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Publié par Guy Millière le 6 octobre 2011

Ces jours derniers ont vu se dérouler en Europe un véritable festival de mensonges et de discours délirants.
 
Jose Manuel Barroso, pour renflouer les caisses plus que vides de l’Union, a émis l’idée géniale d’une taxe Tobin à l’échelle européen, venant peser sur toutes les transactions financières effectuées en Europe, et il a même indiqué le montant des recettes qu’il espérait : ce cher Jose Manuel ne sait donc pas que la terre est ronde, que les transactions financières sont dématérialisées, et qu’il n’y a rien de plus simple, si on se trouve dans une zone surtaxée, que de se déplacer vers une zone moins taxée. Jose Manuel ferait le bonheur de Wall Street ou de Hong Kong, mais resterait sans un sou en poche. 
 
La City de Londres représentant près des trois quarts des transactions financières effectuées en Europe, on comprend que le Royaume-Uni ait demandé d’être exempté, menacé de mettre son veto, et envisagé de rompre ses engagements européens dans le cas contraire. Si le Royaume-Uni était exempté, ce serait très positif pour le Royaume-Uni, qui passerait des trois-quarts à cent pour cent, mais Jose Manuel n’aurait pas un penny. Si le Royaume-Uni était conduit à rompre ses engagements européens, Jose Manuel n’aurait pas un penny, et aurait, de surcroît, provoqué une crise européenne supplémentaire.
 
Au même moment, Angela Merkel a demandé au Parlement allemand de voter la contribution du pays au Fonds Européen de Stabilité Financière aux fins de « reconstruire la confiance » en l’économie grecque : elle a sans doute ainsi commis un suicide politique, puisqu’il est clair, sondage après sondage et élection après élection, que la population allemande ne veut plus payer le moindre mark pour la Grèce, ou pour quelque autre pays que ce soit. 
 
Quant à la confiance à reconstruire : on peut se demander si Angela Merkel lit les journaux et, en particulier, la presse financière. Pas un seul analyste financier ne pense que la Grèce peut se trouver sauvée par un montage financier quel qu’il soit. Tous les analystes financiers pensent que l’argent donné à la Grèce pourrait tout aussi bien être brûlé ou jeté dans un puits sans fonds. Angela Merkel ne reconstruit aucune confiance, elle gaspille de l’argent pour colmater des brèches en un moment où les brèches deviennent des gouffres.
 
Nicolas Sarkozy lui, a dit que les banques françaises allaient bien, très bien : je pense qu’il sait ce qu’il en est, puisque les banques françaises détiennent un très large part de la dette grecque que nul ne remboursera jamais, mais qu’il sait faire le comédien parfois, ce qui sert en ce genre de circonstances.
 
Dans un article récent, Christopher Booker, auteur de l’un des livres les plus remarquables sur la construction européenne, qu’il a toujours considérée comme un délire technocratique et constructiviste (The Great Deception*), disait que les constructions de ce genre passaient par une série de phase : la première est celle de l’anticipation, on imagine la beauté grandiose de ce qu’on va faire, la deuxième est celle du rêve, on met en place les échafaudages et on se dit que c’et très beau et que tout va bien, les projets d’avenir sont grandioses et le futur est radieux. La troisième phase est celle de la frustration : tout se détraque et commence à dysfonctionner, mais comme on est sûr d’avoir appliqué les bonnes méthodes et qu’on veut que le rêve fonctionne, on rajoute des doses de dysfonctionnement au dysfonctionnement, dans l’espoir vain que tout puisse rentrer dans l’ordre. Vient ensuite la phase du cauchemar : l’édifice s’effondre, le rêve se brise, le désastre, la panique, et les décombres jonchent le sol. 
 
L’Europe en est encore au stade de la frustration, mais il est clair que le cauchemar s’approche à grands pas. 
 
La Grèce n’a devant elle que de mauvaises solutions : ou rester dans l’euro et rester ainsi dans une récession permanente, ou sortir de l’euro, et faire défaut, et avoir d’un seul coup une baisse de niveau de vie de cinquante à soixante pour cent. 
 
Seule l’Allemagne peut encore payer, mais les Allemands ont leurs propres inquiétudes, liées au vieillissement accéléré de leur population : Angela Merkel a payé contre la volonté de son peuple. Elle ne pourra pas recommencer très souvent avant d’être renvoyée chez elle. Les eurobonds qui mutualiseraient les dettes ne seront pas acceptables pour l’Allemagne et ne seront donc pas acceptés.
 
Un gouvernement de l’Europe dirigé strictement par l’Allemagne ne serait pas du goût de tout le monde, et n’empêcherait pas la nécessité de colmater d’autres brèches très coûteuses et très vite : Espagne, Italie, Belgique. Cela retarderait l’irruption du cauchemar. Cela ne ferait que la retarder. Cela n’empêcherait pas le cauchemar de survenir. Le cauchemar est pour demain. Quand survient demain ? C’est une excellente question. Je dirais : dans quelques mois si tout va bien. Plus vite si tout va mal. 
 
En quoi consistera le cauchemar ? 
 
En une avancée à marche forcée vers un gouvernement centralisé de la zone Euro, et ce ne sera là que le début du cauchemar, car mettre un capitaine aux commandes du Titanic n’empêchera pas longtemps l’avarie fatale. 
 
En une monétisation de la dette par la Banque Centrale Européenne, peut-être, mais l’Allemagne fera tout pour s’y opposer (la monétisation de la dette en réalité, a déjà commencé, largement). Ce ne sera là encore que le début du cauchemar. 
 
En une restructuration de l’euro avec changements de parités ? J’en doute : ce serait humiliant que la France dévalue de trente pour cent par rapport à l’Allemagne, la Grèce de soixante pour cent ou plus, l’Espagne de cinquante pour cent, l’Italie de quarante pour cent. 
 
Le cauchemar sera la décomposition de l’Europe, l’effondrement final. Vladimir Boukovski a expliqué que la construction de l’Europe avait une dimension soviétique, la fin sera digne de la fin de l’Union Soviétique.
 
Une dimension amusante pour finir : les Européens voulaient Obama. Ils l’ont eu. 
 
La récession dans laquelle Obama a maintenu les Etats-Unis depuis trente deux mois a contribué à accélérer le passage de l’Europe à la phase du cauchemar. 
 
Obama, qui cherche des prétextes pour dissimuler la dimension désastreuse de son bilan, va bientôt pouvoir en ajouter un : après avoir dit, c’est la faute à George Bush, c’est la faute au tsunami, c’est la faute à pas de chance, c’est la faute au printemps arabe et c’est la faute à Israël, il va bientôt pouvoir dire c’est la faute à l’effondrement de l’Europe. 
 
L’Europe pouvait bien rendre ce petit service à un Président américain en perdition qu’elle a tellement aimé. Parce que, tout de même, voir l’Europe s’écrouler au moment de sa campagne pour 2012, ce n’est pas seyant. Obama a envoyé Timothy Geithner faire des propositions d’hyper-inflation, histoire de retarder l’explosion : les Allemands ont renvoyé Geithner vers l’expéditeur par le premier avion, après lui avoir tatoué Nein sur le front.
 
Une autre dimension amusante, qui montre que nous allons vers un cauchemar aux allures de trou noir. Tout ce qui se passe serait, dit-on de ce côté de l’Atlantique, la faute des financiers et des spéculateurs. 
 
Ceux qui ont empoisonné le système financier planétaire, accusent ceux qu’ils ont empoisonnés, d’être les empoisonneurs ! L’euro, en s’effondrant et en faisant exploser l’Europe, pourrait mener le système financier mondial lui-même vers l’explosion. Et si c’est le cas, il faudra surtout interdire à quiconque d’exercer le métier de financier et, pour les explications, demander à des gens très compétents : Jose Manuel Barroso sera sans doute disponible pour cela. Obama aussi. Sarkozy y pensera en se rasant le matin. Olivier Besancenot a disparu des écrans radars : lui aussi se prépare à remplacer les financiers, sans doute. Par le retour à une économie de troc ?
 
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© Guy Millière pour www.Dreuz.info
 
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