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Publié par Michel Garroté le 2 février 2012

 

Michel Garroté – Sophie Coignard, dans l’hebdomadaire français ‘Le Point’, a récemment publié une enquête sur la Franc-Maçonnerie en France, sous le titre provocateur « Francs-Maçons, la main invisible ». De son côté, le sociologue catholique Massimo Introvigne, dans ‘La Bussola’, a lui aussi publié une enquête, sous le titre accrocheur « L’ombre des maçons sur l’Elysée », enquête qui, du reste, analyse celle de Sophie Coignard parue dans ‘Le Point’. Pour ce qui me concerne, je n’ai ni allégeance, ni allergie, aux frères et sœurs de loge. Je ne pense pas qu’ils et elles participeraient, soi-disant, à un « complot maçonnique mondial ». C’est, selon moi, donner trop d’importance aux loges, que de leur attribuer un hypothétique pouvoir « mondialiste ». Les thèses conspirationnistes sont, à mon avis, le lot de celles et ceux qui n’assument pas l’échec ou l’insuccès de leur camp politique. Cela dit, je constate que chez nos amis français, la Franc-Maçonnerie n’est ni étrangère à la laïcité, ni étrangère à la République. De plus, je constate, toujours chez nos amis français, que les catholiques de France ne représentent que deux pour cent de l’électorat. Je peux m’imaginer que, pour les catholiques français, ce dérisoire 2% doit être terriblement frustrant. Sur un point, je reste toutefois critique : je n’aime ni les sectes, ni l’occultisme ; et je préfère la transparence. Cela étant posé, je reproduis ci-dessous les enquêtes sur la Franc-Maçonnerie de Sophie Coignard et de Massimo Introvigne.

Sophie Coignard, dans l’hebdomadaire français ‘Le Point’, écrit (extraits ; lien en bas de page) : « La reconduction de François Fillon à Matignon est une défaite des francs-maçons, dont beaucoup soutenaient ouvertement Jean-Louis Borloo, qui, en tant que chef du Parti radical, incarne la tradition fraternelle au sein de la République. Telle est l'analyse à laquelle se livre un personnage politique français de tout premier plan sur le récent remaniement ministériel. Voici son raisonnement : "Il suffit de regarder qui soutenait Borloo : Claude Guéant, le secrétaire général de l'Élysée, pour une fois d'accord avec Henri Guaino, mais aussi le patron d'EDF, Henri Proglio, qui nie être initié, mais cela fait rire tout Paris". Notre observateur averti ne souhaite évidemment pas apparaître à visage découvert. "Ce que je vous dis est une évidence pour quiconque s'intéresse aux jeux d'influence au sommet. Mais je n'ai pas envie de passer pour un paranoïaque, s'amuse-t-il. Et puis, les frères sont les premiers à avancer masqués, non ? Dans tous les cénacles, la "main invisible" des francs-maçons anime les conversations. Pourquoi ? Parce qu'elle obéit à une combinaison magique : réseau d'influence plus secret d'appartenance. Le cocktail parfait ! D'ailleurs, comme pour illustrer ces propos, quelques jours après sa sortie du gouvernement, Jean-Louis Borloo organise dans les Salons de l'Aveyron, à Paris, un "dîner républicain" de 800 personnes. Traditionnellement, ce banquet réunit des frères et leurs amis défenseurs de la laïcité pour commémorer la loi de séparation des Églises et de l'État. Là, c'est la fête à Jean-Louis ! Les familiers des loges ne manquent pas autour des tables ».

Sophie Coignard : « Ceux qui l'assument et ceux qui le taisent. Alain Bauer, ancien grand maître du Grand Orient aujourd'hui conseiller officieux de Nicolas Sarkozy pour les questions de sécurité, Xavier Bertrand, ministre du Travail, Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche, Serge Lepeltier, premier vice-président du Parti radical valoisien, Patrick Ollier, tout nouveau ministre chargé des Relations avec le Parlement, Gérard Larcher, président du Sénat… François Fillon, qui n'est pas franc-maçon, est resté Premier ministre. Preuve que les frères ont perdu la main ? Certainement pas. Mais on ne gagne pas à tous les coups… Les initiés sont d'ailleurs aussi nombreux qu'avant autour de la table du conseil des ministres. Est-ce un problème ? Ce n'en serait pas un si ces hauts responsables, garants de l'intérêt général, ne niaient pas, pour la plupart, leur appartenance avec la dernière énergie. Ils ne sont pas les seuls. Dans la police, dans la magistrature, dans l'Éducation nationale, dans les banques et compagnies d'assurances mutualistes, à EDF, à La Poste, personne n'a jamais franchi le seuil d'un temple, si l'on s'en tient aux déclarations officielles. De cette omerta nourrie par les initiés eux-mêmes résulte un étrange paradoxe : dès qu'une nomination ou une décision semblent inexplicables, chacun, parmi les profanes, songe à la franc-maçonnerie. Comment en serait-il autrement ? Un député important de la majorité reçoit un jeune élu prometteur dans son bureau de l'Assemblée nationale. "Alors, tu es où, toi ?", lui demande-t-il tout de go. Son interlocuteur mettra un moment à traduire ce "où ?", qui signifie "dans quelle obédience ?" ».

Sophie Coignard : « Un cadre supérieur bardé de diplômes est embauché dans un grand groupe de distribution d'eau. Au fil des jours, il comprend que ses collègues et ses supérieurs le prennent pour ce qu'il n'est pas : un frère. Doit-il jouer la comédie ? "Les premiers temps, je me suis contenté de ne pas les détromper, sans jamais mentir, raconte-t-il. Au bout de quelques mois, des relations d'estime mutuelle s'étaient installées, ce qui rendait mon silence coupable. Je me suis donc dévoilé, si j'ose dire : non, je n'en étais pas. À mon grand soulagement, cet aveu a été accueilli avec décontraction. Mais on m'a fait comprendre qu'il était utile et intéressant d'y entrer, pour instaurer un climat de confiance avec les clients et même en interne." A-t-il accepté ? Il assure que non. On n'est pas sûr de le croire sur parole. Ceux qui s'y sont frottés sont prompts, ensuite, à voir des réseaux fraternels partout. Les nouvelles normes qui s'imposent à l'habitat en matière d'environnement ? Une gentillesse faite aux prestataires par le ministère. La difficulté à fusionner les Caisses d'épargne et les Banques populaires ? Une guerre entre maçons d'obédiences différentes et aux intérêts disjoints. La nomination d'Henri Proglio comme PDG d'EDF, poste qu'il comptait cumuler avec son maintien à la tête de Veolia ? Une revanche des francs-macs. Les assauts contre Anne Lauvergeon pour lui faire quitter Areva ? Une guéguerre entre la maçonnerie et le corps des Mines, dont Mme Lauvergeon est un élément actif… Les millions versés par l'État à Bernard Tapie à l'issue de son combat contre le Crédit lyonnais ? Rien n'aurait été possible sans les frères ».

Sophie Coignard : « Dans cette longue – et coûteuse – saga de Tapie contre l'État, le mot "franc-maçon" n'est jamais prononcé, mais brûle toutes les lèvres. Dans son livre "Abus de pouvoir", François Bayrou lui consacre un chapitre violent dont certains passages doivent être lus entre les lignes. Le président du MoDem évoque ainsi la manière dont un amendement législatif a été introduit afin de permettre aux établissements publics administratifs d'avoir recours à l'arbitrage pour résoudre leurs conflits. Qui avait, dans le secret des cabinets, préparé ce texte ? Était-ce le cabinet du ministère de l'Intérieur, ceux de Nicolas Sarkozy et de Brice Hortefeux ? Ou Bercy, sous la double autorité du ministre de l'Économie, Thierry Breton, et du ministre du Budget, Jean-François Copé ? Les initiés compléteront d'eux-mêmes : tous francs-maçons ou très proches des loges. D'ailleurs, un initié, et pas le moindre, réagit lui aussi à l'arbitrage qui couvre Tapie de millions. Dans les colonnes de Libération, Jean-Michel Quillardet, un avocat qui était alors grand maître du Grand Orient, s'indigne. "Je voulais envoyer un signal : montrer que les francs-maçons ne sont pas tous dans les combines, explique-t-il. On sait que des membres de la GLNF ont joué un rôle dans cette affaire, à l'Élysée, à Bercy, mais aussi parmi les avocats d'affaires spécialisés dans les liquidations judiciaires, qui sont à la fois proches de Tapie et impliqués dans des transactions en Afrique". Il faut louer le courage de Jean-Michel Quillardet, à qui cet article n'a pas fait que des amis dans l'univers maçonnique, où la règle d'or consiste à se taire pour ne pas ternir l'image des obédiences et de leurs membres. Un raisonnement à courte vue : depuis le docteur Freud, chacun sait les ravages opérés par le silence et la violence que peut revêtir le retour du refoulé », conclut Sophie Coignard, dans ‘Le Point’ (lien en bas de page).

Massimo Introvigne, dans ‘La Bussola’, écrit (extraits ; lien en bas de page) : « Les initiales semblent être inoffensives: CIU, Cercles Inter Universitaires. Mais cette tranquille association d'universitaires français, cacherait en fait une super loge maçonnique, avec les mêmes initiales, mais un nom moins rassurant : Confraternité Initiatique Universelle. Si certains membres sont des professeurs universitaires intéressés par l'histoire de la Franc-Maçonnerie et par des questions philosophiques, d'autres sont très proches de la politique française. C'est ce que révèle l'enquête sur la couverture de l'hebdomadaire Le Point… qui dans le numéro du 26 Janvier 2012 a étudié l'entourage des principaux candidats à la présidentielle. Deux candidats mineurs à la présidence sont des francs-maçons déclarés: Jean-Luc Mélenchon, candidat de l'extrême gauche, fait partie du Grand Orient. S'il s'agit là de simples curiosités, il est intéressant de noter que Le Point, en tenant compte des plaintes et des démentis qu'il dit ne pas craindre, compte treize francs-maçons dans l'entourage immédiat de Nicolas Sarkozy, parmi lesquels les ministres des Finances, François Baroin, du Travail, Xavier Bertrand, de la Défense, Gérard Longuet, de l'Intérieur, Claude Guéant, de la Justice, Michel Mercier, des Sports, David Douillet, des Relations avec le Parlement, Patrick Ollier, de la Coopération internationale, Henri de Raincourt et de l'Education, Luc Chatel. Ces deux derniers ministères, dans l'histoire française ont presque toujours été confiés à des maçons, mais, comme nous le voyons, avec Sarkozy, c'est le gouvernement tout entier qui semble plutôt une grande Loge ».

Massimo Introvigne : « Et beaucoup de ces ministres sont proches de ce mystérieux CIU, qui n'est pas nécessairement d'accord avec la loge la plus nombreuse et la plus puissante en France, le Grand Orient. Quant à Sarkozy, il faut se rappeler de la relation très particulière entre le Président et l'ancien grand maître du Grand Orient Alain Bauer, et sa vieille habitude – curieux pour quelqu'un qui prétend ne pas être un franc-maçon – de signer de son nom suivi des trois points, comme font les «frères» – les lettres que, comme ministre de l'intérieur, il envoyait aux syndicats de police, où pratiquement depuis toujours, presque tous les officiers sont francs-maçons. Si François Hollande, le candidat socialiste auquel semblent aller les sympathies au Grand Orient, l'emporte, les choses point de vue maçonnique ne changeraient pas. Dans l'équipe qui gère la campagne de Hollande, Le Point a identifié dix francs-maçons, dont le président du Sénat, Jean-Pierre Bel, les anciens ministres Michel Sapin et Jean-Yves Le Drian, le maire de Lyon Gérard Collomb et le Directeur de la communication du candidat socialiste, Manuel Valls. Face à cette prolifération de ‘frères’, ceux qui en France se méfient des francs-maçons pourraient être tentés de voter pour le candidat centriste François Bayrou ou à droite pour que Marine Le Pen. Mais même ici, assure Le Point, les loges ont pris leurs précautions. Aux côtés de Bayrou, comme conseiller écouté, il y a l'ancien sénateur et membre de la Cour des comptes, Alain Lambert, qui est de la même loge où est née la mystérieuse CIU ».

Massimo Introvigne : « Du même milieu vient aussi Dominique Paillé, ancien porte-parole de l'UMP, parti de Sarkozy, qui ne fait pas partie de l'équipe, mais qui a fait de François Bayrou le vainqueur de l'élection présidentielle dans son roman Panique à l'Elysée, et il est très influent dans des milieux qui soutiennent le candidat centriste. Quant à Marine Le Pen , fait partie de son équipe l'avocat – qui apparaît souvent dans les grands médias français – Maître Gilbert Collard, initié dans la Grande Loge de France, puis transféré à la Grande Loge nationale française, l'obédience la plus « traditionalistes » – en termes maçonniques, bien sûr – qui a été le terreau de la mystérieuse CIU. Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis le Grand Orient en 1980 avait menacé d'expulser non seulement ceux qui étaient inscrits au Front national, dirigé alors par le père de Marine Le Pen, mais aussi ceux qui avaient accepté le soutien du parti d'extrême-droite, tels que l'ex-ministre Jean-Pierre Soisson, qui avait cherché des voix du Front national pour conserver le poste de président du Conseil général de la Bourgogne. Peut-être qu'ils n'en feront rien, mais le Grand Orient a sérieusement discuté l'idée d'inviter Marine Le Pen lors d'une réunion de «Loge Blanche» à huis clos afin d'exposer son programme aux ‘frères’, comme les autres candidats: une idée qui aurait été impensable il y a quelques années. Sans doute les obédiences françaises ne pensent-elles pas toutes de la même façon sur de nombreuses questions. Mais il y a des fils qui les unissent et, finalement, dans la politique française, la maçonnerie réussit toujours à compter plus que dans d'autres pays. S'il se peut que l'influence maçonnique dans les affaires politiques soit en crise ailleurs, les 150’000 maçons français sont déterminés à la garder comme une caractéristique spécifique de leur pays », conclut Massimo Introvigne dans ‘La Bussola’ (lien en bas de page).

Michel Garroté

http://www.lepoint.fr/politique/francs-macons-la-main-invisible-27-01-2011-130544_20.php

http://www.labussolaquotidiana.it/ita/articoli-lombra-dei-massoni-sulleliseo-4377.htm

http://benoit-et-moi.fr/2012-I/0455009fcb0e2340d/0455009fec0a04b02.html

   

   

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