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Publié par Guy Millière le 17 septembre 2011

On dit dans la presse anglaise qu’Angela Merkel répète à qui veut l’entendre que l’Europe n’aura pas son Lehman Brothers. Ce qui signifie, bien sûr, qu’une affaire de la puissance et de l’intensité de la faillite de la firme financière Lehman Brothers, le 15 septembre 2008 va bientôt avoir lieu sur le continent européen. 
 
La faillite de Lehman Brothers avait été le résultat d’un bank run (retrait massif d’argent des circuits financiers américains survenu le matin même de la journée fatidique : 550 milliards de dollars en deux heures). Elle avait entraîné l’intervention d’urgence du Secrétaire au Trésor Hank Paulson et la création du Troubled Asset Relief Program (TARP), puis l’élection de Barack Obama. 
 
Pour l’Europe, l’origine devrait être la continuation de la dégringolade du maillon faible de la zone euro : la Grèce. La faillite du pays devait s’opérer, selon les marchés, le 15 octobre, date à laquelle le gouvernement grec doit honorer ses prochaines échéances. Le gouvernement grec n’ayant pas un euro en poche, les marchés n’acceptant de prêter sur deux ans à la Grèce qu’avec un taux d’intérêt oscillant entre 95 et 100%, l’Allemagne refusant de payer une fois de plus, la conclusion était facile à tirer.
 
Il semble qu’Angela Merkel a évité une fois de plus que l’Europe connaisse son affaire Lehman Brothers, mais il est évident que ce n’est là qu’une façon de gagner du temps et de gaspiller de l’argent : les électeurs allemands sont excédés d’avoir sans cesse à renflouer la Grèce à fonds perdus, les Grecs, eux, ne supportent plus les sacrifices qu’on leur demande, et on peut aisément les comprendre, puisque le Produit intérieur brut du pays a diminué de plus de 17% au cours des trois dernières années, puisque le pouvoir d’achat a reculé de beaucoup plus, et puisqu’à force de demander des impôts supplémentaires aux entreprises et aux personnes physiques, la consommation et la production sont presque à l’arrêt complet. 
 
A qui l’Europe peut-elle demander de l’aide si l’Allemagne ne paie plus et si, comme c’est prévisible, le Portugal, l’Espagne et l’Italie suivent la voie de la Grèce ? Pas à la France, bien sûr, très endettée elle-même, et dont les principales banques sont ébranlées par le spectre des défauts de paiement qui s’annoncent et devront être recapitalisées. 
 
Alors ? 
 
Silvio Berlusconi s’est adressé à la Chine, qui veut bien racheter l’Italie, mais pose des conditions très strictes, car les dirigeants chinois ne veulent pas investir à perte. La Chine pourrait-elle envisager de racheter aussi la Grèce, l’Espagne, le Portugal ? Ces pays accepteront-ils les conditions chinoises ? La Chine veut-elle vraiment s’offrir des pays déficients et détraqués, elle qui a déjà de lourds problèmes intérieurs ?
 
Alors, disais-je ? 
 
La rumeur qui circule dans les couloirs de Bruxelles est que la faillite de la Grèce sera consommée bientôt, mais maquillée : on dira qu’on efface quatre-vingt ou cent pour cent de la dette grecque, et les prêteurs devront assumer que l’argent prêté est perdu. Ce qui impliquera des pertes abyssales pour diverses banques et institutions financières. 
 
La rumeur qui circule aussi dans les couloirs de Bruxelles est que l’Europe voudrait, en ce contexte, demander l’aide des Etats-Unis. Les entourages de Merkel et de Niccolas Sarkozy auraient déjà pris contact avec Timothy Geithner, Secrétaire au Trésor d’Obama, et avec Ben Bernanke, qui dirige le Federal Reserve Board pour leur demander mille milliards de dollars sans lesquels le cataclysme européen aurait des ramifications planétaires. La présence de Geithner à Wroclaw, ce vendredi n’était pas du tout un hasard. 
 
Cette demande, dans un contexte où les Etats-Unis sont déjà dans une situation d’endettement très préoccupant, puisque la dette américaine, grâce à Obama, dépasse désormais les quatorze mille milliards de dollars et continue à grandir, peut sembler absolument insensée. 
 
Mais lorsque la panique vient, des réactions insensées peuvent aisément l’accompagner. 
 
Et la panique règne aujourd’hui dans tous les palais gouvernementaux d’Europe. « L’Union Européenne pourrait ne pas survivre », a dit avant-hier Jose Manuel Barroso. Et il n’a pas tort. 
 
Les Etats-Unis ne suffisant pas pour sauver l’euro, on parle d’appels à la Banque du Japon et au gouvernement suisse. Qui d’autre ? Le FMI ? 
 
Cela ne changera pas grand chose : l’ euro est une monnaie mise en place artificiellement, et couvre des économies trop différentes pour qu’il n’y ait pas des lézardes, des tensions et des effondrements. Si l’euro survit, les mêmes causes produiront les mêmes effets. 
 
Sur quoi cette situation peut-elle déboucher ? Une confiscation totale de la démocratie et un gouvernement central de technocrates européens ? Nous y sommes presque et ce serait une solution provisoire, un rafistolage. Dans le passé, la panique, les lézardes, les tensions et les effondrements ont provoqué en Europe des fuites en avant qui se sont achevées tragiquement. Le continent européen, qui se vante tant d’avoir inventé la démocratie et les droits de l’homme, a aussi été le continent qui a donné au monde le socialisme et le fascisme, le communisme et le national-socialisme, deux guerres mondiales et la Shoah. 
 
Un chapitre d’un livre que j’ai écrit en anglais pour le faire éditer aux Etats-Unis s’appelle « L’Europe survivra-t-elle en 2084 ? ». J’y dis avoir de sérieux doute et penser que l’Europe sera morte bien avant. On m’accuse parfois de pessimisme. En utilisant le chiffre 2084, pour faire écho au 1984 de George Orwell et à un livre du dissident soviétique Andrei Amalrik, je crois avoir péché par excès d’optimisme. 
 
Un groupe de rock suédois avait connu le succès, en 1986, avec une chanson qui s’appelait The Final Countdown. Le compte à rebours final. C’est une chanson qu’on devrait écouter dans toute l’Europe en ce moment, le nom du groupe est approprié, le titre aussi : le compte à rebours final est enclenché.
 
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