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Publié par Dreuz Info le 6 décembre 2011
Par Misha Uzan.
 
Ennahda en Tunisie, le PJD au Maroc et les Frères musulmans en Egypte sont les grands vainqueurs des élections. Partout dans les pays d'occupation arabo-islamique, les populations votent en majorité pour ceux qu'ils perçoivent comme le plus proche de l'islam, comme les représentants de l'islam, comme des dignitaires religieux, comme les dignes successeurs de leur tradition, de leurs valeurs : les islamistes. 
 
En un mot, les arabo-musulmans aiment l'islam et ils aiment l'islamisme. 
 
Lorsqu'ils choisissent l'islam, ils choisissent l'islamisme. Lorsqu'ils votent islam, ils votent islamiste. C'est leur culture, leur identité, leur religion.
 
En Europe on passe son temps à distinguer islam et islamisme. Comme si l'islamisme n'était pas l'islam. On peut débattre du degré de certaines formes d'islamisme, des quelques tentatives ultra-minoritaires d'islam réformé (en Turquie, en Indonésie, ou les Ahmaddis), mais on ne peut pas invoquer une différence de nature. 
 
Les militants laïques et démocrates existent en Tunisie, au Maroc, en Egypte, et même en Lybie. Mais ils sont minoritaires et incapables de gagner des élections. En outre, la laïcité et la démocratie sont des cultures étrangères à l'Islam.
 
Les partis islamistes qui gagnent les élections n'ont pas d'histoire démocratique, ni de tradition démocratique, ni d'ambition ou de volonté démocratiques. Leur construction, leur histoire, leur programme, leur idéologie n'ont rien de démocratique. Ce ne sont pas des démocrates. Leur histoire c'est l'islam, leur programme c'est l'islam, leur volonté c'est l'islam … et Mahomet est le prophète. On peut se demander si, un jour, démocratie et laïcité pourront même s'y imposer.
  
Il serait temps d'arrêter de nous dire que « la majorité des musulmans » sont des démocrates qui veulent la paix et la tolérance entre les peuples. C'est faux. D’ailleurs on les voit rarement se manifester et manifester pour ces causes, et, dans les urnes, ce n'est pas le message qu'ils envoient. Surtout pas les arabo-musulmans. 
 
Egypte : plus de 68% pour les islamistes 
 
D'après les résultats publiés, en Egypte, le plus peuplé des Etats d'occupation arabe, les Frères musulmans récolteraient près de 40% des voix, et remporteraient la première étape des élections législatives. Ils sont talonnés par les salafistes du parti Al-Nour qui dépassent les 24% des voix. Les Salafistes sont des intégristes musulmans, plus extrémistes encore que les Frères musulmans. Enfin, une troisième liste islamiste, celle du Wassat, un peu moins extrémiste (c'est très relatif) remporte 4% des suffrages. Il s'agit donc d'une victoire de plus de 68% pour les islamistes toutes catégories. 
 
Différents islamistes 
 
Il existe des différences de doctrine, de présentation, de discours et de pratiques entre les différents partis qu'on nomme islamistes. On manque en fait de vocabulaire pour qualifier ces mouvements, différents entre eux, mais également sans équivalents en Europe, et dont les valeurs sont très proches des extrêmes droites historiques.
 
C’est en tous cas une erreur radicale que de les qualifier de « modérés ». 
 
Qu'y a-t-il de modéré dans les successeurs d'Hassan-al-Banna, le fondateur du fascisme islamique ? Qu'y a-t-il de modéré chez Ennahda, un parti pour qui l'iconoclasme radical musulman, l’interdiction de dessiner le prophète, de le critiquer, sont des valeurs fondamentales ? Parler de « modérés » est une erreur en Egypte, en Tunisie, au Maroc, en Libye et partout ou couper les mains d’un voleur, punir de prison ou de mort les homosexuels et les candidats à la conversion, tolérer les crimes d’« honneur », accepter la mise à mort par jets de pierres des femmes adultères, interdire la liberté de la presse, faire vivre les chrétiens en situation d’apartheid et de soumission, sont les règles souhaitées par une majorité de la population.
 
Le mot même d'islamisme décrit l'extrémisme.
 
On peine à trouver cet « islam modéré » dont on nous parle sans presque jamais le voir, alors que dire de « l’islamisme modéré » ? Un « extrémisme modéré » ? Non-sens. Ni Ennahda, ni le PJD, ni les Frères musulmans, ni les Salafistes ne sont des modérés.
 
Le Hamas est une filiale des Frères musulmans. Selon la France, l’Union Européenne, les Etats Unis, et également selon ses actes, c’est un groupe terroriste. Un groupe terroriste est-il modéré ? 
 
Les partis arabistes en place ou destitués, dans les Etats d'occupation arabo-musulmane, et qu'on appelle « laïcs » (faute de mieux, car c'est un autre défi sémantique), ne sont pas, on l’a vu et nos élites politiques l’ont eux-même affirmé, des modérés. Que dire alors des partis religieux qui les remplacent peu à peu ? Les laïcs plus tolérants étaient extrémistes et les religieux imposant la Charia sont modérés ? 
 
Nommer les islamistes 
 
Mais comment nommer des partis aussi différents que les Frères musulmans, Ennahda, le PJD marocain ou les salafistes ?
 
Premier constat, l’islam politique est leur point commun. Et l'islamisme, ce n'est rien d'autre que l'islam politique, que l’application de la charia par des partis politique (et des groupes terroristes). A ce titre le mot « islamiste » semble efficient. N'en déplaise à Dominique Vidal, qui, invité sur France 24 pour parler d'autre chose, trouva néanmoins le moyen de se plaindre de l'emploi du terme « islamiste » pour désigner les vainqueurs des pays d'occupation arabo-islamique. Ces partis sont bien islamistes, avec des différences qui n’écarte aucun d’entre eux de l’islamisme. 
 
On nomme de « droite » des partis de nature, de programme, d'histoire et d'idées très différentes. Pareil à gauche. On doit donc tout aussi bien nommer « islamistes » tous les partis de l'islam.
 
Pour les distinguer entre eux, on pourra ajouter le qualificatif qui les décrit le mieux. Certains ont déjà essayé : nazislamistes, fascislamistes, islamistes étapistes (l'islam par étapes), islamistes alqaïdistes, nihilistes, islamistes hypocrites, ou hypocritistes, etc.
 
Il y a de quoi faire, car l'islamisme n'est pas prêt de mourir. 
 
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