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Publié par Guy Millière le 3 mars 2012
 
Je me suis absenté de France pendant deux semaines. C’est ce que je fais plusieurs fois par an depuis des années. Et c’est ce que je ferai tant que je ne pourrai quitter définitivement ce pays et que mes parents, très âgés, seront encore de ce monde. C’est pour moi un besoin physique et moral. Au bout d’un certain temps passé en France, j’étouffe, et j’ai une sensation d’asphyxie.
 
Je sais que certains ne peuvent pas partir. Et je compatis. Sincèrement.
 
Je sais que certains ne veulent pas partir. Et je me dis que c’est leur droit. Je respecte la liberté de choix et les décisions de chaque individu.
 
Je sais aussi que certains ne voient pas plus loin que l’horizon français, et je le déplore. Profondément.
 
La France d’aujourd’hui est un pays déclinant. C’est aussi, ce qui est plus préoccupant, un pays mutilé.
 
Retrouver la presse française après avoir passé des jours entiers sans la lire est une expérience qu’on peut trouver risible si on la fait en prenant ses distances, Mais qu’on ne peut que ressentir comme pathétique lorsqu’on éprouve de l’empathie envers le pays où l’on est né. Que d’informations sont absentes ! Que de faits sont déformés jusqu’à en devenir méconnaissables !
 
Retrouver la politique française est se trouver confronté à une situation quasiment ubuesque et pleinement consternante. Aucun candidat, je dis bien aucun, ne parle des enjeux de la mondialisation économique et financière de façon pertinente et sans laisser apparaître une absolue méconnaissance de l’économie, de la finance et de la géopolitique.
 
Et ces gens prétendent incarner un espoir ! Et ils prétendent rendre un peu d’optimisme à la population ! Entre François hollande, qui entend créer une tranche d’impôt à soixante quinze pour cent, destinée sans aucun doute à attirer les investisseurs planétaires, et Nicolas Sarkozy qui fait la tournée des usines en faillite en leur promettant des subventions dans le style « demain, on rase gratis », on se demande lequel rejeter davantage que l’autre. Et dès lors que ce seront les deux vraisemblables finalistes, cela donne envie de rester chez soi et d’assister au non choix en spectateur navré.
 
Retrouver les rues françaises n’est pas mieux. Car elles ressemblent à la politique française. Le gris domine. Un gris lugubre et un peu sale. Le trajet qui mène de Roissy à Paris est ourlé de bâtiments qui ressemblent à ceux qu’on croisait à Berlin Est avant la chute du mur. Les parpaings de ciment et les poteaux métalliques prolifèrent, aux fins de créer davantage d’embouteillages et de donner l’opportunité aux conducteurs de détériorer leur véhicule au moindre écart. Je suis apparemment l’un des seuls à trouver cette prolifération inquiétante et à penser que chaque parpaing et chaque poteau représente de l’argent gaspillé qui serait plus utile dans la poche des contribuables et des entrepreneurs.
 
Retrouver la police française est pire encore. C’est devoir se dire qu’on peut se trouver arrêté pour quinze ou vingt minutes n’importe où, n’importe quand, sous n’importe quel prétexte, car les contrôles de papiers sont fréquents en France où la présomption d’innocence n’existe pas. Cela fait des années que, lorsque j’aperçois un véhicule de police au loin, je découvre en moi le besoin urgent de tourner dans la rue suivante, où qu’elle me conduise. Si j’étais membre d’un gang de banlieue, ce serait différent, je ne risquerais rien, j’en suis pleinement conscient. La police française est partout où elle est inutile et nulle part où elle est utile, et ce n’est pas la faute des policiers. Ils suivent les ordres et « font du chiffre ». La dernière fois que j’ai eu une contravention totalement injustifiée, c’était au moment où un quartier de Grenoble était à feu et à sang. Des policiers terrorisés se repliaient, mais aux portes de Paris, d’autres policiers se tenaient en embuscade avec arrogance pour racketter les conducteurs. Je n’avais pas trouvé de rue dans laquelle tourner à temps.
 
Retrouver les visages français est désolant. On y lit la tristesse morne et la résignation. On n’y discerne le bonheur et la joie de vivre que très rarement. Et je le comprends.
 
Retrouver la France, c’est aussi retrouver une impolitesse devenue si banale que nul ne la remarque plus.
 
Aux Etats-Unis d’où je viens, la situation est très loin d’être brillante. 
 
A Los Angeles, où j’ai passé de nouveau quelques jours, le changement de population suscité par l’afflux d’hispaniques a des conséquences visibles. Des parcs publics sont détériorés. Des immeubles se délabrent et révèlent des enclaves de sous-développement. Mais il y a du bleu dans le ciel, de la joie et de la politesse chez les êtres humains. Nul n’aurait l’idée d’encombrer les freeways de parpaings de ciment et les rues de poteaux métalliques. Même dans les quartiers pauvres, l’architecture reste belle. L’effet Obama est passé par là et le prix de l’essence a plus que doublé depuis l’automne 2008, mais on peut encore rouler dans des avenues larges comme un bras de mer. Si on croise des policiers et qu’on n’a commis aucun acte de délinquance, on est conscient qu’on ne fera que les croiser. Si on lit la presse, même la presse de gauche, on trouve toujours dans les pages commentaire des articles imprégnés d’une intelligence et d’une pertinence qui se sont absentées en France, et que les directeurs de rédaction de la presse française excluent délibérément (le dernier article que j’ai pu publier dans la grande presse date d’il y a neuf ou dix ans, je crois, et je ne suis pas le seul concerné). Si on écoute les débats politiques, on songe qu’un homme politique français parlant comme parlent les hommes politiques français finirait rapidement sur le banc de touche, et devrait se résigner à devenir cireur de chaussures dans une gare de trains menant vers les banlieues.
 
Je pense qu’Obama est un homme dangereux et machiavélique, désireux de détruire les Etats-Unis, mais je ne peux m’empêcher de trouver Obama plus intelligent et plus subtil que les dix candidats à la présidence française réunis : si Obama tenait des discours aussi indigents que ceux de Hollande et Sarkozy, il ne se serait pas même approché de la Maison Blanche, sinon en touriste, pour la prendre en photo : ce qui d’ailleurs, aurait mieux valu pour les Etats-Unis. Et vu ce que je pense d’Obama, ce que je vins d’écrire donne la mesure de ce que je pense de Hollande et de Sarkozy.
 
La France est un pays mutilé, disais-je. Si davantage de Français le discernaient, un redressement serait peut-être envisageable. Mais je n’écris pas l’avenir en construisant des hypothèses spéculatives : je constate.
 
Et dès lors, je m’adresse à ceux qui veulent garder les yeux ouverts, quitte à ce que, en gardant les yeux ouvert, ils voient une réalité qui fait peine à voir, mais qui n’en est pas moins la réalité. On peut préférer s’injecter quotidiennement la dose requise de soporifiques, lire le Figaro, le Monde, Libération, le Figarmonde ou Libégaro. On peut regarder un débat contradictoire à la télévision entre un socialiste et un autre socialiste jouant à se tenir par la barbichette. On peut regarder le journal télévisé de vingt heures ou les émissions amidonnées au politiquement correct d’Yves Calvi. On peut s’amidonner soi-même le cerveau. Ceux qui s’amidonnent le cerveau ne me lisent pas.
 
S’ils me lisaient, de toute façon, ils ne me comprendraient pas. Les soporifiques et l’amidon à haute dose laissent des dommages irréparables dans les neurones. C’est ce qui explique que dix mille personnes enthousiastes peuvent se presser pour écouter Hollande ou Sarkozy, à moins que ce soit Sarkollande ou Holkozy. Si je me déplaçais pour voter, je voterais Sarkollande ou Holkozy. Peut-être pour les deux à la fois. 
 
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© Guy Millière pour www.Dreuz.info
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