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Publié par Guy Millière le 18 mars 2012
 
Après avoir beaucoup hésité, je suis allé voir le film La dame de fer, consacré à Margaret Thatcher. Je m’attendais au pire. J’ai découvert un film, dans l’ensemble, assez respectable. On pourra reprocher à ses auteurs d’avoir insisté sur une Thatcher vieillissante, vulnérable, perdant la mémoire, imprégnée de souvenirs automnaux, et ces reproches seront fondés. On pourra leur reprocher aussi d’avoir montré la fin de carrière de Margaret Thatcher comme ayant été due à une vanité cassante qui aurait fini par la rendre insupportable à ses plus proches collaborateurs, et ces reproches là seront plus fondés encore : il est avéré que Margaret Thatcher a été poussée à la démission par des gens qui voulaient se montrer plus conciliants qu’elle sur les questions européennes. Il n’en reste pas moins une description de l’ascension d’une femme de condition modeste vers les plus hautes fonctions de son pays, et un compte-rendu assez honnête de son action. Et ceux, qui, comme moi, ont vécu les années Thatcher savent que cette action a marqué l’histoire.
 
Margaret Thatcher est l’un des personnages politiques les plus importants du dernier demi siècle. On ne peut guère la comparer qu’à Winston Churchill si on veut trouver quelqu’un à sa mesure. Lorsqu’elle est arrivée au 10 Downing Street, le Royaume-Uni était en chute libre, rongé par les grèves, une économie sclérosée, une paupérisation qui semblait inéluctable, le terrorisme de l’IRA. En une décennie, Margaret Thatcher a accompli ce qui semblait impossible : elle a redonné vie et dignité à son pays. Elle a mené des réformes économiques drastiques, parfois douloureuses, certes, mais qui ont fait du Royaume-Uni un pays ancré de plein pied dans l’ère post-industrielle et l’une des trois principales places financières de la planète. Ses successeurs conservateurs n’ont pas été à sa hauteur. Mais lorsque Tony Blair st arrivé au pouvoir, cela a été en promettant de ne pas toucher aux acquis des années Thatcher, et sans elle, il n’y aurait pas eu un « nouveau parti travailliste », débarrassé, pour l’essentiel, de ses scories marxistes.
 
Dès lors que les années Thatcher ont aussi été les années où Ronald Reagan était à la Maison Blanche, on peut mesurer à quel point elles ont été des années fastes. Une synergie existait entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis, et pendant que Margaret Thatcher redressait le Royaume-Uni, Ronald Reagan redressait les Etats-Unis après les piteuses années Carter, offrait à l’économie américaine l’opportunité de se réinventer grâce aux thèses d’Arthur Laffer, Jude Wanniski et Milton Friedman, et s’employait à faire tomber l’empire soviétique.
 
Ce que Margaret Thatcher et Ronald Reagan avaient en commun était une vision lucide de ce qui permet la prospérité, un attachement fondamental à la liberté d’entreprise, une compréhension claire de ce qui sépare le bien et le mal, la liberté de l’oppression, la démocratie du totalitarisme. La France, à l’époque, s’enfonçait dans l’ornière sous la présidence de François Mitterrand, mais il existait une opposition au sein de laquelle les idées libérales et conservatrices avaient encore droit de cité, et un homme politique jeune semblait très prometteur : Alain Madelin. Un autre, car je les ai croisés tous deux à l’époque, semblait ambitieux et obsédé par l’ordre bien davantage que par les idées : il s’appelait Nicolas Sarkozy.
 
Vingt et une années se sont écoulées depuis que Margaret Thatcher a quitté son poste, Ronald Reagan était parti deux années plus tôt. François Mitterrand a eu une longévité politique un peu plus grande et une nocivité dont on mesure à peine encore les conséquences. Alain Madelin est en retrait de la politique, et Nicolas Sarkozy est à l’Elysée, sans davantage d’idées qu’à l’époque.
 
Je n’ai pu, en regardant La dame de fer, m’empêcher d’éprouver de la nostalgie. 
 
Que reste-t-il de l’héritage de Margaret Thatcher au Royaume-Uni ? La City comme place forte de la finance mondiale. Des vestiges d’un dynamisme économique qui s’essouffle. La paix en Irlande du Nord. Le parti conservateur a porté à sa tête et au poste de Premier ministre un homme aussi fade et inconsistant que les successeurs immédiats de Margaret Thatcher, et quand j’entend cet homme, David Cameron, faire l’éloge de Barack Obama à Washington, tenir des propos serviles à Recep Tayyip Erdogan ou proférer des mots arrogants envers Israël, je me prends à regretter Tony Blair. Que reste-t-il de l’image de Margaret Thatcher ailleurs dans le monde ? Des clichés de propagande falsificateurs et haineux abondent et viennent ensevelir les faits, en France particulièrement où des critiques ont trouvé le film La dame de fer bien trop élogieux.
 
Ronald Reagan reste une référence majeure pour le mouvement conservateur américain, mais voir que, trois décennies après Carter, et moins de dix ans après le onze septembre, les Etats-Unis ont porté à leur tête un homme infiniment pire que Jimmy Carter ne peut qu’emplir de consternation. Voir que le successeur « conservateur » de Margaret Thatcher s’entend avec le successeur de Jimmy Carter montre qu’une page est bien tournée, et que nous sommes décidément dans une ère crépusculaire.
 
Alors que Ronald Reagan est abondamment cité par les candidats républicains à la présidence, en France, le candidat « conservateur » est lui-même très élogieux vis-à-vis de Barack Obama et très proche du « conservateur » David Cameron. Le candidat socialiste, lui, cite aussi Barack Obama, et se réclame de la figure tutélaire de François Mitterrand.
 
J’ai beaucoup critiqué Nicolas Sarkozy dans dreuz et ailleurs, parce qu’il a trahi la confiance que certains avaient placé en lui, mais Nicolas Sarkozy ressemble à l’époque, l’agitation vaine en plus. Une ère crépusculaire, disais-je. J’aimerais envisager un redressement, mais je ne vois rien venir. Il n’y pas de Margaret Thatcher sur l’horizon britannique. Il n’y a pas de Ronald Reagan sur l’horizon américain car, je me dois d’être lucide, aucun des candidats républicains n’est à la hauteur qui fut celle de Ronald Reagan. Ayant connu Ronald Reagan et ayant traduit ses écrits, je sais de quoi je parle.
 
Nicolas Sarkozy est égal à ce qu’il était au temps où je l’ai croisé. Tout en regrettant qu’Alain Madelin se soit mis en retrait, je dois dire que je le comprends : la vie politique française n’a plus de place à offrir, en ces jours, à des hommes de conviction. Une ère crépusculaire peut convenir pour un Nicolas Sarkozy, Bonaparte fébrile et compulsif d’une France réduite aux dimensions de Saint Hélène. Une ère crépusculaire peut convenir mieux encore à un François Hollande : un brave type fade, sans consistance, socialiste comme tout le monde aujourd’hui, puisque même Marine Le Pen est socialiste et que Nicolas Sarkozy serait à la gauche de Tony Blair, disciple de Mitterrand comme presque tout le monde aujourd’hui.
 
J’ai peu critiqué François Hollande dans dreuz. C’est parce qu’il n’a pas la consistance requise pour être vraiment critiqué. Dans une ère crépusculaire, il est ce qui ressemble le plus, dans un pays en voie d’extinction, à l’extinction elle-même.
 
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