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Publié par Michel Garroté le 30 janvier 2012

                         –  Michel Garroté – Je n’avais jamais vu un président candidat alléguer qu’il est président, mais qu’il n’est pas candidat. Alors que tous ses actes prouvent qu’il est certes président, mais surtout, candidat. En effet, Sarkozy, chaque jour à un endroit différent, est en campagne. Il est donc à la fois non-candidat non-déclaré à ce stade, et néanmoins, en campagne, au quotidien, pour l’élection présidentielle. Je sais les politiques français férus d’hypocrisie et d’anachronisme. Mais je dois avouer qu’en l’espèce, Sarkozy surpasse tous ses prédécesseurs. Les trois derniers actes de cette ridicule pièce de théâtre en témoignent. Premier acte : Sarkozy se livre à un soi-disant « off » qui n’est en réalité qu’un « on », de trois longues heures, en présence de dix-sept journalistes. Angela Merkel, David Cameron et Barack Obama n’auraient jamais osé. Sarkozy, lui, l’a fait. Deuxième acte : Sarkozy se drape – non sans peine d’ailleurs – dans le rôle de l’humble repentis qui confesse ses erreurs. Ce deuxième acte, vous pouvez le lire dans le quotidien parisien Le Monde. Troisième acte : Sarkozy convoque six chaines de télévision pour raconter pendant une heure ce qui lui passe par la tête. C’est Poutine en plus petit. L’on racontait, un temps, que Sarkozy était, soi-disant, le président de la communication. Or, force est de constater, que Sarkozy est à la communication, ce que le pain sec en abondance est à la pâtisserie de luxe consommée avec modération. Même quinze tonnes de vieux pain rassis, ne permettent de préparer, ne serait-ce qu’un seul éclair au chocolat. Et plus de 75% des Français continuent de rejeter Sarkozy. A vrai dire, les médias n’ont pas été naïfs, au point de ne pas voir, le lien évident, entre les trois actes d’une seule et même pièce, savamment concoctée par l’autiste locataire de l’Elysée. 

A ce propos, l’Agence France Presse a compilé les réactions de la presse hexagonale, ce lundi matin, réactions au discours tenu par Sarkozy, hier soir dimanche, sur une demi-douzaine de chaînes de télévision (extraits adaptés ; lien en bas de page) : « Les quotidiens sont très souvent dubitatifs lundi, au lendemain de la prestation télévisée de Nicolas Sarkozy, aussi bien sur les annonces du "toujours président" que sur la stratégie du "pas encore candidat" à moins de trois mois de l'élection présidentielle. Après les propositions économiques du président – que les éditorialistes estiment risquées électoralement – dans Le Figaro, Gaëtan de Capèle juge que son positionnement "est évidemment plus téméraire et plus risqué que de déclarer la guerre à la finance ou de promettre que les riches paieront". "C’est probablement aussi beaucoup plus utile pour l’intérêt général, à défaut d’être populaire", ajoute-t-il. A l'inverse, L'Humanité pense, sous la plume de Jean-Paul Piérot, que "tout semble se passer comme si le chef de l'État voulait achever d'ici à l'élection présidentielle l'œuvre de démolition du modèle social, accélérer la déréglementation du travail" ».

AFP : « "Désespérant", juge Paul Quinio dans Libération en regrettant qu'il n'y ait pour Nicolas Sarkozy "qu’une seule option, celle du toujours plus de flexibilité. Comme s’il ne s’agissait que de s’adapter à la crise, et non de la combattre à la racine". Pour La Voix du Nord, Hervé Favre souligne que "Nicolas Sarkozy a choisi hier soir de durcir le clivage droite – gauche". Face au choix des mesures annoncées, "pourquoi Nicolas Sarkozy prend-il ce risque, bien réel ?", se demande Guillaume Goubert, dans La Croix, avant d'apporter la réponse : "le président sortant cherche à endosser une stature de l'homme d'État churchillien". "Bien joué mais risqué", estime à cet égard Philippe Rivière, pour La Nouvelle République du Centre Ouest. D'autant que, selon Michel Lepinay, dans Paris Normandie, le président a joué une sorte de "va-tout". "Ça passe ou ça casse", résume Christophe Bonnefoy, dans Le Journal de la Haute-Marne tout comme François Martin qui se demande dans Le Midi Libre : "Président courage ou président kamikaze ?" ».

AFP : « Tandis que L'Alsace, avec Patrick Fluckiger, estime que "Nicolas Sarkozy joue la présidentielle à quitte ou double". C'est "coup de poker", ajoute Rémi Godeau dans L'Est Républicain. Daniel Ruiz de La Montagne est bien seul à estimer que "Nicolas Sarkozy a sans doute repris la main et quelques points dans les sondages". "Déjà candidat ou toujours président ? ». Jacques Guyon dans La Charente libre ironise sur le président qui n'était "pas du tout préoccupé par sa candidature. La meilleure preuve : il exclut toute augmentation d'impôt. Et ça, ça ne trompe pas". Jean-Claude Souléry de La Dépêche du Midi s'amuse de voir que "Sarkozy est tellement candidat qu'il n'a même pas eu besoin hier soir d'en faire l'annonce officielle". Michel Urvoy, dans Ouest-France, ne veut pas trancher : "à cause de la crise, le Président presque candidat gouvernera jusqu'au bout. En raison des sondages, le candidat encore Président devrait faire campagne", conclut Michel Urvoy » (fin des extraits adaptés de la compilation AFP ; lien en bas de page). 

Michel Garroté pour www.dreuz.info

http://fr.news.yahoo.com/sarkozy-à-télévision-éditorialistes-dubitatifs-043813442.html

  

                           

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