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Publié par Jean-Patrick Grumberg le 9 septembre 2011

Mes confrères journalistes (qui sont quelques fois des cons mais rarement des frères), offusqués du tour de cochon joué par la famille Chirac pour dispenser Jacques de se présenter devant ses juges, dans le procès des détournements de fonds publics et emplois fictifs, ont loupé une marche, celle de l’emploi fictif occupé par Jacques Chirac au Conseil Constitutionnel.
 
Certains paresseux soutiendront que l’ancien Président devient membre de plein droit du Conseil Constitutionnel, en vertu de l’article 56 de la Constitution de 1958.
 
Mais le droit doit s’adapter et suivre la société, et non l’inverse.
 
En 1958, passé 60 ans, la plupart des hommes mangeaient les pissenlits par la racine. En 1958, les Présidents étaient des vieillards.
 
Le coût, pour la nation, et aux frais du pigeon – pardon, du contribuable – de la rémunération d’un ancien Président pendant de longues années était très faible. Avec l’allongement de la durée de vie et le rajeunissement de la classe politique, ce coût est  maintenant réel.  
 
Mais il y a pire, et c’est le risque juridique, effrayant, d’un Conseil Constitutionnel composé en partie d’incapables au sens juridique du terme, car élus à vie. C’est ce qui vient de nous être amèrement montré par Jacques Chirac. 
 
En 46 ans, deux anciens présidents de la République ont siégé au Conseil Constitutionnel : Vincent Auriol, et René Cotti.
 
C’est autant que pendant les 6 dernières années, où siègent VGE et Jacques Chirac, dont nous savons qu’au moins l’un des deux fait cuicui les petits oiseaux.
 
A ce rythme, nous allons voir le nombre d’anciens Présidents de la République venir rapidement enfler la liste des membres du Conseil Constitutionnel.
 
Il est donc temps d’y mettre le holà. La Constitution de 1958 prévoyait que l’ancien Président de la République est membre à vie du Conseil, et la réforme de 2008 n’a pas cru devoir corriger cette anomalie – qui s’en étonnera.
 
Imaginez – j’invente pour les besoins de mon argumentation – un homme, ancien Président de la République, médicalement incapable de se rendre le matin à une convocation du tribunal, dire le droit l’après midi lors d’une réunion du Conseil Constitutionnel.
 
Imaginez, du fait de l’allongement de l’espérance de vie, non pas un, mais cinq ou six birbards plus cotés à l’argus, membres à vie, pédalant dans la semoule, siéger pour dire la constitutionnalité des lois.
 
Ni le professeur Olivier Lyon-Caen, qui suit l’accusé Chirac, et a délivré le rapport de vulnérabilité, ni l’épouse et la fille, témoins de l’affection neurologique dont souffre le prévenu depuis fort longtemps, n’ont alerté la Nation, et ont exigé que Jacques Chirac renonce à son poste, pour protéger nos plus hautes institutions. 
 
A moins que Jacques Chirac n’occupe un emploi « fictif », au Conseil Constitutionnel.
 
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© Jean-Patrick Grumberg pour www.Dreuz.info
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