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Publié par Bat Ye’or le 17 février 2012
 
Bat Ye’or – 
Un vent mauvais souffle de la Norvège sur le monde. Il ne s’agit pas seulement du massacre du forcené Breivick — acte déjà en lui-même une monstruosité, perpétrée durant plusieurs heures sans que la police n’intervienne. Mais voici que s’y ajoute une violence politique d’un gouvernement aux abois avant des élections qu’il aurait sans doute perdues, n’était-ce l’horreur suscitée par un psychopathe dont la folie meurtrière lui donna la victoire. Exploitant ce crime, ce gouvernement lança par ses limiers, ses anathèmes, ses fatwas et ses ukases contre tous les écrivains de la planète qui péniblement, bravant le terrorisme et la ruine consécutive à l’ostracisme professionnel et social imposés par la pensée unique, s’efforcent de maintenir les libertés démocratiques et la dignité humaine dans les sociétés occidentales. Le crime de Breivick renforça le parti gouvernemental et prit en otage le droit de penser, de parler et de critiquer le pouvoir politique. Il emprisonna les Occidentaux dans la prison du totalitarisme et de la tyrannie intellectuelle par la criminalisation de la pensée critique. 
 
Breivick — cet inconnu des écrivains qu’il cite, mais non de la police norvégienne — a-t-il lu mes livres ? S’est-il inspiré des grands noms de la science et de la littérature qu’il cite : Darwin, Churchill ou Poutin qu’il admire ? Ou a-t-il été guidé par le terrorisme jihadiste exterminationiste excusé par son gouvernement. Souvenons-nous de Maalot et de ses écoliers israéliens massacrés par les Palestiniens, de Beislan, de Mumbaï… de New York (sept. 2001), de Madrid (mars 2004), de Londres (juillet 2005)… des guerres civiles au Liban, des victimes en Irak, en Egypte, au Soudan, au Nigéria… 
 
Suis-je la créatrice d’une théorie diabolique parce que j’ai ré-humanisé dans la notion de dhimmitude, les millions de victimes de l’impérialisme jihadiste ? Ai-je conçu une conspiration parce que j’en ai étudié ses prolongements actuels dans Eurabia, comme m’en accuse une chasse aux sorcières bien organisée par des plumitifs ignares recourant uniquement à la diffamation d’une œuvre qu’ils n’ont pas même lue ?
 
Qui a inventé Eurabia ? Qu’en on juge ! Voici deux rectos de la revue Eurabia. Regardez bien les dates : juillet et septembre 1975 pour les numéros 2 et 3. 
 
 
 
 Et en voici les versos respectifs : 
 
 
 
Regardez bien le bas du verso du n° 2. Le directeur de la publication d’Eurabia est Lucien Bitterlin et le rédacteur en chef en est Robert Swann. 
 
Qui est Robert Swann ? Nous l’apprenons par un article du 2 septembre 2009 signé Richard Eyre publié par The Council of Arab-British Understanding (CAABU), tiré de la rubrique nécrologique du Guardian (23 Août 2001). Selon cet article, Robert Swann fut secrétaire général d’Amnistie Internationale. Fils unique de parents allemands, il se convertit au catholicisme, et après un court passage au Foreign Office il fonde en 1974 avec le parlementaire travailliste Christopher Mayhew et le Français Raymond Offroy, membre de l’Assemblée nationale, l’Association Parlementaire pour la Coopération Euro-Arabe (APCEA). Posté à Paris, il en devient le premier secrétaire général, titre auquel il joint celui de directeur du Fond de l’Amitié Arabe-Non arabe (Arab-Non Arab Friendship Fund : ANAF) situé en Suisse, et finançant les activités de cette organisation. Swann réussit à convaincre les parlements européens à adopter une position unifiée favorable aux Palestiniens et au monde arabe. 
 
L’origine du mot Eurabia qui me vaut les foudres, les quolibets et les menaces de la bien-pensance eurabienne, émane donc du fondateur de l’APCEA. Mon livre Eurabia au titre parfaitement légitime puisqu’il examine les activités de l’organisation génitrice de ce nom et de la politique qui lui est associée, se fonde sur des livres, des documents de la Communauté Européenne et des déclarations officielles de la Ligue arabe et de l’Organisation de la Conférence Islamique, aujourd’hui Organisation de la Coopération Islamique. C’est l’APCEA qui, avec le soutien de la Commission européenne, fut chargée de mener la politique officieuse des Etats membres de la Communauté européenne, sous le chapeau du Dialogue euro-arabe, formule créditée à Michel Jobert, né à Meknès (Maroc) et ministre français des Affaires étrangères (1971-73).
 
Un fascicule provenant des archives de l’APCEA donne la liste de ses présidents et vice-présidents. On y lit :
 
 
PARLIAMENTARY ASSOCIATION FOR EURO – ARAB COOPERATION ASSOCIATION
PARLEMENTAIRE POUR LA COOPERATION EURO – ARABE
 
Comité exécutif et présidence
 
Deux fois par an, l'Association réunit dans une capitale européenne son Comité Exécutif. Chaque section y envoie normalement un représentant de la majorité et un de l'opposition pour représenter au mieux les différentes tendances politiques de son pays. Ces réunions du Comité Exécutif permettent aux membres de mieux se connaître, d'apprécier les motivations ou les contraintes des uns et des autres, de définir ce qui devrait et pourrait être l'action de l'Association compte tenu de l'actualité. C'est le Comité Exécutif, organe décisionnel de l'Association, qui élit, généralement pour deux ans, ses deux co-Présidents et ses deux Vice-Présidents.
 
Présidents et vice-présidents depuis 1974
1974
Raymond Offroy (F)
et Hans Jürgen Wischnewski (D)
(pas de vice-présidents)
 
1975-1976
Christopher Mayhew (UK)
et Raymond Offroy (F)
Lelio Basso (I)
et Hans Jürgen Wischnewski (D)
 
1976-1977
Lenelotte von Bothmer (D) et Raymond Offroy (F)
Lelio Basso (I) et Myles Staunton (IRL)
 
1978-1979
TijlDeclercq (B)
et Dennis Walters (UK)
Lelio Basso (I)
et Myles Staunton (IRL)
 
1979-1981
Tijl Declercq (B)
et Dennis Walters (UK)
Michele Achüli (I)
et Daniel Goulet (F) 
 
1981-1982
Michele Achüli (I)
et Klaas De Vries (NL)
Daniel Goulet (F) et Jaak Henckens (B)
 
1983-1984
Michele Achüli (I) et Klaas De Vries (NL)
Antonio Lacerda De Quieroz (P) et Alain Mayoud (F)
 
1984-1985
Klaas De Vries (NL) et Alain Mayoud (F)
Andrew Faulds (UK) et Antonio Lacerda De Quieroz (P)
 
1985-1986 
Rafael Estrella (E) et Alain Mayoud (F) 
Andrew Faulds (UK) 
et Michael Lanigan (IRL)
 
1986-1987
Rafael Estrella (E) et Michael Lanigan (IRL)
Wendelin Ettmayer (Aus) et Andrew Faulds (UK)
 
1987-1988
Tijl Declercq (B) et Michael Lanigan (IRL) Wendelin Ettmayer (Aus) et Andrew Faulds (UK)
 
1988-1989
Michele Achilli (I) et Michael Lanigan (IRL)
Andrew Faulds (UK) et Joost Van lersel (NL)
 
1989-1990
Michele Achüli (I) et Rui Amaral (MEP, P)
Jacques Roger-Machart (F) et Joost Van lersel (NL)
 
1990-1993
Rui Amaral (MEP, P) et Jacques Roger-Machart (F)
Inger Lise Gjorv (N) et Robert Hicks (UK)
 
1993-1994
Robert Hicks (UK) et Pol Marck(MEP,B)
Katrin Fuchs (D) et Jean de Lipkvowski (F)
 
Secrétariat général
 
Lors de la création de l'Association, fruit d'une initiative franco-britannique, c'est un ancien du Foreign Office, précédemment Secrétaire General d'Amnesty International, qui fut choisi pour devenir Secrétaire General de l'APCEA. Robert SWANN eut ainsi la tache de faire vivre au jour le jour la nouvelle organisation. Et comme il était britannique, le bureau fut, dans un souci d'équilibre, installé à Paris. C'est lui qui, véritable pèlerin de la cause palestinienne dans les enceintes parlementaires, décupla rapidement le nombre des membres malgré les difficultés de l'époque. Assisté de Patrick LEZONGAR, il trouva progressivement les moyens de s'entourer d'une petite équipe de collaborateurs tant à Paris que dans d'autres capitales européennes. En 1983, Hans Peter KOTTHAUS, jusque-la coordinateur de la section allemande, fut appelé à Paris pour devenir Secrétaire General adjoint. L'année suivante, il fut transféré à Bruxelles où un bureau chargé des contacts avec les institutions européennes existait depuis deux ans, sous la direction de Jean-Michel DUMONT. Les circonstances ayant changé, l'Association eut de plus en plus pignon sur rue. Hans Peter KOTTHAUS succéda à Robert SWANN en 1988, et le Secrétariat Général fut déplacé à Bruxelles, tandis qu'un bureau était maintenu à Paris. Mais si le soulèvement palestinien avait rendu plus populaire une des causes essentielles défendues par l'Association, ce soulèvement draina également une partie des fonds qui avait permis son action. Et la guerre qui éclata le 2 août 1990 dans le Golfe, avec son cortège de souffrances pour les Palestiniens, limita plus encore ses moyens financiers.
 
Au sujet du financement, voici ce que ce fascicule nous en dit:
 
FlNANCEMENT
 
Jusqu'en 1992, l'Association a été financée presqu'uniquement par une fondation suisse, l'ANAF Foundation, créée en 1969 et gérée par un conseil d'administration composé de personnalités politiques européennes. Ceci avait pour but d'éviter que des conditions particulières puissent éventuellement être attachées à certains dons- ce qui aurait été totalement incompatible avec l'indépendance d'action à laquelle l'association tient par-dessus tout. Ceci avait également l'avantage de décharger le Secrétariat General et la Présidence de ces préoccupations. A partir de 1987, l'ANAF a rencontré des problèmes croissants pour réunir les fonds nécessaires, lesquels avaient vraisemblablement pour origine principale des hommes d'affaires arabes, en grande partie palestiniens.
 
Depuis 1992, les Présidents ont pris la responsabilité de rechercher eux-même les fonds et autres aides nécessaires. Diverses sociétés établies en Europe, au premier rang desquelles on peut citer AIRBUS Industrie, ainsi que certaines Chambres de Commerce et quelques Parlements de pays européens assurent aujourd'hui l'essentiel du budget de fonctionnement de l'association. Une partie de ses activités sont quant à elles financées grâce à des aides de la Commission des Communautés Européennes. 
 
Ainsi donc ce fameux mot Eurabia qui déchaîna contre moi en particulier — mais aussi contre d’autres chercheurs et écrivains intègres — une campagne haineuse internationale mettant en danger ma sécurité, fut créé par Robert Swann, directeur général de l’APCEA et directeur du fond de l’ANAF. Il est donc tout à fait légitime que je lui restitue, ainsi qu’à son organisation l’APCEA, la gloire de cette invention et les fruits de cette politique analysés dans mon livre, intitulé fort à propos, en hommage à ses géniteurs : EURABIA.
 
Reproduction autorisée, et même vivement encouragée, avec la mention suivante et impérativement le lien html ci dessous : 
© Bat Ye’or pour www.Dreuz.info
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