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Publié par Guy Millière le 25 janvier 2012
Je suis d’un regard distant la campagne électorale qui se prépare en France. La campagne pour l’élection présidentielle américaine de novembre prochain me passionne davantage. 
 
D’une part parce que les enjeux sont différents : les Etats-Unis sont la première puissance du monde, et ce qui s’y passe concerne le futur du monde, alors que ce qui se passe dans le chef lieu de canton qu’est devenu la France ne concerne que les habitants du chef lieu de canton. D’autre part parce qu’aux Etats-Unis, il y a un effectif débat d’idées. 
 
Il y a infiniment plus d’intelligence dans une seule phrase de Newt Gingrich, de Mitt Romney ou de Rick Santorum qu’il n’y en a dans tous les discours de Nicolas Sarkozy et de François Hollande réunis, et si j’ajoute Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, François Bayrou et Eva Joly sur la balance, le poids n’y sera toujours pas. Très loin de là. Je vois plutôt dans ces divers personnages des symptômes incarnés de la décadence française. Des correspondants m’ayant, cela dit, demandé à nouveau ce que je pouvais penser de la campagne en France, je m’efforcerai de répondre. Et ce sera très simple. 
 
Nicolas Sarkozy me consterne. Je ne pensais pas qu’il pouvait y avoir pire que Jacques Chirac : j’ai découvert que si, il peut y avoir pire. 
 
Je ne vois rien à sauver du quinquennat de Nicolas Sarkozy : pour avoir fait semblant de baisser les impôts et avoir institué le stupidement nommé « bouclier fiscal », Nicolas Sarkozy a été qualifié par des adeptes du crétinisme socialiste d’ « ultra-libéral » (il vaut mieux lire cela que d’être aveugle). Nicolas Sarkozy n’a en réalité pas baissé les impôts, qui peuvent toujours atteindre en France des niveaux confiscatoires. Il n’a pas aboli le scandaleux impôt sur la fortune. Il a créé une multitude de nouvelles taxes et de nouveaux prélèvements. Il a exacerbé le rackett exercé à l’encontre des automobilistes.
 
C’est un étatiste résolu. Son bilan en matière de sécurité est tout aussi consternant : les zones de non droit continuent à proliférer, le nombre des cambriolages explose, les assassins sont toujours remis en liberté à un moment ou à un autre. Il a été le praticien d’une forme de lâcheté xénophobe lorsqu’il a, par exemple, choisi de répondre à des émeutes dans un quartier islamisé en expulsant des Roumains. 
 
Ses multiples décisions destinées à séduire les écologistes pratiquants ont gaspillé des milliards qui auraient été davantage à leur place dans la poche des investisseurs et des épargnants. Sa réforme des universités est asthénique et pusillanime. Je ne porterai même pas à son crédit la loi sur le voile islamique qui n’est pas une loi sur la voile islamique et qui ne change strictement rien à la propagation de l’islam radical. Il se targue d’une réforme des retraites : celle-ci est aussi courageuse que sa réforme des universités et n’est qu’un piètre rafistolage pour ramolli du bulbe rachidien. 
 
Et dois-je parler de politique internationale ? Présenté comme ami d’Israël, Nicolas Sarkozy semble faire la cour, surtout, à Mahmoud Abbas et à l’émir du Qatar. Présenté comme un ami des Etats-Unis, il semble surtout faire la cour à Obama qui, le plus souvent, l’éconduit, car Obama n’en a rien à faire de l’Europe. Après avoir reçu Kadhafi à Paris, il décide de soutenir l’insurrection islamiste de Benghazi qui, une fois triomphante, assassine Kadhafi, pratique l’épuration ethnique vis-à-vis des Africains noirs et instaure la charia en Libye, tout en vendant des armes à al Qaida et au Hamas. 
 
Discernant qu’il est en perdition dans les sondages, Nicolas Sarkozy fait ce qu’il sait faire le mieux : il s’agite et court dans toutes les directions. Un jour, il décide que la taxe Tobin, qu’il jugeait inepte et communiste il y a quatre ou cinq ans est une idée remarquable. Un autre jour, il décide la mise en place d’une « TVA sociale » présentée comme une idée de génie : les charges sur les salaires vont baisser un peu, mais pas assez pour que des investisseurs investissent et créent des emplois, les prix à la consommation vont augmenter, les prélèvements obligatoires resteront toujours aussi élevés et aussi asphyxiants. Un troisième jour, il vient rendre hommage à Jeanne d’Arc. Quand François Bayrou parle de réindustrialiser la France, il dit en écho qu’il faut réindustrialiser la France. Quand les socialistes parlent de banque d’investissement industriel, sur un mode quasiment léniniste qui sent le plan quinquennal et l’Etat stratège, Nicolas Sarkozy parle quelques jours plus tard, après avoir reçu les syndicats à l’Elysée, d’une banque de ce genre. 
 
Ceux qui conçoivent le programme présidentiel de Nicolas Sarkozy peuvent avoir un travail facile : prendre les programmes de tous les autres candidats, mélanger, laisser cuire à feu doux, servir en demandant aux convives de fermer les yeux et de perdre la mémoire. 
 
Je ne peux soutenir Nicolas Sarkozy : il n’est pas de droite, il n’est pas de gauche, il n’est pas du centre, il est de nulle part et de partout à la fois. Il est la maladie de Parkinson en politique. Il est tout, et par conséquent il n’est rien. Je l’appelais, il y a quelques années, le lapin Duracell de la politique : ses piles durent longtemps, c’est exact, mais il ne va dans aucune direction et piétine sur place en jouant stupidement des cymbales. 
 
Si Nicolas Sarkozy me consterne, François Hollande m’inspire un sentiment de pitié. Il m’est souvent décrit comme un brave type, moins autoritaire et moins bonapartiste, moins étatiste que Sarkozy. Il n’a rien gouverné, sinon la Corrèze, où il a laissé de lourdes additions. Le programme qu’il a est censé être plus à gauche et plus socialiste que celui de Nicolas Sarkozy : ce qui le rend porteur d’imbécillités plus graves que celui de Nicolas Sarkozy. Mais tout en prétendant « s’inquiéter » des imbécillités de Hollande, Sarkozy semble s’en nourrir, et les imbécillités de Hollande paraissent dès lors plus bénignes. Hollande, qui plus est se recentre, au point que ce qui le distingue de Sarkozy finit par sembler très mince. Il promettait des créations de postes de fonctionnaires, mais les caisses étant bien plus que vides, il n’en parle plus. Il promet des augmentations d’impôts : Sarkozy a déjà effectué des augmentations d’impôts. Il promet de s’en prendre à la finance : Sarkozy promet de s’en prendre à la finance. Il promet la sécurité : Sarkozy la promet aussi. Il ne tiendra pas sa promesse : Sarkozy n’a pas tenu la sienne, ce qui lui permet d’être fidèle à ses promesses : celles de 2007 n’ayant pas servi, il peut les utiliser à nouveau cette année. Les promesses ne s’usent que quand on s’en sert ou quand les électeurs ont de la mémoire. 
 
Hollande sera peut-être élu. Il devra, dès lors, amener avec lui une belle bande d’abrutis et de dogmatiques qui attendent en embuscade. Le « rêve français » dont il parle, le cas échéant, deviendra vite un cauchemar. Sera-ce alors pire que Sarkozy ? Je dois dire que j’en doute. 
 
Je ne soutiendrai pas François Hollande, comme je ne soutiens pas Sarkozy.
 
Pourrais-je me tourner vers un (ou une) autre ? Non. Absolument pas. 
 
Marine Le Pen n’est pas nationale libérale, mais nationale socialiste, défenseuse de la nation close sur elle, et de la justice sociale. Défendre la nation me conviendrait si c’était défendre une histoire et une culture sur un mode ouvert aux autres : ce n’est pas le cas avec Marine Le Pen. Et si on ajoute le fait qu’elle est aussi à gauche économiquement (donc aussi stupide) que Jean-Luc Mélenchon, qui semble certains jours nostalgique de Joseph Staline, je ne vois rien à ajouter, sinon qu’il y a toujours son père dans les parages, ce qui donne à ceux-ci un parfum d’antisémitisme et d’amitié avec l’Iran qui suffit à me donner le dégoût. 
 
François Bayrou est au centre, c’est à dire nulle part, et il oscille (attitude d’ancien bègue ?) entre idées dirigistes de droite et idées étatistes de gauche. Je le laisse osciller. 
 
Eva Joly, revenue de Norvège et de son passé de juge au comportement digne de celui du Tribunal révolutionnaire qui, en 1793, envoyait à la guillotine des milliers de gens après des procès de trois minutes, s’est découvert un goût pour la pastèque, et incarne un parti qui se dit vert, mais qui est en réalité gorgé du rouge sang de toutes les errances criminelles gauchistes des dernières décennies. Sachant qu’elle aura deux ou trois pour cent des voix, elle me fait rire, c’est déjà çà. Si on l’exhibe dans un cirque, je veux bien aller lui jeter des cacahuètes. 
 
Je pourrais voter blanc ou nul. Mais j’ai mieux à faire que d’aller jusqu’à un bureau de vote. Regarder Fox News, par exemple. 
 
Le soir du premier tour, je regarderai la télévision française quelques instants, puis je passerai à nouveau sur Fox News. Je ferai la même chose le soir du deuxième tour. 
 
Une élection est censée être le choix que des électeurs font en connaissance de cause. La France est un pays où ni les médias, ni les institutions d’enseignement ne diffusent les moyens de comprendre l’économie et la géopolitique du vingt-et-unième siècle. Les électeurs ne choisissent pas en connaissance de cause faute de connaissance, d’où le choix grotesque auquel ils sont confrontés. 
 
Les dirigeants politiques français sont des enveloppes vides dans lesquels des communicants mettent n’importe quoi, et les électeurs doivent choisir une des enveloppes vides. Je ne m’intéresse ni aux enveloppes vides ni à ce que les communicants mettent dedans. 
 
Entre Sarkollande, Marine Mélenchon, François Joly, je ne tranche pas. Je passe mon chemin. 
 
Savoir quel capitaine aveugle conduira le pays vers le naufrage ne m’intéresse pas, le rythme du naufrage non plus. 
 
Je regrette le temps où Alain Madelin était candidat. Je comprends qu’il se soit placé en retrait. C’est pour cela aussi qu’il a toute mon estime. Etre libéral dans la France aujourd’hui est une tâche impossible.
 
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