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Publié par Gilles William Goldnadel le 18 octobre 2011

William Goldnadel revient cette semaine sur la libération de Gilad Shalit, la situation des coptes en Égypte et la souffrance au travail en France. 

 

Immense tollé : les syndicats d’enseignants ont rejeté la proposition de Luc Chatel de mettre en place un dispositif d’évaluation en dernière année d’école maternelle pour déterminer quels sont les élèves en risque d’échec scolaire.

 

A dire le vrai, je ne me souviens pas d’une proposition émise par un ministre de l’Éducation nationale, a fortiori de droite, qui ait reçu un autre accueil syndical qu’un haussement d’épaules, des ricanements ou des cris d’orfraies. Pourtant, dans notre cas d’espèce, ce sont ces mêmes enseignants, qui, depuis des lustres, ont rappelé avec raison que tout se jouait dans les premières années de la vie de l’élève. Mais ici, et comme souvent, les esprits partisans en viennent à oublier leurs propres principes. Au-delà du plaisir inlassable de contrarier un ministre conservateur, qui, en l’espèce, l’est bien moins que lui, le corps enseignant, au regard du surmoi idéologique qui l’enserre, ne saurait accepter de cautionner ce qu’il décrit faussement comme une mise en fiche des enfants. François Hollande, pas si gauche molle que cela, lui a emboité le pas.

 

C’est sensiblement pour les mêmes raisons, que la gauche dure, soi-disant défenseur des droits de l’homme, a refusé pendant des années, la constitution de fichiers de la délinquance. Avec les dégâts que l’on sait. En revanche, elle n’a jamais contrarié les menées informatiques de l’administration fiscale. Il est des Big Brother que l’on traite plus fraternellement.

La souffrance au travail : arme de destruction massive

Comment ne pas être atterré au lendemain de la mort de la pauvre enseignante de Béziers, qui s’est donné la pire des morts par le feu dans la cour de son école. Immédiatement, les syndicats ont pointé la responsabilité de leur administration. Avec une belle honnêteté intellectuelle, cependant, le sociologue François Dubet reconnaît dans le Monde du 15 octobre que la profession d’enseignant « reste relativement épargnée au niveau santé ».

 

Et si on cessait d’instrumentaliser sans décence des suicides dont on ignore par essence les causes profondes et complexes ? Depuis la funeste création du délit pénal de harcèlement au travail, dont je ne suis pas le plus mal placé pour écrire qu’il constitue, par sa formulation artistique, une invitation à la délation ; la souffrance au travail, parfois authentique, parfois imaginaire, est l’enjeu privilégié du combat idéologique. La CGT en a fait une arme de destruction massive.

 

Qu’on ne le répète surtout pas, mais j’affirme qu’un salarié peu scrupuleux (il en existe bien quelques-uns) peut aujourd’hui décider de simuler une tentative de suicide, se mettre en arrêt maladie en invoquant un harcèlement de son supérieur, avec la compréhension bienveillante de l’Inspection du travail, puis citer celui-ci devant le tribunal correctionnel, avec de solides chances de succès.

Quand l'Europe semble découvrir le sort des chrétiens d’Orient

L’armée égyptienne massacre des Coptes dans les rues du Caire. L’Occident post chrétien semble découvrir le sort des chrétiens d’Orient. C’est au moins l’un des tristes avantages que procure un printemps arabe de plus en plus glacial. La réalité, occultée jusque-là soigneusement par le neo tiers-mondisme médiatique, c’est qu’en fait, il n’y a, à l’est, rien de nouveau. De l’Indonésie à la Turquie, on assassine des chrétiens depuis toujours.

 

Et pour en revenir aux premiers occupants du pays des pharaons, Tangi Salaun écrit dans le Figaro du 16 octobre, que les salafistes, bien placés pour les prochaines élections législatives, brûlent les églises et que cent mille coptes ont déjà quitté Égypte depuis mars.

 

En Tunisie, ces mêmes salafistes ont contraint le responsable d’une télévision privée de faire amende honorable pour avoir osé projeter le film « Persépolis » de la cinéaste dissidente iranienne Satrapi.

 

En Libye, les fidèles de Kadhafi, retranchés dans Syrte, tiennent toujours tête aux troupes d’un Comité National de Transition qui inquiète de plus en plus les occidentaux pour le peu de cas qu’il fait du sort des civils de la ville assiégée. Serait-ce faire du mauvais esprit que de suggérer que les belles âmes manifestaient davantage d’intérêt pour le sort de Gaza ?

Gilad Shalit : otage ou prisonnier de guerre ?

Précisément, c’est d’un cachot de cette ville que sortira bientôt Gilad Shalit qui y croupit depuis plus de cinq ans sans avoir été visité par qui que ce soit, pas même la Croix-Rouge. Sa famille remerciera probablement toutes les personnes qui ont manifesté à son égard une élémentaire compassion. Elle ne remerciera certainement pas le Syndicat National des Journalistes de RFI. Celui-ci s’était étonné le 26 juillet auprès d’Alain de Pouzilhac, de ce que « RFI le compte désormais parmi « les otages français » (civils) auxquels on rend hommage tous les jours, dans le journal de 8 h ».

 

Ainsi, le puissant syndicat majoritaire, en dépit des dispositions des conventions de Genève, en dépit du fait que l’ONU, l’Union Européenne, la Croix-Rouge Internationale, l’association « Otages du Monde » de l’ex journaliste otage au Liban Jean-Louis Normandin, le Centre Palestinien de Défense des Droits de l’Homme considèrent Shalit comme otage, se sera obstiné jusqu’au bout à le considérer comme un prisonnier de guerre. Un organe corporatif sans cœur ni tête ?

 

© Gilles William Goldnadel

L'article original peut être consulté sur le blog de Gilles William Goldnadel

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