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Publié par Ftouh Souhail le 4 décembre 2011
Depuis le début de la révolte populaire en Syrie, les services de renseignements syriens, les Mouhabarats, agissent en toute liberté à l'étranger. Des techniques d’intimidation parfois violentes sont utilisées pour tenter de réduire les opposants au silence.
 
La France n'avait pas réagi publiquement après l'agression du 26 août dernier contre des militants syriens à Paris, alors que plusieurs témoignages font état de la présence de détenteurs de passeports diplomatiques aux agissements plus que louches. Paris ne s’est pas montré très ferme envers leurs agissements, mais le changement est en voie (1).
 
Le Ministre de l'intérieur, Claude Guéant, a confirmé vendredi 2 décembre que des menaces pesaient contre la sécurité d'opposants syriens en France, et que des mesures étaient prises pour y faire face.
 
« Nous avons le devoir de prendre des mesures pour assurer la sécurité des ressortissants syriens qui peuvent être menacés », a-t-il ajouté, évoquant notamment « ceux qui sont appelés à jouer un rôle dans le renouveau démocratique de la Syrie ».
 
Les autorités françaises assurent donc la protection de membres de l'opposition syrienne en France, notamment le dirigeant du CNS Burhan Ghalioun, sur qui pèsent des « menaces », a déclaré le 2 décembre 2011 le Ministre. « Même si les menaces ne sont pas exprimées, nous savons que l'Etat syrien est violent, qu'il n'hésite pas à recourir à la menace », a-t-il ajouté. Et le puissant système du renseignement en Syrie aurait placé ce professeur de sociologie politique à Paris sur la liste des personnes à « liquider ».
 
La réputation de Burhan Ghalioun, penseur arabe critique et engagé, a commencé à la fin des années 1970, avec la publication du Manifeste pour la démocratie, alors que le président Hafez el-Assad consolidait son emprise sur le pouvoir, et rencontrait une opposition intérieure considérable. Dans ce manifeste, Ghalioun disait que les Etats arabes étaient devenus les ennemis de la société. Il demandait aux Etats arabes de restaurer une participation démocratique pleine et entière.
 
En 2000, avec d'autres défenseurs syriens du changement, Ghalioun avait été un participant actif du collectif du Printemps de Damas, suite à l'accession au pouvoir de Bachar el-Assad.
 
Mi-mars 2011, lorsque la vague de protestations populaires a commencé en Syrie, Ghalioun a rapidement exprimé son soutien. Il avait fait un certain nombre d’apparitions dans les médias et s’était fortement impliqué, avec d'autres dissidents basés en Europe, pour unir les groupes d'opposition syriens en exil.
 
Le 29 août 2011, Burhan Ghalioun a été nommé président du Conseil national syrien (CNS), une autorité politique de transition créée à l'occasion de la révolte syrienne de 2011.
 
Les médias syriens, qui accusent l’Occident et Israël d’être derrière les manifestations anti-gouvernementales, ont vivement condamné ce matin les déclarations « pro sionistes » de cette figure de l’opposition à Bachar el-Assad qui parle de « la pacification de la Syrie ». Quels que soient les évènements, les groupes politiques contestataires et les mécontentements populaires, ceux-ci sont toujours méprisés et considérés comme étant dicté par le bras des sionistes.
 
Dans un entretien au quotidien Wall Street Journal publié ce vendredi, Bourhan Ghalioun s'est dit prêt à revoir les relations de Damas avec le Hezbollah et l'Iran, s'il arrivait au pouvoir. Ghalioun, a déclaré au Wall Street Journal qu'après la chute de Bachar el Assad, la Syrie rompra son alliance stratégique avec l'Iran, le Hezbollah et le Hamas. 
 
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© Ftouh Souhail pour www.Dreuz.info
 
(1) Le cas le plus grave s'est déroulé à Paris, dans la nuit du 26 au 27 août dernier (lire l'article du Monde "Les sbires du régime Assad pourchassent les opposants jusqu'à Paris" publié dans l'édition du 4 octobre 2011).
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