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Publié par Guy Millière le 7 décembre 2011
Comme on le sait désormais très largement, lors du récent G20, une conversation entre Nicolas Sarkozy et Barack Obama, tenue off the record (hors des micros) a néanmoins été enregistrée. 
 
On y entendait Nicolas Sarkozy déclarer qu’il ne pouvait plus supporter Binyamin Netanyahu et traiter celui-ci de menteur, et Obama répondre « Tu en as marre de lui, mais moi, je dois traiter avec lui tous les jours ! ». 
 
Depuis, il n’y a pas eu de rétractation ou d’excuses venues de la Maison Blanche. Nul n’ignore aux Etats-Unis la vive antipathie de Barack Obama pour le Premier ministre israélien, et l’absence totale de sympathie de l’administration Obama pour Israël. 
 
S’il tentait de se justifier, Barack Obama risquerait très vite de s’enferrer dans les mensonges, et les journalistes américains, bien que majoritairement démocrates, ont la réputation non usurpée d’être moins dociles que leurs confrères français, et de ne pas se contenter de non réponses à leurs questions. Barack Obama a donc ignoré la divulgation de ses paroles, et laissé l’eau couler sous les ponts. 
 
Abraham Foxman, président de l’Anti Defamation League, l’une des principales organisations juives américaines, a publié un communiqué disant son « inquiétude » et sa « déception », et les choses en sont restées là. 
 
Nicolas Sarkozy, lui, s’est senti beaucoup plus gêné. Il s’est répandu en excuses, a dit qu’on l’avait mal compris, et a, voici quelques jours, reçu des journalistes israéliens et les représentants officiels de la communauté juive. C’est pour cette raison que j’écris ces lignes. 
 
Nicolas Sarkozy a, bien sûr, souligné, en recevant ces journalistes et représentants officiels, que ses propos avaient été pris « hors de leur contexte ». Sans préciser, bien sûr encore, de quel contexte il s’agissait. 
 
Il a dit-on, fourni des « explications », mais a demandé à ses interlocuteurs que celles-ci soient tenues secrètes : c’est, cela va sans dire, ce qu’on appelle la transparence à l’Elysée.
 
Les interlocuteurs de Nicolas Sarkozy ont gardé le secret : c’est, cela va sans dire, toujours, ce qu’on appelle de la « diplomatie ». 
 
Nicolas Sarkozy a réaffirmé son soutien à Israël. 
 
Il a aussi réaffirmé son amitié pour Binyamin Netanyahu. 
 
Et il s’est attendu à ce qu’on le croie sur parole. 
 
Il n’en a pas moins ajouté qu’il appuyait toujours l’accès au statut de membre associé d’un Etat palestinien à l’Organisation des Nations Unies. Chassez le naturel, dit la vieille expression… 
 
N’étant tenu ni par la transparence telle qu’on la conçoit à l’Elysée, ni par la moindre attitude diplomatique, j’écrirai, moi, que le contexte des propos de Nicolas Sarkozy est aisé à préciser : c’est celui où Nicolas Sarkozy appuie effectivement l’accès de l’Etat palestinien au statut de membre associé des Nations Unies, tout en comparant l’Autorité Palestinienne au Vatican, ce qui serait risible si ce n’était grotesque. 
 
C’est celui où Nicolas Sarkozy, voici quelques semaines, a qualifié Mahmoud Abbas d’ « homme d’Etat » et s’est gaussé de la demande d’Israël de se voir reconnu en tant qu’Etat juif. Et c’est celui d’un vote de la France en faveur de la demande d’adhésion de l’Etat palestinien à l’UNESCO, organisation qui s’emploie à effacer la mémoire d’une présence juive dès l’Antiquité au Proche-Orient.
 
J’écrirai que nulle explication, secrète ou non, ne me semble devoir s’ajouter. Ou, plutôt, que des explications publiques sur une succession de paroles malséantes et de gestes douteux s’imposeraient, si Nicolas Sarkozy ne voulait pas sembler absolument hypocrite. 
 
Je préciserai que le soutien de Nicolas Sarkozy à Israël n’est, en ce contexte, que ce qu’on appelle une parole verbale, et que si tous les amis de Binyamin Netanyahu étaient aussi droits que Nicolas Sarkozy, Binyamin Netanyahu n’aurait vraiment plus besoin d’ennemis. Comme le disait un homme que Nicolas Sarkozy a beaucoup fréquenté, les paroles verbales n’engagent que ceux qui les avalent sans rechigner. 
 
J’ajouterai, ne voulant pas accabler ce brave homme, que si Nicolas Sarkozy voulait montrer qu’il soutient vraiment Israël, cela pourrait être simple : il pourrait, par exemple, reconnaître que le vote français à l’UNESCO était une erreur, s’en excuser, et à titre de repentance, couper tout financement français à l’organisation. Il pourrait aussi renoncer à appuyer la candidature d’Etat associé de l’Etat palestinien aux Nations Unies, et regretter publiquement la comparaison entre l’Autorité palestinienne et le Vatican. Ce ne sont là que quelques idées simples que je tiens à la disposition de l’Elysée. 
 
S’il voulait ôter tout doute à qui resterait sceptique, Nicolas Sarkozy pourrait faire mieux encore : se rendre en visite en Israël et reconnaître enfin Jérusalem comme capitale d’Israël.
 
Si Nicolas Sarkozy allait jusque là, il n’aura plus même à parler d’amitié envers Binyamin Netanyahu, car c’est non seulement son soutien pour Israël, mais son amitié effective pour Israël qui deviendraient visibles aux yeux du monde.
 
Si Nicolas Sarkozy ne fait rien de ce que je suggère, et s’il en reste aux paroles verbales, il disposera quand même d’une possibilité de ne plus avoir à parler à un « menteur » et de ne plus avoir d’aigreurs d’estomac à l’idée de le rencontrer et de devoir lui sourire : prendre une retraite anticipée.
 
Il se peut que les électeurs français lui offrent cette possibilité dès le mois de juin prochain. 
 
Pour peu, comme c’est assez probable, que Barack Obama soit lui-même invité à quitter la Maison Blanche en novembre 2012, Barack Obama n’aura plus à traiter avec Netanyahu tous les jours, ce qui sera très bon pour sa santé et lui ôtera un poids. 
 
Nicolas Sarkozy et Barack Obama, le cas échéant, pourront alors proférer les mots qu’ils voudront, devant ou derrière des micros ou même sans micros, cela n’aura plus grande importance.
 
Aux Etats-Unis, il y aura, le cas échéant, beaucoup mieux qu’Obama à la Maison Blanche. 
 
En France, il y aura, sans aucun doute, bien pire que Sarkozy à l’Elysée. 
 
Mais de là à considérer que Nicolas Sarkozy soutient Israël et est ami de Binyamin Netanyahu, il y aurait bien davantage qu’un pas qu’il serait insensé de franchir : un gouffre où se tient tapie la nauséabonde et plus que jamais omniprésente politique arabe de la France.
 
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© Guy Millière pour www.Dreuz.info
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