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Publié par Guy Millière le 4 septembre 2011

Dans la course présidentielle américaine, les choses se clarifient de manière assez rapide. 
 
Du côté démocrate, on est passé en moins de trois mois de l’optimisme à l’inquiétude, puis de l’inquiétude à l’anxiété : au point que dans un sondage très récent, vingt sept pour cent des électeurs disant vouloir voter pour un candidat démocrate, ajoutent qu’ils préféreraient un autre candidat qu’Obama. Les données économiques restent orientées de manière très négative, et pas un seul analyste n’imagine que les choses puissent vraiment s’améliorer d’ici à novembre 2012. Moins de vingt pour cent des Américains pensent que le pays est orienté dans la bonne direction et que les politiques actuelles produisent des résultats encourageants. Le seul des électorats qui semble rester fidèle à Obama contre vents et marées est l’électorat noir : ce qui s’explique par des raisons ethniques, car les populations noires sont plus durement touchées que la plupart des autres par le chômage. Un tiers environ de l’électorat juif qui s’était porté sur Obama en 2008 a changé d’avis : ce qui est tout à la fois peu (Obama est le Président le plus anti-israélien de l’histoire) et beaucoup (la population juive américaine vote massivement démocrate quel que soit le candidat, et ce, depuis des décennies). Chez les hispaniques, les chiffres sont à peu près les mêmes. 
 
Obama va présenter jeudi prochain un plan destiné à « relancer la création d’emplois », mais tout ce qu’on peut en savoir d’ores et déjà montre que ce plan consistera à ressasser, sur un mode un peu différent, les idées très usagées qu’Obama serine depuis deux ans et demi. Et ce plan a peu ou prou autant de chances d’être efficace que le si coûteux plan de stimulation qu’Obama a fait voter au début de 2009 à un Congrès tout acquis à sa cause. 
 
Obama dira, bien sûr, que son plan est raisonnable, et qui le refuse ou le critique est déraisonnable. Il répètera que « le Congrès préfère conduire le pays à l’échec que de lui permettre de gagner avec l’administration actuelle » : c’est devenu son slogan de campagne favori. Il sera à peu près aussi crédible qu’un revendeur récidiviste de voitures volées tentant de plaider la cause de son honnêteté devant un tribunal. Comme il n’est pas complètement idiot, il s’attend à un verdict peu clément, et les attaques contre les Républicains, je l’ai dit, promettent d’être rudes. Les membres du Black Caucus commencent déjà à parcourir le pays en menaçant les tea parties de violences, sous prétextes qu’elles seraient composées de « racistes » désireux d’en finir avec Obama parce qu’il est noir, et de « pendre tous les noirs à des arbres ». Les noirs conservateurs, tels Allen West et Herman Cain, ont déjà répondu en disant que c’étaient des arguments de caniveau. La seule, et faible, chance qui reste à Obama de gagner n’est pas de défendre son bilan, car celui-ci est plus que nul, mais de salir ses adversaires, de les diaboliser, de les présenter comme des réincarnations de Lucifer et du Ku Klux Klan. 
 
Du côté républicain, j’avais dit, dans un récent article qu’il restait trois candidats. Je devrais dire maintenant qu’il en est un qui se détache de manière tellement nette que, sauf grosse erreur de sa part (et je ne crois pas qu’il fera de grosse erreur), sauf contre performance dans les débats avec Mitt Romney (et je serais surpris par une telle contre performance), il a de fortes chances de remporter les primaires, de devenir le candidat du parti et, sauf manœuvre encore imprévisible de la part d’Obama (qui est, je pense, capable de tout, y compris du pire), d’être le prochain Président des Etats-Unis. 
 
Ce candidat est Rick Perry. 
 
Ce qui explique la percée si rapide et si nette de Rick Perry est qu’il a le soutien d’une grande majorité des membres des tea parties, mais aussi celui de l’appareil du parti. Rick Perry tient, de fait, un discours qui en matière de références aux pères fondateurs et de fiscalité, est, pour l’essentiel, celui des tea parties. Et il est en même temps le gouverneur républicain en exercice le plus ancien, puisqu’il occupe cette fonction depuis dix ans. Rick Perry est un Chrétien évangélique, ce qui lui vaut le soutien du mouvement évangélique. En politique étrangère, c’est un reaganien, ce qui lui vaut le soutien de la plupart des néo-conservateurs. Il est, ce qui est un atout supplémentaire dans un pays où la cause d’Israël est importante, un ami déclaré de l’Etat d’Israël. Rick Perry a un thème de campagne tout trouvé ; le Texas est l’un des Etats les mieux gérés du pays, et proposer que tout le pays soit géré comme le Texas est à même de séduire. Pour de bonnes raisons : quarante pour cent des emplois créés aux Etats-Unis au cours des trois dernières années l’ont été au Texas, et les Américains votent avec leurs pieds : entre les deux derniers recensements, le Texas a gagné plus de huit cent mille habitants. 
 
La Californie, qui est au bord de la faillite, en perdait à peu près le même nombre, l’Etat de New York aussi. Pour peu que Perry, s’il devient le candidat, choisisse comme candidat à la vice-présidence celui qu’on désigne de plus en plus comme le favori pour occuper ce poste, le sénateur de Floride Marco Rubio, cela ferait sans aucun doute basculer des voix hispaniques en direction de Perry qui, de surcroît, serait ainsi assuré de l’emporter au Texas et en Floride, deux Etats très importants dans une élection présidentielle. 
 
Ce à quoi on peut s’attendre est à une accentuation des attaques contre Rick Perry, et celles-ci ont déjà commencé. Elles vont s’intensifier, sans aucun doute.
 
L’un a dit que les notes obtenues par Perry à l’université étaient très moyennes et ont aussitôt commencé à disséminer ce message : Perry est un idiot. Le dernier candidat qu’on avait traité d’idiot dans une élection présidentielle aux Etats-Unis étaient Ronald Reagan en 1980. On pourrait donc en déduire que c’est bon signe. On pourrait ajouter que le passé universitaire de Perry a l’avantage d’être transparent, alors que celui d’Obama reste d’une opacité absolue : si les journalistes des grands médias américains devaient s’arrêter à ce genre de détails, ils redeviendraient journalistes, je sais, et ce n’est pas leur intention. 
 
Un autre a souligné que les emplois créés au Texas : ce ne sont pas, pour nombre d’entre eux, des emplois correspondant à des salaires élevés. Il n’est pas certain que cet argument porte auprès de ceux qui n’ont pas d’emploi du tout. 
 
On va aussi essayer de s’en prendre à la foi chrétienne de Rick Perry, et Obama vient de nommer Ira Forman responsable de sa campagne envers l’électorat juif : Forman est l’ancien directeur du National Jewish Democratic Council, et l’auteur de libelles anti-chrétiens expliquant que les évangéliques veulent transformer les Etats-Unis en théocratie et sont antisémites. On doit dire que c’est une nomination prometteuse. Je m’attends à ce que Perry soit traité d’antisémite par des gens comme Forman.
 
Le provisoirement dernier angle d’attaque consiste à laisser entendre que Rick Perry est un agent occulte de l’implantation de l’islam aux Etats-Unis, et, bien qu’elle soit née et ait commencé à être disséminée depuis la gauche, la rumeur est désormais reprise par des conservateurs luttant contre l’islamisation aux Etats-Unis. Cette rumeur, infondée, mais persistante, pourrait paradoxalement servir Rick Perry : qu’il soit attaqué par la gauche et l’extrême gauche est logique, qu’il le soit par des conservateurs très véhéments rendra pour ses adversaires la possibilité de le présenter comme très à droite plus difficile.
 
D’autres angles d’attaque s’amorcent : Perry serait « créationniste », il ne « croit pas au réchauffement global », il pense que toutes les mesures de redistribution existant aujourd’hui aux Etats-Unis relèvent de « l’escroquerie ». La réalité est que le Texas a, dans ses programmes scolaires, les thèses darwiniennes, et celles du « dessin intelligent » (sur le sujet, cf. Jonathan Wells, « The Politically Incorrect Guide to Darwinism and Intelligent Design »), que Perry pense, effectivement, comme nombre d’éminents scientifiques, qu’il n’y a pas de réchauffement, et que les variations climatiques ont des causes indépendantes des activités humaines (sur le sujet, voir, entre autres, Ronald Bailey : « Global Warming and Other Eco Myths: How the Environmental Movement Uses False Science to Scare Us to Death »). La réalité est qu’il est favorable aux assurances privées en matière de santé et à la capitalisation en matière de retraites. 
 
Dans l’élan frénétique qui les porte à vouloir discréditer Perry, certains commentateurs de gauche ont déjà écorné leur crédibilité : dans un discours récent, Perry a parlé des « nuages noirs » pesant sur l’économie américain. Un commentateur s’est dit « noir » ! Bon sang, mais c’est, bien sûr ! Les nuages noirs c’est le Président noir qui est à la Maison Blanche ! Perry est raciste ! D’autres commentateurs, trouvant que la ficelle était vraiment trop grosse, ont diffusé à l’antenne l’intégralité de la phrase de Perry, et tout le monde a pu voir qu’il parlait de l’orage qui plane sur l’économie. Ce genre d’épisode est révélateur de ce qui est à venir. 
 
Un dernier point sur Perry : c’est un orateur charismatique et efficace. C’est quelqu’un qui peut parler sans téléprompteur, à la différence de qui vous savez. C’est un cow boy, et il a commencé sa vie dans un ranch. Un autre candidat était décrit comme un cow boy pendant sa campagne présidentielle : Ronald Reagan encore. Rick Perry a le même accent que George W. Bush : certains affirment que cela le desservira. Je suis loin d’en être certain. Le nombre d’Américains qui regrettent George W. Bush et qui discernent que lui, à la différence de son successeur, aimait l’Amérique, ne cesse de croître. 
 
Sauf grosse erreur ou contre performance dans les débats, Rick Perry est sur une bonne trajectoire, et, dois-je l’écrire, je préférerais un cow boy à la Maison Blanche à un ancien agitateur social gauchiste. Et je suis très loin, vraiment très loin, d’être le seul. 
 
Les Etats-Unis d’Amérique doivent redevenir les Etats-Unis d’Amérique, le peuple américain et le monde s’en porteront mieux. Et ils ont bien besoin de se porter mieux qu’aujourd’hui.
 
Reproduction autorisée avec la mention suivante et le lien ci dessous :
© Guy Millière pour www.Dreuz.info
 
PS. Je n’ai rien dit de Sarah Palin dans cet article car, quelle que soit l’estime que je lui porte, je pense qu’elle n’a aucune chance, quand bien même elle finirait par se présenter, ce dont je doute. Si je n’exclus pas totalement un retour de Mitt Romney, je pense raisonnable d’exclure Sarah Palin de la liste des favoris, tout comme Michelle Bachmann, Ron Paul et Herman Cain. Tous ont des qualités, tous ont aussi des handicaps qui les rendent inéligibles.
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