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Publié par Michel Garroté le 4 septembre 2011

Sa dimension philosophique intéresse les jeunes

Michel Garroté – Les Jeunes ont beaucoup aimé Jean-Paul II. Et, de ce fait, l’on raconte, souvent, que les jeunes n’aimeraient pas beaucoup Benoît XVI. Qui lui, contrairement à son prédécesseur, serait trop ceci et pas assez cela. La réalité (que je ne développerai pas en détail ici et maintenant, mais plutôt à une autre occasion) est nettement plus complexe que cela.

Ainsi, dans le Catholic Herald, Milo Yiannopoulos écrit (extraits) : « Je perçois une sorte particulière d'affection pour Benoît XVI de la part des jeunes; quelque chose qui va au-delà de l'enthousiasme pour Jean-Paul II. D'une certaine façon, le Pape actuel est aussi charismatique que son prédécesseur. Mais alors que Jean-Paul II était un habile opérateur médiatique, se délectant de fréquentes "séances-photos" dignes de la princesse Diana, il y avait toujours le sentiment que JPII-l'homme n'était pas tout à fait la même personne que le Pape Jean-Paul II. On pouvait même aller jusqu'à dire qu'il y a avait une tension entre son charisme personnel et sa charge. Les messes de Jean Paul II étaient parfois des mariages gênants entre rituels prescrits et culture moderne. Alors qu'il y a un génie particulier dans la manière dont le pape actuel interprète son rôle. Et d'observer comment, agissant par l'intermédiaire de son maître de cérémonie, Mgr Guido Marini, il a imprimé son autorité – et, dans le même temps, sa personnalité – sur la visite papale en Grande-Bretagne. Cette autorité s'impose comme authentique et convaincante. Et les jeunes ont le désir naturel de suivre des personnalités aussi charismatiques. En Benoît XVI, le public et le privé semblent en harmonie beaucoup plus étroite. Sa capacité à fondre sa propre personnalité avec la grandeur de son office semble amener les jeunes à ressentir avec lui un lien personnel qu'ils n'ont pas avec une bureaucratie diocésaine sans visage ».

Milo Yiannopoulos : « Sa gentillesse et son comportement de grand-père les attire, parce qu'ils semblent plus authentiques que les embarrassantes tentatives de "bras tendus" dont les jeunes catholiques ont si souvent souffert. Beaucoup de réformes liturgiques de ces dernières années, beaucoup d'encouragements, tels que les arrangements "bénédictins" de l'autel, ont pour effet de réduire l'attention sur le célébrant, tout en ajoutant de la solennité à la célébration, avec leurs symboles dramatiques et une musique qui élève. Nulle part l'échec de l'Eglise à être en phase avec les jeunes n'est mieux illustrée que sur ses propres sites internet. C'est un sujet sur lequel j'ai déjà longuement écrit, je ne vais donc pas insister trop sur ce sujet, sauf à faire une observation : accédez à la page "jeunesse" du site de notre propre Conférence des évêques d'Angleterre et du Pays de Galles, et la principale illustration que vous verrez concerne le National Youth Sunday de 2009. Je me demande ce qu'une génération élevée avec Twitter peut faire avec cela. On peut seulement imaginer ce que les jeunes catholiques pensent quand ils lisent les tracts qui leur sont distribués, espérant trouver des informations importantes au sujet de la foi, plutôt que d'être bombardés avec la propagande de gauche sur "l'action pour la justice". Cela ne semble guère en relation avec les avertissements du Saint-Père sur les dangers du relativisme et de la sécularisation, c'est sûr ».

Milo Yiannopoulos : « Ni avec ses enseignements sur l'impasse du consumérisme, qui selon lui, est une menace particulière pour les jeunes. Revenons en 2007, en référence à l'aggravation constante chez les jeunes des préoccupations sur la mode et l'image de soi, où Benoît XVI a déclaré : "Comme c'est triste quand les jeunes perdent l'émerveillement, l'enchantement, des sentiments les plus beaux, la valeur du respect de son corps". Quand nous réalisons ce qui doit être le sommet de l'obsession pour la célébrité grotesque (la téléréalité) dans la société au sens large, pas étonnant que le message du Pape parle si fort aux jeunes. En fait, il y a sans équivoque, un conservatisme résurgent parmi les nombreux jeunes catholiques à l'heure actuelle – tout comme pour les jeunes juifs et les jeunes musulmans (Note de Michel Garroté – contrairement à Milo Yiannopoulos, je ne puis mettre sur un plan identique, d’une part, le néo-conservatisme éclairé de jeunes juifs et chrétiens ; et d’autre part, le conservatisme islamique). Certains dirigeants de l'Église semblent réticents ou incapables de se "connecter" avec cette renaissance du culte traditionnel, parce qu'ils sont des hommes des années 70. De même, cela doit être dit, il y a de nombreuses personnes en charge des médias catholiques et d'autres organisations catholiques, qui pourraient expliquer pourquoi ils ont du mal à produire un contenu crédible, qui attire les adolescents et les jeunes adultes ».

Milo Yiannopoulos : « Mais si les Conférences épiscopales, et même certains secteurs de la presse catholique, sont mal à l'aise avec ce nouveau conservatisme des jeunes, Benoît XVI ne l'est pas. En fait, c'est quelque chose qu'il partage avec la génération montante. Comme Cardinal Ratzinger, ce pape était connu pour être sceptique envers les bureaucraties, et en particulier les conférences épiscopales, comme moyen de connecter les gens à l'Eglise. Oui, elles jouent un rôle important dans la mobilisation des jeunes pour assister à des événements comme les JMJ, mais on se demande si elles sont vraiment le meilleur modèle institutionnel pour préserver l'avenir de l'Eglise quand elles se battent si mal pour cultiver l'enthousiasme de la jeunesse. Ainsi – et je l'espère, ce n'est pas trop extravagant, ou peut-être, peut-on penser, plein d'espoir, est-ce une suggestion – il y a en cours une sorte de contraction dans ce qu'on pourrait appeler la gestion de niveau intermédiaire de l'Église catholique. Un échec, même, alors que des jeunes, qui sont à la recherche d'un leadership direct et charismatique en phase avec leurs inclinations politiques, et même liturgiques, s'adressent directement au Saint-Père. L'honnêteté, la rigueur et le caractère scrupuleux du pape Benoît XVI- malgré l'opposition, y compris au sein de l'Eglise – frappent beaucoup de gens comme quelque chose d'héroïque, et représentent une sorte de leadership personnel qui est totalement absent dans d'autres secteurs de la vie publique », conclut Milo Yiannopoulos dans le Catholic Herald.

Le dernier paragraphe, dans l’analyse ci-dessus, analyse faite par Milo Yiannopoulosmérite d’être nuancé ou tout au moins explicité. Il y a, certes, des oppositions – souvent douteuses – contre Benoît XVI, et ce, y compris dans l’Eglise. Mais les outils de communication du Saint-Siège en sont partiellement responsables. Car ces outils sont ceux de la communication version 1970. Or, sauf erreur de ma part, nous sommes en 2011. Certes, la communication du Saint-Siège a fait quelques petits progrès ces derniers temps, notamment sur les réseaux sociaux d’Internet. Mais il n’y a toujours pas de plan d’action et d’anticipation, lorsqu’il s’agit d’annoncer, de défendre et de valoriser telle ou telle décision importante. Je suppose que nous aurons l’occasion d'en débattre.

Michel Garroté – http://drzz.info/  http://dreuz.info/

http://www.catholicherald.co.uk/commentandblogs/2011/09/01/why-benedict-xvi-has-youth-on-his-side/

http://benoit-et-moi.fr/ete2011/0455009f1b06c3101/0455009f540e6f505.html

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