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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 1 septembre 2011

Dreuz.info : L’islam conquérant préoccupe beaucoup de français. Pensez vous que le Front National, s’il arrivait au pouvoir, traiterait le problème, et si oui, que ferait-il ? Pourrait-il, légalement, politiquement, socialement faire quelque chose ? Comment réagiraient les huit ou dix millions de musulmans ? 

Guy Millière : Je ne pense pas que le Front National arrivera un jour au pouvoir. Les partis de réaction nationaliste, dont le Front National fait partie, peuvent attirer vingt pour cent de l’électorat, rarement davantage. Ils peuvent parfois, quand ils rompent clairement avec l’antisémitisme (ce qui n’est pas le cas, à ce jour, du Front National), trouver les moyens de faire partie d’un gouvernement de coalition, ce qui a été le cas en Italie, mais ils ne peuvent gouverner par eux-mêmes. Donc la question ne se pose pas. L’alternance en France continuera à se faire entre le Parti socialiste et l’UMP. L’UMP peut faire des gestes symboliques et sans portée réelle comme la loi sur la burqa. Le Parti Socialiste, lui, sera dans l’apaisement et la compromission.  
 
Dans l’absolu, ce ne sont pas des mesures concernant spécifiquement l’islam qui devraient être prises, mais des mesures plus vastes : rétablir l’Etat de droit, ce qui impliquerait de mettre fin à l’existence de zones de non droit, réaffecter la police à ses tâches fondamentales, abaisser radicalement impôts et taxes de façon à redynamiser l’esprit d’entreprise, démanteler graduellement tous les dispositifs d’assistance sociale, privatiser les HLM, enseigner à nouveau, dans les écoles, non pas la fierté d’être français, mais les valeurs essentielles de la civilisation occidentale. 
 
Tout ce que je viens d’écrire semblera insensé ou impossible à nombre de lecteurs. 
 
Ce n’est pas du tout insensé. C’est, par contre, impossible, parce que l’Europe est dans une crise très profonde, qui est une crise économique, politique, culturelle, morale. Les dirigeants politiques ne feront rien. Ceux qui sont aux commandes dans l’éducation nationale, les médias, les institutions culturelles, ont été modelés dans la direction du « politiquement correct » à l’européenne, qui exclut le libéralisme classique et le conservatisme à l’américaine. A mes yeux, la France et l’Europe sont malades, et la maladie arrive en phase terminale. Cela pourra encore durer quelques décennies.  
 
Drzz : En 2012 il faudra choisir un président. Vous dites vouloir vous abstenir. S'abstenir favorise/défavorise quel parti/candidat ? Cela répond à quelle stratégie de votre part ?
 
GM : Il y aura sept ou huit candidats au premier tour de l’élection présidentielle. Quatre ou cinq de ces candidats auront un discours si imprégné de socialisme qu’ils incarnent différentes variantes de l’accentuation de la maladie. Je ne peux voter pour eux. 
 
Marine Le Pen a un discours économiquement socialiste, mais d’un socialisme réservé aux français, et le reste de son discours est assez nettement anti-américain et très ambigu en politique étrangère : elle représente une France crispée, xénophobe, et se reléguant elle-même dans le révolu. Je ne peux voter pour elle. 
 
Bayrou ou Borloo représentent une forme de travaillisme, et au Royaume-Uni, ils seraient dans le parti de Gordon Brown. Je ne peux voter travailliste. Le travaillisme au Royaume-Uni a érodé graduellement les acquis des années Thatcher et on a vu les résultats récemment à Londres. 
 
Si j’élimine les groupuscules marginaux, qui n’auront de toute façon pas voix au chapitre, il reste Nicolas Sarkozy. Ce sera, dans les conditions actuelles, le moins pire, mais il y a chez lui un bonapartisme désordonné qui m’inquiète : l’aventure libyenne est une illustration de ce vers quoi ce type de tendance peut conduire. Il y a des dimensions autoritaires du personnage qui m’insupportent. Et économiquement, ce qu’il fait, tout en étant plus raisonnable que ce que ferait un socialiste, me semble sans ligne directrice, et très étatiste. 
 
Je ne veux pas voter pour le moins pire. S’abstenir, dans ma position, ne favorise personne. Des tendances lourdes existent. Cela dit, si l’abstention atteignait des proportions très élevées, cela montrerait qu’il y a une crise de légitimité pour la représentation politique en France. 
 
S’abstenir, pour moi, est un geste personnel. Je considère que la France est dans une situation de totalitarisme doux. Tout un ensemble d’idées qui ont un poids important sur la planète est totalement exclu de tout débat en France. Cet ensemble d’idées ne trouve plus sa place dans la presse et les médias audio-visuels, dans l’enseignement, dans la culture et les maisons d’édition. Dès lors que ces idées ne trouvent plus leur place, la population ignore qu’elles existent, et il n’y a aucune demande pour ces idées. Ni offre ni demande : la boucle est bouclée. Les conséquences sont extrêmement graves, mais, comme je l’ai écrit, les civilisations sont mortelles, elles meurent souvent assassinées, mais les assassins savent injecter des venins qui font que la mort vient lentement, et que quasiment personne ne réagit. 
 
Ce qui est accompli en France est ce qu’Obama voudrait accomplir aux Etats-Unis, et c’est pour cela qu’Obama reste si populaire en Europe. Mais aux Etats-Unis, des anticorps existent encore. Le discours des tea parties et de gens comme Rick Perry ou Michelle Bachmann est incompréhensible en France : les instruments logiques permettant de comprendre ont disparu, d’où les articles souvent grotesques qu’on peut lire. 
 
Un dirigeant politique tel que Stephen Harper au Canada, ou Binyamin Netanyahu en Israël serait impensable pour les mêmes raisons. J’ai renoncé à l’écriture de plusieurs livres, car je pense que ceux qui sont susceptibles de les lire appartiennent à une espèce en voie de disparition. Au sein de la population française, ce que je dis rencontre un écho particulier au sein des populations juives, car de nombreux Juifs discernent que, quand une société est malade, comme l’est la société française, les Juifs sont souvent parmi les premières victimes. Et ce que discernent les Juifs en France est exact, je pense. Il y a, en France, une banalisation de la haine envers Israël qui me semble très significative, et très inquiétante.   
 
Drzz :  La France, vous le démontrez brillamment, est sur le déclin. Que peut faire le français éveillé à cette triste réalité  ? 
 
GM : Que faire en ce contexte ?  Ma réponse la plus immédiate consisterait à dire : partir vers des cieux plus sereins. Israël a un avenir prometteur, malgré la haine anti-israélienne qui monte en Europe. Je pense que ce que George Gilder a écrit dans The Israel Test est exact : ceux qui détestent Israël sont imprégnés de ressentiment, et le ressentiment est essentiellement stérile. L’Europe est sur la voie de la stérilité, tout comme le monde arabe. Israël est un pays fécond, et le restera. Les Etats-Unis, au delà d’Obama, ont aussi un avenir prometteur : certains Etats vont assez mal, ainsi la Californie, d’autres vont très bien, le Texas en particulier. Le Canada a lui-même un avenir prometteur.
 
Je comprends, cela dit, que tout le monde n’ait pas l’envie ou les moyens de partir. 
 
Que faire en ces conditions ? Anticiper. 
 
Savoir que le niveau de vie en France va baisser, que la sécurité va se détériorer encore, que des mesures de confiscation de l’épargne peuvent prendre forme et s’accentuer. Je conseillerais donc d’épargner en ne laissant pas son épargne en France ou en Europe. 
 
Par ailleurs, je pense que la résignation serait mauvaise conseillère. J’ai dit que je m’abstenais dans le cadre des élections, mais j’écris, j’interviens où je peux, dès que je peux. Je pense que si des gens qui en ont assez du conformisme omniprésent se mobilisaient, cela pourrait avoir des effets positifs. 
 
Il faudrait que des actions de lobbying s’organisent plus largement et plus efficacement. 
 
L’action menée par l’association Europe-Israel contre le révisionnisme qui imprègne désormais les manuels d’histoire est une action à soutenir. Tout comme l’action de l’association France-Israël que dirige mon ami Gilles-William Goldnadel. 
 
Le développement d’internet permet l’existence de médias en ligne comme drzz, qui peuvent faire un travail indispensable pour contrer la désinformation et la mésinformation : ces médias ne peuvent se développer sans soutiens financiers. Ce qui explique la situation d’un pays comme la France est l’existence d’une économie mixte, d’un étatisme puissant et de réflexes socialistes. L’économie mixte fait que nombre d’entrepreneurs travaillent avec l’Etat et ne sont pas prêts à financer des médias réellement indépendants. L’étatisme fait que le réflexe de nombre d’associations est de chercher à obtenir des subsides d’Etat et que nombre de médias cherchent eux-mêmes des subventions, ce qui les conduit à l’asservissement, les réflexes socialistes font que nombre de gens considèrent que le travail intellectuel et le travail d’information sont gratuits et n’ont pas à être payés.
 
Il est difficile, en ces conditions, d’avancer. Il faut essayer quand même. Je le dis en tout cas à ceux qui lisent drzz : drzz pourrait avoir dix fois plus d’impact, donner bien davantage d’informations, mais drzz n’en a pas les moyens aujourd’hui. Sur une ligne de défense des valeurs de la civilisation occidentale, d’affirmation des principes de l’économie de marché, de défense d’Israël et du monde libre, drzz est à peu près seul. Si chaque lecteur faisait un don mensuel, même minime, cela pourrait faire une différence. Si nul ne contribue à faire la différence, toutes les batailles seront perdues. Et ceux qui n’ont ni l’envie ni les moyens de partir auront un avenir très compromis.
 
Jean-Patrick Grumberg : Cher Guy, merci d'avoir accepté de répondre à nos questions.
 
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Propos recueillis par Jean-Patrick Grumberg pour www.Dreuz.info
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