal, pour ne pas dire plutôt bien, quand on était libyen.
 
Ceux qui vivaient chichement, c’était ceux qui se privaient pour envoyer de l’argent à la famille, c’étaient les « zanj » des Libyens, leur prolétariat noir, – ouvriers du pétrole et domesticité-, venus de toute l’Afrique subsaharienne.
 
La guerre de l’OTAN s’est exercée à l’encontre de noirs. Le prolétariat a perdu son gagne-pain. Le soldat noir est devenu un « mercenaire ». On en fait un criminel, objet de représailles, menacé d’une condamnation à mort.
 
La défaite de Kadhafi donne lieu à un déferlement de violence, dont l’objet favori redevient le « zanj », le noir.
 
A l’étape présente, la victoire sur Kadhafi fait penser aux premiers jours des victoires franquistes sur les troupes républicaines. Tout homme ayant des traces de poudres sur les mains ou des marques d’usure sur l’épaule du veston était déclaré combattant « rouge ». Résultat, on le fusillait sur place ou un peu plus loin, sans jugement ou à la suite d’une délibération expéditive.
 
Hier au soir, la « six » montrait des noirs, des prisonniers. Le combattant islamiste interviewé expliquera : « qu’on les avait trouvés en possession d’armes et que si ces hommes, s’ils s’en étaient servies et avaient tué, risquaient la peine de mort ». Le même journal d’information, se référant à d’autres médias et témoignages de reporters présents sur place, fera aussi état de massacres, des massacres de grande ampleur. Ces tueries, ce sont toujours des exécutions sommaires dont les victimes sont majoritairement, parfois toutes, noires.
 
Je rappelais plus haut les premières tueries constatées en Libye pendant les affrontements, égorgements et mutilations sur la personne des « mercenaires » noirs. Avec l’effondrement du régime de Kadhafi, on est passé à la vitesse supérieure.
 
Ce sont des pogromes !
 
Oui, ce sont des traques méthodiques, des chasse à l’homme noir, déclaré suppôt de Kadhafi, qui ensanglantent les rues de Tripoli. Ce sont des pogromes, dont les artisans sont ces hommes qui considèrent « qu’ils ne respecteront que ce qui est en accord avec la charia ». Oui, ce sont des pogromes fanatiques contre ceux qui, évidemment, ne peuvent cacher qu’ils sont Soudanais, Maliens, Sénégalais, Tchadiens…
 
La victoire militaire des forces de l’OTAN est sablée par les milices islamistes ou sénoussistes, avec le sang des prolétaires noirs, ou celui des fantassins noirs de l’armée régulière, qualifiée d’armée de mercenaires.
 
Les meurtriers des travailleurs ou soldats noirs veulent restaurer l’ordre moral et politique du 7ème siècle. Leur type de considération, pour le « noir », pour le « zanj », remonte à la même époque. Depuis qu’ils ont commencé la destruction du régime Kadhafi, ils ne savent et ne veulent savoir qu’une chose : traquer le futur cheptel, celui qu’on a pris l’habitude, jusqu’au milieu du 20ème siècle, de razzier et d’envoyer, qui comme concubine, qui comme eunuque, comme garde du sultan, parfois en qualité de paysan-esclave, en Afrique du nord, en Arabie, en « Palestine » arabo-ottomane, en Irak, en Perse, en Inde, dans l’archipel indonésien…
 
Actuellement, à  Tripoli et partout où les islamistes et Sénoussistes anti-Kadhafi on détruit la structure étatique légale, ou ce qu’il en restait, le noir est redevenu un gibier bon à humilier, traquer, tuer. Le soldat noir de l’armée vaincue est par définition « un mercenaire », un coupable qui doit être jugé « selon la charia ». Les miliciens, applaudis par les gogos du Faubourg St Germain et des salons du gauchisme caviar, agissent, jugent et tuent ou prétendent tuer, selon l’axiome qu’un noir en possession d’armes est un mercenaire, et que, s’il a combattu et tué lors des combats l’opposant à des insurgés armés et adossés aux forces de l’OTAN, il devra être condamné à mort.
 
Et pendant ce temps, les « Amis des noirs », que disent-il, que font-ils ?
 
C’est une question que je me suis posé, en lisant et entendant ces premières informations sur les tueries dont les victimes sont majoritairement noires en Libye.
 
Le CRAN, il dit et fait quoi, lui qui est si sourcilleux, en matière de stigmatisation, de dénigrement, d’inégalité, dont les « noirs » seraient victimes en France, du seul fait qu’ils sont noirs ? Et le MRAP, et SOS-Racisme, ce n’est pas leur pote le prolétaire ou le soldat africain de Tripoli ?
 
Il y en a d’autres des amis des noirs. Il y a les chantres de la « négritude », Le PPM, LKP, UPLG, Madame le député Christine Taubira, ils disent et font quoi ? Ils ne sont pas au courant de ces tueries à forte connotation raciste?
 
Ces autres amis et ces porte-parole des noirs, ces militants dénonçant leur misère ou leur pauvreté plus grande que la moyenne, ces hommes et ces  associations disant agir contre tous les stigmates d’une infériorité organisée à l’encontre des noirs, les Dieudonné, Kami Séba et tutti quanti, ils disent et font quoi ?
 
Ces assassinats sauvages, cette justice expéditive contre les lampistes noirs du régime Kadhafi, ça ne les choquent pas ? Ils n’ont rien à en dire ?
 
Tourneraient-ils tous la tête ?
 
Tous, ne voudraient-ils pas voir, pour ne pas être obligés de dire : Que les « révolutions arabes » sentent fortement l’odeur du sang et qu’elles ressemblent furieusement à une pure et simple contre-révolution, une contre-révolution qui porte, mécaniquement, vers un pouvoir sans partage, les hommes de la dictature de la charia, et que ceux-ci considèrent toujours le « noirs » comme les anciens djihadistes destructeurs des anciens empires africains.
 
Assez d’hypocrisie ! Non aux pogromes anti-Noirs !
 
Arrêt immédiat des tueries. Stop à la justice sommaire ! Arrêt des violences et des humiliations dont sont victimes les travailleurs privés de leurs emplois et les anciens soldats noirs de Libye.
 
© Alain Rubin

 

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