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Publié par Dreuz Info le 4 septembre 2011
 
"Avec le Printemps arabe, c'est la fin d'Israël" lit-on dans le Manchester Guardian. "BHL (Bernard Henri Lévy) ne s'est pas trompé en préconisant l'intervention militaire en Libye" dans le Figaro. "On peut mettre à l'actif de B H Obama de ne pas s'être hâté de condamner Bashar el Assad" dans le New York Times.
 
On a le droit de s'étonner devant ces trois réflexions d'ordre politique, prises au hasard dans la presse occidentale, à propos des événements du Moyen Orient. Ce sont pourtant des journalistes compétents, sérieux et reconnus qui se penchent sur le chevet du Moyen Orient. Mais le comprennent-ils vraiment ? En plus de ces analyses, devenues monnaie courante, ces préposés à l'information se targuent de prédire l'avenir… "Wishful thinking" ou "prendre ses désirs pour la réalité" semble être la formule la plus appropriée et la moins vexante pour qualifier la pensée de ces journalistes, quand ils font de la géopolitique moyen orientale.
 
Le seul pays où "le printemps arabe" s'est terminé d'une manière heureuse et bénéfique pour le peuple, c'est Oman, et personne n'en parle. Or c'est l'exemple-type qui réunissait les conditions minimales pour une réussite.
 
– Oman est une monarchie parlementaire dirigée par un roi éclairé
– Oman a séparé la religion de l'état.
– Oman n'est pas une "oligarchie". Oman a une classe moyenne relativement importante et aisée.
– Oman s'est plus préoccupé à résoudre efficacement ses problèmes intérieurs et régionaux qu'à se focaliser sur la question palestinienne ou Israël. Oman a toujours maintenu des relations amicales avec Israël (1)
 
Ainsi les problèmes de dirigeants corrompus ou  de pouvoir arbitraire qu'on retrouve partout au Moyen Orient ont été vite résolus dans ce sultanat du Golfe. Mais le Sultan Qabous bin Said Al Said a mis plus de 40 ans à transformer un état tribal en un état moderne.
 
Depuis la chute du roi Farouk, l'Egypte a fait entrer dans son jeu politique l'Islam et l'armée.  Anouar al Sadate aurait pu devenir le "Qabous" d'Egypte, mais il n'était ni roi ni sultan et, de ce fait, il a été assassiné par des islamistes. Pour consolider son pouvoir Moubarak a fait l'erreur de s'éloigner progressivement de la démocratie et du multipartisme. Pour canaliser les désillusions de son peuple vers un bouc émissaire, il a fait l'erreur de s'éloigner du traité de paix signé par son prédécesseur et il a laissé enseigner la haine de l'Israélien dans ses écoles et ses médias. Il a fait l'erreur de ne s'appuyer que sur une oligarchie constituée principalement de militaires, au lieu de faciliter la distribution des maigres ressources du pays à une classe moyenne plus large, classe qui aurait pu soutenir son régime dans des moments difficiles. Aujourd'hui l'Egypte ne peut choisir qu'entre un état islamiste, un état militaire ou un état militaro-islamiste. Après quelques mois d'accalmie, les nouveaux responsables égyptiens ont repris la rengaine anti-israélienne.
 
Oublions la démocratie tant rêvée, car tout ce qu'on peut souhaiter à l'Egypte, c'est qu'elle trouve et élise un dirigeant éclairé et que l'évolution vers plus de dignité et de liberté du citoyen se fasse dans la sérénité.
 
La Syrie et la Libye étaient trop longtemps dirigées par des oligarchies autoritaires, l'une sectaire (les Alawites en Syrie), l'autre tribale (Qaddhafyah en Libye). Il n'y a pas d'alternative politique réelle à court terme dans ces 2 pays, en dehors d'un long chaos, un martyr qui perdurera pour les 2 peuples, et que l'Occident a précipité en Libye, pour des raisons objectives qui restent à trouver (2). Une intervention de l'Occident en Syrie aurait été sans doute plus bénéfique mais plus risquée, du fait de représailles probables de l'Iran et du Hezbollah. Mais elle aurait pacifié à terme le Moyen Orient, en défaisant un noeud important de troubles dans la région.
 
Les révolutions printanières de Bahrain et du Yémen ont été encouragées par les extrémistes des 2 courants ennemis de l'Islam, la sunna et la shiah. L'Iran a incité ses cousins shiites de Bahrain à s'insurger contre un émir dirigeant sunnite et minoritaire. Au Yémen, aussi bien al Qaeda que l'Iran incitent leurs émules locaux à se débarrasser d'un dirigeant qui a trop duré. Et le Yémen en flammes n'est que la préfiguration de la grande confrontation qui opposera, dans les années à venir, l'Iran et son croissant shiite à l'Arabie avec son croissant sunnite (3).
 
Les autres états de la région, la plupart des monarchies, ont également été atteints par la fièvre printanière qu'ils ont réussi à juguler pour le moment (Jordanie, Arabie…). Mais ces états ne sont pas à l'abri d'une révolution tant qu'ils n'ont pas réformé leur conception de la gestion d'une nation moderne, en dehors de toute contrainte religieuse s'y opposant.
 
Quant aux Palestiniens, encouragés par une majorité "pro-arabe automatique" aux Nations Unies et par l'égarement ou la non-compréhension des problèmes de la région par une partie de l'opinion occidentale, ils n'ont pas abandonné des revendications impossibles à réaliser techniquement et inacceptables par leur voisin (4). Depuis 63 ans, ils ont raté toutes les occasions d'obtenir un 23ème état arabe indépendant et avec le temps qui passe, cette perspective s'éloigne. Leurs dirigeants appliquent la politique du pire et jouent avec le feu qui risque de les embraser. Ils ne se sont pas insurgés avec le "printemps arabe". Ils attendent l'automne, le 20 septembre, pour avoir un feu vert international, afin de mener leur combat suicidaire. Et c'est l'occasion rêvée par Bashar el Assad, pour détourner l'attention du monde de la sanglante répression qu'il pratique depuis maintenant 6 mois contre sa majorité sunnite révoltée. Occasion offerte par la collusion entre l'Iran, le Hamas et maintenant le Fatah du "très modéré" Mahmoud Abbas.
 
Nous pensons qu'un des principaux remèdes pour les Arabes au Moyen Orient, c'est d'accepter ou du moins oublier la présence d'un état non musulman en leur sein. Ce qui leur permettra de soigner leurs propres affections et de consacrer leur énergie et leurs moyens à éduquer leurs populations, à investir dans des activités utiles pour que ces populations désoeuvrées trouvent un emploi, à moderniser leurs institutions politiques et à trouver une place "normale" et non perturbante dans le concert des nations. Il suffit qu'ils imitent le sultanat d'Oman.
 
Ce rapide tour d'horizon n'autorise qu'une seule conclusion à ce jour: au Moyen Orient, ledit "printemps arabe" a pris fin. Il annonce d'inquiétantes saisons.                      
 
Notes
(1) Il y a par exemple des vols réguliers entre Mascate et Eilat, Tel Aviv et Haifa
(2) Capturé en Malaisie en 2003, extradé vers la Libye et jeté en prison par Qaddhafi, Abdel Hakim Belhadj, commandant d'al Qaeda et vétéran d'Afghanistan a été libéré avec d'autres terroristes par le Conseil National de Transition, représentant les rebelles insurgés de Benghazi et d'ailleurs. Ses brigades sont les principaux intervenants dans la "libération" de Tripoli et elles contrôlent les places fortes de la capitale, et sans doute les stocks d'armes de l'ex-dictateur Qaddhafi. Ainsi l'Otan a contribué à installer des islamistes dans la capitale libyenne, en attendant que l'Est du pays ne soit totalement contrôlé par les islamistes senoussis.
Le 31/07/11, l'armée syrienne est intervenue à Hama, la veille du Ramadan, et a mené une véritable boucherie contre la population qui s'insurgeait, massacre moins important que celui mené par le père de Bashar, Hafez al Assad, en février 1982, quand on a recensé plus de 30 000 morts à Hama.
(3) La shiah représente 10% de l'Islam au Moyen Orient et elle est majoritaire en Iran, en Irak et à Bahrain, importante au Liban, au Yémen et au Koweit, très minoritaire ailleurs dans la péninsule arabique (Arabie, Qatar, Emirats Unis, Oman) et en Syrie.
A la suite de troubles indépendantistes provoqués par les balouchis du sud-est de l'Iran, aux frontières du Pakistan, l'Iran a incité les Houthis, secte shiite Yazdi du Yémen à chercher à prendre le contrôle du pays, au grand dam de l'Arabie sunnite limitrophe.
(4) Le droit au retour des "réfugiés palestiniens" revendiqué est techniquement infaisable. La non-reconnaissance d'un état juif est inacceptable pour Israël. Or le Hamas et l'Olp rejettent dans leur charte constitutive tout autre état que la Palestine arabe et musulmane.
Par ailleurs, un groupe terroriste salafiste ayant plus de 11 000 affiliés à Gaza et un nombre non déterminé en Judée Samarie, s'intitulant "Ansar al Moujahidine" (autrefois connu sous le nom de Qataeb al Moujahidine) et responsable de nombreux attentats en 2009/10, a commencé à agir sous la bannière d'al Qaeda, à partir de Gaza, du Sinaï et de Cisjordanie, selon son secrétaire général Asaa'd Abou Sharia'h. Le porte parole de ce groupe terroriste, Abou Bilal annonce: "la Palestine se dirige vers une importante croisée des chemins, le mois prochain, lorsque les Nations Unies voteront en faveur ou non d'un état palestinien… Nous cherchons à unifier le Hamas et le Fatah… avec lesquels nous avons des liens solides, puisque nous sommes issus du Fatah et nous avons déjà effectué des missions pour le compte du Hamas…."
 
© Albert Soued, http://soued.chez.com  pour Dreuz.info
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