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Publié par Michel Garroté le 14 octobre 2011

Sans commentaire…

Michel Garroté – Monsieur Sarkozy, puisque vous recevez le palestinien Mahmoud Abbas aujourd’hui, vendredi 14 octobre 2011, je vous écris ceci : 1- vous ne connaissez pas le problème, que vous prétendez résoudre, et, que, personne d’intelligent, ne vous a demandé de résoudre ; 2- à cause de votre ignorance, feinte ou réelle, et, à cause de votre parti pris, vous faites le jeu de la « cause palestinienne », et, vous n’aidez pas, un quelconque « Etat palestinien », dont vous ne saisissez même pas la nature ; 3- puisque vous ne lisez pas les arguments des Israéliens, je vous soumets ci-dessous les arguments d’un expert d’origine iranienne, Amir Taheri ; car après tout, peut-être que le farsi – traduit en anglais puis en français – vous est plus familier que l’hébreu ; et pour autant que l’écriture argumentée et la lecture assidue ne soient pas des choses au-dessus de vos capacités, assez limitées, surtout ces derniers temps, avouez-le.

L’expert d’origine iranienne Amir Taheri* estime (extraits ; références et source en bas de page) que de prime abord, il s'agit d'une question claire et nette. Depuis sa fondation après la deuxième guerre mondiale, l'ONU a admis en tant que membres plus de 150 Etats. Il n'y a pas de raison pour que la demande palestinienne pose problème. Et pourtant, elle en pose. En un peu plus de soixante ans, rien n'a été simple avec la Palestine. L'ironie, c'est que l'ONU avait tenté de créer un Etat palestinien en 1947. Ses membres arabes avaient rejeté l'idée. Une idée qui renait 20 ans plus tard, dans la foulée de la débâcle arabe de 1967. Elle est enterrée par les rejectionnistes (ndmg – leaders arabo-musulmans) et leurs alliés (ndmg – Etats arabo-musulmans). Le président de l'Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, a peut être ressuscité l'idée pour des raisons personnelles. Le mandat d'Abbas s'est achevé il y a deux ans, et il n'existe aucun mécanisme pour choisir un successeur. Parallèlement, ses efforts pour former un gouvernement de coalition avec le Hamas sont tombés à l'eau. Ainsi, débattre d'un Etat palestinien pourrait donner un certain élan ou à tout le moins changer les titres des journaux au cours de quelques semaines. Mais la création d'un Etat palestinien dépend-t-elle d'une reconnaissance par l'ONU ? Rien n'est moins sûr. Pendant plus de 20 ans, la Nation la plus peuplée de la planète, la Chine, fut interdite d'entrée à l'ONU. Personne ne nie que la Suisse soit une Nation, bien qu'elle ait refusée des décennies durant d'adhérer a l'ONU. A une plus petite échelle, le Kosovo actuel est un Etat souverain, malgré le veto russe qui l'empêche de joindre l'ONU.

Amir Taheri : Dans le cas de la Palestine, le problème est à la base. De création récente, l'Etat moderne est l'expression politique de l'existence d'une Nation. Il faut qu'il y ait d'abord une Nation, pour que l'on cherche ensuite un Etat qui exprime son existence. La Palestine est-elle une Nation, dans le sens moderne du terme tel qu'il est décrit par Johann Gottfried Herder a la fin du 18ème siècle ? Cette question pourrait surprendre, voire fâcher. Pourtant, pas un seul parmi les douzaines de partis politiques ayant revendiqué la représentation des Palestiniens au cours de ces 70 dernières années ne s'est jamais présenté comme national. Des termes comme "Nation" ou "national" ne figurent pas dans la désignation de mouvements tels le Fatah ou le Hamas. Ces mouvements, ainsi que plusieurs autres, plus petits, préfèrent plutôt l'utilisation d'adjectifs comme "islamique" et "populaire". Il est sous entendu que les Palestiniens sont, au mieux, un "peuple", mais pas une Nation. Ils sont perçus comme faisant partie, soit d'une plus grande et mythique "Nation" arabe, soit d'une Oummah islamique, autrement plus problématique. Epousant des idéologies gauchistes ou islamistes, les formations politiques palestiniennes ont systématiquement rejeté le concept d'une Nation, pierre angulaire de l'Etat moderne. Le contraste avec les mouvements modernes de libération nationale de par le monde est révélateur. Pour eux tous, le terme de "Nation" est à la clé de leur identité. Nous avons ainsi le Congrès National Africain en Afrique du Sud, et le Front de Libération Nationale en Algérie. Et quoique dominé par le communisme, même le Viêt-Cong s'est déclaré être un front de libération nationale.

Amir Taheri : Islamistes ou gauchistes, les mouvements politiques palestiniens traitent la Palestine comme une "cause", plutôt qu'un projet politique. Mais quelle est donc cette "cause" ? Celle-ci a été clairement présentée par le dirigeant du Hamas, Khaled Mechaal, dans un discours à Téhéran le 3 octobre. "Notre but, indique-t- il, est de libérer toute la Palestine, de la Rivière à la Mer". En d'autres termes, le but n'est pas de donner un Etat aux Palestiniens mais de détruire Israël. Ramadan Abdallah Shallah, dirigeant du Jihad Islamique pour la Palestine, était encore plus explicite. "Lorsque nous prendrons le pouvoir, nous ne permettrons pas au régime sioniste de vivre un seul instant", a-t-il déclaré à Téhéran. D'après le quotidien Kayhan, daté du 4 octobre, les deux hommes ont rendu hommage au "Guide Suprême", Ali Khamenei, en tant que celui qui aura le dernier mot sur la Palestine. "Le vénérable Commandeur de la Révolution Islamique, l'Imam Khamenei, est notre guide et notre leader", a dit Mechaal. "Ses désirs seront la cause des Palestiniens. Khamenei est notre souverain et maître". Bien entendu, ce n'est pas la première fois que des dirigeants palestiniens mettent "la cause" aux enchères. Il fut un temps ou l'on se répandit en obséquiosité à l'égard de Nasser, "guide et maître". En 1991, Yasser Arafat avait vendu "la cause" à Saddam Hussein. Quelques années plus tard, à Oslo, il l'a revendue à Shimon Peres. Dans son discours, Khamenei a promis qu'une fois Israël détruit, il organiserait un référendum dans lequel les Palestiniens du monde entier et quelques citoyens d'Israël décideraient du sort de la "Palestine libérée".

Amir Taheri : Les mauvaises langues à Téhéran racontent, qu'une des options pourrait être le rattachement de la "Palestine libérée" à l'empire de l'Imamat de Khamenei. Ce n'est pas une vue de l'esprit. Après tout, Nasser (ndmg – à l’époque où il était Chef d’Etat égyptien) avait, lui aussi, espéré annexer la "Palestine libérée" à sa République Arabe. Saddam Hussein rêvait de transformer la Palestine en "comptoir méditerranéen" de l'Irak, un plan qui aurait également impliqué la destruction de la Jordanie en tant que pays indépendant. Hafez el Assad avait fantasmé d'intégrer la Palestine dans une "Grande Syrie". La flagornerie de Mechaal et de Shallah à l'égard de Khamenei signifie qu'il n'y a pas de "Nation" palestinienne. Une Nation souveraine ne demanderait pas qu'un dirigeant d'un pays étranger décide de son avenir. La quête d'un Etat palestinien commence chez les Palestiniens eux-mêmes. Ils doivent décider s'ils sont une Nation moderne, ou bien un fragment d'une entité plus large, échappant à leur contrôle. Une fois parvenus à une conscience propre d'une Nation, ils pourraient chercher une expression étatique dans des territoires ou ils sont majoritaires (ndmg – l’auteur mentionne surtout le Hamas, mais il en va de même du Fatah, dont « l’Autorité palestinienne » et le « Président » Mahmoud Abbas ne sont que la façade). Cela n'exclurait pas des revendications territoriales contre des voisins (la plupart des membres de l'ONU ont des revendications semblables vis-à-vis un ou plusieurs de leurs voisins). Cependant, en tant que membre de l'ONU, un Etat ne peut adopter la destruction d'un autre Etat membre comme sa "cause". La Palestine doit choisir ce qu'elle veut être : une "cause" ou un Etat, conclut Amir Taheri.

* Amir Taheri est né à Ahvaz, dans le sud-ouest de l'Iran, et a fait ses études à Téhéran, Londres et Paris. Il était rédacteur-en-chef exécutif du quotidien Kayhan, à Téhéran (1972-1979). Entre 1980 et 1984, il est rédacteur pour le Proche Orient au Sunday Times. Entre 1984 et 1992, il est membre du comité exécutif du International Press Institute (IPI). Entre 1980 et 2004, il rédige articles et reportagespour le International Herald Tribune. Il a écrit pour le Wall Street Journal, le New York Post, le New York Times, le London Times, le magazine français Politique Internationale et l'hebdomadaire allemand Focus. Entre 1989 et 2005, il est éditorialiste au quotidien allemand Die Welt. Il a publié 11 livres, dont certains traduits en 20 langues. Il est chroniqueur au Al-Sharq Al-Awsat depuis 1987. Son dernier livre, "The Persian Night", est publié parEncounter Books à Londres et à New York. Traduction de l’article ci-dessus : Y.P.

© Michel Garroté, rédacteur en chef www.dreuz.info & sources

mgarrote56@gmail.com

http://www.asharq-e.com/news.asp?section=2&id=26840

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