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Publié par Michel Garroté le 16 septembre 2011

Michel Garroté– J’ai fait la démonstration, à maintes reprises, sur ce blog, démonstration selon laquelle, le Premier ministre islamiste Turc, Erdogan, est un homme, de plus en plus dangereux. Les propos qu’Erdogan tient, en public, depuis deux ans, sont les propos, d’un colon arrogant, qui cherche à conquérir ; et non pas, les propos, d’un islamiste, soi-disant « modéré », ou, juste, « conservateur », voulant faire entrer, paisiblement, son immense pays – situé en Asie mineure – au sein de l’Union Européenne. Ce qui, soit dit en passant, reste, une monumentale absurdité, ne serait-ce qu’au plan strictement géographique.

En effet, Erdogan, se comporte, depuis deux ans, comme si la totalité de l’île de Chypre et la bande de Gaza faisaient, purement et simplement, partie de la Turquie. Erdogan se comporte, depuis deux ans, comme si l’Etat d’Israël (qui reste un pays libre et démocratique contrairement à la Turquie islamiste) était une Nation à annihiler. Je note, sans surprise d’ailleurs, que les paroles et les actes inqualifiables d’Erdogan, notamment à l’égard d’Israël ne soulèvent pas la moindre émotion en Europe. Signe des temps ? Mais je note, également, que des voix, lucides, s’élèvent, pour dénoncer la Turquie, telle qu’elle est réellement ; et non pas, telle que certains eurocrates débilitants, et, quelques dirigeants, voudraient qu’elle soit.

Ainsi, Martine Gozlan, sur Télégrammes d’Orient (cf. lien vers la source en bas de page), écrit : « C’est à la veille d’une semaine extrêmement chargée pour le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, que j’ai rencontré à Paris une jeune franco-turque au joli visage mélancolique. Quel frappant contraste entre la tristesse de Reyhan Yurdakul et l’euphorie des communiqués qui annonçaient le déplacement triomphal d’Erdogan au Caire, à Tunis et en Libye du 12 au 15 septembre ! D’un côté le grand show de l’homme qui se présente comme le champion de la démocratie en terre musulmane. De l’autre, l’accablement d’une fille dont le père, âgé de 65 ans, Dogan Yurdakul, journaliste et écrivain, coordonnateur et éditeur du site OdaTV, est incarcéré sans motif depuis six mois ».

Martine Gozlan : « A Sinivri, l’une des plus grandes prisons de Turquie, à 60 kilomètres d’Istanbul, cet homme partage la cellule de deux autres journalistes plus jeunes et très célèbres : Ahmet Sik et Nedim Sener. Tous les trois partagent également avec plus d’une soixantaine de leurs collègues, hommes et femmes, le triste privilège de l’embastillement pour appartenance présumée à un complot militaire. Le fameux « Ergenekon », fourre-tout dans lequel on jette tous ceux dont la liberté d’esprit a déplu à Erdogan. Selon les critères que le premier ministre turc entend promouvoir dans les nouvelles sociétés issues des printemps tunisiens, égyptiens et libyens, Dogan Yurdakul aurait pourtant tout pour lui. Naguère, ce militant de la liberté s’est tant battu pour la démocratie que les militaires l’ont incarcéré pendant deux ans après le coup d’Etat de 1971 ».

Martine Gozlan : « Les cellules, la torture, il connaît déjà. En 1980, il doit fuir son pays pour échapper à d’énormes condamnations à la suite du nouveau coup d’état de l’armée. Il y reviendra, après des années françaises- c’est un amoureux de notre langue auquel il vient de consacrer un dictionnaire franco-turc du fond de sa prison- pour participer à l’édification d’une Turquie vraiment démocratique. Et pourtant, cet homme que les généraux pourchassèrent est aujourd’hui accusé d’être leur complice ! Invraisemblable. Mais la justice d’Erdogan se fiche des invraisemblances. Il s’agit seulement de réduire au silence des journalistes d’opposition. Et pour ce faire, rien de mieux que les vieilles méthodes que la propagande de l’habile nouveau sultan dénonce pourtant avec vigueur sous d’autres cieux ».

Martine Gozlan : « Ainsi, les questions posées à Dogan Yurdakul avaient été préparées par la police, sans la moindre investigation préalable. Le journaliste raconte dans ses messages qui ont été diffusés hors des murs de la prison : « Le simple fait de parler dans mes articles des critiques d’un professeur de droit sur l’allongement des délais de garde à vue a été considéré comme un délit… ». Et encore : « On a mis ensemble les titres de mes articles » Pourquoi ? Selon une technique étrange qui a permis, en cherchant par exemple le mot « guerre », de forger une accusation d’incitation à la guerre civile. Tout est bon pour qu’une épée de Damoclès soit suspendue en permanence au dessus des prisonniers. Impossible de savoir quand auront lieu les procès. Impossible de connaître l’acte d’accusation. Impossible de voir ses proches plus d’une fois par mois ».

Martine Gozlan : « L’épouse de Dogan Yurdakul, atteinte d’un cancer, ne peut même pas voir son mari. Epuisée, elle a du subir lors d’une précédente visite, des heures d’attente. La jeune Reyhan aussi. 4 heures exactement. 4 heures de fouille au terme desquelles elle n’avait plus que 5 minutes pour embrasser son père. Tel est le sort de nos confrères, de tous âges, qui ont tenté ces dernières années, et tout spécialement depuis un an, de continuer à porter le fer dans la plaie de la corruption et des affaires. Sur la toile de fond d’un univers médiatique turc entièrement repris en mains par les proches du régime, OdaTV, le site dont on pourchasse les reporters et les éditeurs, fait figure d’ultime bastion de la liberté d’expression, de refuge pour les journalistes virés de tous les journaux et de toutes les chaines de télé. Ce qui lui a valu des récompenses internationales. Soner Yalcin, son directeur, avait été arrêté quinze jours avant Dogan Yurdakul ».

Martine Gozlan : « Selon Reporter sans frontières, la Turquie occupe le 138ème rang sur 178 au hit-parade des pays qui respectent la liberté d’expression. Au lendemain des rafles de journalistes du printemps 2011, de nombreuses protestations ont fleuri, tant du côté de la Cour européenne des droits de l’homme que de Washington. Mais tout ceci a fait long feu. Un écran de fumée brillante dissimule désormais la réalité de la Turquie. Seul compte le chiffre de la croissance. Enivré par son rêve de leadership islamique, Recep Erdogan alterne les déclarations dangereusement belliqueuses – menace de faire escorter par la marine de guerre turque des bateaux d’aide humanitaire vers Gaza- et les « conseils » aux nouvelles démocraties arabes ».

Martine Gozlan : « Un peu empêtré, pourtant, dans ses contradictions alors que l’ami iranien Ahmadinejad prête main forte à l’ex-ami syrien Assad pour tirer sur les insurgés syriens. Mais, à la veille de ce nouveau périple du « Padishah », comme on le surnomme à Istanbul, sur la toile de fond de la grande histoire, c’est la petite histoire, la tragédie personnelle de Reyhan, fille d’un homme incarcéré, comme tant d’autres, parce qu’il est resté lui-même, qui me saisit. Miroir d’une cruelle vérité dont Recep Erdogan annonçait lui-même la couleur dès 2008. Dans une conférence de presse, à un journaliste qui l’interrogeait un peu sérieusement sur l’aggravation de la pollution, il lançait avec une familiarité méprisante : « Ou tu arrêtes d’écrire des mensonges, ou tu fermes ton journal ! », conclut Martine Gozlan, sur Télégrammes d’Orient (cf. lien vers la source en bas de page).

Michel Garroté

Copyright 2011 Michel Garroté –www.dreuz.info & source citée

Source :

http://www.marianne2.fr/martinegozlan/Turquie-La-democratie-selon-Erdogan-c-est-surtout-pour-les-autres-_a8.html

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