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Publié par Guy Millière le 7 février 2012
Il semblerait que les candidats à l’élection présidentielle française, quels qu’ils soient, n’aient pas de connaissances économiques dignes de ce nom, ce qui me semble préoccupant pour l’avenir du pays.
 
Les choix qu’ils offrent font alterner recettes périmées depuis des décennies, et propositions qui ont montré leur inanité depuis longtemps. Les « économistes » qu’on consulte et qu’on entend à la télévision sont, quasiment tous, des charlatans qui se sont trompés sur tous les sujets dont ils ont parlé au cours des dernières décennies. C’est sans doute pour cela qu’on les consulte et qu’on les entend à la télévision. Un débat a été organisé sur France 2 lundi soir sur le thème « Fabriquer en France ». Y ont participé Dominique de Villepin, Nathalie Artaud (clone officiel d’Arlette Laguiller), Arnaud Montebourg et Laurent Wauquiez. Je ne l’ai pas regardé. Je devine ce qui s’y est dit. L’affiche était très prometteuse en termes de densité intellectuelle. Comme le disait en son temps Jean-Baptiste Alphonse Karr, « plus çà change, plus c’est la même chose ». 
 
Plutôt que regarder le débat j’ai rédigé quelques notes destinées à poser des repères à même de permettre de comprendre ce qui se joue sur la planète, ce que sont les conséquences pour ce pays, et comment il serait envisageable de sortir de l’ornière. 
 
Je sais que je ne serai pas entendu (comme les économistes compétents que compte encore ce pays, et qu’on ne voit, comme moi, quasiment jamais à la télévision, je n’ai pas l’immense avantage de me tromper sur tout). 
 
Mais ceux qui me lisent pourront, au moins, trouver ici de quoi réfléchir. 
 
Nous sommes dans une mondialisation économique accélérée. Celle-ci n’est pas une option idéologique. Elle est un fait. Tout comme il y a eu un passage d’une ère à une autre avec la découverte de l’électricité et l’ensemble de ce qui en a découlé, il y a eu passage d’une ère à une autre avec l’émergence d’internet et de la microinformatique. Toute entreprise est potentiellement planétaire, à l’exception partielle de celles s’occupant de service à la personne et de spectacle vivant. Une entreprise qui se prive d’être planétaire quand ses concurrentes le sont se condamne à mort à brève échéance. Une division internationale du travail existe. Toute forme de protectionnisme appauvrit la population du pays qui y cède. Les analyses d’Adam Smith et de David Ricardo sur le sujet sont toujours valides et vérifiables.
 
Les entreprises françaises sont, en ces conditions, en concurrence, pour ce qui concerne la fabrication des objets matériels, avec les entreprises du reste du monde. La Chine devient une usine planétaire : c’est positif pour les populations chinoises, qui entrent dans l’économie de marché et sortent de la pauvreté. C’est positif aussi pour les populations du monde développé, qui paient de multiples produits moins cher. Ce qui continuera à être fabriqué dans les pays développé est ce qui n’est pas délocalisable, et ce qui coûte si peu cher à fabriquer que ce ne sera pas délocalisé. Parler, en soi, de « reindustrialiser » la France est tenir un discours stupide. Ou bien il s’agit d’atteindre des coûts de production égaux ou inférieurs aux coûts de production en Chine ou ailleurs sur la planète, et cela semble inenvisageable, moins de recourir à la robotique, et encore. Ou bien il s’agit de freiner l’entrée des produits venus de l’étranger. Ce qui équivaut à produire pour plus cher et à contraindre les consommateurs à payer plus cher, ce qui les privera de l’argent qu’ils auraient pu consacrer à acheter d’autres biens, empêchera le développement des entreprises produisant ces autres biens, et conduira à une stagnation qui, sur une planète où il y a de la croissance ailleurs, équivaudra à une régression.
 
La richesse est toujours et partout création, et c’est le cas plus que jamais. Les fondements possibles de la croissance sont aujourd’hui plus que jamais ce qu’ils ont toujours été : des innovations de rupture, autrement dit des innovations qui changent profondément les paramètres d’un secteur. A la fin des années 1970, les Etats-Unis étaient en fin de parcours dans le domaine industriel. Une série d’innovations de rupture se sont faites, qui ont suscité une croissance longue, forte et créatrice d’emplois : internet, la microinformatique, et ce qui en découle depuis, et l’intelligence artificielle, la réalité virtuelle et le génie génétique. Ces innovations ne sont pas venues de volontés de « réindustrialiser » le pays, de banques centrales pour l’investissement, de décisions technocratiques, mais de la déréglementation, de la baisse des impôts et de la simplification radicale de la création d’entreprise. 
 
Le principe de base est que nul ne peut savoir qui va inventer ou innover, et que plus les potentialités sont ouvertes, plus des possibilités effectives sont à même de se concrétiser. Nous sommes dans une période où les Etats-Unis vont à rebours de ce qui s’est fait dans les années 1980 et essaient d’imiter l’Europe. Ou bien le peuple américain comprendra qu’il va ainsi vers l’ornière, ou il se redressera. L’ensemble de l’Europe est aujourd’hui orienté vers l’ornière, depuis plus longtemps que les Etats-Unis. Un pays tel que la France ne pourra sortir de l’ornière que s’il s’y comprend le rôle des innovations de rupture, et les conditions de leur émergence. 
 
Comme l’écrivait très justement Arnold Kling dans le Wall Street Journal (1), « les emplois profitables et vecteurs de croissance n’existent pas jusqu’à ce que des producteurs les découvrent ». Pour que des producteurs les découvrent, il faut que des innovateurs soient libres d’innover, que des entrepreneurs soient libres d’entreprendre, que des investisseurs soient libres d’investir, et que ces diverses activités soient potentiellement très profitables. Comme l’a expliqué voici plus de soixante ans Friedrich Hayek (dont j’ai co-traduit et fait publier l’ouvrage majeur, La constitution de la liberté), nul homme et nul groupe d’hommes ne peut disposer des connaissances qui circulent dans le marché libre.
 
Aux fins que les choses se passent ainsi, il faut non seulement un gouvernement qui déréglemente, qui baisse les impôts (sur le revenu, sur les profits, sur la rémunération de l’épargne et de l’investissement) et qui simplifie radicalement la création d’entreprise, il faut un système d’éducation fait d’institutions universitaires en situation de concurrence, ouvertes au secteur privé, à même de nouer des partenariats avec les entreprises à un degré bien plus important que ce qui est fait aujourd’hui à dose infinitésimale. Les étudiants en sont pas censés être de futurs chômeurs, mais de futurs entrepreneurs, créateurs et pourvoyeurs de connaissance. Des entreprises privées qui fonctionneraient comme les universités fonctionnent seraient depuis longtemps en dépôt de bilan.
 
Aux fins que les choses se passent ainsi, il faut aussi un gouvernement qui dépense moins aux fins de cesser d’endetter le pays. Il a été démontré depuis longtemps que les administrations publiques fonctionnent sur un mode radicalement différent du monde de fonctionnement des entreprises. Une entreprise est incitée, c’est sa raison d’être, à faire des profits : c’est ainsi qu’elle se développe et contribue à la croissance. Une administration est incitée à faire des pertes : c’est là la condition qui lui permet de demander des budgets plus importants année après année. La privatisation de toutes les activités du gouvernement qui sont privatisables fera passer celles-ci du statut d’administration à celui d’entreprise, et doit impérativement être mise en œuvre. 
 
D’une même façon, une réforme du système de santé mettant en place un système d’assurances privées et de comptes épargne santé devra se trouver mise en place. A moins de courir vers la faillite du système de santé. Une réforme du système de retraite faisant passer celui-ci d’un fonctionnement de répartition, qui relève de l’escroquerie et ressemble à un plan façon Bernard Madoff, à un fonctionnement de capitalisation devra se trouver mise en place. A moins de courir vers la faillite du système de retraites.
 
Pour que les choses se passent ainsi, il faut à un pays des dirigeants qui sachent se hausser à la hauteur des circonstances. 
 
Autrement dit des visionnaires, pas des politiciens myopes faisant médiocrement leur marché électoral en achetant les voix des uns avec l’argent des autres selon les vieilles techniques du marché politique, analysées par les théoriciens des choix publics, James Buchanan et Gordon Tullock (j’ai traduit il y a quelques années le seul livre de James Buchanan disponible en français). 
 
Des visionnaires sauraient trouver les mots et expliquer à la population ce qui doit l’être. Ils sauraient, car l’heure est grave, trouver un langage churchillien, parler de sang, de sueurs et de larmes, et d’une issue possible au prix d’un immense effort. Ils sauraient parler de liberté et de servitude, expliquer les conditions de la croissance, du dynamisme et du plein emploi. Ils sauraient expliquer aussi le rôle de la finance au lieu de la fustiger, le rôle crucial de l’épargne dans la formation de capital, les promesses de l’innovation, à rebours du malthusianisme écologiste qui se dissémine comme une pandémie suicidaire. Ils auraient le courage d’expliquer que la « crise financière » n’a pas été du tout une « crise financière » mais une crise due entièrement à l’intervention politique dans la finance. Ils auraient le courage aussi de regarder en face les dimensions technocratiques qui conduisent l’Union Européenne à être une structure de stérilisation et d’asphyxie économique. Ils seraient confrontés aux gardiens du politiquement correct socialiste et keynesien, omniprésents dans les médias et dans les milieux politiques. Ils sauraient répondre que le socialisme n’est pas émancipateur comme il le prétend, mais multiplicateur de servitudes et de stérilisations, les exemples sont surabondants. Ils sauraient répondre que la relance par la demande keynesienne ne permet en aucun cas de libérer l’innovation, sans laquelle aucun retour à la croissance n’est possible. C’est pour expliquer tout cela, et bien davantage encore (j’ai laissé ici de côté, entre autres, les dimensions géopolitiques et stratégiques) que j’ai écrit la « septième dimension ». En voyant ce qui se passe en France, je n’ai aucun mal à comprendre pourquoi j’ai été si peu lu. De tous côtés, je vois des politiciens myopes et même, beaucoup, des politiciens aveugles ou lobotomisés. Je ne vois aucun visionnaire. Strictement aucun.
 
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© Guy Millière pour www.Dreuz.info
(1) http://online.wsj.com/
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