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Publié par Gilles William Goldnadel le 14 novembre 2011

Après la journée de la gentillesse dimanche, William Goldnadel se penche sur cette France devenue cynique et brutale.

Dimanche 13 novembre. "Journée de la gentillesse". Encore que je n’apprécie guère l’inflation de journées symboliques qui dévaluent la valeur de celles retenues institutionnellement et qui font consensus, celle-là me parait, par comparaison, moins dérisoire que celle "du drapeau" suggérée il y a peu par une autoproclamée "droite humaniste".

La gentillesse, la bonté, valeurs déprisées par le cynisme dévastateur de la méchanceté promue médiatiquement. La France des années 60 aura ainsi basculé de Fernand Raynaud à Guy Bedos, de Tintin à un Hara-Kiri "bête et méchant ". Les ados ont troqué leurs gentils sourires d’enfants pour un rictus ironique censé être plus futé. L’idéologie dominante des années 70 a raillé la charité trop catholique qui donne bonne conscience mais n’a pas empêché, pour cause de crise, les restos du cœur à gauche. Elle a moqué "le paternalisme patronal" des Michelin et des Boussac, qu’on regrette depuis les traders branchés et sans scrupules et les seigneurs sans morale ni culture du CAC 40.

 Encore et toujours DSK. Puis-je encore dire que la presse n’est pas très gentille envers lui ?

J’ai toujours pensé publiquement, avant ses malheurs, qu’elle le surestimait moralement et intellectuellement pour me le permettre. Ainsi, je ne suis pas loin de penser que, de même que le psychorigide Alfred Dreyfus aurait fait un excellent antidreyfusard, l’ancien patron du FMI, à l’instar de ses amis politiques qui hurlaient au complot, aurait pris le parti de la femme de chambre pour peu que son violeur putatif ait été un conservateur bon teint.

Il n’en demeure pas moins que, pénalement, j’ai tenu, par principe, à soutenir ici et ailleurs que les actions diligentées sans preuves sérieuses par Mlles Diallo et Banon feraient long feu. Je ne pense pas avoir été cruellement démenti par la suite.

Il en sera de même, s’agissant de la bouffonnerie graveleuse du Carlton de Lille, où il s’écrit ici et là, qu’en ayant bénéficié, de par son prestige, des improbables charmes de dames tarifées, il se serait rendu coupable de recel d’abus de biens sociaux, et pourquoi pas, ai-je lu, de complicité de proxénétisme !

J’ai lu également partout qu’Anne Sinclair était sur le départ et qu’il n’osait plus se montrer en public. Est-on sûr, si la chose est avérée, que le détachement de l’épouse vient de la révélation de faits qu’elle avait bien la licence d’accepter plutôt que du ridicule causé par un harcèlement cette fois peu douteux ?

L’ambulance brinquebalante sur laquelle on ne cesse de tirer commence à ressembler à un corbillard.

Après avoir, par sotte complaisance, comparer Dominique Strauss-Kahn à Léon Blum, veut-on vraiment faire de lui un nouveau Salengro ?

Lors de mon dernier bloc-notes, j’avais sous-estimé les victimes chrétiennes des islamistes nigérians. Elles étaient 150. La presse française n’a pas jugé utile de leur consacrer un article.

Des noirs massacrés par des non-occidentaux ne valent pas dix lignes.

Il en est de même des civils sud-soudanais bombardés cette semaine par les avions du régime de Khartoum. Aucun intérêt pour des journalistes, humanistes, droits de l’hommistes, certes, mais pas vraiment bons.

Au fait, s’agissant des gentilles "assoces" autoproclamées, à quand des manifestations de la République à la Nation, organisées par le MRAP ou la Ligue des Droits de l’Homme contre les massacres en Syrie ? D’évidence, Hama n’est pas Gaza.

 Les pseudo-antiracistes militants ne sont pas non plus très gentils, ni d’ailleurs opposés au racisme.

Ils ont simplement troqué un racisme pour un autre. J’ai tenté de l’expliquer dans ma "question Blanche"*. Prenez le dernier film de Mathieu Kassovitz, « L’Ordre et la Morale ». J’ai entendu son réalisateur, dans le cadre d’une interview, évidemment non contradictoire, sur France Inter samedi matin, éructer contre le directeur d’un cinéma de Nouméa qui ne voulait pas passer son film sur le drame d’Ouvéa. Il n’y voyait ni plus ni moins que du racisme blanc mâtiné de colonialisme caldoche. Je ne verrai pas son film. Ce que je sais d’un homme qui doute du 11 septembre me suffit pour ne pas qu’il m’inspire une crédibilité illimitée.

Je raconte également dans le livre précité l’avoir rencontré, en tant qu’avocat, au Palais de justice, quand je défendais un syndicat de flics partie civile (désolé…) opposé à Ministère Amer. Je fus donc conduit à interroger le réalisateur venu témoigner en faveur de ses amis rappeurs et insultants. Sans surprise, l’artiste s’est contenté de mettre noblement et dramatiquement en avant une liberté d’expression avec laquelle on ne devrait jamais, clamait-il haut et fort, transiger. Lorsque je me suis hasardé à lui demander si la même liberté devrait, par exemple, être accordée à Jean-Marie Le Pen, le témoin, manifestement peu habitué ni au questionnement ni à la contradiction a soudain perdu la voix.

Apparemment, il l’a retrouvée pour exécuter l’exploitant de salle néo-calédonien et récalcitrant.

Si cela ne me suffisait pas à douter du sérieux de Kassovitz, l’excellent article de Thierry Deransart, rédacteur en chef des Nouvelles Calédoniennes Hebdo à Nouméa au moment du drame et présent dans la grotte d’Ouvéa au lendemain de l’assaut controversé y contribue définitivement (le Fig Mag de cette semaine). De manière très documentée et convaincante, il déconstruit un film idéologiquement mensonger qui aurait mérité d’être tourné en noir et blanc.

Comment pourrait-il d’ailleurs en être autrement ? Le conformisme xénophile de l’anticonformisme cinématographique formate les esprits depuis 40 ans.

Les explications ne manquent pas : le goût de la mode, le plaisir de paraître, l’esthétisme de la radicalité pépère.

Quoi que l’Histoire ait montré, pendant l’occupation et sans trop d’aménité, que les artistes ne se comportaient pas de manière plus gentille que les bouchers charcutiers ou les avocats – et on ne voit pas pourquoi il en aurait été trop autrement – eux-mêmes et leur public semblent continuer à penser le contraire.

Mais soyons nous-mêmes plus gentils : le titre du film de Kassovitz est très honnête. L’ordre (et la) Morale. Il ne s’agit que de cela.

© Gilles William GOLDNADEL

L'article original peut être consulté sur le blog de G. William Goldnadel

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