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Publié par Guy Millière le 26 décembre 2011
Les électeurs conservateurs américains font preuve d’un scepticisme obstiné face à la candidature de Mitt Romney, que les hautes sphères du parti républicain entendent voir investi au terme des élections primaires. 
 
Pour eux, Mitt Romney n’est pas réellement conservateur et a trop souvent changé de position pour être fiable. Le fait que Mitt Romney semble suffisamment modéré pour attirer les électeurs indépendants et quelques électeurs démocrates n’est pas un critère pertinent pour eux : la liste des modérés qui, par leur tiédeur, ont conduit les conservateurs vers la défaite est longue, et elle inclut John McCain en 2008. 
 
La conséquence est qu’une succession de candidats qui avaient la vertu de ne pas être Mitt Romney et de pouvoir être considérés plus conservateurs que lui ont été propulsés en tête des sondages avant de retomber, que ce soit en raison de propos inconsidérés (Michelle Bachman), de piètres performances dans les débats (Rick Perry) ou de campagnes de diffamation (Herman Cain). L’avant dernier de ces candidats ayant la vertu de ne pas être Mitt Romney a été Newt Gingrich : dès le moment où celui-ci est passé du statut de candidat relativement marginalisé à celui de favori, un tir de barrage a été organisé contre lui, et les propos déférents et respectueux à son égard ont laissé place à un torrent d’imprécations furieuses. Newt Gingrich survit à ce traitement, mais il a fléchi. Il ne disparaîtra pas de la compétition, et j’aurai l’occasion de revenir sur lui plus tard. 
 
Le dernier des candidats qui n’est pas Mitt Romney, et je vais m’étendre davantage sur son cas ici, est un candidat particulier, qui ne se serait sans doute pas retrouvé vers le sommet des sondages si les circonstances avaient été différentes. Il s’agit de Ron Paul. 
 
Ron Paul dispose d’une base en général relativement étroite au sein de l’électorat, mais c’est une base fervente. Il représente une tendance marginale au sein du courant conservateur, mais c’est une tendance néanmoins. Si l’irruption de Newt Gingrich en tête des sondages a suscité l’hostilité des hautes sphères républicaines, celle de Ron Paul a suscité, plutôt, une consternation assez large, et un net malaise. 
 
Ron Paul est celui qu’on tolère dans les débats républicains mais qui, à un moment ou à un autre, se révèle être une source de gêne ou de honte. On le préfère à l’intérieur, en assumant le fait qu’il commettra quelques dérapages, plutôt que de le voir être à l’extérieur, se présenter comme candidat indépendant, et, puisque les élections américaine se jouent à un seul tour, être celui qui, en prenant quelques dizaines de milliers de voix, permettra à l’adversaire d’être élu. 
 
Lorsqu’il parle d’économie, Ron Paul énonce un discours solide et cohérent : et il s’en tient, pour l’essentiel, aux positions du libéralisme classique, quand bien même il peut assez rapidement prendre les allures d’un idéologue rigide : il propose ainsi l’abolition du Federal Reserve System et le retour à l’étalon or, ce qui, dans le monde contemporain, relève de l’utopie. 
 
Lorsqu’il aborde les questions de société, qu’il s’agisse de la légalisation des drogues ou de l’immigration, il devient difficile de le prendre au sérieux (proposer la vente libre des drogues dures et une immigration totalement libre partout sont des propositions qui, mises en œuvre, seraient à même de créer des désordres abyssaux, et qui peuvent séduire les adolescents juste post pubères et inconscients des réalités du monde).
 
Lorsqu’il parle de politique étrangère, on a immédiatement le sentiment qu’il habite une autre planète, qu’il a consommé trop de substances hallucinogènes, ou qu’il a beaucoup fréquenté des gens atteints de pathologies mentales.
 
Au cours des dernières semaines, Ron Paul a ainsi déclaré que strictement rien ne prouvait que l’Iran cherchait à se doter de l’arme atomique (?), et que si, quand bien même ce serait le cas, c’est un pays qui a le droit de se doter des moyens de défense qu’il juge appropriés (??). Il a défini l’élimination de terroristes membres d’al Qaida par l’armée américaine comme des assassinats (???). Il a déclaré, enfin, que les attentats du onze septembre 2001 étaient le résultat d’une politique d’agression militaire américaine (????).
 
Ron Paul n’est pas seulement le défenseur de positions isolationnistes (ses partisans, dans leur vocabulaire, disent « non interventionniste », je sais) : il semble considérer que toute action terroriste, tout acte belliciste contre les Etats-Unis est de la responsabilité des Etats Unis. Il semble ignorer totalement l’existence de l’islam radical, celle de dictateurs imprégnés de projets délirants de conquête ou de volontés génocidaires, et quand il se trouve contraint d’en parler quand même, trouve toujours le coupable à clouer au pilori, ce satané Oncle Sam. 
 
Comme un gauchiste de base adepte de tracts de caniveau, il n’hésite pas à caricaturer quiconque ne pense pas comme lui, et peut affirmer que quiconque s’alarme du djihadisme qui parcourt aujourd’hui le monde islamique veut « faire la guerre à un milliard trois cent millions de musulmans ». 
 
Il a tenu plusieurs fois dans le passé des propos qui conduisent à penser qu’il n’est pas un ami d’Israël, très loin de là, vraiment très loin de là : la Republican Jewish Coalition pense tellement qu’il n’est pas un ami d’Israël qu’elle ne l’a pas invité lors d’un débat récent auquel elle avait convié tous les autres candidats.
 
On présente ici ou là (récemment dans un article publié par le journal Le Monde : « Ron Paul, la revanche du libéralisme classique »), les positions de Ron Paul comme celles d’un « libéral classique ». Les positions de Ron Paul sont en réalité celle de quelque chose de très différent du libéralisme : le dogme libertarien. 
 
Le libéralisme classique défend l’idée de la rule of Law, règle du droit, au sens que John Locke a donné à ce terme dans Two Treatises on Government, celle d’un Etat assumant ses fonctions régaliennes au sens où Hayek peut le définir dans La constitution de la liberté. Les libertariens veulent des sociétés sans Etat. 
 
Le libéralisme classique prend en compte le fait que la liberté peut avoir à se trouver défendue contre des pays ou des groupes pratiquant l’agression, et n’ignore pas l’existence du mal. Les libertariens préfèrent raisonner comme si le mal n’existait pas, ou comme s’il était l’effet de ceux qui entendent se défendre contre lui. 
 
La consternation et le malaise que provoquent Ron Paul sont très compréhensibles, tout comme la gêne et la honte qui accompagnent nombre de ses déclarations.
 
Et encore n’ai-je pas parlé ici des diverses publications passées, portant le nom de Ron Paul, dont il prétend aujourd’hui ne pas être l’auteur et ne pas même les avoir lues, alors qu’il en a assuré la constante promotion par de multiples déclarations publiques : le Ron Paul’s Freedom Report, le Ron Paul Political Report, le Ron Paul Survival Report, ou la Ron Paul Investment Letter. 
 
Ces publications contiennent nombre d’articles ouvertement antisémites, racistes, et reprennent toutes les théories de la conspiration imaginables. Jusqu’à ce jour, Ron Paul est un invité fréquent du programme radiophonique d’Alex Jones, qui peut disputer à Ron Paul le titre de père spirituel de toutes les théories de la conspiration des temps modernes (quiconque veut se faire une idée des délires d’Alex Jones peut regarder le « documentaire » le plus récent de celui-ci : Endgame: Blueprint for Global Enslavement. On y apprend que David Rockefeller et la reine Beatrix des Pays Bas entendent exterminer l’humanité et se transformer eux-mêmes en ordinateurs supra-humains…intéressant). 
 
Si les hautes sphères républicaines n’avaient pas donné si souvent, au cours de ce cycle électoral, l’impression que les dés étaient pipés, que l’élan des tea parties n’était pas pris en compte, et que les erreurs du passé ne servaient pas de leçon aujourd’hui, le parti et le mouvement conservateur s’épargneraient la consternation et le malaise d’aujourd’hui, et la gêne et la honte seraient plus circonscrites. 
 
Nombre de ceux qui s’apprêtent à voter pour Ron Paul ne semblent pas discerner qu’ils pourraient bien contribuer à la victoire d’un homme qu’ils disent vouloir voir quitter la Maison Blanche au plus tôt : Barack Obama. En prétendant être les défenseurs purs du rêve américain, et en affirmant parfois qu’il n’y aurait pas de différence entre un Président républicain appelé Gingrich ou Romney et Obama, ils prennent le risque d’être les idiots utiles des fossoyeurs du rêve américain. 
 
Le dogme libertarien, parce qu’il est un dogme (un ensemble d’idées cohérent et logique, mais qui s’énonce sans prise en compte des complexités de la réalité) condamne ses adeptes à rester en situation de défaite permanente.
 
Le dogme libertarien n’existe malheureusement pas qu’aux Etats-Unis : le mouvement libéral français est lui-même aujourd’hui touché par le libertarianisme, ce qui le décrédibilise et le condamne à rester confidentiel en une époque où, face aux désastres planétaires provoqués par le socialisme, quelle que soit la défroque de celui-ci, un discours libéral classique teinté de conservatisme manque cruellement sur l’horizon.
 
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