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Publié par Michel Garroté le 5 octobre 2011

Michel Garroté – Une fois n’est pas coutume, Luc Bronner, dans le quotidien parisien de gauche ‘Le Monde’, écrit, citant Gilles Kepel (extraits ; cf. lien en bas de page) : « Dans les tours de Clichy-sous-Bois et de Montfermeil (Seine-Saint-Denis), les deux villes emblématiques de la crise des banlieues depuis les émeutes de l'automne 2005, la République, ce principe collectif censé organiser la vie sociale, est un concept lointain. Ce qui "fait société" ? L'islam d'abord. Les deux villes (60’000 habitants au total) comptent une dizaine de mosquées, aux profils extrêmement variés, pouvant accueillir jusqu'à 12’000 fidèles. Une pratique du ramadan presque systématique pour les hommes. Une conception extensible du halal, enfin, qui instaure une frontière morale entre ce qui est interdit et ce qui est autorisé, ligne de fracture valable pour les choix les plus intimes jusqu'à la vie sociale ».

« Gilles Kepel, professeur à Sciences Po, ajoute, sur l'identité musulmane, qui se manifeste : "par l'extraordinaire développement du halal. Il y a vingt-cinq ans, ça n'était pas un enjeu. Aujourd'hui, c'est un marqueur de l'identité extrêmement fort qui traduit la place de l'éthique religieuse dans les comportements. Pas seulement dans l'alimentaire : le halal marque les interdits dans la vie privée et sociale – du lit conjugal jusqu'au refus d'inscrire des enfants dans les cantines scolaires. Ensuite, la prégnance des mariages endogamiques : c'est un point qui m'a surpris dans la mesure où la France a toujours été considérée comme un pays où les mariages mixtes étaient particulièrement nombreux. Parmi les pratiquants, le mariage endogamique islamique est aujourd'hui quasiment la norme dans l'agglomération. C'est un effet particulièrement préoccupant de l'enclavement" ».

« Gilles Kepel : "Enfin, la participation politique : depuis les émeutes de 2005, après les inscriptions massives sur les listes électorales, il y a une volonté marquée des élites locales de la diversité de peser dans les débats politiques en assumant leur identité républicaine, démocrate et, le cas échéant, musulmane. A l'échelle des conseillers municipaux, le plafond de verre a sauté et on assiste à l'affermissement d'une jeune classe politique. La façon dont émerge l'élite de ces populations – cadres, entrepreneurs… – est au cœur de la transformation sociale du pays. Et il est inévitable et logique que, pour traduire la diversité de la société, les prochaines élections municipales et législatives voient des candidats d'origine africaine ou maghrébine s'imposer" », peut-on lire, dans l’article de Luc Bronner, paru dans le quotidien parisien de gauche ‘Le Monde’, citant Gilles Kepel.

Signe des temps, les évêques catholiques de France viennent de publier une série de documents, dans le cadre des présidentielles et législatives de 2012, documents dans lesquels ont peut lire notamment (extraits ; cf. liens en bas de page) : « Bien avant que la réalité de la mondialisation soit appréhendée et commentée, nos pays d’Europe occidentale ont connu – et connaissent encore – des vagues d’immigration diverses. Ainsi coexistent aujourd’hui, à égalité de droits, des personnes ayant des origines ethniques et des références culturelles et religieuses les plus variées. Pour des citoyens de plus ou moins vieille souche, ceci peut engendrer un sentiment d’instabilité très délicat à vivre. Pour beaucoup de nouveaux arrivés, cela se traduit par le fait de se sentir mal accueillis et de ne pas pouvoir trouver une place dans une société qu’ils ne peuvent pourtant plus quitter ».

Les évêques précisent : « Depuis quelques années, malgré des efforts répétés, certains quartiers et certaines cités deviennent des lieux de violence, de trafics. Plus généralement, certains de leurs habitants s’y trouvent enfermés, ne parvenant pas et parfois ne voulant plus prendre pied dans la société globale. Une politique purement répressive ne saurait suffire ni résoudre les problèmes de fond. Des efforts d’aménagement, notamment de renouvèlement de l’habitat et des transports, sontnécessaires. Des initiatives doivent être prises pour aider les habitants à comprendre la société où ils se trouvent et à s’en considérer comme partie prenante. Un certain nombre d’associations jouent un rôle important qui doit être soutenu et encouragé. L’Église reconnait à tout homme le droit d’émigrer pour améliorer sa situation, même s’il est regrettable que tous ne puissent pas survivre dans leurs pays ».

Les évêques ajoutent : « Mais dans un monde aussi organisé que le nôtre, une régulation des migrations est nécessaire. Elle ne peut pas se réduire à une fermeture protectrice des frontières. Elle doit permettre d’accueillir au mieux ceux qui se présentent, avec respect et sérieux, et enleur offrant une vraie possibilité d’intégration. Récemment le débat sur la laïcité est revenu sur le devant de la scène, en raison de la présence plus nombreuse de citoyens de religion musulmane et des questions posées par certaines pratiques minoritaires. Ces débats ne doivent pas stigmatiser les religions dans notre pays au risque d’aboutir à la laïcité la plus fermée, c’est-à-dire celle du refus de toute expression religieuse publique. Certaines pratiques administratives ont montré que ce risque n’est pas illusoire », concluent les évêques (fin des extraits ; cf. liensen bas de page).

Copyright Michel Garroté www.dreuz.info et sources citées

http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/10/04/banlieues-de-la-republique_1581976_3224.html#ens_id=1574671

http://actualitechretienne.wordpress.com/2011/10/04/conference-des-eveques-de-france-elections-un-vote-pour-quelle-societe/

http://actualitechretienne.files.wordpress.com/2011/10/cef-elections2012.pdf

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